On ne dira jamais assez l’apport essentiel de Serge Latouche en tant que critique radicale, contre vents et marées, dès les années soixante, de la notion de développement économique. Ce faisant, ce professeur émérite d’économie a donné au mouvement de la décroissance une solide assise, sinon ses lettres de noblesse. Dans cet opus, il fait valoir que le projet métapolitique de la marche vers une société «.d’abondance frugale.» ne peut être que du ressort de la société civile, et non de la politique politicienne. Non sans (re)insister sur la nécessité préalable d’une décolonisation de nos imaginaires et d’un renversement des valeurs qui structurent la société de consommation.
Toujours au prisme de la sortie du productivisme, il s’attarde sur les points de rencontre et les divergences entre l’économie sociale et solidaire et la décroissance conviviale. Explore le concept de bien(s) commun(s). Et, fort de son expérience personnelle de l’Afrique et de l’Asie où il a travaillé, propose de repenser l’articulation entre la laïcité et la pluralité des cultures pleinement prise en compte, dans une perspective non plus occidentalo-centrée (ou coloniale), mais «.pluriversaliste.».
Loin de lister des modes d’action clés en main, cet «.objecteur de croissance.» en appelle à des solutions circonstanciées portées par les militants et acteurs de terrain. Sans rien ignorer de la puissance de la mégamachine à la main des entrepreneurs du chaos.
Un essai revigorant.
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Edisens, 160 pages, 19,90 € – www.edisens.fr
Contact presse : Charles-Henry Dubail. Tél. : 01 43 54 41 18 – ch.dubail@edisens.fr
(Jean-Claude Noyé)
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