Dans le contexte de la rencontre organisée par les JNE le 8 janvier 2026 autour de sa pensée pour le 20e anniversaire de sa mort, nous mettons en ligne sur ce site un ensemble de textes de François Terrasson, en partie inédits. Voici son avis sur le tourisme.
« Si tous ces gens-là s’en allaient, il y aurait quand même moins de monde » (M. de La Palisse).
Le nombre tue. Combien de fois dans les bains de foule qui ont remplacé les bains de mer, le visiteur n’a-t-il pas pesté contre son frère jumeau étalé sur la plage ? Bousculé dans le Musée, tassé dans le téléphérique, crevant de faim dans la queue pour le restaurant ?
Et dans le cas contraire ayant vite fait de déclarer « mais il n’y a vraiment personne dans ce foutu patelin ? »
Un phénomène mondial se révèle dont le spectacle n’incite pas toujours à l’optimisme. Des sociétés transformées ne vivant que pour être vues, des paysages bouleversés, une nature polluée… Et beaucoup d’argent dépensé, des retombées économiques…
Vu avec un brin de lucidité le touriste est un animal consommateur passif intransigeant et grégaire. Pas un citoyen responsable.
Son arrivée, par l’Écotourisme, au cœur de milieux jusque-là préservés fait froid dans le dos.
« Mettre les gens dans la Nature pour les changer », pensent de sincères animateurs-Nature. L’expérience montre vite qu’alors ce n’est pas le touriste qui se naturalise, mais la nature qui se touristise.
Sauf que, de toutes façons, le phénomène est là.
Alors ? Comprendre, analyser, négocier, piloter, annoncer ses objectifs et ses valeurs, choisir… Les responsables du tourisme n’ont pas fini d’avoir des angoisses métaphysiques entre environnement et rentabilité.
Une école de psychologie encore peu connue, celle dite de Palo-Alto, nous apprend que c’est toujours l’idée la plus folle qui nous sort du pétrin.
Dans ce cas, eh bien, les touristes, les visiteurs, les vacanciers, il ne faut plus chercher à les distraire, les protéger, à les choyer, les bercer, les hypnotiser…
Non, non… ce qu’il faudrait, pour qu’ils ne dévorent pas la planète, ça serait, on n’ose même pas le dire…
Ça serait…
LES FAIRE TRAVAILLER.




