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| Après l'arrestation du porte-parole du réseau Sortir du Nucléaire, les JNE s'élèvent contre l'entrave à l'information des citoyens et publient le Document Confidentiel Défense émanant d'EDF et portant sur la résistance de l'EPR |
| La zone de Tchernobyl, bientôt transformée en réserve ? |
Production d'énergie :
L'Algérie opte pour le nucléaire à des fins pacifiques |
TCHERNOBYL, VINGT ANS PLUS TARD :
- Santé des enfants
- La santé des adultes
- La santé des liquidateurs
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Combien de morts ?
- Qu'est devenue la ville de Pripiat ?
- Végétation
- La vie naturelle
- Sarcophage
- Elections
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| Coordination nationale des collectifs contre l'Enfouissement des déchets radioactifs, Réseau Sortir du Nucléaire, Greenpeace, Agir pour l'Environnement, les Amis de la Terre, Confédération Paysanne |
| Stages de formation en Mai 2006 sur la radioactivité organisés par la CRIIRAD |
Avec la décision de l'AIEA, la perspective d'un règlement pacifique de L'affaire Iranienne s'éloigne. [09 février 2006] |
| Stages de formation en radioactivité organisés par la CRIIRAD [30 déc 2005] |
Historique : La Cour de Cassation confirme qu'Areva stocke illégalement des déchets nucléaires étrangers [07 déc 2005] |
| AIEA : un Prix Nobel de la Paix indécent [13 octobre 2005] |
Les avancées obtenues sur le secret défense ramènent [07 octobre 2005] |
Déchets radioactifs - Réseau "Sortir du nucléaire"
NON au Débat public officiel, OUI au Débat AVEC le public [16 sept 2005] |
| Tchernobyl : il
a découvert la vérité, ils l'ont emprisonné [30 août
2005] |
| L'uranium du Niger
: où est le problème ? [30 juin 2005] |
| Coups de théâtre
sur le front du nucléaire [29 juin 2005] |
| Gestion des déchets
nucléaires, une question posée au Sénat par Marie-Christine
Blandin (Les Verts) [22 avril 2005] |
| Il y a 19 ans,
Tchernobyl ; par le Réseau Sortir du Nucléaire |
| La Cogema condamnée
par la Cour d'appel de Caen pour stockage illégal de déchets
nucléaires |
| TCHERNOBYL Plainte
contre X [28 mars 2005] |
| Lettre
aux parlementaires |
| Champagne
un écrin contaminé |
| Hommage
à Ted Taylor |

Appel à la publication du document confidentiel sur l'EPR à l'initiative du Réseau Sortir du Nucléaire et de Greenpeace France.
Contre la censure :
publions le document Confidentiel Defense sur l'EPR
(3 Mo)


Par Claude-Marie Vadrot
Dans un petit bois, tout prés de la route, à deux kilomètres du sarcophage, au pied d'un tumulus où furent enfouies des isbas irradiées, deux élans broutent tranquillement les lichens d'un bouleau. Huit jours plus tôt, les mêmes ou d'autres car ils sont de plus en plus nombreux, déambulaient dans les rues désertes de Pripiat, la ville abandonnée pour des siècles par les hommes. A quelques centaines de mètres, dans la zone de la « forêt rousse », la forêt brûlée par les radiations, sur la neige de mars qui commence à fondre, des traces de loups toutes fraîches. De toute évidence canis lupus n'est pas loin, tranquille comme baptiste dans cet univers que les hommes ne traversent que rapidement. Sans remarquer que sur les emplacements des jardins effacés en même temps que les hameaux rasés, des pommiers sauvages ont pris le relais. Sur les plus hauts immeubles dont le silence n'est troublé que par des torrents d'eau qui dévalent des toits, des aigles royaux ont installé leurs aires. Sentinelles pour l'éternité que nul ne vient troubler. Quand des animaux se manifestent dans cet univers minéral figé, l'angoisse devant cette « Pompéi » des temps modernes est encore plus forte.
Serguei Tarasuk, président du Centre écologique ukrainien commente : « Après l'explosion de mort, c'est l'explosion de la vie, les hommes sont partis, la nature, toute la nature les a remplacés. Le paradoxe est aussi cruel que fantastique ». Sergueï sait de quoi il parle : il est docteur en zoologie, il a fait partie des liquidateurs et a travaillé plusieurs années dans la zone interdite pour inventorier les dégâts, faire un bilan permanent de la nature « qui cicatrise plus vite que les hommes ; ils sont partis et les animaux ont résisté ou sont revenus. Il ne faut ni se réjouir ni le regretter, c'est comme ça ». Marchant dans la neige, Volodymir, naturaliste cherche et trouve les traces de chats sauvages et montre au loin les chevaux de Przéwalski, des chevaux sauvages en voie de disparition, que les autorités ont réintroduits dans la zone interdite en 1999 : « Nous en avons quatre-vingt en trois troupeaux, en broutant les anciens espaces cultivés, ils vont empêcher la forêt de gagner toute la zone. Regardez-les ils sont en pleine santé ». Nous sommes entrés discrètement par une petite piste non surveillée dans le périmètre radioactif : « Malheureusement, explique Volodymir, les braconniers la connaissent aussi. Mais les militaires les tiennent à l'œil, ils ne font pas trop de dégâts. De toute façon, un jour ou l'autre les animaux seront trop nombreux ici. » Il énumère : « nous avons installé un troupeau de bisons européens venus de Pologne, il y a des cerfs, des chevreuils, trop de renards, des lynx et j'ai trouvé récemment des griffures d'ours bruns sur des arbres. Je connais cette région depuis une trentaine d'années et je n'ai jamais vu autant d'oiseaux. Il y a des rapaces, des vautours et les migrateurs sont de plus en plus nombreux à s'arrêter ici, personne ne les embête. Rien que pour les mammifères j'ai compté une quinzaine d'espèces qui avaient déserté la région. Je crois qu'un jour ils vont en faire une réserve de ce désert humain, ce serait une bonne idée. »
Le docteur Iaroslav Movchan, directeur de la protection de la nature au ministère de l'environnement confirme « C'est bien notre projet. Nous voulons faire de ces 100 000 hectares interdits aux hommes une réserve de la biosphère placée sous la protection de l'UNESCO. Nous continuerons à y interdire la chasse et nous ferons tout pour éviter l'organisation de « safaris Tchernobyl » romantiques. Je viens de faire un long séjour là-bas, il y a des traces partout, de ma vie je n'ai jamais vu un territoire à la biodiversité aussi riche. Les animaux ont une vie normale, ils ne sont plus dérangés. Le plus difficile sera de reprendre le contrôle de cette zone au ministère des Situations d'Urgence qui l'administre depuis 20 ans. Mais nous avons déjà d'excellents contacts avec les responsables de l'UNESCO, nous allons prendre une revanche naturelle sur un grand malheur qui n'avait rien de naturel. Nous sommes en train de travailler à la définition de zonages pour montrer la faune dans les espaces les plus passionnants et les moins contaminés. D'ailleurs, les Biélorusses, de l'autre côté de la frontière, ils ont déjà créé une réserve. » Autre confirmation, celle de Pavlo Ihnatenko, le ministre de l'environnement : « Nous sommes dans une situation unique dans l'histoire de l'humanité, donc nous ferons une réserve spéciale adaptée à cet événement exceptionnel, nous avons d'ailleurs commencé puisque presque la moitié de ce territoire bénéficie d'un statut particulier qui n'est plus seulement celui d'une zone interdite. Nous sommes au début d'une étonnante et paradoxale aventure ».
Dans la forêt, complétant les explications de Iaroslav Movchan, Volodymir qui a été rejoint par Guennadi, un vieux forestier, explique pourquoi les animaux ne sont pas malades : « d'abord les animaux vivent bien moins longtemps que nous, ils n'ont pas le temps d'avoir des cancers et ensuite je crois qu'ils sentent la radioactivité ». Les deux compères amoureux de ce qu'ils appellent déjà « notre réserve » ont observé que la plupart des animaux, les herbivores comme les carnivores ne s'attardent jamais dans les espaces très contaminés. Disposant d'une carte où figurent les « taches » de forte radioactivité, munis en permanence d'un compteur, ils assurent qu'ils ne rencontrent pratiquement jamais d'animaux « dans les zones qui crachent ». Pas d'explication logique ou rationnelle à cette réalité : peu de traces au dessus d'un long terrain qui a été retourné pour enfouir des déchets et des troncs brûlés par l'explosion, alors qu'un champ voisin ou repoussent déjà quelques arbustes est manifestement très fréquenté. Image fugace : un lièvre passe en lisière poursuivi par un lynx : « hein, s'exclament les deux guides, tu as déjà vu ça chez toi ? »
Question malformations, pour l'instant, rien n'a été constaté, sauf chez les grenouilles et les crapauds. Mais les études continuent. Au retour, la centrale condamnée se profilant à l'horizon, nous traversons longuement à pied une zone ou la plupart des jeunes pins présentent des aiguilles jaunies alors que les plus vieux, d'une quinzaine d'années présentent parfois deux ou trois troncs au lieu d'un. Aucun doute, eux, la radioactivité poursuit ses effets et le dosimètre grimpe brusquement dans cet espace que ne fréquente aucun oiseau.
A lire également l'édito de Claude Marie Vadrot sur Tchernobyl 20 ans après 


Par M'hamed Rebah
La volonté du gouvernement algérien d'aller vers une plus grande utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, en premier lieu la production d'énergie, ne fait pas de doute. Une loi sur le nucléaire est en préparation dans ce sens. En février dernier, des experts de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), dont l'Algérie est membre depuis 1963, ont participé à une conférence organisée conjointement par deux ministères, chargés respectivement de la Recherche scientifique et de l'Energie, autour des thèmes sensibles de la sécurité et la sûreté des installations nucléaires et la protection des personnes et de l'environnement face aux risques liés à cette activité. Plus récemment, en mars, une délégation américaine de l'Administration de la sécurité nucléaire (NNSA) a séjourné à Alger et a été reçue par le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil. Objet de cette visite : la coopération dans le domaine de la formation dans le domaine de la sécurité des activités nucléaires à des fins pacifiques. L'APS, qui avait rapporté l'information, a fait également état de l'examen par les deux parties des possibilités de création de laboratoires jumelés.
Depuis de longues années, l'Algérie a beaucoup investi dans le nucléaire. L'ambition des dirigeants algériens de doter le pays d'un parc de centrales nucléaires, remonte aux années 1970. Il était alors question de construire plusieurs centrales de 600 à 900 MW qui devaient assurer l'alimentation en énergie électrique et se substituer au gaz et au pétrole plus facilement exportables. Un effort considérable dans la formation du potentiel scientifique et technique a été déployé avec l'assistance de l'AIEA qui a financé, dans les années 1980, l'acquisition d'équipements et la formation de plusieurs centaines de chercheurs et techniciens dans ce domaine. Cette coopération s'est développée encore plus après la création en 1982 du Haut commissariat aux énergies nouvelles. Aujourd'hui, l'Algérie compte seulement deux réacteurs, l'un à Draria, près d'Alger, et l'autre à Ain Oussera, plus au sud, d'une capacité de 1 mégawatt (MW) pour le premier, appelé Nur, et de 15 MW pour le second, Es Salem. Deux accords de garantie ont été signés avec l'AIEA pour ces réacteurs, deux conventions sur la notification d'accident et sur l'assistance technique en cas d'accident et une convention sur la sûreté nucléaire.
Le traité de non prolifération nucléaire, adopté en juillet 1968, a été signé par l'Algérie en janvier 1995 et ratifié le 30 mars 1996. En décembre de la même année, a été créé le Commissariat pour l'énergie atomique (Comena), principal instrument de la stratégie algérienne dans le domaine de l'énergie nucléaire. Une de ses missions est de promouvoir l'utilisation de cette énergie dans les secteurs de l'agriculture, l'hydraulique, l'industrie, la santé, l'aménagement du territoire ou les travaux publics. Le Comena a également pour mission d'assurer les conditions de stockage des déchets radioactifs et de veiller à leur gestion et contrôle. Depuis 2005, un décret fixe le cadre réglementaire de la gestion de ces déchets.
Le Comena envisage l'emploi de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité et ses responsables souhaitent utiliser l'énergie nucléaire dans le vaste programme de production d'eau dessalée lancée par Algerian Energy Company (AEC) sur le littoral algérien.
Le problème, dans l'activité nucléaire, c'est le risque d'accident. Les accidents touchant des installations nucléaires dans le monde ont montré que l'erreur humaine, toujours possible et imprévisible, peut dérégler les meilleurs systèmes de sécurité.


Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, un an après l'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, à 1 h 23 minutes du matin, à la suite d'un test de sécurité commencé à 14 h, le réacteur numéro quatre de la centrale s'est emballé et a explosé quelques minutes plus tard en dépit du déclenchement de la procédure d'urgence. Tous les témoignages concordent pour évoquer deux explosions dont l'une dans la salle des turbines électriques. Le mystère de ces deux explosions pratiquement simultanées, sans que l'on sache quelle fut la première, n'a jamais été éclairci. Mais la suite de l'accident se transformant en quelques secondes en catastrophe est connue ; même si, vingt ans plus tard, les spécialistes, les nucléocrates, les politiques, les écologistes, les médecins et les apparatchiks de l'Est comme de l'Ouest, se querellent encore sur le bilan de l'accident, qu'il s'agisse des conséquences déjà visibles et plus ou moins mesurables et des conséquences à venir. Malgré les réticences, encore exprimées aujourd'hui, des Ukrainiens, les réacteurs un, deux et trois de Tchernobyl ont été progressivement arrêtés. Ainsi que les travaux de construction, déjà très avancés, des tranches cinq et six.
Comme en 1987, comme en 1996, les journalistes des JNE se sont rendu sur place, de Kiev à la zone de 1000 kilomètres carrés toujours interdite au public en passant par le sarcophage pour faire le point. Voici quelques-unes des informations qu'ils ont pu recouper ou vérifier en Ukraine ; la Biélorussie victime d'une régime dictatorial (accepté, que cela nous plaise ou non, par une majorité de la population) ne se prêtant pas actuellement à une investigation sérieuse et la Russie n'étant guère mieux lotie dans le domaine de la transparence. Le sud de la Biélorussie, au nord de Tchernobyl, comme la région de Briansk (à l'est de Tchernobyl) ont été gravement touchés par le nuage radioactif.
Le lecteur trouvera ci-dessous, thème par thème, les informations et les impressions que nous avons pu collecter, ensemble qui sera enrichi au fur et à mesure que nous en recevrons d'autres jusqu'à la fin du mois d'avril.
Claude-Marie Vadrot - voir l'édito de Claude-Marie Vadrot à ce sujet 
Santé
Malgré les rumeurs persistantes et bien que Paris Match vienne de publier (sans commentaire vraiment explicite…) la photographie d'un enfant hydrocéphale dans les bras de sa mère, photo prise au début de cette année en Biélorussie, il n'existe aucune preuve, c'est-à-dire également aucune statistique, indiquant, en Biélorussie comme en Ukraine et en Russie, que le taux des malformations à la naissance soit supérieur au reste de l'Europe. Pas de malformations ni de mutations en quantités anormales non plus pour ce qui concerne les mammifères sauvages et les mammifères d'élevage.
Santé des enfants
L'augmentation, tout à fait anormale, des cancers de la thyroïde touchant les enfants se poursuit d'une façon qui parait inexorable dans les trois pays touchés par le nuage radioactif. Pour ce qui concerne l'Ukraine, seul pays pour lequel les chiffres sont à peu près fiables, il y a eu 237 cas officiellement répertoriés en 1986. Le chiffre est de 1270 cas nouvellement déclarés pour 2004. Entre 1991 (indépendance de l'Ukraine) et 2004, la progression du nombre de ces cancers touchant les enfants a été de 5400. Pour les prochaines années, pour les trois pays concernés, les prévisions du Centre de recherche en médecine radiologique créé à Kiev en 1986, sont de plusieurs milliers (4000 à 8000). Le pronostic de ce type de cancer, quand il est soigné à temps, n'est pas forcément fatal mais les soins et/ou les opérations sont très souvent invalidantes pour la vie entière des enfants concernés. D'autre part, dans les trois pays, les médecins constatent des asthénies et des retards de croissance inexplicables. Notamment en Biélorussie, il est patent que la population du sud du pays et un certain nombre d'enfants, consomment des aliments contaminés. Il n'est vraiment pas certain que la méthode biélorusse qui consiste à mélanger le lait des zones contaminées avec du lait « sain » importé du reste du pays soit la meilleure façon d'entretenir la santé des gens vivant dans les secteurs touchés par la radioactivité. Autre aspect : malgré les avertissements des autorités, les gens consomment toujours des champignons ramassés dans les zones infectées, les champignons étant (avec la salade) connus pour pomper un maximum de radioactivité.
La santé des adultes
Les médecins, ceux du centre spécialisé et les autres notent des progressions importantes pour les cancers (prioritairement des poumons), des leucémies (+ 10 à 12 %), des affections cardio-vasculaires, des dépressions nerveuses et des suicides. Il n'existe pas de statistiques précises car la « déclaration » de ces maladies n'est pas obligatoire. Et surtout il n'est pas conseillé aux médecins et aux centres de soins de lier ces affections (notamment les cancers, les leucémies et les problèmes cardio-vasculaires) à la pollution radioactive de l'accident et de ses suites. Car établir ce lien revient à donner aux victimes un statut « d'invalide de Tchernobyl» qui entraîne le versement d'une pension plus ou moins importante. Malgré les imperfections manifestes du suivi épidémiologique, toutes les statistiques globales montrent une hausse des cancers dans les zones touchées (ou dans leurs populations évacuées) par rapport à la moyenne nationale de l'Ukraine. Au fur et à mesure que le temps passe, les chercheurs s'intéressent également à la progression des cancers de l'estomac, du côlon et des ovaires, notamment pour les gens qui ont subi des expositions plus faibles.
La santé des liquidateurs
Les liquidateurs sont les hommes et les femmes qui ont participé à la lutte contre l'incendie ayant suivi l'explosion et à l'ensevelissement du réacteur en fusion avec du sable, du plomb et autres produits. Mais ce sont aussi ceux qui ont participé au nettoyage de la zone (ils ne pouvaient rester qu'une minute) puis ceux qui ont construit le sarcophage. Et plus généralement tous ceux qui ont travaillé dans la zone interdite en 1986 et 1987. D'après le ministère des Situations d'Urgence (qui gère la zone interdite), il y aurait entre 260 000 et 308 000 liquidateurs ukrainiens. Sur ce total (qui varie d'un interlocuteur à l'autre), 65 000 personnes ont été reconnues « invalides », c'est-à-dire plus ou moins malades et recevant une pension d'invalidité. Nul n'est capable en Ukraine de dire combien de ces malades verront leur existence écourtée prématurément par la maladie.
Pour ce qui concerne le nombre des liquidateurs venus à l'époque de toute l'Union soviétique, les chiffres sont encore plus imprécis. Pour plusieurs raisons :
Il y avait des militaires, appelés ou professionnels, en nombre inconnu.
Les liquidateurs sont venus de toutes les républiques de l'Union soviétique, y compris les plus lointaines comme la Bouriatie ou le Tadjikistan.
L'éclatement de l'URSS en 1991 a compliqué la situation, chaque république travaillant (ou non) sur ses propres statistiques.
Personne n'avait vraiment intérêt à ce que le chiffre global soit connu, ne serait-ce que pour de sordides questions de pension ou d'indemnisation.
Les causes de la mort de ces liquidateurs repartis dans leurs républiques sans laisser de traces dans des fichiers, ne sont que rarement liées à leur présence à Tchernobyl pendant quelques semaines ou quelques mois.
De nombreux liquidateurs n'étaient ni vraiment informés ni conscients des dangers qu'ils couraient et ne font pas toujours un lien entre les affections dont ils sont victimes et le travail qu'ils ont fait par réel patriotisme. A ce sujet il faut fortement relativiser le caractère de « travail forcé » de leurs interventions tel qu'il a été souvent présenté en Europe occidentale. Car cela reviendrait à sous-estimer la « foi communiste » et/ou la foi patriotique qui ont souvent été celles des liquidateurs se portant volontaires et leur croyance que leur courage suffirait à leur éviter le pire. L'auteur de ces lignes a connu quatre liquidateurs, des ingénieurs de l'atome, persuadés qu'ils ne couraient pas vraiment de gros risques. Ils sont morts tous les quatre prématurément, le dernier en 1999.
Selon les sources auxquelles on s'adresse, selon les recoupements plus ou moins aléatoires
qui ont été faits par la suite, le nombre des liquidateurs varient de 700 000 à plus d'un million. Sans compter ceux qui travaillent encore dans la zone contaminée : entre 4000 et 6000, en comptant les militaires qui gardent la zone interdite et participent au fonctionnement de la ville de Tchernobyl.
Combien de morts ?
Au mois de septembre dernier, dans un communiqué présentant un volumineux rapport sur Tchernobyl, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) de Vienne, a évoqué le chiffre de 4000 morts décédés ou promis au décès pour cause d'irradiation. Un chiffre approuvé par certains médecins (les plus vieux, les plus anciens formés sous l'Union soviétique) du Centre de Médecine radiologique de Kiev alors que les plus jeunes médecins de ce centre le jugent largement sous-évalué. Pour ce qui est de l'IRSN (organisme ayant succédé à l'IPSN), la prudence est de mise. Cet organisme français qui travaille beaucoup dans la région, en liaison avec les Ukrainiens et avec les Allemands ne se prononce pas officiellement. Simplement ses scientifiques signalent que s'ils ont travaillé à la mise au point du rapport, ils ne sont en aucun cas solidaires (ni responsables) du communiqué rassurant publié par l'AIEA. Pour Greenpeace, très présent dans la région, le chiffre minimal sera de 9000 morts dans les habitants des zones évacuées et proches. Pour toute l'Europe, rien que pour les cancers l'excès de mortalité serait compris entre 30 000 et 60 000. Le chiffre le plus plausible, pour la population et les liquidateurs, se situe autour de 20 000 morts. Mais, d'une part, la vérité ne sera jamais connue puisque des centaines de milliers de liquidateurs sont inconnus et d'autre part, ce n'est pas faire injure à l'AIEA que de penser que cet organisme n'a pas vraiment intérêt à plomber le présent et l'avenir du nucléaire civil. Malgré leur désir de transparence et leurs efforts scientifiques indéniables, le même soupçon –globalement- peut en partie s'appliquer à l'IRSN. C'était du moins l'impression dominante des journalistes qui ont récemment visité avec eux la zone de Tchernobyl.
Qu'est devenue la ville de Pripiat
Cette ville de 50 000 habitants où vivaient les travailleurs de la centrale et leurs familles, est toujours déserte et contaminée. Elle le restera encore quelques milliers d'années. Les bâtiments officiels et les immeubles d'habitation sont toujours debout, mais les arbres envahissent peu à peu les rues. En pénétrant dans cette « Pompéi » du XX e siècle, on éprouve toujours le même sentiment d'angoisse. C'est dans ce silence tant de fois raconté et décrit que le nucléaire prend toute sa dimension tragique.
Pour ce qui concerne la ville de Tchernobyl, elle n'est plus fréquentée que par quelques personnes âgées, par les militaires et par le personnel travaillant dans et pour la centrale. Une ville qui comptait autrefois 15 000 habitants et qui est aujourd'hui une ville sans enfants. Les salariés alternent leur résidence entre cette ville et la ville nouvelle de Slavutish qui a été construite à 70 kilomètres, de l'autre côté du Dniepr. Une ville gagnée par le chômage à la suite de la fermeture des réacteurs un, deux et trois. Le maire de cette cité, tout comme le ministre des Situations d'Urgence regrette d'ailleurs que la communauté internationale ait obtenu la fermeture définitive de Tchernobyl.
Végétation
Les seules atteintes liées aux radiations concernent les pins poussés depuis l'accident : troncs se divisant en deux ou en trois alors que les pins de la région plantés antérieurement possèdent un tronc rectiligne. Les pins de quelques années, c'est-à-dire encore sous forme d'arbuste ou de buissons, portent une quantité évoluant entre 20 et 80, d'aiguilles totalement jaunes. Ceci est particulièrement net et fréquent dans la zone de la « forêt rousse », c'est-à-dire la forêt qui avait été brûlée par le nuage radioactif. Ces pins ont été coupés et enterrés sur place. A la place des forêts qui ont été en partie ou totalement dévastées, des arbres repoussent, ce qui entraîne l'existence de zones qui seront plus diversifiées du point de vue des essences, les pins laissant en partie la place à des bouleaux, des chênes, des tilleuls et différentes variétés de saules. Dans les espaces qui devaient être occupés par des jardins, on note la présence de pommiers et de pruniers sauvages en assez grand nombre.
La vie naturelle
Peu à peu, avec le retour des loups et des ours, le renforcement de la population de castors, de chats sauvages, de lynx et d'oiseaux, l'introduction de chevaux de Prézvalski et de bisons pour que la forêt ne gagne pas peu à peu toute la zone et donc pour que le milieu reste en partie ouvert, la zone interdite devient un fantastique espace naturel. Les naturalistes ukrainiens parlent d'une « explosion de vie, une fois les hommes partis ». Plus de chasseurs, plus d'agriculture, peu de braconniers, la vie sauvage a repris tous ses droits. Le ministère de l'environnement ukrainien envisage d'y instaurer, comme dans le sud de la Biélorussie, une réserve naturelle placée, à terme, sous la protection de l'UNESCO.
Sarcophage
Les trois caractéristiques du sarcophage qui recouvre le bâtiment du réacteur détruit :
Il fuit de plus en plus par un certain nombre de fissures que les techniciens s'épuisent à colmater.
On ne sait pas vraiment, malgré des caméras et de robots, ce qui se passe dans le cœur fondu du réacteur ni quelle est la quantité de matières dangereuses qu'il contient encore.
Ce sarcophage n'est pas solide, mais nul n'est capable de lui donner une espérance de vie : il peut aussi bien s'écrouler demain matin que dans une trentaine d'années.
Depuis des années, c'est-à-dire depuis 1992, il est question de construire un nouveau sarcophage de confinement pour régler définitivement la question des fuites et de la fragilité de l'enceinte de béton actuelle : avec concours international et étude de faisabilité financée par la Commission européenne. La lenteur a caractérisé la résolution de cette urgence. En 2004, un appel d'offres a été lancé pour « la conception, construction et mise en service d'une nouvelle enceinte de confinement ». Les entreprises françaises VINCI Construction Grand Projet et Bouygues Travaux publics ont constitué à 50/50 ce que l'on appelle une Joint Venture (NOVARKA) associée à quelques entreprises allemandes et ukrainiennes pour répondre à l'appel d'offre. NOVARKA fait partie de deux « finalistes » et les discussions actuelles (le gouvernement ukrainien étant théoriquement le décideur final) portent sur les questions financières, NOVARKA ayant soumis un projet de 505 118 812 dollars pour un ouvrage qui comportera notamment une charpente métallique de 20 000 tonnes (257 mètres de portée, 105 mètres de haut et 150 mètres de longueur couverte) et 23 000 mètres cubes de béton.
La décision, c'est-à-dire le choix entre les deux appels d'offre retenues, devait être prise pour le 20 eme anniversaire de l'accident mais des « difficultés » techniques (entendez d'âpres discussion sur le nombre de bénéficiaires du versement d'un certain nombre de pots de vins) ont retardé le choix des autorités techniques ukrainiennes.
Elections
La question de Tchernobyl a été pratiquement ignorée par tous les partis politiques pendant la campagne électorale qui a mené aux élections du 26 mars dernier.
Une exposition de Greenpeace (communiqué)
Tchernobyl, ce n'est pas seulement l'affaire de l'Ukraine. Nous sommes tous concernés. Car les erreurs du passé, entraînant des conséquences dramatiques pour l'homme et l'environnement, peuvent se répéter chez nous aussi. A l'occasion du 20 ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, Greenpeace organise une exposition qui circulera dans différents pays dont l'Ukraine et la Russie, mais aussi l'Italie, la Grèce, la Belgique et la France. Les photos exposées, prises en 2005 par le photographe Robert Knoth, donnent un visage au drame que vivent aujourd'hui encore les victimes.
En Belgique : du 22 avril au 2 mai, au café Fiennes à Bruxelles
En France : du 18 avril au 10 mai à la mairie du III ème arrondissement de Paris.
Pour en savoir plus : www.greenpeace.be et www.greenpeace.fr
Des livres sur Tchernobyl, 20 après
LES DEUX MEILLEURS :
Tchernobyl, retour sur un désastre (Galia Ackerman, Buchet-Chastel, 160 pages, 14 euros
Atomic Park (Tchernobyl mais aussi toute une enquête sur le nucléaire), (Jean-Philippe Desbordes, Actes Sud, 520 pages, 21 euros
LES AUTRES (pas mauvais non plus)
Les silences de Tchernobyl (Guillaume Grandazzi, Galia Ackerman, ed Autrement, 300 pages, 19 euros). C'est une ré-édition augmentée et corrigée.
Le crime de Tchernobyl (Wladimir Tcherkoff, Actes Sud, 700 PAGES, 24 euros)
Youri I. Bandazhevsky , journal de prison (la vie du chercheur biélorusse persécuté), Jean-Claude Gawsewitch.
Et toujours : La supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse de Svetlana Alexievitch (paru en 1996 chez Jean-Claude Lattés)
Sur l'action de l'IRSN :
Consulter le rapport « Conclusions de l'initiative Franco-Allemande (IFA) pour Tchernobyl »
Contact presse : Pascale Portes, tél. :01 58 35 70 33

Un événement exceptionnel
Tchernobyl, 20 ans après :
un "liquidateur" de Tchernobyl en tournée en France du 10 au 16 avril
Paris-Lyon-Marseille-Toulouse-Bordeaux-Cherbourg
Par le Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 720 associations
Les "liquidateurs" sont ces hommes, près d'un million au total, qui ont été emmenés à Tchernobyl (souvent de force) par le pouvoir soviétique, pour lutter contre l'incendie de la centrale puis pour tenter d'en limiter les conséquences en particulier en construisant autour du réacteur un "sarcophage".
Venez écouter le témoignage d'un “liquidateur” de Tchernobyl
A l'approche de la date marquant les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986), le Réseau "Sortir du nucléaire" organise du 10 au 16 avril une "tournée" en France avec Viatcheslav KITAEV, un "liquidateur" de Tchernobyl.
Viatcheslav KITAEV était ingénieur contrôleur pour le ministère de l'énergie atomique de l'URSS. Il a travaillé trois mois lors de la tragédie. Il est aujourd'hui juriste (il aide les liquidateurs à défendre leurs droits), et Président de l'organisation "Union Tchernobyl" de la région de Moscou.
Viatcheslav KITAEV sera accompagné de Carine CLEMENT, Directrice de l'Institut de l'action collective de Moscou (www.ikd.ru) et de Stéphane LHOMME (tel. 06 64 100 333), porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", qui présentera son livre " L'insécurité nucléaire : bientôt un Tchernobyl en France ? ".
Programme complet cliquez ici


Par Réseau Sortir du Nucléaire, Greenpeace, Agir pour l'Environnement, les Amis de la Terre, Confédération Paysanne
Projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires :
6 organisations nationales se mobilisent pour refuser l'enfouissement
Paris, le 22 mars 2006 – Alors que projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires est présenté ce matin en Conseil des Ministres, la Coordination nationale des collectifs contre l'Enfouissement des déchets radioactifs, le Réseau Sortir du Nucléaire, Greenpeace, Agir pour l'Environnement, les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne et lancent une campagne d'interpellation des parlementaires pour qu'ils refusent l'enfouissement.
Le projet de loi qui devrait être examiné par l'Assemblée Nationale le 6 avril prochain, est dénoncé par tous car dangereux pour l'environnement et les générations futures, et contraire au principe de précaution. Il donne notamment le feu vert à l'enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux. Depuis toujours, les populations tour à tour concernées et appuyées par leurs élus locaux, ainsi que les organisations écologistes refusent cette option. A travers une campagne nationale sous forme de carte-postale, les 6 organisations invitent le public à interpeller leur députés et sénateurs et à leur demander de « Ne pas empoissonner la Terre ».
Pour la Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs : « Ce projet de loi est un véritable passeport industriel pour l'enfouissement, au mépris de l'avis de la majorité de l'opinion publique. La faisabilité du stockage géologique à BURE, clamée abusivement par les pouvoirs publics, n'est pas acquise. Si le Parlement devait entériner ce projet en l'état, en fermant définitivement la voie de l'entreposage sur les sites de production, option qui permet de "les garder sous nos yeux", cela se ferait contre tout principe démocratique ». 50 000 habitants de Meuse et Haute-Marne attendent une réponse à leur demande de référendum local sur la question de BURE.
« Tout comme la loi OGM vise à rendre légale la pollution génétique, ce projet de loi sur les déchets nucléaires est la porte ouverte à une pollution radioactive durable de la Terre. C'est inacceptable » déclare Laurent Cartier de la Confédération Paysanne.
Pour les Amis de la Terre : « Enfouir les déchets radioactifs à 600 mètres sous terre n'est pas une gestion acceptable et conforme au développement durable ! C'est l'avenir des générations futures que l'on hypothèque ! »
Le projet de Loi comporte d'autres dispositions totalement inacceptables : « Ce texte confirme et légifère le statut de poubelle nucléaire internationale de la France », explique Frédéric Marillier, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France. Le projet de loi introduit en effet une définition d'exception du déchet nucléaire écartant de nombreuses matières radioactives et les responsabilités associées, et assouplit l'article de loi interdisant jusqu'alors le stockage des déchets étrangers.
Pour le Réseau "Sortir du nucléaire" : « Ce projet de loi est taillé sur mesure pour la filière électro-nucléaire qui, pour justifier la construction de nouveaux réacteurs comme l'EPR, a besoin de prétendre qu'une solution a été trouvée pour les déchets radioactifs. Or, il n'y a que de très mauvaises solutions... et l'enfouissement des déchets les plus dangereux est la pire de toutes. Par ailleurs, l'industrie nucléaire produit d'immenses quantités de déchets et résidus contaminés qui, bien qu'oubliés par la loi, mettent eux aussi en cause la santé publique. Il faut stopper au plus vite l'industrie nucléaire. »

Contacts presse :
- Greenpeace : Frédéric Marillier au
06 73 89 55 04
- Coordination Nationale : Corinne François au
06 86 74 85 11
- Réseau Sortir du Nucléaire : Isabelle Guillaume au
06 33 79 05 91
- Confédération Paysanne : Laurent Cartier au
06 70 10 18 53


Stage ouvert à tout public
Stage « UTILISATION D'UN COMPTEUR GEIGER » 
mercredi 17 Mai 2006
Stage de 4 heures (14h-18h)
Coût : 30 euros.
Programme : Comment effectuer les mesures et prendre en compte les fluctuations statistiques ? Comment contrôler le bon fonctionnement de l'appareil ? Champ d'application et limites de l'appareil. Savoir interpréter les résultats et repérer des situations anormales. Comprendre les notions d'activité, d'irradiation, de dose et d'équivalent de dose. Savoir évaluer les risques et s'en protéger.
Stage ouvert à tout public
Stage « RADIOACTIVITE ET RADIOPROTECTION » 
samedi 20 Mai 2006.
Stage d'une journée (9h-13h / 14h-18h)
Coût : 40 euros (repas non compris).
Programme : Matin – Notions de base sur la radioactivité : données historiques et scientifiques (physique nucléaire). La radioactivité naturelle : types de rayonnement, lois de désintégration…
La radioactivité artificielle : exemple de la fission nucléaire et de son application dans les centrales notamment. Comment mesure-t-on la radioactivité ? Explication avec manipulation de divers appareils.
Après-midi – Les effets sanitaires de la radioactivité, quels sont les modes d'exposition ? Quelle dangerosité ? Données officielles et données biologiques sur l'exposition à la radioactivité, illustration avec des exemples. Normes et réglementations en vigueur, en France et dans le monde.
Pour s'inscrire ou se renseigner :
CRIIRAD – Immeuble le Cime , 471 av. Victor Hugo, 26000 VALENCE
: 04 75 41 82 50 / Fax : 04 75 81 26 48
www.criirad.org –


Paris, le 6 février 2006 – La décision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de porter l'affaire iranienne devant le Conseil de sécurité des Nations unies risque de mener à une escalade des tensions dans toute la région, estime Greenpeace.
« Soumettre le cas iranien au Conseil de sécurité réduit encore les chances de rétablir la confiance entre les parties, contrairement aux intentions affichées par Mohamed El Baradeï, le directeur de l'AIEA », déclare William Peden, spécialiste des affaires nucléaires de Greenpeace, depuis le siège de l'AIEA, à Vienne.
« Il est particulièrement choquant de constater que la France a participé à l'élaboration d'une telle proposition , ajoute Xavier Renou, responsable de la campagne Désarmement nucléaire au bureau de Greenpeace à Paris. En relançant un vaste programme de réarmement nucléaire, la France est la première à encourager la course aux armements nucléaires. Elle montre le mauvais exemple en violant en toute impunité le traité de non prolifération. » Ceci est d'autant plus préoccupant que le président de la République a annoncé le 19 janvier que la France s'autoriserait désormais à faire usage de l'arme nucléaire contre des puissances régionales non dotées de l'arme nucléaire. « Dans ces conditions, pas étonnant que l'Iran se sente menacé et cherche éventuellement les moyens de sa défense, conclut Xavier Renou. Rien cependant ne justifie les provocations qu'adresse ce pays au reste du monde. » L'Iran vient d'ailleurs de décider de limiter les inspections et de ne plus répondre aux demandes d'informations au-delà de ce qui est exigé par les traités en vigueur. Un jeu dangereux, peu propice également à une solution de paix.
Seul l'établissement d'une zone interdite aux armes nucléaires au Moyen-Orient permettrait d'éliminer définitivement le risque de prolifération. Mais, pour rendre cette option possible, les grandes puissances nucléaires doivent commencer par garantir aux Etats de la région qu'elles n'attenteront pas à leur sécurité. « A défaut de prendre sérieusement en considération cette option, les crises de ce type risquent de se multiplier, comme le remarquait il y a quelques jours Kofi Annan , reprend William Peden. Il n'y aura pas de gagnants dans ce conflit.»
Plus fondamentalement, pour Greenpeace, la crise iranienne est le fruit de la contradiction majeure qui figure au cœur du traité de non-prolifération. Ce texte prétend contraindre les Etats signataires à renoncer à la bombe nucléaire et dans le même temps, il les encourage à se doter de technologies nucléaires civiles. Or même présentées comme civiles, les technologies nucléaires permettent toutes de concevoir des bombes.

Contacts :
William Peden, spécialiste des questions nucléaires Greenpeace International :
+31 653 504 731
Xavier Renou, chargé de la campagne Désarmement Greenpeace France :
+33 6 88 88 18 29
Adélaïde Colin, chargée de communication Greenpeace France :
+ 33 6 84 25 08 25

Stages de formation en radioactivité organisés par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité
Stages ouverts à tout public
Stage « Utilisation d'un compteur Geiger »
> mercredi 18 janvier ou samedi 21 janvier 2006.
Stage de 4 heures (14h-18h)
Coût : 30 euros.
Programme : Comment effectuer les mesures et prendre en compte les fluctuations statistiques ? Comment contrôler le bon fonctionnement de l'appareil ? Champ d'application et limites de l'appareil. Savoir interpréter les résultats et repérer des situations anormales. Comprendre les notions d'activité, d'irradiation, de dose et d'équivalent de dose. Savoir évaluer les risques et s'en protéger.
Stage « Radioactivité et radioprotection »
> samedi 4 février 2006.
Stage d'une journée (9h-13h / 14h-18h)
Coût : 40 euros (repas non compris).
Programme : Matin – Notions de base sur la radioactivité : données historiques et scientifiques (physique nucléaire). La radioactivité naturelle : types de rayonnement, lois de désintégration…
La radioactivité artificielle : exemple de la fission nucléaire et de son application dans les centrales notamment. Comment mesure-t-on la radioactivité ? Explication avec manipulation de divers appareils.
Après-midi – Les effets sanitaires de la radioactivité, quels sont les modes d'exposition ? Quelle dangerosité ? Données officielles et données biologiques sur l'exposition à la radioactivité, illustration avec des exemples. Normes et réglementations en vigueur, en France et dans le monde.

Pour s'inscrire ou se renseigner :
CRIIRAD – Immeuble le Cime , 471 av. Victor Hugo, 26000 VALENCE
: 04 75 41 82 50 / Fax : 04 75 81 26 48
www.criirad.org – 


Communiqué de presse -
Par Greenpeace
Paris, le 07 décembre 2005 – La Cour de Cassation a rejeté aujourd'hui le pourvoi en Cassation de Cogema/Areva contre une décision de la Cour d'Appel de Caen du 12 avril 2005 qui l'avait condamnée pour stockage illégal de déchets nucléaires en France.
Après 4 ans de procédure , la Cour de Cassation confirme qu'une matière nucléaire sans usage prévu est bien un déchet et rejette de fait la distinction artificielle entre « matière valorisable » et « déchet nucléaire » que Cogema/Areva voudrait imposer.
Greenpeace communiquera sur le détail de la décision et de sa portée dès qu'elle aura pu prendre connaissance en détail des termes de l'Arrêt et l'analyser avec ses avocats Me Alexandre Faro et Me Louis Boré.. Une conférence de presse est d'ores et déjà prévue demain à la brasserie le « Bir Hakem » 27 quai de Grenelle Paris 15 éme à 14H00.
Pour rappel, l'affaire des déchets nucléaires australiens a commencé en mars 2001. Le tribunal des référés de Cherbourg avait interdit à la Cogema de procéder au déchargement et/ou à l'entreposage des combustibles usés australiens suite à un recours de Greenpeace. Cette décision a été infirmée par la Cour d' appel le 3 avril 2001. Greenpeace alors saisi le juge du fond. Il s'ensuit une longue procédure semée d'obstacles (oppositions systématiques des Procureurs, intervention du Préfet de la Manche qui a soulevé l'incompétence du tribunal…).Finalement condamnée en appel le 12 avril dernier, Cogema s'était pourvue en Cassation et avait obtenu que cette affaire soit jugée en urgence. La décision d'aujourd'hui conclut victorieusement plus de 4 ans de procédures et fixe pour les bases d'un véritable contrôle sur les matières nucléaires stockées en France.

Contacts :
Yannick Rousselet . Chargé de campagne énergie.
06 85 80 65 59
Frédéric Marillier. Chargé de campagne énergie.
06 73 89 55 04
Grégory Gendre Chargé de communication
06 73 89 48 91
CF Historique de l'affaire sur
www.greenpeace.fr

TRIBUNE

Par Jean-Marie Brom (Directeur de recherche au CNRS) et Stéphane Lhomme (Chargé de communication), pour le Réseau "Sortir du nucléaire" (Fédération de 720 association).
Selon ses statuts, adoptés en 1957, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) "a pour but d'accélérer et d'élargir la contribution de l'énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité à travers le monde". L'AIEA est donc une instance qui agit pour la prolifération nucléaire, et non contre.
Chaque pays disposant aujourd'hui de l'arme nucléaire la doit au fait qu'il possède également un ou plusieurs réacteurs nucléaire dits "civils". Par ailleurs, les réacteurs nucléaires actuels (projet EPR compris) sont les héritiers directs des piles atomiques de Hanford (USA) dont la seule utilité était de produire le plutonium nécessaire à la bombe de 1945.
De fait, si les antinucléaires, et des pacifistes, protestent contre l'attribution du prix Nobel de la Paix à l'AIEA, ce n'est pas seulement parce que cette agence agit en faveur de l'industrie nucléaire dite "civile", mais parce qu'elle porte en réalité une grande part de responsabilité dans la prolifération nucléaire à des fins militaires.
La mission première de l'AIEA est hélas de promouvoir l'industrie nucléaire sur la planète, et son discours aux gouvernements d'un certain nombre de pays est celui-ci : " Nous allons vous aider à développer une industrie nucléaire, mais vous devez promettre de ne pas en profiter pour faire des bombes atomiques ".
Officiellement, seuls cinq pays - les USA, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France ˆ se sont arrogé le droit de posséder des armes nucléaires. Ce privilège est considéré comme inacceptable par beaucoup de pays d'autant que, c'est un secret de polichinelle, l'Inde, le Pakistan et Israël ont de leur propre initiative rejoint le "club de la bombe". Ce pourrait être bientôt, si ce n'est déjà fait, le cas de l'Iran, la Corée du Nord, et certainement d'autres pays comme le Brésil.
Et, lors de chaque essai nucléaire prouvant la possibilité de détourner à des fins militaires l'énergie nucléaire dite pacifique, c'est par son silence que le nouveau prix Nobel de la Paix a salué la démonstration... de son inefficacité.
De même, il a fallu des mois pour que, dans un Irak pourtant dévasté par la première guerre du Golfe et le blocus économique, les inspecteurs de l'AIEA puissent estimer que le dictateur Saddam Hussein n'était pas parvenu à mettre au point des armes nucléaires. On comprend alors que la vérité est pratiquement impossible à établir pour des pays en bien meilleur état que l'Irak.
M. El Baradei a certes pris position contre l'invasion de l'Irak par les USA, mais ce n'était en rien un engagement pacifiste : il s'agissait de promouvoir l'AIEA dans un contexte aussi rare que favorable puisqu'il lui suffisait... de ne rien trouver.
Il serait autrement plus probant, de la part de l'AIEA, de mettre à jour l'utilisation à des fins militaires du plutonium issu de centrales "civiles". Or, malgré de nombreuses inspections menées dans les pays à priori suspects, l'AIEA est toujours restée bredouille.
En prétendant indûment être en capacité d'empêcher la prolifération nucléaire à des fins militaires, l'AIEA abuse l'opinion publique et laisse l'humanité s'enfoncer vers l'irréparable. Et en aidant des pays à développer une industrie nucléaire, l'AIEA est un pompier pyromane qui aggrave le risque qu'elle est par ailleurs incapable de contrôler.
A celà, il faut ajouter que l'AIEA s'est souvent signalée en cachant la vérité sur le nucléaire et ses conséquences. Ce fut ainsi le cas le 5 septembre dernier avec la publication d'un scandaleux rapport qui minimise considérablement les conséquences réelles de la catastrophe de Tchernobyl.
D'ailleurs, en vertu d'un texte de 1959, hélas toujours en vigueur, l'AIEA interdit carrément à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de s'exprimer sans son accord sur les conséquences sanitaires du nucléaire, qu'il s'agisse d'Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, ou de tout autre affaire atomique.
On voit bien par là que l'AIEA, loin de participer au bonheur de l'humanité ou même de tendre vers une humanité pacifiée, a d'abord pour objectif de contribuer efficacement à la prospérité d'une industrie qui a commencé son règne sur les décombres et de Hiroshima et Nagasaki.
Le Prix Nobel de la Paix est censé récompenser une activité favorable à " la défense des droits de l'homme, la médiation dans les conflits internationaux, le contrôle des arsenaux et le désarmement " (déclaration de Comité norvégien du Prix Nobel). A travers l'activité passée et présente de l'AIEA, on pourra vainement chercher la justification de la présence de cette agence aux côtés de figures telles que Martin Luther King, Mère Thérésa ou René Cassin.
Il y a déjà eu, par le passé, des controverses quant à l'attribution du Prix Nobel de la Paix. Mais jamais ce prix n'avait été attribué à un organisme dont l'action ou les buts ne correspondent même pas aux critères d'attribution.
Le Comité Nobel avait pourtant la possibilité de récompenser des gens qui agissent réellement pour la Paix : à l'occasion du 60ème anniversaire d'Hiroshima et Nagasaki, des survivants de ces bombardements auraient fait de dignes lauréats. C'est aussi le cas des millions de citoyens qui ont manifesté de par le monde contre la guerre en Irak.
Jean-Marie Brom (Directeur de recherche au CNRS) et Stéphane Lhomme (Chargé de communication), pour le Réseau "Sortir du nucléaire"


les associations dans les débats publics
Paris, le 30 septembre 2005 - Après avoir suspendu leur participation suite à la censure du Haut Fonctionnaire de Défense et saisi Matignon, nos associations ont décidé, au vu des avancées obtenues, de reprendre part aux débats publics EPR et déchets nucléaires.
Le haut fonctionnaire de défense était intervenu dans la préparation du Débat public EPR pour rappeler l'existence du secret défense à propos des matières nucléaires et de leur utilisation. Concrètement cela s'est traduit par une censure directe de la contribution du Réseau Sortir du Nucléaire au cahier collectif d'acteurs faisant référence à un document confidentiel défense. Cette intervention avait alors amené les associations signataires à demander à Matignon que les débats pourraient se dérouler sans entrave.
En réaction, le Premier ministre a répondu en demandant la tenue d'une réunion entre les différentes parties et annonçant la publication d'un document définissant le cadre réglementaire et légal permettant de débattre librement.
Hier s'est tenue une réunion arbitrée par la CNDP (Commission Nationale du Débat Public), regroupant le Haut Fonctionnaire de Défense (auteur de l'arrêté secret défense des matières nucléaires), la Direction Générale Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection, EDF, et des représentants de nos ONG, visant à dégager des solutions susceptibles de permettre la tenue de débats contradictoires, sur des sujets fréquemment couverts par le secret défense, au cours des débats publics EPR et Déchets nucléaires menés ou prévus par la CNDP.
Trois exemples concrets ont servi de base à cette discussion : la résistance des installations nucléaires aux chutes d'avion, la qualité du plutonium et dérivés issus du retraitement et le transport des matières nucléaires.
Les ONG ont pu enregistrer plusieurs avancées, montrant une volonté de la CNDP de rendre possible de tels échanges.
La principale d'entre elles porte sur l'engagement de l'administration (DGSNR et Haut fonctionnaire de défense) de solliciter l'accord du Premier ministre pour la constitution d'un panel d'experts indépendants, autorisés à accéder aux informations nécessaires pour répondre aux questions posées, même si celle-ci sont à ce jour classifiées « secret défense ». Ces experts auraient alors mission de publier un avis argumenté, sans pour autant divulguer les informations précises dont ils auraient eu connaissance ; cet avis serait versé aux débats publics, pour permettre un débat entre les parties antagonistes sur la base d'éléments plus objectifs que les seuls propos des maîtres d'ouvrages.
Compte tenu de ce nouveau contexte, les ONG signataires annoncent qu'elles s'estiment en mesure de reprendre ou poursuivre leur participation au débat public CNDP sur les déchets nucléaires, ainsi qu'à la préparation du débat public EPR dont l'ouverture est prévue pour le mois d'octobre. Cette position sera toutefois réexaminée sur la base de la réponse du Premier ministre aux sollicitations de son administration, attendue dans un délai très rapide.

Pour en savoir plus :
Yannick Rousselet, Greenpeace France au
06 85 80 65 59
Jean-Stéphane Devisse, WWF France au
06 72 84 79 31

Manifestation nationale le 24 septembre
Le Réseau "Sortir du nucléaire" sera présent le jeudi 15 septembre 2005 à partir de 19h au Pont du Gard (Auditorium Pitot Route du Pont du Gard - Rive droite) devant la réunion du Débat public pour manifester son opposition à l'industrie nucléaire et donner au public une véritable information, en particulier sur la question des déchets nucléaires.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" ne participera pas au Débat public officiel sur les déchets radioactifs pour les raisons suivantes :
- les parlementaires et l'industrie nucléaire ont d'ores et déjà décidé, avant la tenue du débat public, de construire un nouveau réacteur nucléaire, l'EPR, qui produira lui-même de grandes quantités de déchets. Or, la position du Réseau "Sortir du nucléaire" est qu'il faut, avant tout, arrêter de produire des déchets radioactifs. Le "débat public" n'est-il pas rendu caduc par la décision préalable de construire l'EPR ?
- le Réseau "Sortir du nucléaire" conteste l'approche restrictive de la question des déchets nucléaires imposée par la saisine gouvernementale et la loi "Bataille" de 1991 : les déchets "de haute activité et à vie longue" posent certes un problème crucial, mais le nucléaire produit aussi des quantités incroyables de déchets et résidus radioactifs de tous ordres, dont la dissémination pose aussi un très grave problème pour la santé publique et pour l'environnement.
- Le Réseau "Sortir du nucléaire" a aussi tenu le plus grand compte de la position des collectifs Stop-Bure et la Coordination nationale contre l'enfouissement des déchets nucléaires, en première ligne sur la question des déchets, qui appellent à "ne pas cautionner un débat public tronqué et trompeur".
Cependant, attribuant la plus grande importance à la question des déchets radioactifs, le Réseau "Sortir du nucléaire" :
- édite un journal spécial "déchets radioactifs" de 12 pages, tiré à 250 000 exemplaires
- organise une Manifestation nationale le 24 septembre 2005 à Bar-le Duc, à proximité du site de Bure (Meuse), où est étudié l'enfouissement profond des déchets les plus radioactifs.
Il n'existe pour ces derniers que des mauvaises solutions, mais l'enfouissement est la pire de toute : il s'agit d'un véritable crime contre les générations futures. La seule chose sensée est, avant tout, d'arrêter de produire des déchets radioactifs, et donc d'arrêter au plus vite les réacteurs nucléaires.

Pierre PEGUIN :
04.66.85.03.35
Hervé GRIMAL :
06.15.13.76.35
Tous deux sont Porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire


CEDRA
Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs / Haute-Marne
BP 17 / 52101 SAINT-DIZIER Cedex / Tel-rep-fax : 03 25 04 91 41
/
site internet :
www.burestop.org
Au goulag dans son
pays, la Biélorussie, depuis cinq années, le Professeur Youri
Bandajevsky vient enfin de recouvrer la liberté. Sous conditions,
mais son obsession reste intacte : poursuivre ses travaux.
Etrangement
ignoré du grand public, le cas du Pr Bandajevsky n'est pourtant
pas banal. Son premier tort : être Biélorusse, pays le plus touché
par les retombées radioactives de Tchernobyl (70% des retombées
de l'explosion). Un quart du territoire, sur lequel "vivent" deux
millions de personnes, subit une contamination persistante depuis
la catastrophe.
Second
tort : sa profession. Médecin, il se retrouve à diriger l'Institut
de médecine de la ville de Gomel, en plein coeur de la zone contaminée.
Anatomopathologiste (spécialiste de l'examen des tissus et des
organes), et aidé par Galina son épouse pédiatre, le voici amené
à découvrir que les enfants présentent, entre autres, des maladies
cardiaques à des taux inattendus. Par de longues recherches, il
finit par établir un lien avec la radioactivité ambiante, présente
dans l'alimentation journalière.
Etouffer
une vérité dérangeante
Ainsi
donc il était démontré, et révélé pour la première fois, que les
doses de radioactivité dites "faibles" causent de multiples atteintes
à la santé, jusque là insoupçonnées. Voilà qui remettait en cause
de façon fondamentale le dogme selon lequel seules les fortes
doses pouvaient entraîner des pathologies, cancers ou leucémies.
Voilà aussi qui remettait en cause toute l'industrie nucléaire
qui, dans chacun de ses maillons, extraction d'uranium, centrales
électriques, sites de stockage de déchets, transports, etc, rejette
de la radioactivité même en fonctionnement "normal", délivrant
de ces doses dites "faibles" aux ouvriers et aux populations riveraines.
Le très puissant lobby nucléaire international tremblait, lui
qui, aujourd'hui encore, ne reconnaît que 30 morts et 2000 cancers
thyroïdens dans la catastrophe de Tchernobyl.
Etouffer
cette voix, rien de plus facile dans un pays qui voulait balayer
le passif de Tchernobyl (jusqu'à 20% du budget annuel fut consacré
à ce passif !) et qui se trouvait sous une véritable dictature
(son dirigeant, par exemple, est toujours interdit de séjour dans
l'Union européenne). C'est ainsi que, sous un prétexte fallacieux,
l'un des meilleurs experts mondiaux se vit condamner en été 2001
à huit années de réclusion. Malgré le parrainage de nombreuses
villes pour sa libération, les demandes répétées de la communauté
scientifique internationale, les campagnes d'Amnesty International
(relayées localement par le Cedra), les années de détention s'enchaînèrent,
des années terribles, tant en pressions psychologiques qu'en dégradations
physiques.
Participer
à la vérité
Aujourd'hui
le Pr Bandajevsky est libre, certes sous conditions (contrôle
judiciaire pendant six mois, interdiction de sortie du territoire,
interdiction d'exercer un poste à responsabilité pendant cinq
ans, forte amende) mais parmi ceux qui l'ont activement soutenu
durant ces dernières années figure en bonne place la Criirad (Commission
de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité).
Or
la Criirad, laboratoire associatif et atypique crée en 1986 en
réaction au mensonge de Tchernobyl, se propose de mettre sur pied
en Biélorussie un laboratoire de recherche biomédicale qui sera
dirigé par l'épouse du Professeur et dans lequel il travaillera.
Si la somme nécessaire avoisine les 150 000 euros, une première
campagne ces dernières semaines vers les particuliers et les associations
a déjà permis de recueillir 70 000 euros. Appel est donc lancé
à nouveau pour inviter chacun à verser un don d'un minimum de
50 euros (60% étant déductibles des impôts, la Criirad étant de
type associatif), soit par le site internet www.criirad.org ou
par courrier à Criirad - 471, Av. Victor Hugo - 26000 Valence.
Par ailleurs, tous les dons, même très modestes, permettront d'alimenter
le fonds Bandajevsky et d'aider le professeur à réunir la somme
de 13 500 euros que lui demande le tribunal.

Contacts presse :
CEDRA : Michel MARIE
03 25 04 91 41 / 06 66 95 97 77
CRIIRAD : Romain CHAZEL
04 75 98 58 01 / 06 88 94 73 07 (vice-président)


Par
Bernard Desjeux
(reportage texte et photos, mars 2005)
Exploiter le minerai
d'uranium est dangereux : rayons Gamma, poussière, gaz radon.
Il y a un doute sur les conséquences de cette activité pour les
personnes et pour l'environnement. L'ONG Aguerin'man demande une
étude par une société indépendante pour lever les doutes.
Le Niger est le troisième
producteur mondial d'uranium (8 % loin derrière le Canada et l'Australie)
et pourtant c'est un des pays les plus pauvres du monde où 70
% de la population a moins de 20 ans. L'uranium représente aujourd'hui
environs 35 % des exportations du Niger(80 % en 1970), 5% du PNB
sans compter toutes les activités induites : sous-traitants, commerce,
artisanat, tacherons... C'est à la fin des années soixante que
la Somaïr (société des mines de l'Aïr) commence l'exploitation
d'un gisement de minerai d'uranium, puis la Cominak en 1974 à
Akokan. Les cours de l'uranium sont au plus haut (60 000 F/CFA
le kg en 84/85) pour une production d'environs 2000t. 250 expatriés
vivaient dans la cité construite par la société, on l'appelait,
le " petit Paris " magasins directement approvisionnés de France,
hôpital le plus perfectionné du pays, restaurants piscine, Arlit
a des allures de ville de western. Une ville " induite " se crée
en marge de la cité : les bâtiments administratifs, la poste,
des banques, station service, gare routière, un marché puis à
la périphérie, le village carton celui des tâcherons, des parents
d'ouvriers qui espèrent gagner quelques sous. En quelques années
là où il n'y avait qu'un désert habité par des chameaux transhumants
se constitue une agglomération de 60 000 habitants venant de tous
le pays chercher fortune. À l'euphorie des années 70 a succédé
un ralentissement de moitié de la production (1000 t) correspondant
à un effondrement des cours (20 000 FCFA le kg) et a de sérieuses
compressions de personnel (de 2000 à 600 employés) Aujourd'hui,
la situation est stabilisée il n'y a plus que quelques expatriés,
les cadres étant Nigériens et les cours de l'uranium remontent
légèrement. L'exploitation par la Somaïr se fait à ciel ouvert
tandis que la Cominak exploite la plus grande mine souterraine
au monde de ce type à 250 mètres de profondeur. Les risques de
contamination sont : les rayons Gamma, le gaz Radon, les poussières.
La radioprotection et les contrôles sont effectués par la même
société ALGAD
Les
problèmes liés à l'exploitation des mines d'uranium sont de trois
ordres :
1) Sur le site même
au nord de la ville. Pendant longtemps la radioprotection était
sommaire et les soucis d'environnement liés aux résidus stériles
d'exploitation marginaux. La teneur en minerai est de 3/1000.
Au début les mesures de protection et les instruments de mesure
rares. Ce sont les postes les plus exposés qui posent le plus
de problèmes : concassage, usine. Les travailleurs ne doivent
pas être exposés à plus de 20msv.(millisievert) en moyenne ce
qui semble être le cas aujourd'hui Importants résidus d'exploitation
radioactifs à l'air libre et bassin de décantation de boues d'acide
sulfurique. Aujourd'hui après trente ans il n'existe pas vraiment
d'état de santé des travailleurs. Qu'en est-il de ceux exposés
depuis vingt ou trente ans ? Difficile à dire car beaucoup sont
rentrés chez eux très loin d'Arlit, beaucoup sont morts dans l'anonymat.
On remarque cependant un fort taux de mortalité après la retraite
et de nombreux cas d'hypertension mais il est difficile d'attribuer
de façon formel ces pathologies à une contamination.
2) En ville : Nous
sommes en plein désert, les vents dominants vont d'est en Ouest,
la ville est au sud, si le vent tourne... Un trafic de métaux
ayant servi à la mine porteurs de radioactivité sert à la construction
des maisons et à différentes utilisations. Il semble que beaucoup
de ces métaux récupérés sur des engins soient recyclés par la
douane jusqu'au Nigéria. Aujourd'hui les mesures en ville doivent
être inférieures à 1 MSV ce qui semble être le cas d'après nos
mesures certains métaux ont cependant été mesurés à 40 msv.(millisieverts)
3) La principale
pollution à notre avis vient de l'existence même de cette ville
avec une consommation excessive de fourrage (afaso), de bois entraînant
la désertification, de l'eau avec une diminution notoire de la
nappe fossile, pollution des jardins construits artificiellement
sur un plateau argileux (banco) et arrosés avec de l'eau de récupération.
Risques de Typhoïde. Même l'imam de la grande mosquée achète l'eau
à Agadez. Bassin de rétention véritable nid à moustiques vecteurs
du paludisme inconnu dans cette région jusqu'alors. Cette maladie
transmise par les anophèles a été importée du sud et l'on note
une recrudescence au moment des retours de congé, nombreux cas
de tuberculose Accidents de la route, prostitution, trafic de
marchandises important avec l'Algérie, passeurs clandestins de
voyageurs en provenance d'Afrique noire à destination de l'Europe.
Corruption des douaniers (pour un transport de trente passagers,
il faut l'équivalent du prix de 7 passagers pour payer les autorisations
et la corruption).
Problèmes sociaux-culturels
: Les touaregs premiers occupants de ces territoires arides (200
mm de pluie /an) ont été déstabilisés dans leur mode de vie :
transhumance, pression démographique... sans avoir de contreparties.
Ce fut une des causes de la rébellion des années 90. Les accords
de paix prévoyaient l'embauche de 350 touaregs chiffre impossible
à réaliser en pleine récession. Profitant du flux de camions approvisionnant
la mine. La mine importe 40 000 t (matériel, intrans, soufre)
et exporte 2 000 t (uranate de soude) Les jardins de l'Aïr se
sont particulièrement développés et exportent vers le sud : oignons,
pommes de terre, tomates... également exportation de bétails (viande
et peaux) Aujourd'hui le village carton s'est transformé en plusieurs
" boukoki " dont beaucoup de maisons sont en dur (banco).
Demande d'information :
L'ONG Agherin'man (bouclier de l'âme) demande une enquête indépendante
des risques encourus par les travailleurs et les populations.
Sollicitée, la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information
indépendante sur la radioactivité) s'est vue confisquer ses appareils
de mesure à l'entrée du territoire du Niger. L'association Sherpa
est également venue enquêter. Il est clair que le manque d'informations
indépendantes de la part des sociétés laisse la place à toutes
les suppositions. Si l'on cache quelque chose, c'est qu'il y a
un problème. Ce qui est clair c'est que le mot uranium déclenche
des passions dans tous les sens et qu'il fait très peur. Les réserves
de la mine actuelle sont de l'ordre de 10 à 13 ans. Le petit lapin
est sorti, qui le rattrapera ?
A suivre...
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Diaparama
sur l’uranium du Niger.
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La situation en Iran depuis
l'élection de mAHMOUD Ahmadinejad donne libre cours à l'imagination,
surtout en Occident où l'on se soucie beaucoup de l'abstinence
nucléaire...des autres.
" Le danger d'une guerre
atomique n'a jamais été aussi grand qu'actuellement, si nous ne
nous entendons pas sur un nouveau système international de contrôle
". Voici une profession de foi. Elle n'émane pas d'un pacifiste
mais tout simplement du patron de l'Agence Internationale de l'Energie
Atomique. (AIEA). Non, ce n'était pas à la suite d'une déclaration
nord-coréenne sur un essai éventuel, ni une mise en garde à destination
d'Israël qui menace depuis 95 de bombarder les installations iraniennes.
Non, C'était au au mois de février - dans un entretien à l'hebdomadaire
allemand " Der Spiegel ; Mohammed El-Baradei, le gentleman qui
a succédé à Hans Blix à la tête de l'AIEA avait dramatisé la situation
internationale. Il avait d'ailleurs au moins deux motifs pour
agir de la sorte : le premièr avait un rapport direct avec son
institution, garante de la bonne marche du Traité de Non Prolifération,
un traité pour lequel les signataires devaient se retrouver à
New York au mois de mai. Le deuxième motif avait un rapport direct
avec le prolongement de sa carrière à la direction de l'Agence.
Suite
de l'article
(66
Ko)


Conditions
financières et économiques de la gestion des déchets nucléaires
Ministère de dépôt: Industrie
Question écrite Nº 15906 du 10/02/2005 page 357 avec réponse
posée par BLANDIN (Marie-Christine) du groupe SOC .
Mme
Marie-Christine Blandin souhaite attirer l'attention de M. le ministre délégué
à l'industrie sur les conditions financières et économiques concernant le démantèlement
et la gestion des déchets nucléaires à moyen et long terme. Comme le révèlent
les conclusions générales du rapport de la Cour des comptes (janvier 2005) sur
le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs,
la gestion des déchets nucléaires revêt des risques sanitaires et environnementaux,
elle revêt aussi des risques économiques et financiers. Si les fonds viennent
à manquer, les risques écologiques et sanitaires s'en trouveraient accrus. La
gestion des fonds dévolus aux futurs démantèlements et à la gestion des déchets
nucléaires pose des questions fondamentales ; le rapport nous alerte et pose les
questions suivantes : les principaux opérateurs en responsabilités, AREVA, CEA,
et EDF ont-ils les provisions financières pour assurer le démantèlement des centrales
nucléaires les plus anciennes et assurer le coût de la gestion des déchets ? Dans
la perspective d'une ouverture du capital d'AREVA et d'EDF dans des marchés devenus
fortement concurrentiels, " sans mécanisme de sécurisation, le risque existe que
les conséquences financières de leurs obligations de démantèlement et de gestion
de leurs déchets soient mal assurées et que la charge ne rejaillisse in fine sur
l'Etat " (sur le contribuable et l'usager). La crainte de la Cour des comptes
fait écho à celle de nombreux parlementaires et, au-delà, de l'opinion publique
en général. Elle lui demande quelles dispositions compte prendre le Gouvernement
pour s'assurer d'un financement sécurisé et à la hauteur des enjeux sanitaires
et environnementaux.
Ministère
de réponse : Industrie - Publiée dans le JO Senat du 07/04/2005 page 989.
L'industrie nucléaire procure à notre pays une source d'énergie importante, lui
assure l'accès à un kilowattheure compétitif, permet de limiter nos émissions
de gaz à effet de serre et garantit à la France un taux d'indépendance énergétique
élevé. Comme toute industrie, elle génère des déchets qu'il convient de gérer
: il peut s'agir de déchets issus de l'exploitation des installations nucléaires
mais également des déchets liés au démantèlement de ces installations à la fin
de leur exploitation. Ces opérations sont caractérisées par une durée et un coût
importants. Dans le souci d'une gestion prudente et transparente de ces charges
de long terme, et au vu des contraintes posées par ces interventions, des mesures
spécifiques ont été mises en place à la demande des pouvoirs publics. Elles permettent
d'identifier clairement le responsable, de valoriser le passif, de définir les
provisions à mettre en place et d'assurer le financement des actions de démantèlement
et de gestion des déchets radioactifs. Ainsi, les industriels du secteur nucléaire
assument la responsabilité financière du démantèlement de leurs installations
nucléaires et de la gestion des déchets radioactifs, en vertu du principe pollueur-payeur
posé par l'article L. 541-2 du code de l'environnement. Cette responsabilité se
matérialise dans les comptes par la comptabilisation au passif de ces entreprises
(principalement le CEA, EDF et AREVA) de provisions pour charges nucléaires de
long terme. En ce qui concerne l'évaluation de ces charges, et donc le montant
de ces provisions, la Cour des comptes note qu'elles font l'objet de calculs fondés
et précis. Les provisions présentées dans les comptes des industriels représentent
la meilleure appréciation actuelle des coûts futurs attendus sur la base d'un
processus industriel et d'un échéancier réaliste.
A cet égard et malgré les
incertitudes liées à ces évaluations, la Cour des comptes a récemment confirmé
dans son rapport que les provisions d'EDF sont aujourd'hui le fruit de calculs
très scrupuleux et détaillés : si des sous-évaluations critiquables ont été faites
au cours de la décennie précédente, ce n'est plus le cas aujourd'hui et les incertitudes,
au demeurant clairement affichées, portent sur les provisions de fin de cycle.
S'agissant de la gestion ultime des déchets, à la demande des pouvoirs publics,
un groupe de travail réunissant les producteurs de déchets, l'Agence nationale
pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) et les administrations concernées
a été mis en place au dernier trimestre 2004. Le rapport de ce groupe de travail
attendu pour la mi-2005 devrait permettre de disposer d'un référentiel partagé
d'évaluation des charges de long terme des producteurs pour la gestion des déchets
de haute activité et de moyenne activité à vie longue. La définition de la solution
technique de gestion pour les déchets radioactifs est liées aux recherches sur
la gestion des déchets radioactifs de haute activité et de moyenne activité à
vie longue qui sont en effet encadrées par la loi du 30 décembre 1991. Celle-ci
prévoit qu'à l'issue d'une période de quinze années de recherches selon trois
axes (la séparation poussée-transmutation, le stockage souterrain en couches géologiques
profondes, l'entreposage de longue durée en surface) le Gouvernement transmettra
au Parlement un projet de loi relatif à la gestion des déchets radioactifs. L'échéance
parlementaire de 2006 devrait permettre de dégager des orientations quant aux
solutions de gestion qui pourraient être mises en place et ainsi accroître la
visibilité sur le sujet de la gestion des déchets radioactifs.
A cette occasion,
et d'une façon plus générale, un bilan sur les dispositifs déjà existants et sur
la manière dont ils pourraient encore être affinés sera fait et celui-ci pourrait
donner lieu à la mise en place de dispositions législatives. Au-delà de la constatation
d'un passif, il est nécessaire de s'assurer de la capacité financière des entreprises
à assurer le moment venu le règlement de ces charges. Cette nécessité a donné
lieu à la mise en place au sein des entreprises d'actifs dédiés à la couverture
des charges de long terme. Le CEA et AREVA disposent d'ores et déjà d'actifs destinés
à couvrir le moment venu le financement des charges de long terme du nucléaire
; ces actifs sont suivis par des comités spécifiques rapportant aux conseils d'administration
ou de surveillance de ces différentes entités. EDF, pour sa part, poursuit actuellement
un plan de constitution d'actifs. Par ailleurs, le souci du Gouvernement de voir
se mettre en oeuvre des modalités de financement pérenne de ces charges de long
terme a été présenté officiellement dans le cadre des discussions en cours sur
les projets de directives européennes liées à la gestion des déchets radioactifs
et à la sûreté des installations nucléaires. En raison de l'opposition de certains
autres pays européens, ces projets de directive n'ont pas pu aboutir. Un plan
d'actions a toutefois été décidé de façon à faire émerger des propositions concrètes
à l'horizon 2006-2007. Dans cette perspective, la France s'investit pleinement
dans les groupes de travail concernés et souhaite que puissent être définis, au
niveau communautaire, des mécanismes de financement pérenne des charges de long
terme du secteur nucléaire.


De nombreuses actions partout en France dont une fresque humaine de 10 000 personnes
à Nantes Du 23 au 30 avril 2005 : Sixième semaine nationale d'initiatives "Sortir
du nucléaire". Tous les détails sur :
www.sortirdunucleaire.org
Le mardi 26 avril 2005 marquera la
19ème jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Du 23 au 30 avril 2005,
les associations membres du Réseau "Sortir du nucléaire" se mobiliseront devant
des préfectures, des mairies, des gares, des sites nucléaires... Des dizaines
d'initiatives auront lieu dans de nombreux endroits de France et d'Europe à l'occasion
de cette semaine nationale d'initiatives "Sortir du nucléaire".
En
particulier, le samedi 23 avril à 14h à Nantes, une fresque humaine géante
rassemblera 10000 personnes pour écrire :
LE NUCLEAIRE TUE L'AVENIR,
SORTONS EN
Ailleurs en France,
des gerbes de fleurs seront déposées pour rendre hommage à toutes celles et ceux
qui sont morts, ou ont souffert et souffrent encore aujourd'hui de la catastrophe
de Tchernobyl :
les malheureux décédés dès les premières heures ou les premiers jours suivant
le drame,
les 800
000 "liquidateurs" qui ont stoppé la catastrophe et qui souffrent ou meurent les
uns après les autres,
les enfants malformés, et/ou très malades, en particulier en Ukraine et en Biélorussie,
le courageux Pr Bandazhevski,
condamné à 8 ans de réclusion par la dictature biélorusse pour l'empêcher d'informer
les habitants des risques qu'ils courent aujourd'hui encore,
les 400 000 habitants qui ont été contraints de quitter définitivement leur région,
les 8 millions
d'habitants qui vivent aujourd'hui encore en zone contaminée,
les citoyens malades suite au mensonge d'Etat concernant le passage du nuage de
Tchernobyl sur la France.
Le Réseau
"Sortir du nucléaire" :
exige que toute la vérité soit enfin connue concernant le passage du nuage de
Tchernobyl sur la France, que les "menteurs du nucléaire" soient sanctionnés,
que leurs projets de relance du nucléaire soient annulés.
dénonce les programmes de désinformation (Core, Sage) organisés par l'industrie
nucléaire française pour cacher les conséquences réelles de la catastrophe de
Tchernobyl mais aussi d'une éventuelle nouvelle catastrophe nucléaire.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle qu'une nouvelle catastrophe nucléaire
est hélas possible, et que le nucléaire produit par ailleurs des déchets radioactifs
qui contaminent la planète pour des centaines de milliers d'années. Il faut donc
se mobiliser pour obtenir :
un plan de fermeture rapide de toutes les centrales nucléaires, avant qu'il ne
soit trop tard,
l'annulation de tout projet de nouveau réacteur nucléaire en France (EPR, Iter,
etc…),
un plan
ambitieux d'économies d'énergie et de développement des énergies renouvelables.
Retrouvez
toutes les initiatives et les contacts locaux classées par départements
sur
:
www.sortirdunucleaire.org
- Contact presse national :
06 64 100 333


par
Greenpeace
Conséquences de la condamnation
de Cogema par la cour d'appel de Caen
Hier, la cour d'appel de Caen a condamné Cogema pour
stockage illégal de déchets nucléaires. Cette décision a des implications plus
larges que la seule question des déchets Australiens. Elle constitue une première
jurisprudence dans le domaine de la gestion par Areva/Cogema des déchets nucléaires
étrangers. D'autre part, la cour d'appel de Caen a confirmé, comme le demandait
Greenpeace, que les combustibles irradiés sont bien des déchets et non des matières
valorisables, selon les propos de l'industrie nucléaire.
Sur
la question de la gestion des déchets étrangers, la Cour d'Appel de Caen considère
que " le stockage depuis quatre ans de déchets radioactifs dans des conditions
injustifiées au regard de la législation applicable (…) constitue une atteinte
portée à la qualité de l'environnement… " extrait du rendu de la cour d'appel.
La loi du 31 décembre 1991 ( loi Bataille) interdit en effet de stocker en
France des déchets nucléaires étrangers en dehors des délais techniques strictement
nécessaires pour leur retraitement.
Or actuellement bon nombre de déchets
étrangers stockés sur le site Cogema de La Hague ne disposent d'aucune autorisation
opérationnelle de retraitement. Au regard de la Loi Bataille, ces déchets sont
donc stockés illégalement.
Cette situation qui jusqu'à présent avait bénéficié
de la complaisance des autorités françaises et notamment de la Direction Générale
de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection, est aujourd'hui considérée comme
illégale.
La décision de la Cour d'Appel a donc des implications qui dépassent
le cadre des déchets australiens, objets du litige. Cela devrait donc pousser
Areva, à engager dans les meilleurs délais les opérations de retraitement des
déchets et leurs réexpéditions vers les pays d'origine.
Le deuxième point important mis en avant par cette décision concerne la définition
même du déchet radioactif. Jusqu'à présent Areva/Cogema, se défendait de stocker
illégalement des déchets nucléaires étrangers en prétextant qu'il ne s'agissait
pas de déchets mais des " matières nucléaires valorisables ". La Cour, s'appuyant
sur les définitions communément admises par l'industrie nucléaire, a tranché ce
débat en relevant que le contrat conclu avec la société Australienne Ansto ne
permettait " de relever aucune prévision d'une utilisation quelconque du combustible
usé ". Par conséquent ces matières " constituent des déchets nucléaires radioactifs
soumis au régime (…) du Code de l'Environnement ".(extrait rendu de la cour
d'appel de Caen)
L'hypocrisie de l'industrie, qui définit tout déchet nucléaire
comme " une matière valorisable ", est battu en brèche par la Cour d'Appel de
Caen qui a relevé qu'aucune utilisation ultérieure n'était prévue par le contrat.
Notant de plus que " le combustible est déjà lui-même le résidu d'un processus
de transformation ou d'utilisation, puisqu'il a été irradié… " la Cour a considéré
que seule la qualification de déchet est applicable.
Cette
interprétation des textes est cruciale. Elle remet en cause la politique globale
de gestion de nombreuses matières nucléaires, uranium appauvri ou de retraitement,
Mox ou combustibles irradiés, qui sont aujourd'hui stockées sans qu'une quelconque
utilisation ne soit prévue mais que l'industrie refuse de considérer comme des
déchets.
Contacts :
Rendu de justice : 
http://www.greenpeace.org/raw/content/france/press/reports/decision_bouguenais.pdf


Communiqué
de presse
CRIIRAD
471 avenue Victor HUGO
26000 VALENCE France
: + 33 (0)4 75 41 82 50 - Fax : + 33 (0)4 75 81 26 48 -
lundi 28 mars 2005
Plusieurs
centaines de malades, l'Association Française des Malades de la Thyroïde (AFMT)
et la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité
(CRIIRAD) ont déposé plainte contre X, le 1e mars 2001, pour défaut de
protection des populations contre les retombées radioactives de l'accident de
Tchernobyl.
L'instruction, conduite
par Mme la juge BERTELLA-GEFFROY, a donné lieu à de nombreuses perquisitions et
à la nomination de deux experts M. Paul GENTY et le Pr Gilbert MOUTHON.
Un premier rapport d'expertise (rapport d'étape daté du
16 février 2005) vient d'être transmis à la juge qui l'a adressé aux parties civiles.
La CRIIRAD
en fera une étude détaillée et présentera ses conclusions le mercredi 13 avril,
à Toulouse, au cours d'une conférence de presse commune avec l'AFMT.
Le
dossier que la CRIIRAD a transmis à la justice et dont les experts juridiques
devaient vérifier la validité, démontrait :
1/
la sous-évaluation considérable des niveaux de contamination (les cartes publiées
les 7 et 15 mai 86 sous-estimaient, d'un facteur 100 à 1 000 et plus, les dépôts
de radioactivité sur toute la moitié est de la France)
2/
la violation des différents textes réglementaires sensés protéger les personnes
en limitant l'ingestion des aliments les plus contaminés (recommandation européenne
du 6 mai 86, règlement européen du 31 mai 86, décret français du 6 juin 66, limites
EURATOM de 1980 et 1984 différenciés pour les enfants).
Si
la justice corrobore ces accusations, cela constituera une étape extrêmement importante.
En effet, depuis bientôt 19 ans, ni les gouvernements qui se sont succédés, ni
les services officiels en charge de la radioprotection n‚ont reconnu les faits
et la censure est toujours à l‚?uvre. Les cartes de la désinformation sont toujours
absentes des rapports officiels avec interdiction d‚y faire référence.
Pour
tout renseignement complémentaire vous pouvez joindre Roland Desbordes, président
de la CRIIRAD au 04 75 05 32 59 ou au 06 86 18 01 87
Les
éléments de preuve réunis par la CRIIRAD seront par ailleurs présentés dans le
cadre du colloque " contaminations radioactives et protection des populations
" qui va se tenir à Lyon, au siège du Conseil régional Rhône-Alpes, les 1er
et 2 avril prochain.
COLLOQUE
Programme :
www.criirad.com/criirad/actualites/ColloqueLyon/ProgrammeColloq.doc
Inscriptions :
www.criirad.com/criirad/actualites/ColloqueLyon/BulletinInscrip.doc


Par la Coordination nationale des Collectifs
contre
l'enfouissement des déchets radioactifs
Lyon,
24 janvier 2005
aux parlementaires
Madame,
Monsieur,
Comme vous n'êtes pas sans
le savoir, se déroulent actuellement à Paris des auditions publiques concernant
les modes de gestion des déchets radioactifs à "haute et moyenne activité et vie
longue" (dits HAVL/MAVL ou B et C), modes de gestion établis par la loi du 30
décembre 1991 dite "loi Bataille", du nom du député qui en a été l'un des initiateurs.
Ces auditions, programmées par l'Office
Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, ont lieu
en trois temps qui correspondent aux trois voies de recherche préconisées par
la loi Bataille : voie de la séparation/transmutation, voie du stockage en couches
géologiques profondes, voie de l'entreposage en surface ou subsurface.
Suite à ces auditions, l'Office Parlementaire, par le biais de ses deux rapporteurs
M.M. Bataille et Birraux, établira, à votre intention, un rapport sur l'état d'avancement
et les perspectives des recherches sur la gestion des déchets radioactifs, pour
mi-mars 2005.
Ce rapport se veut d'une
importance capitale car il vous apportera des éléments pour engager le débat parlementaire
en 2006 sur le devenir des déchets produits depuis plus de 40 ans, et dont la
gestion pose un problème crucial, partout dans le monde.
Le
contenu de ces auditions et la façon dont elles sont mises en place nous choquent
profondément, en particulier celle de ce 27 janvier portant sur ce qui est communément
appelé " voie de l'enfouissement ". En effet, nous ne pouvons que constater des
carences lourdes nuisant à la démarche démocratique attendue dans ce problème
sociétal, et donc aux décisions à venir. De même au sujet de l'entreposage : le
dossier n'est pas mené dans la transparence et le CEA va proposer des solutions
sans qu'aucun travaux sur site n'ait été réalisé...
Comment
comprendre que les intervenants et experts présents lors de ces auditions relèvent
essentiellement du secteur industriel, scientifique et politique. Quid de la représentation
de la société civile ? Les associations et collectifs, pourtant porteurs d'arguments
contradictoires et de questionnements éthiques sur le sujet ultra-sensible de
l'enfouissement, largement partagés par la population, sont mis à l'écart. Et
ce non seulement aujourd'hui, mais depuis quinze ans sur l'ensemble du processus
engagé par la loi Bataille. Pour mémoire, l'article 6 de cette loi, qui prévoit
la consultation des populations, n'a pas été respecté, ceci a été confirmé par
le Commissaire du Gouvernement (Conseil d'Etat). Et ceci est très regrettable,
montrant que les pouvoirs publics n'ont pas tiré les leçons des confrontations
passées entre ses représentants et les populations soutenues par leurs élus locaux.
Et ceci augure mal des décisions parlementaires et gouvernementales à venir, et
de leur impact sur les opinions locales dans les départements visés..
Quid
aussi de la contre-expertise ? Les récents résultats de l'étude réalisée par l'IEER
(Institute for Energy and Environmental Research), à la demande du CLIS (Comité
Local d'Information et de Suivi) sur le programme des travaux à BURE auraient
pu donner un tout autre éclairage que celui de l'ANDRA. D'autres experts indépendants
ont également travaillé sur le dossier et pourraient apporter des éléments méritant
assurément d'être pris en compte.
Enfin,
nous déplorons les conditions factuelles de ce débat. En effet, celui-ci pourrait
confirmer l'absence cruciale de solutions dignes de ce nom pour gérer ces produits
dangereux. Or la décision de relancer un nouveau programme électro-nucléaire,
intervenue avant débat sur la question des déchets de cette filière, se comprend
comme une mise devant le fait accompli. L'enjeu industriel et commercial représenté
par l'avenir du réacteur EPR jette un doute profond sur l'objectivité du débat
parlementaire à venir et il est à craindre que l'enfouissement apparaisse comme
l'urgence, et la réponse définitive, pour les déchets hautement radioactifs et
à vie longue.
La décision exprimée
par le Réseau " Sortir du nucléaire " (fédération de près de 700 associations)
de décliner l'invitation à ces auditions peut sembler contradictoire avec notre
demande d'être entendus et pris en compte mais nous estimons que nous ne pouvons
cautionner ce qui ressemble plus à la chambre d'enregistrement d'un projet industriel,
aux enjeux touchant à la politique énergétique du pays, qu'à un lieu d'écoute
et de véritable débat où nous pourrions présenter la somme d'arguments recueillis
et de réflexions construites depuis de nombreuses années.
La
politique énergétique représente un enjeu capital pour l'avenir, il doit associer
la population, dans toutes ses composantes, aux choix qui seront faits.
Nous
vous ferons donc parvenir, prochainement et directement, le fruit de notre travail
afin d'apporter un autre point de vue, indispensable, concernant ce sujet si épineux,
qu'est le devenir des déchets radioactifs. Et nous vous demandons expressément
d'en prendre connaissance et d'intégrer ces arguments fondamentaux dans votre
processus de réflexion et de décision.
Restant
à votre disposition pour toute demande de renseignements, rencontre ou échanges,
nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos sincères salutations.
Réseau " Sortir du nucléaire "
Coordination nationale des Collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs

Coordination
nationale des Collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs
BP
17 - 52101 Saint Dizier cedex
.Fax.
03 25 04 91 41 -
www.burestop.org



Par
Bure Stop
Communiqué de presse
(Document diffusé lors du festival
de photo animalière et de nature de Montier-en-Der, du 19 au 21 novembre 2004)
La région
Champagne-Ardenne est incontestablement un joyau en termes de nature, de beauté
des paysages, de diversité faunistique et floristique... une région où il fait
bon vivre !
Pourtant,
comme toute mauvaise maladie, un mal insidieux, bien peu visible et que l'on voudrait
occulter, s'attaque à ce territoire. Un mal consécutif à l'une des frénésies de
notre société. En effet, et sans que l'on nous en ait expliqué clairement les
conséquences, notre mode de vie à tous entraîne une consommation folle en énergies;
en pétrole bien sûr mais aussi en ce nucléaire qui comble abondamment notre boulimie
d'électricité. Or, cette énergie qui est présentée comme "propre" génère, au contraire,
non seulement des monceaux de déchets*, mais des déchets qui dégagent une radioactivité
nocive sur des dizaines, des centaines, des milliers d'années...
ici
est glissée une bouteille de champagne, radioactive
Et
ces déchets radioactifs étant aussi divers que volumineux (58 réacteurs nucléaires
en France, un record mondial), les dépotoirs se multiplient et se concentrent
-oui- en CHAMPAGNE :
*
sur la commune de Soulaines où les déchets qui s'accumulent depuis 10 ans (et
pour encore 50 ans) dans des cases en béton devront attendre des centaines d'années
pour voir leur radioactivité décroître et disparaître... en espérant que rien
ne viendra "troubler" ces poisons sur des temps aussi longs et alors qu'il sont
à deux pas du Lac du Der, complexe touristique s'il en est (1 million de visiteurs/vacanciers
par an) * sur la commune de Morvilliers, nouveau dépotoir ouvert en 2003... et
qui se situe à proximité immédiate des prestigieuses vignes en appellation champagne
(le consommateur le sait-il ?) * où encore ? puisque quantités de déchets nucléaires
sont en attente "d'évacuation" (radium, tritium, graphite par exemple) * sur la
commune de Bure, programmée -sans jamais le dire ouvertement- pour recevoir en
sous-sol les pires de ces déchets (très haute radioactivité et à durée de vie
quasi-éternelle) alors que cette région est surnommée "le château d'eau de la
France", cette eau qui sera l'or bleu de demain SUBIR OU AGIR Sidérant ? Oui,
d'autant qu'après avoir martelé de manière mensongère que l'industrie électronucléaire
était "propre" (on voit ce qu'il en est), on nous affirme aujourd'hui que ces
déchets sont gérés et qu'ils ont trouvé "solutions". Prendrait-on nos concitoyen/nes
pour des demeuré/es ? Comment considérer comme solutions des méthodes qui consistent
à attendre, béatement, que le temps fasse son effet, en croisant les doigts pour
que rien ne vienne perturber ces mortels dépôts, en surface comme dans les entrailles
de la terre ? Ici en Champagne, comme ailleurs en France ou dans d'autres pays,
nombre de personnes de toutes catégories socio-professionnelles refusent que l'on
se débarrasse ainsi de déchets aussi dangereux et, suivant le principe que "quand
la baignoire déborde on ferme d'abord en urgence le robinet avant de passer la
serpillière", remettent en question une industrie qui ne sait quoi faire de ses
déchets. Mais, refuser les modes de gestion actuels (stockage et enfouissement),
c'est aussi ET SURTOUT obliger l'industrie nucléaire à travailler sur de vraies
solutions, inoffensives pour l'Homme et son environnement. Subir ou agir, ces
personnes savent que présent et avenir sont et seront faits de ce que chacun/e
d'entre nous y apportera et elles vous invitent à les rejoindre Toutes les infos,
actualisées, sur www.burestop.org et à votre disposition le 03 25 04 91 41


Par Ben Cramer
(JNE, coauteur du livre La descente aux enfers
nucléaires- éd. L'esprit frappeur)
Theodore
Taylor vient de mourir à l'âge de 79 ans . Un chercheur, Un honnête homme, un
lanceur d'alerte, tout cela à la fois. Cet homme de science a consacré les trente
dernières années de sa vie à se battre pour un monde pacifique et à plaider en
faveur des énergies renouvelables. Voici donc un dernier hommage.
1.
Hiroshima à l'âge de l'inconscience
Il
n'était pas vieux quand il y a eu l'explosion d'Hiroshima et de Nagasaki. Il avait
20 ans. Mais le jeune Ted saisit dans cet événement historique deux choses essentielles
qui vont bouleverser sa propre existence. C'est à la fois la surprise et l'embarras.
Une surprise ? Oui, explique-t-il je n'avais jamais entendu parler de
fission, je ne savais même pas que c'était possible. Embarras ? " Bien
sûr, et d'ailleurs j'ai écrit à ma mère quelques jours plus tard pour lui
dire " ne t'inquiète pas Maman, jamais je ne travaillerais sur ces armes terribles".
Sa mère, qui l'a mis au monde en 1925 à Mexico, méritait bien d'être rassurée.
Après tout, elle sait mieux que les autres que Ted avait un faible pour tout ce
qui fait boum et à Mexico, où il a passé son enfance (son père dirigeait là-bas
le YMCA), les explosifs et les pétards étaient ses loisirs préférés.
A
Berkeley, l'événement ne passe pas inaperçu. Les étudiants réagissent. Un petit
groupe d'amis dont Ted fait partie, décide de faire circuler une pétition. Objectif
: réclamer une grève générale de tous les physiciens du monde. Le texte parvient
à Oppenheimer. Il le lit et dit à Ted " Ecoute, reprend ce papier, brûle-le, fais
comme si tu n'en as jamais eu connaissance, sinon ta vie est foutue, tu seras
étiqueté communiste jusqu'à la fin de tes jours et alors ... " Son professeur
vient le trouver et lui promet de lui trouver un job. "Comme j'étais jeune marié
avec enfant à charge, j'ai été plutôt reconnaissant qu'on me trouve un job à Los
Alamos, ce n'était pas n'importe quoi".
Le
destin est cruel : Ted va ainsi oublier la promesse qu'il a faite à sa Maman....
quatre ans auparavant.
L'ascension à Los Alamos
Une
semaine après son admission à Los Alamos, Ted devient complètement fasciné, "
accroc " - " addicted " à tout ce qui touche à la physique nucléaire. Il est carrément
envoûté par les démarches intellectuelles liées à l'enseignement de Los Alamos
; " C'est peut-être dans mes gènes ", s'excuse-t-il, "mais en tout cas je suis
fasciné par une explosion, par l'explosion extrême surtout et ce que ça implique
en terme de vélocité, de vitesse et d'intensité ... " Tout en osant la comparaison
avec l'effet de la cigarette, il ajoute " je ne pouvais pas m'en passer ". Ted
se laisse prendre au jeu même si le " jeu " n'est pas vraiment ludique. Il investit
son intelligence dans l'amélioration de la bombe au Pu , celle qui avait fait
" boum " à Nagasaki, un certain 9 août 1945. Il va aussi assister à des explosions,
des vraies, c'est-à-dire des explosions atmosphériques dont deux dans le désert
du Nevada . " C'est une expérience unique " admet-t-il en rappelant (à l'époque)
à qui veut l'entendre que son travail représente le meilleur moyen de rendre les
guerres impossibles, tout en ajoutant que l'axiome est perturbé par la guerre
de Corée, puis la guerre du Vietnam ....
Le projet Orion.
L'homme,
qui a le look de l'américain lambda, est un visionnaire. Il rêve déjà d'aller
visiter Mars et Saturne. Rien ne semble l'arrêter. A partir de 1956, Ted se trouve
ainsi " propulsé " - c'est le cas de le dire - à la tête du projet Orion. Un vaste
projet, aussi mégalo que les Américains. Sa mission consiste à développer un engin
interplanétaire à propulsion nucléaire. C'est d'ailleurs l'époque où certains
militaires US envisagent de faire exploser une bombe nucléaire sur la Lune, histoire
de montrer aux méchants bolchéviques de quoi le " monde libre " est capable .
Bien
avant que nul n'évoque encore le " principe de précaution " et à l'heure où l'
"écologiquement correct " n'est guère à la mode, les explosions nucléaires dans
l'atmosphère et dans l'espace vont être prohibées par le traité de 1963. Le rêve
délirant va donc être enterré.
Mais
le professeur Taylor, entre temps, est devenu une célébrité. Le Atomic Energy
Commission lui décerne un prix. Aux heures les plus sombres de la guerre froide,
sa réputation n'est plus à faire. Il devient un " grand " du nucléaire. Le bricoleur
de bombes atomiques n'est pas prêt de prendre sa retraite...
Au service du Pentagone - 1964
Le
" mordu " des armes à fission est capable de renouveler les exploits du projet
Manhattan en termes de destruction, mais cette fois en miniature . Il se " défonce
" dans un domaine qu'il maîtrise, qu'il maîtrise à un tel point qu'on disait de
lui que c'est l'homme qui connaît le mieux tout ce qui relève de la physique nucléaire
ou, comme dirait Robert Jungk, " probablement le meilleur spécialiste de la construction
des bombes atomiques de la génération d'après-guerre " . Alors, des petites ogives
nucléaires, il en fera beaucoup. Combien en a-t-il inventé ? Conceptualisé ? dessiné
? Je n'ai jamais réussi à lui faire cracher un chiffre, il répondait de façon
évasive : " Oh beaucoup, beaucoup trop ". Pour sa défense, il avait coutume de
dire " C'est un travail collectif, je ne peux pas tout m'approprier ". Si le monde
a connu la bombe David Crockett qui ne pèse que 25 kilos, c'est à lui qu'en revient
la paternité. Mais il ne fut pas du genre à s'en flatter.
Le
Pentagone sait attirer à lui les grosses têtes et recrute ceux qui savent faire
du design, même si le terme peut paraître inapproprié pour des ogives et si ce
n'est pas reconnu comme tel. Dès 1964 , le Pentagone le charge de surveiller les
effets des explosions nucléaires. Et c'est dans cette fonction, à ce poste, qu'il
commence à regarder au-delà de son labo, et à éplucher des documents. Il se rend
compte avec effroi que son pays dispose (" se drogue " dit-il ) d'un arsenal de
35.000 ogives nucléaires et que celles-ci sont dispersées dans le monde entier,
" sur les 7 océans et même dans les coins les plus reculés " . Sorti de son "
trip ", frappé par ce non-sens, il s'aperçoit aussi des mensonges qui entourent
ces activités, que ce soit au Congrès, au Sénat.
Au
milieu des années 60, il réalise donc - enfin ! - qu'il a peut être mieux à faire
de son savoir et de ses talents. Il commence à alerter le monde sur les risques
de prolifération nucléaire. " J'ai compris que je côtoyais l'enfer, j'ai compris
à quel point ce que j'avais fait était associé au mal, était vraiment le mal".
(evil). Nous sommes en 1966. Ted est en pleine conversion. Il devient un " drop
out ". La carrière nucléaire touche à sa fin.
Le cauchemar de la culpabilité
La carrière va le hanter jusqu'à ces derniers jours. Comme tous ceux qui ont manipulé
ces engins de l'exterminisme, il éprouve un terrible sentiment de culpabilité,
même s'il avoue que c'est très dur d'affronter cette responsabilité dans la destruction
. Il a des " flashback " , des effets de retour de la mémoire. A chaque fois,
je me mets à pleurer, confie-t-il. " Cela m'est arrivé en 1986, j'étais à Moscou
pour une conférence. Sur la Place Rouge, je me suis mis à éclater en sanglots.
Ma guide m'a demandé " ça ne va pas professeur ? " Elle ne pouvait pas comprendre...
j'avais passé des heures et des heures dans mon bureau à Washington... A l'aide
d'un compas, je cherchais désespérément à faire le bon pointage et j'étais désolé
si les dégâts prévus par le crayon n'incluaient pas tout Moscou et si j'y parviendrais
... "
Mais
Ted n'est pas du genre à s'arrêter au remords, à se morfondre dans la culpabilité.
A partir de 1966, il est convaincu qu'il faut débarrasser le monde de ce Mal et,
martèle-t-il devant un micro, " c'est ce que je fais depuis " m'explique-t-il
en 1998. . L'expert Taylor va être mêlé à l'inspection des dégâts du nucléaire
puisqu'il est (aussi) l'un des membres éminents de la commission sur l'accident
de TMI . Il se mobilise surtout contre ce qu'il considère être l'une des plus
grandes menaces : la prolifération nucléaire et son dérivé, le terrorisme nucléaire.
Sur le premier point, il déclare que " il est possible de remplacer le plutonium
de qualité militaire par le plutonium de qualité réacteur dans toutes les armes
que l'on a fabriquées à n'importe quelle période. Il faut entre 0 et 2 fois plus
de plutonium et quelques autres changements " . Il insiste sur le fait qu'il y
a tout de même 44 Etats qui disposent de suffisamment de Pu pour faire des bombes.
Sur le deuxième point, le terrorisme, Ted est bien placé pour savoir qu'un marché
noir existe et que les contrebandiers de l'atome existent. Il s'acharne à dramatiser
les risques et certains le surnomment alors le " pessimiste de service ". Ses
thèses sur les dangers de la " nuclear malevolence (malveillance nucléaire ")
feront du bruit bien plus tard. Il va effectuer la première étude en 1971 sur
les mesures de protection contre l'usage criminel des produits fissiles, pour
le compte de la US Atomic Energy Commission et ce sur la base de son expérience
à l'AIEA. (où il travaille entre 67 et 69). Ensuite, il va impulser une enquête
de plus grande envergure pour la Fondation Ford, en collaboration avec le juriste
et spécialiste du désarmement Mason Willrich. Son étude fait alors, aux Etats-Unis,
l'effet d'une bombe .
Militant
au sein du réseau Abolition 2000, qui relie des centaines d'ONG pacifistes à travers
le monde depuis 1995, il ne manquera aucune occasion pour pourfendre les puissances
nucléaires qui font du recel avec leurs centrales et leurs réacteurs de recherche...
L'alternative solaire - 1980
Ce
n'est qu'en 1980 qu'il démarre un nouveau projet, le projet Nova. A la Princeton
University, il est nommé "senior researcher" et développe des alternatives à l'énergie
nucléaire - L'énergie solaire est un nouveau défi. Le solaire le passionne. Et
pour cause : non seulement cela ne le compromet pas moralement, mais en plus les
applications de cette énergie sont, à son avis, " le seul moyen de nous débarrasser
à la fois des énergies fossiles qui réchauffent la planète et de l'énergie nucléaire
". La trajectoire n'est jamais banale, certes. Celle d'un scientifique de son
envergure, et depuis Einstein, celle de nombreux chercheurs, qui ont fait amende
honorable et utilisé leur savoir pour tenter de changer le cours de l'humanité.
On l'a vu dans le mouvement Pugwash, issu de l'Appel Russell-Einstein, un appel
dont nous allons célébrer en juillet 2005, le 50e anniversaire. Le parcours de
Ted est un échantillon représentatif d'une catégorie d'hommes qui a su dire non.
Tirer les leçons de ses égarements, prendre exemple sur sa capacité à se remettre
en question, c'est peut-être le principal cadeau qu'il n'a pu prendre avec lui
et qui nous appartient.
1)
Le 28 octobre à Silverspring dans le Maryland.
2)
Déclaration pour le magazine "Voices", service anglais de RFI, 1998, émission
sélectionnée au "Peace and human security media festival" ; New York, septembre
2002.
3)
Plutonium.
4)
Ted explique que l'une des raisons pour lesquelles les essais sont devenus souterrains,
c'était aussi pour que nul ne puisse les voir…
5)
Décembre 1959 : les États-Unis ont l'intention de faire exploser une bombe atomique
sur la Lune pour démontrer leur puissance militaire, au plus fort de la guerre
froide ; il s'agit du projet A119 dont le contenu a été révélé en mai 2000 par
le scientifique Reiffel.
6)
cf. Roert Jungk, "L'Etat Atomique", éd Robert Laffont, collection Réponses Ecologie,
Paris 1979, p. 186.
7)
Le "bulletin of Atomic scientists" a donné les chiffres.
8)
Lire à ce propos le fabuleux ouvrage de Franco Fornari "psychanalyse de la situation
atomique" interdit en France pendant plusieurs années, finalement publié aux éditions
Gallimard en 1969.
9)
Notre dernière rencontre à Genève lors d'un meeting durant la conférence du désarmement
sur le TNP.
10)
Three Mile Island, le 28 mars 1979.
11)
Une info qui n'a été reconnue en France qu'à partir de 1995.
12
) Sous le titre " Nuclear Theft : Risks and Safeguards " , texte inédit pour ne
pas inspirer trop de gens puis autorisé en 1974.
Sites
de référence / pour en savoir plus :
le
projet Orion ou " les routes de l'espace par la puissance nucléaire " :
www.istp.gsfc.nasa.gov/stargaze/Fnucfly.htm
la
propulsion par bombes nucléaires :
http://www/supaearo.fr/formation/pir-la-2004/chapelle_vallier/Orion
sur
les lanceurs d'alerte :
www.sciencescitoyennes.org
