Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. La volonté de blesser grièvement par des gendarmes a été démontrée, notamment par Mediapart. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.
Il s’agit d’une remarquable synthèse documentée et appuyée par des reportages qui rappelle que la raréfaction de l’eau et sa moindre qualité sont le fruit de décisions politiques au service d’intérêts privés, et non une destinée inévitable. L’enquête commence par l’agriculture, qui accapare à elle seule 58% de la consommation d’eau en France. Mais d’autres «.assoiffeurs.», plus tapis, sont dévoilés. Les auteurs les classent en quatre catégories. En sus des «.intouchables.», ces exploitants de maïs irrigué, fruit de décennies de politiques agricoles productivistes, il y a les «.marchands.», embouteilleurs d’eau minérale qui privatisent une ressource publique. Viennent ensuite les «.outsiders.», à savoir les data centers, très gourmands en eau. Enfin, il ne faut point oublier les «.pompiers pyromanes.» : les entreprises qui œuvrent à dépolluer l’eau tout en se satisfaisant, au mieux, à ce que la situation se maintienne, voire empire.
Tous bénéficient, à des degrés divers, d’un soutien politique, d’un laisser-faire réglementaire ou d’arrangements discrets. Ils savent contourner, avec le concours de l’État, le processus démocratique de la gestion de cette ressource pour se l’approprier. Un livre choc et salutaire.
.
Éditions Les liens qui libèrent, 266 pages, 21,80 € – www.editionslesliensquiliberent.fr
Contact Presse : Anne Vaudoyer. Tél.: 06 63 04 00 62 – anne.vaudoyerpresse@gmail.com
(Gabriel Ullmann)
.




