Ce documentaire sorti discrètement dans quelques salles le 15 juillet dernier a l’originalité de nous présenter la « crise » de l’ours dans les Pyrénées du point de vue des éleveurs.
par Laurent Samuel
Entre Ariégeois de souche (comme l’inénarrable Yves) et jeunes attirés par le métier de berger (telle Lisa, qui va quitter l’aventure après s’être mariée), leur difficile vie quotidienne est montrée dans tous ses détails. Certains d’entre eux ne cachent pas leur désir d’en finir avec le « prédateur » à coups de fusil, sans pour autant passer à l’acte, tandis que d’autres, plus pragmatiques, cherchent plutôt des solutions pour protéger leurs troupeaux des intrusions de l’ours. Avec l’aide des agents de l’Office français pour la biodiversité (OFB), dont on admire l’engagement et le travail opiniâtre.
Sur fond d’image sublimes des immensités pyrénéennes quasiment vierges de toute présence humaine (à part les bergers) et de transhumances, ce documentaire s’affirme comme un plaidoyer pour un mode d’élevage et de vie condamné par l’industrialisation de l’agriculture. Et les ours ? Ils brillent par leur absence, sauf dans une très belle scène vers la fin du film, où une éleveuse ayant tenu auparavant des propos « éradicateurs » à l’encontre de l’animal, accompagné par son fils passionné d’ornithologie et de photo animalière, tombent en admiration face à une maman ourse et ses petits.
Pour la production de ce film, le réalisateur anglais Max Keegan a déménagé dans les Pyrénées et a appris le français. L’équipe de production a vécu à plein temps sur place pendant plus de deux ans. Le documentaire, daté de 2024, intègre bizarrement des images de manifs anti-ours semblant dater des années 2000-2010.
A lire, une interview de Max Keegan (en anglais) publiée sur le site Filmmaker




