
Par Catherine et Bernard Desjeux
Amnesty international réclame la libération du journaliste Moussa Kaka toujours emprisonné. Nous avons eu à le rencontrer à plusieurs reprises et avons toujours apprécié sa gentillesse et sa compétence. Nous sommes particulièrement concernés par cette privation de liberté ayant nous aussi de nombreux contacts. Que dirait-on d'un journaliste qui n'aurait qu'une seule et unique source ? Pour tenter de comprendre et rendre compte d' une situation aussi absurde soit-elle, il faut bien écouter les avis des uns et les autres. Il serait bien que les parties en présence comprennent que l'on ne peut faire la paix qu'avec son ennemi. En attendant les populations souffrent.

Après de longues années de négociation, un accord sur le droit à la formation pour les pigistes, ces journalistes qui travaillent pour plusieurs titres, a failli être ratifié. Déjà signé par 5 organisations syndicales de journalistes (SNJ,SNJ-CGT,USJ-CFDT,SJ-FO et SJ-CFTC),
il n'attendait plus que la signature des organisations patronales qui avaient participé à la négociation. Mais celles-ci soumettent cet accord à l'acceptation d'un autre accord qui constituerait un net recul sur les droits actuels des journalistes pigistes. D'où la grogne de ces journalistes et une pétition à découvrir sur :
www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1408

Reporters sans frontières appelle le président Mamadou Tandja à cesser de "traiter les journalistes en ennemis"
Un mois après l'arrestation de Moussa Kaka, Reporters sans frontières appelle le président nigérien, Mamadou Tandja, à faire enfin un geste de conciliation envers la presse privée, durement frappée par une politique répressive ayant conduit à l'incarcération de deux journalistes.
"Sachant que la pression ne se relâchera pas tant qu'il fera preuve d'autant d'intransigeance, le président Mamadou Tandja devrait enfin entendre ceux qui lui disent, depuis un mois, qu'il fait fausse route. Les arrestations spectaculaires de Moussa Kaka, puis d'Ibrahim Manzo Diallo, n'ont eu pour effet que de raidir la presse et la population, et de fragiliser encore davantage la démocratie nigérienne. Le chef de l'Etat devrait cesser de traiter les journalistes en ennemis, mais plutôt en partenaires, lorsque le pays traverse une crise", a déclaré l'organisation.
Moussa Kaka, directeur de la station privée Radio Saraouniya, correspondant au Niger de Radio France Internationale (RFI) et Reporters sans frontières, a été arrêté le 20 septembre et inculpé de "complicité de complot contre l'autorité de l'Etat". Les autorités, qui affirment l'avoir placé sur écoutes, sans avoir produit de preuves matérielles crédibles ni justifié la procédure ayant conduit à sa surveillance, l'accusent de "connivence" avec la rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ). Le journaliste avait réalisé pour RFI plusieurs interviews exclusives de l'un des chefs du MNJ, lequel affronte régulièrement l'armée dans le nord du pays depuis février 2007. S'il est reconnu coupable au terme de son procès, qui pourrait ne s'ouvrir que dans plusieurs mois, Moussa Kaka risque la prison à vie.
Trois semaines plus tard, le 9 octobre, Ibrahim Manzo Diallo, directeur de publication du bimensuel privé Aïr Info, publié à Agadez (Nord), a été arrêté à l'aéroport de Niamey alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour la France. Interrogé toute la nuit, puis transféré le lendemain à Agadez, où l'état d'urgence a été proclamé, le journaliste est interrogé sur ses liens avec le MNJ. Les policiers l'ont notamment accusé d'avoir fait payer son billet d'avion par la rébellion, alors que le voyage et le séjour d'Ibrahim Manzo Diallo étaient entièrement pris en charge par le conseil général des Côtes d'Armor, dans le cadre d'un accord de coopération décentralisée.

Un collectif d'organisations socioprofessionnelles des médias nigériens a fustigé dimanche la «déportation» en fin de semaine, du journaliste Ibrahim Manzo Diallo arrêté le 9 octobre dernier, pour des raisons inconnues, a appris APA de source autorisée à Niamey.
«Nous condamnons avec fermeté l'arrestation de notre confrère Ibrahim Manzo Diallo et demandons sa libération immédiate », a indiqué Abdramane Ousmane, porte-parole du collectif.
Selon lui « rien à été encore reproché officiellement à Manzo Diallo, ce qui de fait rend illégale sa détention ».
Le porte-parole du collectif a annoncé l'organisation d'une « marche suivie de meeting à Niamey pour le 20 octobre prochain afin d'exiger l'arrêt des poursuites contre les journalistes».
Le collectif est constitué notamment du Réseau des journalistes pour les droits de l'homme (RJDH), l'Association nigérienne des éditeurs de la presse indépendante (ANEPI), du Syndicat des travailleurs de la presse privée (SYNTRAPREP), et de l'Union des journalistes privés du Niger (UJPN)
Vendredi dernier, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a invité le Chef de l'Etat nigérien, Mamadou Tandja, à « mettre fin à la répression des médias » et à «intervenir d'urgence pour mettre fin à cette répression des médias et des journalistes et pour la libération de nos confrères ».
Le journaliste Ibrahim Manzo Diallo qui a été interpellé dans la nuit du 9 octobre dernier alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Paris, était détenu dans les locaux de la gendarmerie nationale avant d'être transféré dans une prison à Abalak (800 km au nord).
Il a été interpellé pour des motifs qui ne sont pas encore connus, mais selon certaines sources,l son interpellation est liée à sa présumée collaboration avec RFI.
Directeur de publication de « Aïr Info », seul journal nigérien édité en région, à Agadez, Ibrahim Manzo Diallo, ne « travaille pas pour RFI » a indiqué à APA, Ali Manzo un proche du journaliste.
En juin dernier, le Conseil Supérieur de la Communication (CSC), organe de régulation des médias nigériens, a suspendu pour trois mois Aïr-Info, accusant d'incitation « à la haine et à la violence » dans le conflit qui sévit au Nord du pays.

Les Entretiens de l'Information et l'Institut Français de Presse ont choisi de revenir sur trois des sujets qui ont marqué le traitement de l'actualité de l'année 2007 :
- La question du réchauffement climatique.
-
Le traitement de la crise du Darfour
-
Les blogs de journalistes.
Les ateliers, tables rondes et communications se tiendront dans << la Salle des conférences>> de l'Université Paris 2, au 391 rue de Vaugirard. Paris 15 ème
Contacts :
Laurence Durry - Laurence.Durry@u-paris2.fr
Christine Menzaghi - Ligue de l'enseignement cmenzaghi@laligue.org - 06 84 01 55 28
Mardi 23 octobre 2007
La question du << réchauffement climatique >>
Le choix des modes de traitement de la question du changement climatique.
9h30 - 12h45
Protéiforme, intersectoriel, abstrait, lointain, le thème du changement climatique constitue un défi pour les rédactions. Depuis environ quatre ans, un nombre significatif de journalistes semble avoir domestiqué cette question. Comment la relatent-ils ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Autour de quels << angles >> cristallisent-ils l'information produite ?
La médiatisation des changements climatiques : Mise en perspective. par Jean-Baptiste COMBY (doctorant IFP)
Table ronde avec la participation de :
Boris BELLANGER (Sciences & vie)
Bruno CORTES (TF1)
Sylvestre HUET (Libération)
Jean JOUZEL (LSCE-CEA)
Hervé LE TREUT (LMD-CNRS)
Guillaume MAINCENT (Environnement magazine)
Aline RICHARD * (La Recherche)
Thierry WATINE (Université Laval)
Discutant : Daniel BOY (Cevipof)
Le traitement journalistique des enjeux énergétiques
liés au changement climatique.
14h30 - 17h00
Le changement climatique est tout autant problème environnemental qu'énergétique. Peu de journalistes sont spécialistes de l'énergie. De leur côté les énergéticiens déploient d'importants moyens de communication. Comment produire, dans ces conditions, une information complète et indépendante ?
Les pratiques des Français en matière de maîtrise de la consommation d'énergie, par Cédric PLANCHAT (INSEE)
Table ronde animée par Christian DAURIAC (CFI)
avec la participation de :
Anne BAUER (Les Echos)
Valéry LARAMEE (Enerpress)
Yves LEERS (ADEME)
Marie-Jeanne HUSSET (60 millions)
Cédric PHILIBERT (Agence Internationale de l'Energie)
Paul MOREIRA (PLTV)
Emmanuel SAULNIER (AREVA)
Discutant : Eric GLOVER (Courrier International).
Conclusion : Rémy RIEFFEL (IFP)
Mercredi 24 octobre
Le traitement du conflit du Darfour
9h30 - 12h45
Fin mai 2007, la télévision publique annonce qu'elle a décidé de consacrer une semaine au conflit oublié du Darfour. Subitement ce drame se retrouve à la une de l'actualité. Comment évoquer ce drame sans céder à l'émotion ? Comment rendre compte de la complexité du conflit, des intérêts et des stratégies en jeu, en évitant la simplification ou le suivisme ?
Table ronde :
Animée par Yves RENARD (ESJ)
Avec la participation de :
Paul NAHON (France3)
Jean-Marie ETTER (Fondation Hirondelle)
Julia FICATIER (La Croix)
Thomas DANDOIS (Camicas Prod)
Vincent HERVOUET (LCI)
Vincent HUGEUX (L'Express)
Marc LAVERGNE (CNRS)
Jean-Louis SAPORITO (free lance)
Secours Catholique
Discutant : Olivier DA LAGE (RFI)
Un point sur : Internet et l'information relative au conflit du Darfour par les étudiants du Master journalisme de l'IFP.
Mercredi 24 octobre
Les blogs de journalistes
14h00 - 17h00
Les blogs de journalistes se multiplient, avalisés par une entreprise, ou indépendants d'elle. Ils posent des problèmes informatifs, juridiques, déontologiques. En dit-on plus que dans son média ? Illustration de la tension entre information et engagement personnel, entre salariat et autonomie.
Animation : Pascal GUENEE (IPJ)
Avec la participation de :
Emmanuel DAVIDENKOFF (Phosphore, France Info)
Emmanuel DERIEUX (IFP)
Pierre HASKI (rue89)
Alain HERTOGHE
Stanislas LERIDON (France 24)
Denis RUELLAN (IUT de Lannion)
Noëlle VELLY (RFI)
Thierry WATINE (Université Laval)
Discutant : Cyril LEMIEUX (EHESS)
Conclusion des Entretiens d'automne 2007 : Jean-Marie CHARON
COMMUNIQUE DE PRESSE COMMUN R.E.NA.R.D./SEDPA/SCAM

Cette situation enfonce la filière française, notamment régionale, dans une grave crise, mettant en péril des techniciens et des sociétés spécialisés sur ce type de documentaires, alors que ceux-ci bénéficient toujours d'une audience soutenue et constituent un produit porteur dans les ventes internationales.
A l'heure où - au niveau mondial - les diffuseurs commencent à s'approvisionner massivement en programmes tournés en haute définition, le désinvestissement de notre pays dans ce genre porteur qu'est le film animalier témoigne d'un cruel manque de vision. C'est un cinglant démenti à tous les discours lénifiants sur la nécessité d'aider les PME à se développer en particulier à l'international, sur la défense de la diversité culturelle et sur la volonté de défendre la biodiversité…
Une rencontre avec France Télévisions a confirmé nos inquiétudes puisqu'il nous a été indiqué que le groupe –en-dehors de France 5- ne procédait à aucun pré-achat français de ce type de programmes.
D'après les chiffres qui nous ont été communiqués, en 2006, France Télévisions a alimenté ses besoins de programmation en documentaires animaliers à plus de 95% par des acquisitions, lesquelles ont été constituées à plus de 80% par des achats de programmes étrangers.
Ceci constitue une mise à mort du documentaire animalier en France et du savoir-faire de ses auteurs.
En ce qui concerne particulièrement les achats, la politique d'acquisition du service public montre un déséquilibre flagrant difficile à comprendre puisque des programmes de qualité existent en France (comme le prouve leur succès à l'export) et sont disponibles à l'achat. Ces achats nous sont indispensables pour amortir le coût de nos productions. Ils contribuent également à la survie des structures de productions lorsque de manière cyclique –comme c'est le cas actuellement – les diffuseurs ne commandent plus de programmes frais.
Des solutions existent :
- que le service public porte à un seuil minimum de 15% la proportion de ses pré-achats par rapport à ses besoins de programmation en documentaires animaliers ce qui permettrait de redynamiser la filière.
- un rééquilibrage à 50% des achats en faveur d'oeuvres françaises ou d'expression originale française.
- la valorisation de l'utilisation de la haute définition, qui plus onéreuse, nécessite un financement supplémentaire de 20%, mais garantit un rayonnement compétitif international.
Si nous voulons que le savoir-faire français perdure, que d'autres Luc Jacquet ("La Marche de l'Empereur") puissent continuer à réaliser des oeuvres de qualité en France, il est plus que temps d'apporter des solutions à cette crise. Nous demandons au service public d'avoir la volonté de les appliquer avant qu'il ne soit trop tard.
Collectif « Réalisateurs Naturalistes Animaliers Refusant de Disparaître », soutenu par la Société Civile des Auteurs Multimédia (SCAM) et par le Syndicat des Entreprises de Distribution de Programmes Audiovisuels (SEDPA)

(Marc Giraud) - 21/03/07
Droits d'auteur oubliés, forfaits scandaleux, délais impossibles, essais non rétribués, liberté de pensée aux oubliettes, paiements en retard, non respect des droits du travail etc. deviennent le lot quotidien de la plupart d'entre nous. Les conditions imposées par les éditeurs et les groupes de presse à leurs pigistes sont de plus en plus en plus inacceptables, et débordent souvent de la légalité, et du plus élémentaire respect de conditions normales de travail, donc de la qualité de ce que nous produisons. Les auteurs et illustrateurs spécialisés jeunesse ont élaboré une charte exemplaire, que nous vous convions à regarder. Leur lettre au président du Syndicat national de l'Édition dénonce nommément des éditeurs et groupes de presse sans scrupule. C'est sans doute la meilleure voie pour inciter ces responsables à changer de comportement, et avertir les collègues des chemins pourris à ne pas emprunter.
La Charte des auteurs et illustrateurs Jeunesse Hôtel de Massa,
38 Faubourg St Jacques, 75.014 Paris
Téléphone - fax :
01.42..81.19.93 -
- www.la-charte.com

Par Claude-Marie Vadrot
Anna Politovskaïa avait deux enfants. Elle a été assassinée. Le jour de l'anniversaire de Vladimir Poutine.
Anna, je la connaissais bien, nous nous étions souvent croisés, en Russie et à Paris, et je suis étonné que l'on réduise aujourd'hui sa liberté de journaliste à la guerre en Tchétchénie. Elle ne militait pas pour la liberté de la presse. Avec ses confrères de Novaïa Gazeta, elle était la liberté d'enquêter, d'écrire. Sur tous les sujets (1), y compris sur les questions d'environnement et d'écologie, d'ailleurs. Et elle s'étonnait que les journalistes français ne lui parlent jamais des destructions environnementales subies par son pays depuis quelques années.
Elle en souffrait, comme elle souffrait de la lente mais sure descente aux enfers de la Russie et de la corruption couverte par le Secret d'Etat. Elle souffrait de voir la liberté d' info rmer bafouée : par l'intimidation des journalistes et par le contrôle progressif des médias, écrits ou télévisés, par le pouvoir du président russe. Anna sentait que son pays glissait lentement vers la dictature ; avec, déjà un parti (presque) unique dont certains députés avaient, à la Douma, publiquement expliqué qu'Anna était un « ennemi public ». Elle m'avait raconté les menaces, les coups de téléphone anonymes, les voitures qui la suivaient dans la rue pour lui faire peur. Elle racontait aussi qu'en juillet 2003, son rédacteur en chef avait été empoisonné avant de mourir dans de terribles souffrances. Elle racontait aussi comment, il y a deux ans, alors qu'elle partait en reportage sur la prise d'otages de l'école de Beslam, elle avait elle aussi été empoisonnée dans l'avion par une tasse de thé. Elle en avait réchappé par miracle après une nuit de coma à l'hôpital : les agents de l'ex-KGB avaient mal dosé le poison.
Anna n'est pas la première victime de la liberté d' info rmer et probablement pas la dernière. Car trop de Russes versent aujourd'hui des larmes de crocodiles et, au moment où j'écris ces lignes, lundi, le président russe n'a encore rien dit sur l'assassinat d'une grande femme libre. Etre la liberté de la presse en Russie, c'est à la fois susciter l'indifférence du plus grand nombre et prendre tous les risques. En 2004, dernière année pour laquelle il est possible de disposer d'une statistique fiable, 54 journalistes, Moscou et en province, ont été tués dans des conditions non élucidées. « Mort violente dans son appartement, probablement par des cambrioleurs », tel est en général de diagnostic de la police. Pratiquement, aucun de ces meurtres n'a été suivi d'un procès ou d'une condamnation. Comme pour les députés abattus, comme pour les hommes d'affaires flingués en pleine rue.
La Russie n'est plus une démocratie et nos confrères qui essaient en vain d'évoquer les problèmes d'environnement le savent bien. Comme Anna et ses quelques amis de Novaïa Gazetta aujourd'hui terrifiés, ils n'ont le choix qu'entre le silence, le licenciement ou la « mort violence dans leur appartement ».
Cet état de fait qui dure et empire depuis des années n'a pas empêché, il y a quelques semaines, le président de la république français de faire de Poutine un grand officier de la Légion d'honneur. Comme quoi avoir du gaz remplace facilement un brevet de défenseur des libertés.
(1) Lire pour s'en convaincre , « La Russie de Poutine » et « Douloureuse Russie » (paru il y a quelques jours), deux livres publiés par Buchet et Chatel.

The Environmental Communications Network of Latin America and the Caribbean (RedCalc), a grouping bringing together environmental journalists and communicators from more than 15 countries in the region,
BEARING IN MIND the death threats being received by our Brazilian colleague Vilmar Berna, a journalist who has had a long and effective career in defence of the environment that has brought him national and international recognition: and
BEARING IN MIND that this state of affairs has been brought to the attention of the authorities, who have so far failed to take any action to identify those responsible for these illegal acts, or to take the necessary measures to ensure the safety of the people threatened:
EXPRESSES its total solidarity and fraternal support for the social and professional activities of our colleague Vilmar Berna in the face of these reprehensible acts that threaten the safety of himself and his family.
vigorously REJECTS these illegal, antisocial and undemocratic acts which are aimed solely at silencing the voice and discouraging the work of the journalist Vilmar Berna.
DEMANDS that the Brazilian government and judicial authorities intervene immediately to clear up these matters and to ensure protection for Vilmar Berna and his family.
CALLS UPON journalistic and human rights organisations in the region to take action to offer all their support and solidarity to their threatened colleague.
ASKS journalists and communicators in our network and in other like-minded ones to stay in contact so as to exchange info rmation and co-ordinate action in the event of any new situation requiring it.
The members of RedCalc pledge themselves to bring this matter to the attention of the media and national and international authorities and to demand action to defend the profession and the human rights of the threatened journalist.
Circulation list for the statement :
Government and judicial authorities
National press organisations
Human rights organisations
National media
International organisations

Texte complet en fichier PDF


Guy-André Kieffer, journaliste économique indépendant spécialiste de l'Afrique et des matières premières a été enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan, alors qu'il enquêtait sur les dérives financières de la Côte d'Ivoire, les détournements de fonds par les proches du régime, le financement des armes, les trafics autour du cacao,… Autant de sujets sensibles. Depuis lors, nul ne sait ce que GAK est devenu. La famille, les confrères, les amis sont sans nouvelles.
L'enquête judiciaire en cours en France a fait apparaître l'implication du proche entourage de Laurent Gbagbo, président de Côte d'Ivoire, dans cet enlèvement. La présidence ivoirienne nie et a fait tomber une chape de plomb sur l'affaire. Les autorités politiques françaises ont malheureusement adopté la même logique, semblant se désintéresser de la disparition de ce journaliste. Cette attitude tranche nettement avec la mobilisation qui fut (ou qui est) celle de la diplomatie française dans les affaires Christian CHESNOT et Georges MALBRUNOT, Florence AUBENAS ou Ingrid BETANCOURT.
Nous ne pouvons donc compter que sur le travail (difficile) des juges et la mobilisation de l'opinion publique. Vous pouvez nous y aider en signant la pétition que nous avons mise en ligne sur le site
www.guyandrekieffer.org
Pour souscrire à la pétition, c'est très simple : dans la page d'accueil de
www.guyandrekieffer.org, cliquer sur "Liens". Une fois dans "Liens", cliquer sur "Pétition" et suivre ensuite les instructions ("Ajouter un commentaire").
Nous avons actuellement un peu plus de 600 signatures sous cette pétition. Il en faudrait beaucoup plus pour faire bouger le Quai d'Orsay. Notre objectif est d'en avoir au moins 1000 avant le 16 avril 2006 voire beaucoup plus, pourquoi pas ?
Merci à tous pour votre aide.


21 et 22 avril 2006 à Grenoble
Renseignement, au fur et à mesure sur le site régional :
www.medias-alternatifs-rhonealpes.org - 
21 avril :
Etats généraux pour une information et des médias pluralistes en Rhône-Alpes
Théâtre de Grenoble.
Programme :
11h00 Accès aux stands
12h00 Buffet
13h30 Présentation des Etats généraux
14h00 Forums (Présentation à confirmer) :
- Forum 1: Concentrations et menaces sur le pluralisme : quelles alternatives ?
- Forum 2 : Quel rôle pour le service public d'information ?
- Forum 3 : la responsabilité sociale des journalistes et des médias : comment la faire respecter ?
- Forum 4 : médias locaux et démocratie : comment avancer ?
- Forum 5 : quelles alternatives pour les journalistes et pour les usagers de l'information ?
- Forum 6 : les radios associatives en danger : comment réagir ?
16h30 pause finalisation des comptes rendus
17h00 comptes rendus des forums en séance plénière et débat sur les propositions
19h00 Pause. Préparation des synthèses sous forme des cahiers de doléances et cahiers de propositions
19h30 Apéro -buffet
20h30 Grand débat public.
Les leçons du référendum : garantir une information et des médias pluralistes
22 avril
Rencontre des médias alternatifs de Rhône-Alpes
Campus de Saint-Martin d'Hyères
8H45 : Accueil. Café-Croissants
9H00 Présentation des rencontres
9H30-12 h. Ateliers
Présentation indicative. La liste et la présentation des ateliers sont en cours de discussion.
I. Démocratie et information
1. Médias locaux et démocratie locale.
2. Médias locaux et collectivités locales / territoriales.
3. la place de l'information dans un média alternatif
II. Difficultés et remèdes
4. Financement
5. Fonctionnement
6. Formation
12H00 Buffet
13H00 Rapport des ateliers en séance plénières et débat.
15H00 -17 h Ateliers
« Les médias alternatifs ont-ils un avenir »
1. Établissement d'une charte des médias alternatifs
2. Comment les collectivités territoriales peuvent-elles aider les médias alternatifs ?


Par Reporters sans frontières
Philippines
Reporters sans frontières est extrêmement préoccupée par l'enlèvement de Joey Estriber , animateur radio et spécialiste des questions environnementales, dans la province d'Aurora (nord-est de Manille). Il est connu pour avoir dénoncé la déforestation sauvage qui a récemment causé des glissements de terrain dramatiques aux Philippines.
« Encore une fois, un journaliste courageux est victime de violences. Nous demandons aux autorités et notamment au général Arturo Lomibao, chef de la police, de mobiliser des moyens humains pour retrouver Joey Estriber. Au lieu de s'en prendre à des médias d'opposition accusés de complicité avec les putchistes, les autorités de Manille devraient s'attaquer à la violence endémique qui touche en province les journalistes qui dénoncent la corruption et les abus », a déclaré Reporters sans frontières.
Le 3 mars 2006 dans la soirée, Joey Estriber, responsable du programme Pag-usapan Natin (Parlons de ça !) sur la radio locale DZJO , a été enlevé par quatre hommes devant un cybercafé de Baler (province d'Aurora). Selon l'Union nationale des journalistes des Philippines (NUJP), les kidnappeurs ont embarqué de force le journaliste dans une camionnette aux vitres teintées et sans plaques. Joey Estriber a tenté de résister, appelant à l'aide. En vain.
Quelques heures plus tard, les messages « Ne vous en faites pas, je suis bien » et « Je me cache » ont été envoyés du portable du journaliste à des collègues. Sa famille a confirmé qu'il était régulièrement menacé.
Joey Estriber est connu pour ses dénonciations de la déforestation dans la province d'Aurora. Dans son programme, il revenait sur l'abattage intensif d'arbres mené par des entreprises bénéficiant de soutiens dans l'administration. Il avait participé à une campagne en faveur de la suspension de neuf licences accordées à des entreprises d'exploitation du bois dans cette province.
Dans la région d'Aurora, un glissement de terrain avait fait plus de cent morts en 2004. Mais l'exploitation du bois n'avait pas cessé. En février dernier, le journal national Philippine Daily Inquirer titrait « Les arbres continuent de tomber dans les forêts d'Aurora ».
Joey Estriber est par ailleurs l'un des animateurs de l'ONG Bataris qui agit pour le développement local. En février dernier, un militaire avait déclaré sur une radio que les organisations comme Bataris étaient à combattre.

REPORTERS SANS FRONTIÈRES
Secrétariat internationales - rue Geoffroy-Marie - 75 009 Paris
France -
: (33)1 44 83 84 72. Fax : (33) 1 45 23 11 51
"N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre"

COMMUNIQUÉ A LA PRESSE
Le
mercredi 24 septembre s'est tenue à Paris l'assemblée générale
constitutive de l'Observatoire français des médias (OFM).
L'Observatoire
a pour objet de produire et de communiquer de l'information, ainsi
que de mener des actions de tous ordres en vue de promouvoir et
garantir le droit à l'information, la liberté d'expression et
le droit à informer des citoyens, ainsi que de préserver leurs
intérêts en la matière. L'Observatoire entend se constituer en
contrepoids aux différents pouvoirs, en particulier ceux des grands
groupes médiatiques, qui favorisent, en matière d'information,
une logique - celle du marché - et une idéologie : celle de la
pensée néolibérale.
Le collège des fondateurs (personnes physiques ou morales) rassemble
trois catégories de membres :
- des professionnels de l'information, actifs ou retraités, de
tous les types de médias ;
- des universitaires et chercheurs de toutes les disciplines,
en particulier des spécialistes des médias et de l'information
;
- des " usagers " et observateurs critiques des médias.
Après
avoir adopté les statuts de l'association, l'assemblée générale
des fondateurs a élu, parmi les membres fondateurs, un conseil
d'administration de 18 membres.
Le Conseil, qui s'est aussitôt réuni, a élu un bureau de quatre
membres :
- Armand Mattelart, président (professeur à l'université Paris
VIII)
- Jacques Cossart, secrétaire général (économiste)
- Sophie Durand, trésorière (secrétaire.)
- Claude-Marie Vadrot, Président de l'association des journalistes
pour la nature et l'écologie
Le Conseil se réunira à nouveau le 15 octobre pour adopter la
charte de l'association, ainsi que les principes régissant son
fonctionnement et ses rapports avec les médias. Il fixera également
son programme de travail pour les mois à venir. Contacts à
partir du 1er octobre 2003 :
: presse@observatoire-medias.info



Suite à l'article de Claude-Marie Vadrot qui dénonçait la parution
d'un numéro spécial du Parisien sur le développement durable,
entièrement élaboré et financé par Areva, trois associations de
protection de l'environnement (FNE, Greenpeace et le WWF) abusées
par de "vrais-faux" journalistes du Parisien, ont décidé d'attaquer
en justice ce journal. Indignée par cette façon de procéder, Hélène
Gassin, responsable de la Campagne Energie de Greenpeace, nous
a expliqué comment elle a été trompée : "J'ai répondu aux questions
d'une personne se présentant comme " journaliste au Parisien "
et qui préparait un papier sur les énergies renouvelables en ville.
Je n'ai à aucun moment eu connaissance du fait que ce " papier
" était destiné à un supplément gratuit distribué à plus de 800
000 exemplaires avec comme unique " annonceur " la société Areva.
Je pense que vous me croirez si je vous précise que si ces faits
avaient été précisés, je n'aurais pas répondu."
Plus que jamais nous devons faire attention au respect des règles
de déontologie à une époque où l'on a tendance à confondre trop
souvent communication et véritable information.
Par
Carine Mayo.

Paris le 30 juin 2003
Madame
Tokia Saifi
Secrétaire d'Etat au Développement Durable
Madame
la Ministre,
Informé
par l'une de nos adhérentes, Madame Valérie Cormont, que votre
cabinet était intervenu à cinq reprises auprès du rédacteur en
chef de la Voix du Nord, monsieur Philippe Caron, pour protester
contre le travail fait par cette journaliste spécialiste de l'environnement,
au cours des Assises du Développement Durable, je ne peux que
m'étonner de cette démarche qui porte atteinte à son honneur professionnel
et peut, par la suite, lui nuire.
Tout d'abord parce que la plus élémentaire correction de vos collaborateurs
aurait consisté à appeler directement Madame Cormont pour lui
signaler le désaccord de votre ministère sur les articles publiés.
Un simple problème de politesse.
Ensuite et surtout, après avoir lu les autres articles publiés
dans la presse et les dépêches de l'Agence France-Presse, nous
avons constaté que notre consœur avait parfaitement rendu compte
des évènements auxquels elle a assisté.
Notre association ne peut que regretter que, une fois de plus,
les journalistes soient considérés comme étant seulement autorisés
à " être les porteurs de bonnes nouvelles ". La presse, Madame
la Ministre, dans les questions d'environnement comme dans les
autres, n'exerce pas son activité pour " faire plaisir " mais
pour raconter l'actualité. Et nous ne portons aucune responsabilité
dans les faits que nous rapportons, qu'ils fassent ou non plaisir
à un membre d'un gouvernement de droite ou de gauche.
J'ose espérer que vos collaborateurs prendront contact avec Madame
Cormont pour lui présenter leurs excuses sur ce regrettable incident.
Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l'assurance de ma
considération.
Par
Claude-Marie Vadrot,
président des JNE

Le
" vrai-faux " Parisien Dans le Parisien du 13 juin, les lecteurs
pouvaient trouver une édition spéciale du Parisien. Avec la couleur,
la graphie, la mise en page, les rubriques de ce quotidien. Le
titre de la Une, agrémentée d'une belle photo de la Terre vue
du ciel, " Bien sur ma planète ".
Avec
un grand chapeau : " Et si le développement durable commençait
par nous ? Quelques gestes simples, une attention plus marquée
aux économies d'énergie, à notre manière de nous déplacer, de
consommer et de parler à nos voisins ou nos collègues de travail
? Loin des grands concepts, au cœur de nos vies quotidiennes,
cette édition spéciale dresse un état des lieux du monde qui nous
entoure. A nous d'agir concrètement pour notre planète et les
générations futures ".
Alléchant, n'est-ce pas ? D'autant plus que la colonne de titrailles
est de la même veine…
On
feuillette, ouais ça se tient, quoi que, par moments, ça commence
curieusement à dérailler. Jusqu'au moment où l'on comprend : ce
numéro spécial de 16 pages est intégralement payé et rédigé par….
AREVA ! Ce n'est écrit nulle part, nulle part ne figure le mot
publicité. L'astuce étant que, dans les pages, il y a des pubs,
comme dans un " vrai journal ". Ils ont même réussi, ce qui est
surprenant, à obtenir une interview de quelqu'un de Greenpeace,
Hélène Gassin.
Vous pouvez toujours téléphoner (au Parisien) aux journalistes
qui figurent dans l'ours du journal, ils sont inconnus à la rédaction.
Rien ne vous empêche d'écrire (25 avenue Michelet, 93408 Saint-Ouen
Cedex) ou de leur téléphoner au 01 40 10 30 30 ou encore de leur
faxer au 01 40 10 35 20 contre cette publication qui déshonore
notre profession et qui est, de plus illégale, la mention publicité
ou publi-information étant obligatoire.

Samedi 24 mai, Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette.
Le ministère de l'Industrie organise la dernière rencontre du
débat national sur l'énergie, lancé par Jean-Pierre Raffarin en
mars dernier. Initialement prévue sur deux jours, elle a été réduite
à une séance de 2h30. Avant l'entrée en scène de Nicole Fontaine,
ministre de l'Industrie, qui va se féliciter de la réussite de
la "grande expérience de démocratie participative" organisée par
son cabinet avec l'aide de l'agence de communication Strateus,
j'assiste à une scène digne d'un film de Pierre Carles.
Dans le petit édicule préfabriqué dénommé "salle de presse", Michel
Field, producteur sur TF1, et Damien Givelet, présentateur sur
LCI, les deux animateurs chargés du "ménage" de ce jour, s'inquiètent.
Les services du ministère ont eu la main lourde: seize intervenants
à faire répondre sur seize questions en 90 minutes maximum, soit
moins de 6 minutes par personne, ou à peine 20 secondes par question
et par intervenant. Le directeur de l'agence vient les voir en
coulisses. "Ne vous inquiétez pas, tout est calé. Il n'y aura
pas de problèmes. On a réparti les questions et les interventions.
Pour les deux questions qui vont chauffer, les énergies renouvelables
et le nucléaire, on aura deux cons de chaque côté, ça ira."
La scène me semble surréaliste. Je m'approche des deux journalistes.
"Vous ne leur avez pas dit que seize personnes en une demi-matinée,
ça fait beaucoup?" Damien Givelet me répond. "Si, évidemment,
mais ça a été monté par des fonctionnaires qui n'y connaissent
rien et on se retrouve à gérer ça."
Le "ça", le débat censé définir ce qu'est une "politique énergétique
durable", a été bien préparé. Deux jours avant, le jeudi 22 mai,
les associations Greenpeace, WWF, Sortir du Nucléaire et France
Nature Environnement ont invité la presse pour faire le bilan
de trois mois de débat dans un café de la rue de Richelieu, à
deux pas de l'agence France-Presse. Quelques journalistes sont
là. Hélène Gassin, de Greenpeace, sort deux pages photocopiées
de sa manche. C'est le conducteur de la séance de samedi. Surprise
: toutes les questions sont déjà prévues et elles laissent entrevoir
un drôle de débat...
Qu'on
en juge: "Question 11.
Journaliste : le débat national sur les énergies a donné une large
place aux énergies renouvelables compte tenu des atouts qu'elles
présentent : ressource nationale, réduction des gaz à effet de
serre. Que peut-on en attendre en France? Quels sont les potentiels
à exploiter? Doit-on privilégier certaines énergies renouvelables?
Quels objectifs réalistes peut-on raisonnablement se fixer
?" Question sur cette dernière question: est-elle objective,
ouverte ou contient-elle en elle-même le sens de la réponse à
donner ? La réponse est dans la question suivante...
"
Question 13. Journaliste : la consommation annuelle
d'électricité en France est actuellement de 450 TWh. Nous venons
de voir que les énergies renouvelables pourraient nous fournir
au maximum un tiers de notre consommation. Avec quel type
d'énergie et dans quelle proportion doit-on produire les deux
tiers restant?" Cette question est-elle objective, ouverte, ou
contient-elle, elle aussi, le sens de sa réponse en elle-même
?
"
Question 14. Journaliste : est-ce raisonnable de
développer le gaz et le charbon dans le bouquet énergétique (expression
consacrée depuis qu'EDF l'a diffusée à grande échelle depuis deux
ans) électrique compte tenu des émissions de gaz à effet de serre?"
Décidément, on demande aux deux journalistes d'être très raisonnables.
"
Question 15. Journaliste : Supposons maintenant
que la France continue dans la voie du nucléaire, quelles solutions
adopter pour la gestion des déchets ?" Vous suivez toujours le
fil?
Enfin la dernière, le nec plus ultra:
"
Question 16. Journaliste : pourquoi faut-il lancer
la construction d'une démonstrateur EPR maintenant ?" Oui, vous
avez bien lu. La dernière rencontre de trois mois de débat doit
se terminer par cette question incroyablement fermée. Les deux
journalistes ne sont pas invités à demander s'il faut que.., si
c'est possible ou utile de..., mais "pourquoi il faut que...".
Evidemment,
les associations environnementalistes présentes ce jeudi, qui
s'étaient retirées du comité consultatif d'organisation avant
même l'ouverture du débat, s'attirant légitimement des critiques
sur leur refus de participer, n'en revenaient pas d'un aussi beau
cadeau. "A quoi ça sert de faire un débat de trois mois si les
hypothèses de départ se retrouvent telles quelles dans la dernière
question de la dernière journée?" se demandait ainsi Edouard Toulouse,
de France Nature Environnement.
Hélène Gassin, campaigner énergie à Greenpeace, expliqua par la
suite avoir proposé l'exclu à Libération. "Ils n'ont pas répondu."
Seuls le Figaro, dans un entrefilet, et la lettre confidentielle
Enerpresse relayèrent l'information le lendemain. Pas l'AFP, ni
les autres quotidiens. Reçue la veille par Hélène Gassin dans
sa boite email, la "fuite" de mercredi fut suivie le lendemain
d'une seconde "fuite": le conducteur corrigé. Celui qui fut utilisé
samedi.
Résultat
des courses: samedi matin, les questions 11, 13, 14, 15 et 16
avaient été remaniées et changées de place. La question 11 avait
été conservée mais remontée dans le cours de la discussion. La
question 13 avait été fusionnée avec la 14. "Journaliste : la
consommation annuelle d'électricité en France est actuellement
de 450 Twh. Nous venons de voir que les énergies renouvelables
pourraient nous fournir au maximum 100 TWh (soit moins
du tiers évoqué dans la première version). Avec quel type
d'énergie et dans quelle proportion doit-on produire les deux
tiers restant, en d'autres (termes) que choisir entre le nucléaire
et les fossiles ? Est-ce raisonnable de vouloir remplacer le nucléaire
par du gaz ? Quels seront les effets sur l'effet de serre ? "
(Ecrite à la hache sur le papier, cette question sera bredouillée
par Michel Field, qui s'emmêlera les pinceaux dans les térawatts
heure).
La
question 15 disparaîtra. Quant à l'étonnante question 16, elle
deviendra "Faut-il lancer la construction d'un démonstrateur aujourd'hui?"
et ne sera plus la dernière. Ce qui n'empêchera pas le débat de
s'échauffer quand elle arrivera sur le tapis, au point de générer
une demi-heure de retard sur le déroulement prévu.
Le meilleur est pour la fin. A l'issue du débat, Benjamin Dessus,
président de l'association Global Chance, un des cinq intervenants
non liés aux pouvoirs publics ou à la galaxie nucléaire sur les
seize, donne son sentiment sur la matinée. Il explique: "Ce matin,
tous les intervenants ont été invités à préparer le débat lors
d'un petit-déjeuner. On nous a alors dit que les réponses à chaque
question avaient été attribuées. Moi j'en ai eu une (sur les 14
du déroulé effectivement appliqué). J'ai demandé s'il y avait
un moment de prévu pour que l'on puisse aborder les questions
qui n'auraient pas été posées. On m'a dit non."
Effectivement,
le déroulé distribué (par erreur) dans la salle de presse répartissait
chaque personnalité en face d'une ou de plusieurs questions, une
ventilation scrupuleusement respectée par les deux journalistes.
Benjamin Dessus, "décidé à faire de l'entrisme", tenta de prendre
la parole à plusieurs reprises, avec succès une fois sur deux.
Sa conclusion: "c'était un débat audiovisuel, sans aucune place
à la discussion.
C'était de la pédagogie gouvernementale pour faire sortir l'EPR".
Sans prendre parti pour contre l'EPR, pour ou contre le nucléaire,
on peut juste souligner que lors de la dernière rencontre du débat
national sur l'énergie, toutes les conditions étaient réunies
pour que la communication l'emporte sur l'information et le dialogue.
Le
14 juin, la dernière journée du "vrai débat", organisé par les
associations qui s'étaient retirées du comité consultatif d'organisation,
doit faire intervenir quatre intervenants pendant une journée
entière. Une autre façon de concevoir le débat.
Par
Antoine Debièvre
(Le Journal du Dimanche)

L'Observatoire des médias et des informations sur l'environnement
en cours de mise en place par l'association des Journalistes pour
la nature et l'écologie en liaison avec ATTAC et le Monde Diplomatique
communique :
Le
débat final sur l'énergie qui a lieu demain à La Villette est
organisée de façon très particulière.
Le
débat regroupe une quinzaine de personnes qui représentent EDF,
l'ADEME, le MEDEF, TOTAL et dont auquel on peut espérer que les
représentants du WWF, de la CLCV et Yves Cochet apporteront une
contradiction équilibrée.
Mais...
Le plus étonnant c'est que les quinze questions que devront poser
les deux journalistes-animateurs ont toutes été préparées à l'avance
et remises à ces journalistes, dont Michel Field, qui ont été
priés de respecter ce q'un document en notre possession appelle
la "scénographie" de la "Pleinière de cloture"...
Nous tenons ce document à la disposition de qui aurait des doutes.
Pour
les journalistes que nous sommes, ce n'est ni un vrai débat ni
de l'information.
Claude-Marie
Vadrot,
Président des JNE

Notre association fait désormais partie des membres fondateurs
de l'Observatoire des médias (en France) dont la création a été
préparée et annoncée à Porto Alegre au mois de février dernier.
Observatoire dans lequel figurent des journalistes, des chercheurs,
des sociologues, des lecteurs, des téléspectateurs et des syndicalistes
de la presse. Notre assemblée générale a entériné cette initiative,
étant entendu que l'activité de notre association, représentée
par son président, portera prioritairement sur les questions de
protection de la nature et d'environnement.
L'esprit de cette " observation " des médias n'est évidemment
pas, dans les domaines qui nous concernent, comme dans les autres,
de nous ériger en " juges du fond " des articles qui paraissent
et des informations qui circulent, c'est-à-dire qu'il n'est pas
question de nous ériger en censeurs. Le travail d'observation
consiste à vérifier (sur l'information immédiate comme sur l'information
à long terme) qu'il ne manque rien dans cette information, qu'elle
n'est pas biaisée et que ses sources et origines sont clairement
identifiées. En un mot que l'information, quelle que soit sa forme,
ne soit pas une tentative de désinformation. Non pas sur le commentaire
qui ne peut qu'être libre mais sur les éléments mis à la disposition
du lecteur, de l'auditeur ou du téléspectateur.
Lorsque
la tentative de fausse information, d'information incomplète ou
de désinformation sera avérée, il appartiendra à l'Observatoire
des médias de le faire savoir par tous les moyens possibles. Et
c'est évidemment sur la rigueur de ses observations et interventions
que, dans les domaines qui nous concernent comme dans tous les
autres secteurs de l'information, il pourra appuyer ses interventions
publiques.
Le rôle de chacun des membres de cette association est donc d'observer
attentivement ce qui se dit, se prépare et se publie pour le faire
remonter à notre conseil d'administration. Avec un maximum de
preuves pour que l'Observatoire puisse intervenir rapidement et
efficacement. Il est évident qu'une telle entreprise dont la vitesse
de croisière devrait être atteinte au moment du Forum social européen
de Saint-Denis, ne peut fonctionner qu'avec la participation active
et attentive de tous les membres de l'association. Et ceci dès
maintenant, qu'il s'agisse de chasse, de nucléaire, de loup, de
pollutions, d'aménagement, d'OGM, de faune sauvage ou d'énergie.
Un
exemple pour commencer :
Le mercredi 28 mai, de 9 heures à 16 heures 30 se tiendra au Sénat
un débat sur la ruralité présidé par le sénateur de l'Eure, Ladislas
Poniatowski et avec la participation du Premier Ministre Jean-Pierre
Raffarin et du ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard.
Thème
de ce colloque :
La Ruralité, un atout pour demain à défendre Ensemble.
A
première vue, un événement d'une rare banalité…puisque le carton
d'invitation explique notamment " ce colloque s'inscrit comme
un temps fort du calendrier gouvernemental. Conscient de l'enjeu
que la ruralité représente pour notre pays, le Premier Ministre
souhaite que ce colloque ouvre la voie à une politique ambitieuse
et innovante avec, dès cet automne au Parlement, un projet de
loi sur les affaire rurales ".
A
première vue, donc un événement banal. Sauf que…
Ladislas Poniatowski est au Sénat le porte-parole des chasseurs
les plus extrémistes. Mais, après tout c'est son droit, à condition
que cela soit dit clairement.
Mais
il y a beaucoup mieux : ce colloque est en fait organisé par "
Lobbying et Stratégies ", l'agence de communication dirigée par
Thierry Coste, agence de communication dont le seul client est
" Chasse, Pêche, Nature et Traditions ". C'est d'ailleurs Thierry
Coste lui-même qui animera les débats pendant toute la journée
pour le compte de ses " clients " chasseurs.
Ce
qui signifie donc qu'au Sénat, le Premier ministre et le ministère
de l'Agriculture vont assurer la promotion de la propagande et
les analyses de CPNT. Sans que cela soit clairement dit et expliqué,
aussi bien au public et aux journalistes politiques qui en assureront
le compte rendu.
Voilà
clairement un cas d'information tronquée ou biaisée qu'il convient
de signaler au plus grand nombre.
Par
Claude-Marie Vadrot.
