Un journaliste emprisonné au Niger [08/04/08]

Les pigistes et la formation

Enquête sur la rémunération à la pige en Rhône-Alpes (presse écrite)

Les droits des pigistes en danger ! [17/12/07]

Un mois après l'arrestation de Moussa Kaka, Reporters sans frontières appelle
[23/10/07]

Les médias s'insurgent contre la "déportation" d'un journaliste
NIGER - 14 octobre 2007 - APANEWS

LES ENTRETIENS D'AUTOMNE le 23 et 24 octobre 2007 [09/10/07]

Le collectif R.E.N.A.R.D poursuit ses actions pour alerter les pouvoirs publics sur la disparition des commandes de documentaire animalier français sur les chaînes de télévision. [06/04/07]

Défendons nos droits, préservons la qualité de notre travail [21/03/07]

Une journaliste russe assassinée, la liberté de la presse bafouée

SOLIDARITY WITH THE THREATENED BRAZILIAN JOURNALIST VILMAR BERNA

Les OGM dangereux… pour la liberté de la presse !

Appel à signatures en faveur de Guy-André Kieffer, journaliste disparu en Côte d'Ivoire
[mars 2006]

Etats généraux pour une information et des médias pluralistes en Rhône-Alpes
[21 et 22 avril]

Enlèvement aux Philippines d'un journaliste qui dénonçait la déforestation [6.03.2006]

Création officielle de l'observatoire français des médias
Affaire du « vrai-faux parisien », les associations réagissent.
Lettre à Tokia Saïfi
Le "vrai-faux" parisien
Un débat sur l'énergie résolument pro-nucléaire
Communiqué N°2
Mise en place de l'observatoire des médias

 

 

Un journaliste emprisonné au Niger

Par Catherine et Bernard Desjeux

Amnesty international réclame la libération du journaliste Moussa Kaka toujours emprisonné. Nous avons eu à le rencontrer à plusieurs reprises et avons toujours apprécié sa gentillesse et sa compétence. Nous sommes particulièrement concernés par cette privation de liberté ayant nous aussi de nombreux contacts. Que dirait-on d'un journaliste qui n'aurait qu'une seule et unique source ? Pour tenter de comprendre et rendre compte d' une situation aussi absurde soit-elle, il faut bien écouter les avis des uns et les autres. Il serait bien que les parties en présence comprennent que l'on ne peut faire la paix qu'avec son ennemi. En attendant les populations souffrent.

 

 

 

 

Les droits des pigistes en danger !

Après de longues années de négociation, un accord sur le droit à la formation pour les pigistes, ces journalistes qui travaillent pour plusieurs titres, a failli être ratifié. Déjà signé par 5 organisations syndicales de journalistes (SNJ,SNJ-CGT,USJ-CFDT,SJ-FO et SJ-CFTC),
il n'attendait plus que la signature des organisations patronales qui avaient participé à la négociation. Mais celles-ci soumettent cet accord à l'acceptation d'un autre accord qui constituerait un net recul sur les droits actuels des journalistes pigistes. D'où la grogne de ces journalistes et une pétition à découvrir sur :
www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1408

 

 

 

Reporters sans frontières appelle le président Mamadou Tandja à cesser de "traiter les journalistes en ennemis"

Un mois après l'arrestation de Moussa Kaka, Reporters sans frontières appelle le président nigérien, Mamadou Tandja, à faire enfin un geste de conciliation envers la presse privée, durement frappée par une politique répressive ayant conduit à l'incarcération de deux journalistes.

"Sachant que la pression ne se relâchera pas tant qu'il fera preuve d'autant d'intransigeance, le président Mamadou Tandja devrait enfin entendre ceux qui lui disent, depuis un mois, qu'il fait fausse route. Les arrestations spectaculaires de Moussa Kaka, puis d'Ibrahim Manzo Diallo, n'ont eu pour effet que de raidir la presse et la population, et de fragiliser encore davantage la démocratie nigérienne. Le chef de l'Etat devrait cesser de traiter les journalistes en ennemis, mais plutôt en partenaires, lorsque le pays traverse une crise", a déclaré l'organisation.

Moussa Kaka, directeur de la station privée Radio Saraouniya, correspondant au Niger de Radio France Internationale (RFI) et Reporters sans frontières, a été arrêté le 20 septembre et inculpé de "complicité de complot contre l'autorité de l'Etat". Les autorités, qui affirment l'avoir placé sur écoutes, sans avoir produit de preuves matérielles crédibles ni justifié la procédure ayant conduit à sa surveillance, l'accusent de "connivence" avec la rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ). Le journaliste avait réalisé pour RFI plusieurs interviews exclusives de l'un des chefs du MNJ, lequel affronte régulièrement l'armée dans le nord du pays depuis février 2007. S'il est reconnu coupable au terme de son procès, qui pourrait ne s'ouvrir que dans plusieurs mois, Moussa Kaka risque la prison à vie.

Trois semaines plus tard, le 9 octobre, Ibrahim Manzo Diallo, directeur de publication du bimensuel privé Aïr Info, publié à Agadez (Nord), a été arrêté à l'aéroport de Niamey alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour la France. Interrogé toute la nuit, puis transféré le lendemain à Agadez, où l'état d'urgence a été proclamé, le journaliste est interrogé sur ses liens avec le MNJ. Les policiers l'ont notamment accusé d'avoir fait payer son billet d'avion par la rébellion, alors que le voyage et le séjour d'Ibrahim Manzo Diallo étaient entièrement pris en charge par le conseil général des Côtes d'Armor, dans le cadre d'un accord de coopération décentralisée.

 

 

Un collectif d'organisations socioprofessionnelles des médias nigériens a fustigé dimanche la «déportation» en fin de semaine, du journaliste Ibrahim Manzo Diallo arrêté le 9 octobre dernier, pour des raisons inconnues, a appris APA de source autorisée à Niamey.

«Nous condamnons avec fermeté l'arrestation de notre confrère Ibrahim Manzo Diallo et demandons sa libération immédiate », a indiqué Abdramane Ousmane, porte-parole du collectif.

Selon lui « rien à été encore reproché officiellement à Manzo Diallo, ce qui de fait rend illégale sa détention ».

Le porte-parole du collectif a annoncé l'organisation d'une « marche suivie de meeting à Niamey pour le 20 octobre prochain afin d'exiger l'arrêt des poursuites contre les journalistes».

Le collectif est constitué notamment du Réseau des journalistes pour les droits de l'homme (RJDH), l'Association nigérienne des éditeurs de la presse indépendante (ANEPI), du Syndicat des travailleurs de la presse privée (SYNTRAPREP), et de l'Union des journalistes privés du Niger (UJPN)

Vendredi dernier, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a invité le Chef de l'Etat nigérien, Mamadou Tandja, à « mettre fin à la répression des médias » et à «intervenir d'urgence pour mettre fin à cette répression des médias et des journalistes et pour la libération de nos confrères ».

Le journaliste Ibrahim Manzo Diallo qui a été interpellé dans la nuit du 9 octobre dernier alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Paris, était détenu dans les locaux de la gendarmerie nationale avant d'être transféré dans une prison à Abalak (800 km au nord).

Il a été interpellé pour des motifs qui ne sont pas encore connus, mais selon certaines sources,l son interpellation est liée à sa présumée collaboration avec RFI.

Directeur de publication de « Aïr Info », seul journal nigérien édité en région, à Agadez, Ibrahim Manzo Diallo, ne « travaille pas pour RFI » a indiqué à APA, Ali Manzo un proche du journaliste.

En juin dernier, le Conseil Supérieur de la Communication (CSC), organe de régulation des médias nigériens, a suspendu pour trois mois Aïr-Info, accusant d'incitation « à la haine et à la violence » dans le conflit qui sévit au Nord du pays.

 

 

LES ENTRETIENS D'AUTOMNE le 23 et 24 octobre 2007

Les Entretiens de l'Information et l'Institut Français de Presse ont choisi de revenir sur trois des sujets qui ont marqué le traitement de l'actualité de l'année 2007 :

- La question du réchauffement climatique.
- Le traitement de la crise du Darfour
- Les blogs de journalistes.

Les ateliers, tables rondes et communications se tiendront dans << la Salle des conférences>>  de l'Université Paris 2, au 391 rue de Vaugirard. Paris 15 ème

Contacts :
Laurence Durry - Laurence.Durry@u-paris2.fr
Christine Menzaghi - Ligue de l'enseignement  cmenzaghi@laligue.org - 06 84 01 55 28

Mardi 23 octobre 2007

La question du << réchauffement climatique >>  

Le choix des modes de traitement de la question du changement climatique.

9h30 - 12h45

Protéiforme, intersectoriel, abstrait, lointain, le thème du changement climatique constitue un défi pour les rédactions. Depuis environ quatre ans, un nombre significatif de journalistes semble avoir domestiqué cette question. Comment la relatent-ils ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Autour de quels << angles >> cristallisent-ils l'information produite ?

La médiatisation des changements climatiques : Mise en perspective.  par Jean-Baptiste COMBY (doctorant IFP)

Table ronde avec la participation de :
Boris BELLANGER (Sciences & vie)
Bruno CORTES (TF1)
Sylvestre HUET (Libération)
Jean JOUZEL (LSCE-CEA)
Hervé LE TREUT (LMD-CNRS)
Guillaume MAINCENT (Environnement magazine)
Aline RICHARD * (La Recherche)
Thierry WATINE (Université Laval)
Discutant : Daniel BOY (Cevipof)

Le traitement journalistique des enjeux énergétiques
liés au changement climatique.

14h30 - 17h00

Le changement climatique est tout autant problème environnemental qu'énergétique. Peu de journalistes sont spécialistes de l'énergie. De leur côté les énergéticiens déploient d'importants moyens de communication. Comment produire, dans ces conditions, une information complète et indépendante  ?

Les pratiques des Français en matière de maîtrise de la consommation d'énergie, par Cédric PLANCHAT (INSEE)

Table ronde animée par Christian DAURIAC (CFI)

avec la participation de :
Anne BAUER (Les Echos)
Valéry LARAMEE (Enerpress)
Yves LEERS (ADEME)
Marie-Jeanne HUSSET (60 millions)
Cédric PHILIBERT (Agence Internationale de l'Energie)
Paul MOREIRA (PLTV)
Emmanuel SAULNIER (AREVA)
Discutant : Eric GLOVER (Courrier International).
Conclusion : Rémy RIEFFEL (IFP)

 

Mercredi 24 octobre

Le traitement du conflit du Darfour

9h30 - 12h45

Fin mai 2007, la télévision publique annonce qu'elle a décidé de consacrer une semaine au conflit oublié du Darfour. Subitement ce drame se retrouve à la une de l'actualité. Comment évoquer ce drame sans céder à l'émotion ? Comment rendre compte de la complexité du conflit, des intérêts et des stratégies en jeu, en évitant la simplification ou le suivisme ?

Table ronde :
Animée par  Yves RENARD (ESJ)

Avec la participation de :
Paul NAHON (France3)
Jean-Marie ETTER (Fondation Hirondelle)
Julia FICATIER (La Croix)
Thomas DANDOIS (Camicas Prod)
Vincent HERVOUET (LCI)
Vincent HUGEUX (L'Express)
Marc LAVERGNE (CNRS)
Jean-Louis SAPORITO (free lance)

Secours Catholique

Discutant : Olivier DA LAGE (RFI)

Un point sur : Internet et l'information relative au conflit du Darfour par les étudiants du Master journalisme de l'IFP.

 

Mercredi 24 octobre

Les blogs de journalistes

14h00 - 17h00

Les blogs de journalistes se multiplient, avalisés par une entreprise, ou indépendants d'elle. Ils posent des problèmes informatifs, juridiques, déontologiques. En dit-on plus que dans son média ? Illustration de la tension entre information et engagement personnel, entre salariat et autonomie.

Animation : Pascal GUENEE (IPJ)

Avec la participation de :

Emmanuel DAVIDENKOFF (Phosphore, France Info)
Emmanuel DERIEUX (IFP)
Pierre HASKI (rue89)
Alain HERTOGHE
Stanislas LERIDON (France 24)
Denis RUELLAN (IUT de Lannion)
Noëlle VELLY (RFI)
Thierry WATINE (Université Laval)
Discutant : Cyril LEMIEUX (EHESS)

Conclusion des Entretiens d'automne 2007 : Jean-Marie CHARON

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE COMMUN R.E.NA.R.D./SEDPA/SCAM

Cette situation enfonce la filière française, notamment régionale, dans une grave crise, mettant en péril des techniciens et des sociétés spécialisés sur ce type de documentaires, alors que ceux-ci bénéficient toujours d'une audience soutenue et constituent un produit porteur dans les ventes internationales.

A l'heure où - au niveau mondial - les diffuseurs commencent à s'approvisionner massivement en programmes tournés en haute définition, le désinvestissement de notre pays dans ce genre porteur qu'est le film animalier témoigne d'un cruel manque de vision.  C'est un cinglant démenti à tous les discours lénifiants sur la nécessité d'aider les PME à se développer en particulier à l'international, sur la défense de la diversité culturelle et sur la volonté de défendre la biodiversité…

 Une rencontre avec France Télévisions a confirmé nos inquiétudes puisqu'il nous a été indiqué que le groupe –en-dehors de France 5- ne procédait à aucun pré-achat français de ce type de programmes.  

D'après les chiffres qui nous ont été communiqués, en 2006, France Télévisions a alimenté ses besoins de programmation en documentaires animaliers à plus de 95% par des acquisitions, lesquelles ont été constituées à plus de 80% par des achats de programmes étrangers.

Ceci constitue une mise à mort du documentaire animalier en France et du savoir-faire de ses auteurs.

En ce qui concerne particulièrement les achats, la politique d'acquisition du service public montre un déséquilibre flagrant difficile à comprendre puisque des programmes de qualité existent en France (comme le prouve leur succès à l'export) et sont disponibles à l'achat. Ces achats nous sont indispensables pour amortir le coût de nos productions. Ils contribuent également  à la survie des structures de productions lorsque de manière cyclique –comme c'est le cas actuellement – les diffuseurs ne commandent plus de programmes frais.

Des solutions existent :

-      que le service public porte à un seuil minimum de 15% la proportion de ses pré-achats par rapport à ses besoins de programmation en documentaires animaliers ce qui permettrait de redynamiser la filière.

-      un rééquilibrage à 50% des achats en faveur d'oeuvres françaises ou d'expression originale française.

-       la valorisation de l'utilisation de la haute définition, qui plus onéreuse, nécessite un financement supplémentaire de 20%, mais garantit un rayonnement compétitif international.

Si nous voulons que le savoir-faire français perdure, que d'autres Luc Jacquet ("La Marche de l'Empereur") puissent continuer à réaliser des oeuvres de qualité en France, il est plus que temps d'apporter des solutions à cette crise. Nous demandons au service public d'avoir la volonté de les appliquer avant qu'il ne soit trop tard.

Collectif « Réalisateurs Naturalistes Animaliers Refusant de Disparaître », soutenu par la Société Civile des Auteurs Multimédia (SCAM) et par le Syndicat des Entreprises de Distribution de Programmes Audiovisuels (SEDPA)

 

 

 

Défendons nos droits, préservons la qualité de notre travail

(Marc Giraud) - 21/03/07

Droits d'auteur oubliés, forfaits scandaleux, délais impossibles, essais non rétribués, liberté de pensée aux oubliettes, paiements en retard, non respect des droits du travail etc. deviennent le lot quotidien de la plupart d'entre nous. Les conditions imposées par les éditeurs et les groupes de presse à leurs pigistes sont de plus en plus en plus inacceptables, et débordent souvent de la légalité, et du plus élémentaire respect de conditions normales de travail, donc de la qualité de ce que nous produisons. Les auteurs et illustrateurs spécialisés jeunesse ont élaboré une charte exemplaire, que nous vous convions à regarder. Leur lettre au président du Syndicat national de l'Édition dénonce nommément des éditeurs et groupes de presse sans scrupule. C'est sans doute la meilleure voie pour inciter ces responsables à changer de comportement, et avertir les collègues des chemins pourris à ne pas emprunter.

La Charte des auteurs et illustrateurs Jeunesse Hôtel de Massa,
38 Faubourg St Jacques, 75.014 Paris
Téléphone - fax : 01.42..81.19.93 - -
www.la-charte.com

 

 

 

Une journaliste russe assassinée, la liberté de la presse bafouée

Par Claude-Marie Vadrot

Anna Politovskaïa avait deux enfants. Elle a été assassinée. Le jour de l'anniversaire de Vladimir Poutine.

Anna, je la connaissais bien, nous nous étions souvent croisés, en Russie et à Paris, et je suis étonné que l'on réduise aujourd'hui sa liberté de journaliste à la guerre en Tchétchénie. Elle ne militait pas pour la liberté de la presse. Avec ses confrères de Novaïa Gazeta, elle était la liberté d'enquêter, d'écrire. Sur tous les sujets (1), y compris sur les questions d'environnement et d'écologie, d'ailleurs. Et elle s'étonnait que les journalistes français ne lui parlent jamais des destructions environnementales subies par son pays depuis quelques années.

Elle en souffrait, comme elle souffrait de la lente mais sure descente aux enfers de la Russie et de la corruption couverte par le Secret d'Etat. Elle souffrait de voir la liberté d' info rmer bafouée : par l'intimidation des journalistes et par le contrôle progressif des médias, écrits ou télévisés, par le pouvoir du président russe. Anna sentait que son pays glissait lentement vers la dictature ; avec, déjà un parti (presque) unique dont certains députés avaient, à la Douma, publiquement expliqué qu'Anna était un « ennemi public ». Elle m'avait raconté les menaces, les coups de téléphone anonymes, les voitures qui la suivaient dans la rue pour lui faire peur. Elle racontait aussi qu'en juillet 2003, son rédacteur en chef avait été empoisonné avant de mourir dans de terribles souffrances. Elle racontait aussi comment, il y a deux ans, alors qu'elle partait en reportage sur la prise d'otages de l'école de Beslam, elle avait elle aussi été empoisonnée dans l'avion par une tasse de thé. Elle en avait réchappé par miracle après une nuit de coma à l'hôpital : les agents de l'ex-KGB avaient mal dosé le poison.

Anna n'est pas la première victime de la liberté d' info rmer et probablement pas la dernière. Car trop de Russes versent aujourd'hui des larmes de crocodiles et, au moment où j'écris ces lignes, lundi, le président russe n'a encore rien dit sur l'assassinat d'une grande femme libre. Etre la liberté de la presse en Russie, c'est à la fois susciter l'indifférence du plus grand nombre et prendre tous les risques. En 2004, dernière année pour laquelle il est possible de disposer d'une statistique fiable, 54 journalistes, Moscou et en province, ont été tués dans des conditions non élucidées. « Mort violente dans son appartement, probablement par des cambrioleurs », tel est en général de diagnostic de la police. Pratiquement, aucun de ces meurtres n'a été suivi d'un procès ou d'une condamnation. Comme pour les députés abattus, comme pour les hommes d'affaires flingués en pleine rue.

La Russie n'est plus une démocratie et nos confrères qui essaient en vain d'évoquer les problèmes d'environnement le savent bien. Comme Anna et ses quelques amis de Novaïa Gazetta aujourd'hui terrifiés, ils n'ont le choix qu'entre le silence, le licenciement ou la « mort violence dans leur appartement ».

Cet état de fait qui dure et empire depuis des années n'a pas empêché, il y a quelques semaines, le président de la république français de faire de Poutine un grand officier de la Légion d'honneur. Comme quoi avoir du gaz remplace facilement un brevet de défenseur des libertés.

(1) Lire pour s'en convaincre , « La Russie de Poutine » et « Douloureuse Russie » (paru il y a quelques jours), deux livres publiés par Buchet et Chatel.

 

 

 

SOLIDARITY WITH THE THREATENED BRAZILIAN JOURNALIST VILMAR BERNA

The Environmental Communications Network of Latin America and the Caribbean (RedCalc), a grouping bringing together environmental journalists and communicators from more than 15 countries in the region,

BEARING IN MIND the death threats being received by our Brazilian colleague Vilmar Berna, a journalist who has had a long and effective career in defence of the environment that has brought him national and international recognition: and

BEARING IN MIND that this state of affairs has been brought to the attention of the authorities, who have so far failed to take any action to identify those responsible for these illegal acts, or to take the necessary measures to ensure the safety of the people threatened:

EXPRESSES its total solidarity and fraternal support for the social and professional activities of our colleague Vilmar Berna in the face of these reprehensible acts that threaten the safety of himself and his family.

vigorously REJECTS these illegal, antisocial and undemocratic acts which are aimed solely at silencing the voice and discouraging the work of the journalist Vilmar Berna.

DEMANDS that the Brazilian government and judicial authorities intervene immediately to clear up these matters and to ensure protection for Vilmar Berna and his family.

CALLS UPON journalistic and human rights organisations in the region to take action to offer all their support and solidarity to their threatened colleague.

ASKS journalists and communicators in our network and in other like-minded ones to stay in contact so as to exchange info rmation and co-ordinate action in the event of any new situation requiring it.

The members of RedCalc pledge themselves to bring this matter to the attention of the media and national and international authorities and to demand action to defend the profession and the human rights of the threatened journalist.

Circulation list for the statement :

Government and judicial authorities
National press organisations
Human rights organisations
National media
International organisations

 

 

 

Texte complet en fichier PDF

 

 

 

GUY-ANDRE KIEFFER : APPEL A SIGNATURES

Guy-André Kieffer, journaliste économique indépendant spécialiste de l'Afrique et des matières premières a été enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan, alors qu'il enquêtait sur les dérives financières de la Côte d'Ivoire, les détournements de fonds par les proches du régime, le financement des armes, les trafics autour du cacao,… Autant de sujets sensibles. Depuis lors, nul ne sait ce que GAK est devenu. La famille, les confrères, les amis sont sans nouvelles.

L'enquête judiciaire en cours en France a fait apparaître l'implication du proche entourage de Laurent Gbagbo, président de Côte d'Ivoire, dans cet enlèvement. La présidence ivoirienne nie et a fait tomber une chape de plomb sur l'affaire. Les autorités politiques françaises ont malheureusement adopté la même logique, semblant se désintéresser de la disparition de ce journaliste. Cette attitude tranche nettement avec la mobilisation qui fut (ou qui est) celle de la diplomatie française dans les affaires Christian CHESNOT et Georges MALBRUNOT, Florence AUBENAS ou Ingrid BETANCOURT.

Nous ne pouvons donc compter que sur le travail (difficile) des juges et la mobilisation de l'opinion publique. Vous pouvez nous y aider en signant la pétition que nous avons mise en ligne sur le site www.guyandrekieffer.org

Pour souscrire à la pétition, c'est très simple : dans la page d'accueil de
www.guyandrekieffer.org, cliquer sur "Liens". Une fois dans "Liens", cliquer sur "Pétition" et suivre ensuite les instructions ("Ajouter un commentaire").

Nous avons actuellement un peu plus de 600 signatures sous cette pétition. Il en faudrait beaucoup plus pour faire bouger le Quai d'Orsay. Notre objectif est d'en avoir au moins 1000 avant le 16 avril 2006 voire beaucoup plus, pourquoi pas ?

Merci à tous pour votre aide.

 

Etats généraux pour une information et des médias pluralistes en Rhône-Alpes - Rencontre des médias alternatifs de Rhône-Alpes

 21 et 22 avril 2006 à Grenoble

 

Renseignement, au fur et à mesure sur le site régional :
www.medias-alternatifs-rhonealpes.org -

 

21 avril :

Etats généraux pour une information et des médias pluralistes en Rhône-Alpes
Théâtre de Grenoble.

Programme :
11h00 Accès aux stands
12h00 Buffet
13h30 Présentation des Etats généraux
14h00 Forums (Présentation à confirmer) :
- Forum 1:   Concentrations et menaces sur le pluralisme : quelles alternatives ?
- Forum 2 : Quel rôle pour le service public d'information ?
- Forum 3 : la responsabilité sociale des journalistes et des médias : comment la faire respecter ?
- Forum 4 : médias locaux et démocratie : comment avancer ?
- Forum 5 : quelles alternatives pour les journalistes et pour les usagers de l'information ?
- Forum 6 : les radios associatives en danger : comment réagir ?

16h30  pause finalisation des comptes rendus
17h00  comptes rendus des forums en séance plénière et débat sur les propositions
19h00  Pause. Préparation des synthèses sous forme des cahiers de doléances et cahiers de propositions
19h30  Apéro -buffet
20h30  Grand débat public.

Les leçons du référendum : garantir une information et des médias pluralistes

22 avril

Rencontre des médias alternatifs de Rhône-Alpes
Campus de Saint-Martin d'Hyères

8H45 : Accueil. Café-Croissants
9H00 Présentation des rencontres
9H30-12 h. Ateliers
Présentation indicative. La liste et la présentation des ateliers sont en cours de discussion.
I.
Démocratie et information
1. Médias locaux et démocratie locale.
2. Médias locaux et collectivités locales / territoriales.
3. la place de l'information dans un média alternatif

II. Difficultés et remèdes
4. Financement
5. Fonctionnement
6. Formation

12H00 Buffet
13H00 Rapport des ateliers en séance plénières et débat.
15H00 -17 h Ateliers
« Les médias alternatifs ont-ils un avenir »
1. Établissement d'une charte des médias alternatifs
2. Comment les collectivités territoriales peuvent-elles aider les médias alternatifs ?

 

 

Enlèvement d'un journaliste qui dénonçait la déforestation

Par Reporters sans frontières
Philippines

Reporters sans frontières est extrêmement préoccupée par l'enlèvement de Joey Estriber , animateur radio et spécialiste des questions environnementales, dans la province d'Aurora (nord-est de Manille). Il est connu pour avoir dénoncé la déforestation sauvage qui a récemment causé des glissements de terrain dramatiques aux Philippines.
« Encore une fois, un journaliste courageux est victime de violences. Nous demandons aux autorités et notamment au général Arturo Lomibao, chef de la police, de mobiliser des moyens humains pour retrouver Joey Estriber. Au lieu de s'en prendre à des médias d'opposition accusés de complicité avec les putchistes, les autorités de Manille devraient s'attaquer à la violence endémique qui touche en province les journalistes qui dénoncent la corruption et les abus », a déclaré Reporters sans frontières.

Le 3 mars 2006 dans la soirée, Joey Estriber, responsable du programme Pag-usapan Natin (Parlons de ça !) sur la radio locale DZJO , a été enlevé par quatre hommes devant un cybercafé de Baler (province d'Aurora). Selon l'Union nationale des journalistes des Philippines (NUJP), les kidnappeurs ont embarqué de force le journaliste dans une camionnette aux vitres teintées et sans plaques. Joey Estriber a tenté de résister, appelant à l'aide. En vain.
Quelques heures plus tard, les messages « Ne vous en faites pas, je suis bien » et « Je me cache » ont été envoyés du portable du journaliste à des collègues. Sa famille a confirmé qu'il était régulièrement menacé.
Joey Estriber est connu pour ses dénonciations de la déforestation dans la province d'Aurora. Dans son programme, il revenait sur l'abattage intensif d'arbres mené par des entreprises bénéficiant de soutiens dans l'administration. Il avait participé à une campagne en faveur de la suspension de neuf licences accordées à des entreprises d'exploitation du bois dans cette province.
Dans la région d'Aurora, un glissement de terrain avait fait plus de cent morts en 2004. Mais l'exploitation du bois n'avait pas cessé. En février dernier, le journal national Philippine Daily Inquirer titrait « Les arbres continuent de tomber dans les forêts d'Aurora ».
Joey Estriber est par ailleurs l'un des animateurs de l'ONG Bataris qui agit pour le développement local. En février dernier, un militaire avait déclaré sur une radio que les organisations comme Bataris étaient à combattre.


REPORTERS SANS FRONTIÈRES

Secrétariat internationales - rue Geoffroy-Marie - 75 009 Paris
France - : (33)1 44 83 84 72. Fax : (33) 1 45 23 11 51
"N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre"

 



Création officielle de l'Observatoire français des médias

COMMUNIQUÉ A LA PRESSE

Le mercredi 24 septembre s'est tenue à Paris l'assemblée générale constitutive de l'Observatoire français des médias (OFM).

L'Observatoire a pour objet de produire et de communiquer de l'information, ainsi que de mener des actions de tous ordres en vue de promouvoir et garantir le droit à l'information, la liberté d'expression et le droit à informer des citoyens, ainsi que de préserver leurs intérêts en la matière. L'Observatoire entend se constituer en contrepoids aux différents pouvoirs, en particulier ceux des grands groupes médiatiques, qui favorisent, en matière d'information, une logique - celle du marché - et une idéologie : celle de la pensée néolibérale.
Le collège des fondateurs (personnes physiques ou morales) rassemble trois catégories de membres :
- des professionnels de l'information, actifs ou retraités, de tous les types de médias ;
- des universitaires et chercheurs de toutes les disciplines, en particulier des spécialistes des médias et de l'information ;
- des " usagers " et observateurs critiques des médias.

Après avoir adopté les statuts de l'association, l'assemblée générale des fondateurs a élu, parmi les membres fondateurs, un conseil d'administration de 18 membres.
Le Conseil, qui s'est aussitôt réuni, a élu un bureau de quatre membres :
- Armand Mattelart, président (professeur à l'université Paris VIII)
- Jacques Cossart, secrétaire général (économiste)
- Sophie Durand, trésorière (secrétaire.)
- Claude-Marie Vadrot, Président de l'association des journalistes pour la nature et l'écologie

Le Conseil se réunira à nouveau le 15 octobre pour adopter la charte de l'association, ainsi que les principes régissant son fonctionnement et ses rapports avec les médias. Il fixera également son programme de travail pour les mois à venir. Contacts à partir du 1er octobre 2003 :
: presse@observatoire-medias.info

 

 



Affaire du "vrai-faux Parisien", les associations réagissent

Suite à l'article de Claude-Marie Vadrot qui dénonçait la parution d'un numéro spécial du Parisien sur le développement durable, entièrement élaboré et financé par Areva, trois associations de protection de l'environnement (FNE, Greenpeace et le WWF) abusées par de "vrais-faux" journalistes du Parisien, ont décidé d'attaquer en justice ce journal. Indignée par cette façon de procéder, Hélène Gassin, responsable de la Campagne Energie de Greenpeace, nous a expliqué comment elle a été trompée : "J'ai répondu aux questions d'une personne se présentant comme " journaliste au Parisien " et qui préparait un papier sur les énergies renouvelables en ville. Je n'ai à aucun moment eu connaissance du fait que ce " papier " était destiné à un supplément gratuit distribué à plus de 800 000 exemplaires avec comme unique " annonceur " la société Areva. Je pense que vous me croirez si je vous précise que si ces faits avaient été précisés, je n'aurais pas répondu."
Plus que jamais nous devons faire attention au respect des règles de déontologie à une époque où l'on a tendance à confondre trop souvent communication et véritable information.

Par Carine Mayo.

 

 

Lettre à Tokia Saïfi

Paris le 30 juin 2003

Madame Tokia Saifi
Secrétaire d'Etat au Développement Durable

Madame la Ministre,

Informé par l'une de nos adhérentes, Madame Valérie Cormont, que votre cabinet était intervenu à cinq reprises auprès du rédacteur en chef de la Voix du Nord, monsieur Philippe Caron, pour protester contre le travail fait par cette journaliste spécialiste de l'environnement, au cours des Assises du Développement Durable, je ne peux que m'étonner de cette démarche qui porte atteinte à son honneur professionnel et peut, par la suite, lui nuire.
Tout d'abord parce que la plus élémentaire correction de vos collaborateurs aurait consisté à appeler directement Madame Cormont pour lui signaler le désaccord de votre ministère sur les articles publiés. Un simple problème de politesse.
Ensuite et surtout, après avoir lu les autres articles publiés dans la presse et les dépêches de l'Agence France-Presse, nous avons constaté que notre consœur avait parfaitement rendu compte des évènements auxquels elle a assisté.
Notre association ne peut que regretter que, une fois de plus, les journalistes soient considérés comme étant seulement autorisés à " être les porteurs de bonnes nouvelles ". La presse, Madame la Ministre, dans les questions d'environnement comme dans les autres, n'exerce pas son activité pour " faire plaisir " mais pour raconter l'actualité. Et nous ne portons aucune responsabilité dans les faits que nous rapportons, qu'ils fassent ou non plaisir à un membre d'un gouvernement de droite ou de gauche.
J'ose espérer que vos collaborateurs prendront contact avec Madame Cormont pour lui présenter leurs excuses sur ce regrettable incident.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l'assurance de ma considération.

Par Claude-Marie Vadrot,
président des JNE

 

Le " vrai-faux " Parisien Dans le Parisien du 13 juin, les lecteurs pouvaient trouver une édition spéciale du Parisien. Avec la couleur, la graphie, la mise en page, les rubriques de ce quotidien. Le titre de la Une, agrémentée d'une belle photo de la Terre vue du ciel, " Bien sur ma planète ".

Avec un grand chapeau : " Et si le développement durable commençait par nous ? Quelques gestes simples, une attention plus marquée aux économies d'énergie, à notre manière de nous déplacer, de consommer et de parler à nos voisins ou nos collègues de travail ? Loin des grands concepts, au cœur de nos vies quotidiennes, cette édition spéciale dresse un état des lieux du monde qui nous entoure. A nous d'agir concrètement pour notre planète et les générations futures ".
Alléchant, n'est-ce pas ? D'autant plus que la colonne de titrailles est de la même veine…

On feuillette, ouais ça se tient, quoi que, par moments, ça commence curieusement à dérailler. Jusqu'au moment où l'on comprend : ce numéro spécial de 16 pages est intégralement payé et rédigé par…. AREVA ! Ce n'est écrit nulle part, nulle part ne figure le mot publicité. L'astuce étant que, dans les pages, il y a des pubs, comme dans un " vrai journal ". Ils ont même réussi, ce qui est surprenant, à obtenir une interview de quelqu'un de Greenpeace, Hélène Gassin.
Vous pouvez toujours téléphoner (au Parisien) aux journalistes qui figurent dans l'ours du journal, ils sont inconnus à la rédaction. Rien ne vous empêche d'écrire (25 avenue Michelet, 93408 Saint-Ouen Cedex) ou de leur téléphoner au 01 40 10 30 30 ou encore de leur faxer au 01 40 10 35 20 contre cette publication qui déshonore notre profession et qui est, de plus illégale, la mention publicité ou publi-information étant obligatoire.

 

Un débat sur l'énergie résolument pro-nucléaire

Samedi 24 mai, Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette. Le ministère de l'Industrie organise la dernière rencontre du débat national sur l'énergie, lancé par Jean-Pierre Raffarin en mars dernier. Initialement prévue sur deux jours, elle a été réduite à une séance de 2h30. Avant l'entrée en scène de Nicole Fontaine, ministre de l'Industrie, qui va se féliciter de la réussite de la "grande expérience de démocratie participative" organisée par son cabinet avec l'aide de l'agence de communication Strateus, j'assiste à une scène digne d'un film de Pierre Carles.
Dans le petit édicule préfabriqué dénommé "salle de presse", Michel Field, producteur sur TF1, et Damien Givelet, présentateur sur LCI, les deux animateurs chargés du "ménage" de ce jour, s'inquiètent. Les services du ministère ont eu la main lourde: seize intervenants à faire répondre sur seize questions en 90 minutes maximum, soit moins de 6 minutes par personne, ou à peine 20 secondes par question et par intervenant. Le directeur de l'agence vient les voir en coulisses. "Ne vous inquiétez pas, tout est calé. Il n'y aura pas de problèmes. On a réparti les questions et les interventions. Pour les deux questions qui vont chauffer, les énergies renouvelables et le nucléaire, on aura deux cons de chaque côté, ça ira."
La scène me semble surréaliste. Je m'approche des deux journalistes. "Vous ne leur avez pas dit que seize personnes en une demi-matinée, ça fait beaucoup?" Damien Givelet me répond. "Si, évidemment, mais ça a été monté par des fonctionnaires qui n'y connaissent rien et on se retrouve à gérer ça."
Le "ça", le débat censé définir ce qu'est une "politique énergétique durable", a été bien préparé. Deux jours avant, le jeudi 22 mai, les associations Greenpeace, WWF, Sortir du Nucléaire et France Nature Environnement ont invité la presse pour faire le bilan de trois mois de débat dans un café de la rue de Richelieu, à deux pas de l'agence France-Presse. Quelques journalistes sont là. Hélène Gassin, de Greenpeace, sort deux pages photocopiées de sa manche. C'est le conducteur de la séance de samedi. Surprise : toutes les questions sont déjà prévues et elles laissent entrevoir un drôle de débat...

Qu'on en juge: "Question 11. Journaliste : le débat national sur les énergies a donné une large place aux énergies renouvelables compte tenu des atouts qu'elles présentent : ressource nationale, réduction des gaz à effet de serre. Que peut-on en attendre en France? Quels sont les potentiels à exploiter? Doit-on privilégier certaines énergies renouvelables? Quels objectifs réalistes peut-on raisonnablement se fixer ?" Question sur cette dernière question: est-elle objective, ouverte ou contient-elle en elle-même le sens de la réponse à donner ? La réponse est dans la question suivante...
" Question 13. Journaliste : la consommation annuelle d'électricité en France est actuellement de 450 TWh. Nous venons de voir que les énergies renouvelables pourraient nous fournir au maximum un tiers de notre consommation. Avec quel type d'énergie et dans quelle proportion doit-on produire les deux tiers restant?" Cette question est-elle objective, ouverte, ou contient-elle, elle aussi, le sens de sa réponse en elle-même ?
" Question 14. Journaliste : est-ce raisonnable de développer le gaz et le charbon dans le bouquet énergétique (expression consacrée depuis qu'EDF l'a diffusée à grande échelle depuis deux ans) électrique compte tenu des émissions de gaz à effet de serre?" Décidément, on demande aux deux journalistes d'être très raisonnables.
" Question 15. Journaliste : Supposons maintenant que la France continue dans la voie du nucléaire, quelles solutions adopter pour la gestion des déchets ?" Vous suivez toujours le fil?
Enfin la dernière, le nec plus ultra:
" Question 16. Journaliste : pourquoi faut-il lancer la construction d'une démonstrateur EPR maintenant ?" Oui, vous avez bien lu. La dernière rencontre de trois mois de débat doit se terminer par cette question incroyablement fermée. Les deux journalistes ne sont pas invités à demander s'il faut que.., si c'est possible ou utile de..., mais "pourquoi il faut que...".

Evidemment, les associations environnementalistes présentes ce jeudi, qui s'étaient retirées du comité consultatif d'organisation avant même l'ouverture du débat, s'attirant légitimement des critiques sur leur refus de participer, n'en revenaient pas d'un aussi beau cadeau. "A quoi ça sert de faire un débat de trois mois si les hypothèses de départ se retrouvent telles quelles dans la dernière question de la dernière journée?" se demandait ainsi Edouard Toulouse, de France Nature Environnement.
Hélène Gassin, campaigner énergie à Greenpeace, expliqua par la suite avoir proposé l'exclu à Libération. "Ils n'ont pas répondu." Seuls le Figaro, dans un entrefilet, et la lettre confidentielle Enerpresse relayèrent l'information le lendemain. Pas l'AFP, ni les autres quotidiens. Reçue la veille par Hélène Gassin dans sa boite email, la "fuite" de mercredi fut suivie le lendemain d'une seconde "fuite": le conducteur corrigé. Celui qui fut utilisé samedi.

Résultat des courses: samedi matin, les questions 11, 13, 14, 15 et 16 avaient été remaniées et changées de place. La question 11 avait été conservée mais remontée dans le cours de la discussion. La question 13 avait été fusionnée avec la 14. "Journaliste : la consommation annuelle d'électricité en France est actuellement de 450 Twh. Nous venons de voir que les énergies renouvelables pourraient nous fournir au maximum 100 TWh (soit moins du tiers évoqué dans la première version). Avec quel type d'énergie et dans quelle proportion doit-on produire les deux tiers restant, en d'autres (termes) que choisir entre le nucléaire et les fossiles ? Est-ce raisonnable de vouloir remplacer le nucléaire par du gaz ? Quels seront les effets sur l'effet de serre ? " (Ecrite à la hache sur le papier, cette question sera bredouillée par Michel Field, qui s'emmêlera les pinceaux dans les térawatts heure).
La question 15 disparaîtra. Quant à l'étonnante question 16, elle deviendra "Faut-il lancer la construction d'un démonstrateur aujourd'hui?" et ne sera plus la dernière. Ce qui n'empêchera pas le débat de s'échauffer quand elle arrivera sur le tapis, au point de générer une demi-heure de retard sur le déroulement prévu.
Le meilleur est pour la fin. A l'issue du débat, Benjamin Dessus, président de l'association Global Chance, un des cinq intervenants non liés aux pouvoirs publics ou à la galaxie nucléaire sur les seize, donne son sentiment sur la matinée. Il explique: "Ce matin, tous les intervenants ont été invités à préparer le débat lors d'un petit-déjeuner. On nous a alors dit que les réponses à chaque question avaient été attribuées. Moi j'en ai eu une (sur les 14 du déroulé effectivement appliqué). J'ai demandé s'il y avait un moment de prévu pour que l'on puisse aborder les questions qui n'auraient pas été posées. On m'a dit non."

Effectivement, le déroulé distribué (par erreur) dans la salle de presse répartissait chaque personnalité en face d'une ou de plusieurs questions, une ventilation scrupuleusement respectée par les deux journalistes. Benjamin Dessus, "décidé à faire de l'entrisme", tenta de prendre la parole à plusieurs reprises, avec succès une fois sur deux. Sa conclusion: "c'était un débat audiovisuel, sans aucune place à la discussion.
C'était de la pédagogie gouvernementale pour faire sortir l'EPR".
Sans prendre parti pour contre l'EPR, pour ou contre le nucléaire, on peut juste souligner que lors de la dernière rencontre du débat national sur l'énergie, toutes les conditions étaient réunies pour que la communication l'emporte sur l'information et le dialogue.

Le 14 juin, la dernière journée du "vrai débat", organisé par les associations qui s'étaient retirées du comité consultatif d'organisation, doit faire intervenir quatre intervenants pendant une journée entière. Une autre façon de concevoir le débat.

Par Antoine Debièvre
(Le Journal du Dimanche)

 


Communiqué n° 2

L'Observatoire des médias et des informations sur l'environnement en cours de mise en place par l'association des Journalistes pour la nature et l'écologie en liaison avec ATTAC et le Monde Diplomatique communique :

Le débat final sur l'énergie qui a lieu demain à La Villette est organisée de façon très particulière.

Le débat regroupe une quinzaine de personnes qui représentent EDF, l'ADEME, le MEDEF, TOTAL et dont auquel on peut espérer que les représentants du WWF, de la CLCV et Yves Cochet apporteront une contradiction équilibrée.

Mais...
Le plus étonnant c'est que les quinze questions que devront poser les deux journalistes-animateurs ont toutes été préparées à l'avance et remises à ces journalistes, dont Michel Field, qui ont été priés de respecter ce q'un document en notre possession appelle la "scénographie" de la "Pleinière de cloture"...
Nous tenons ce document à la disposition de qui aurait des doutes.

Pour les journalistes que nous sommes, ce n'est ni un vrai débat ni de l'information.

Claude-Marie Vadrot,
Président des JNE

 

 

Mise en place de l'Observatoire des médias

Notre association fait désormais partie des membres fondateurs de l'Observatoire des médias (en France) dont la création a été préparée et annoncée à Porto Alegre au mois de février dernier. Observatoire dans lequel figurent des journalistes, des chercheurs, des sociologues, des lecteurs, des téléspectateurs et des syndicalistes de la presse. Notre assemblée générale a entériné cette initiative, étant entendu que l'activité de notre association, représentée par son président, portera prioritairement sur les questions de protection de la nature et d'environnement.

L'esprit de cette " observation " des médias n'est évidemment pas, dans les domaines qui nous concernent, comme dans les autres, de nous ériger en " juges du fond " des articles qui paraissent et des informations qui circulent, c'est-à-dire qu'il n'est pas question de nous ériger en censeurs. Le travail d'observation consiste à vérifier (sur l'information immédiate comme sur l'information à long terme) qu'il ne manque rien dans cette information, qu'elle n'est pas biaisée et que ses sources et origines sont clairement identifiées. En un mot que l'information, quelle que soit sa forme, ne soit pas une tentative de désinformation. Non pas sur le commentaire qui ne peut qu'être libre mais sur les éléments mis à la disposition du lecteur, de l'auditeur ou du téléspectateur.

Lorsque la tentative de fausse information, d'information incomplète ou de désinformation sera avérée, il appartiendra à l'Observatoire des médias de le faire savoir par tous les moyens possibles. Et c'est évidemment sur la rigueur de ses observations et interventions que, dans les domaines qui nous concernent comme dans tous les autres secteurs de l'information, il pourra appuyer ses interventions publiques.

Le rôle de chacun des membres de cette association est donc d'observer attentivement ce qui se dit, se prépare et se publie pour le faire remonter à notre conseil d'administration. Avec un maximum de preuves pour que l'Observatoire puisse intervenir rapidement et efficacement. Il est évident qu'une telle entreprise dont la vitesse de croisière devrait être atteinte au moment du Forum social européen de Saint-Denis, ne peut fonctionner qu'avec la participation active et attentive de tous les membres de l'association. Et ceci dès maintenant, qu'il s'agisse de chasse, de nucléaire, de loup, de pollutions, d'aménagement, d'OGM, de faune sauvage ou d'énergie.

Un exemple pour commencer :

Le mercredi 28 mai, de 9 heures à 16 heures 30 se tiendra au Sénat un débat sur la ruralité présidé par le sénateur de l'Eure, Ladislas Poniatowski et avec la participation du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin et du ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard.

Thème de ce colloque : La Ruralité, un atout pour demain à défendre Ensemble.

A première vue, un événement d'une rare banalité…puisque le carton d'invitation explique notamment " ce colloque s'inscrit comme un temps fort du calendrier gouvernemental. Conscient de l'enjeu que la ruralité représente pour notre pays, le Premier Ministre souhaite que ce colloque ouvre la voie à une politique ambitieuse et innovante avec, dès cet automne au Parlement, un projet de loi sur les affaire rurales ".

A première vue, donc un événement banal. Sauf que…

Ladislas Poniatowski est au Sénat le porte-parole des chasseurs les plus extrémistes. Mais, après tout c'est son droit, à condition que cela soit dit clairement.

Mais il y a beaucoup mieux : ce colloque est en fait organisé par " Lobbying et Stratégies ", l'agence de communication dirigée par Thierry Coste, agence de communication dont le seul client est " Chasse, Pêche, Nature et Traditions ". C'est d'ailleurs Thierry Coste lui-même qui animera les débats pendant toute la journée pour le compte de ses " clients " chasseurs.
Ce qui signifie donc qu'au Sénat, le Premier ministre et le ministère de l'Agriculture vont assurer la promotion de la propagande et les analyses de CPNT. Sans que cela soit clairement dit et expliqué, aussi bien au public et aux journalistes politiques qui en assureront le compte rendu.

Voilà clairement un cas d'information tronquée ou biaisée qu'il convient de signaler au plus grand nombre.

Par Claude-Marie Vadrot.

 

Tous les dossiers des JNE :


1 - Dossier : Pollution par les détergents
2 - Dossier : Observatoire des médias
3 - Dossier : Méditerranée
4 - Dossier : Les loups
5 - Dossier : Le nucléaire
6 - Dossier : La Guyane
7 - Dossier : Le climat
8 - Dossier : Constitution Européene
9 - Dossier : OGM