Nous avons appris avec tristesse le décès à 87 ans du grand botaniste Francis Hallé. L’une de nos adhérentes, qui l’a bien connu, lui rend hommage.
par Dominique Martin Ferrari
Pleurons la disparition d’un grand botaniste car il a fait des émules, mais personne n’a su comme lui parler des arbres de leur autonomie, de nos liens… Nous l’avons écouté en intégrant l’inimaginable. Nous regardons le vivant d’une autre manière, remplis d’interrogation et d’humilité.. Dans les années 80, je créais l’association Solidarité Forêt, rappelant depuis qu’il n’est pas de forêts vierges, mais des écosystèmes complexes dont les hommes ont beaucoup à apprendre certes, mais aussi à désacraliser.
Je m’étais pourtant rapproché géographiquement de Francis Hallé, mais il restera celui qui a guidé mes connaissances des forêts tropicales, restera lié à mon amour de la Guyane. Le sauvetage de l’opération Radeau des Cimes guyanaise, préalablement prévue au Brésil, le suivi du tournage « forêts » de Luc Jacquet, la découverte de l’ami Patrick Blanc, Ebersolt et Serge Antoine…
Tout un monde que j’ai eu la chance de rencontrer. Nous nous sommes bien connus dans les années 80/90. En 1989, alors que je préparais le Sommet de la terre au cabinet de Brice Lalonde, je suis partie en Guyane, où Francis avait déjà posé son radeau en 1986, pour voir si l’on pouvait récupérer en urgence son matériel confisqué au Brésil par les militaires suite à la réception de Raoni par François Mitterrand. Il nous a fallu rapatrier en urgence le matériel et trouver un site. Seuls les premiers baraquements EDF installés sur le pourtour du très décrié futur barrage de Petit Saut nous ont permis d’accueillir les scientifiques internationaux prêts pour cette mission. En 2016 lors d’Habitat 3, j’organisais à Quito à l’Alliance Française une exposition sur l’habitat durable et tropical en Guyane. Nombre des ses dessins ornaient le parcours.
Les JNE adressent leurs condoléances à la famille et aux proches de Francis Hallé.
Photo : Francis Hallé © D. Boone




