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| Après l'arrestation du porte-parole du réseau Sortir du Nucléaire, les JNE s'élèvent contre l'entrave à l'information des citoyens et publient le Document Confidentiel Défense émanant d'EDF et portant sur la résistance de l'EPR |
| La zone de Tchernobyl, bientôt transformée en réserve ? |
Production d'énergie :
L'Algérie opte pour le nucléaire à des fins pacifiques |
TCHERNOBYL, VINGT ANS PLUS TARD :
- Santé des enfants
- La santé des adultes
- La santé des liquidateurs
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Combien de morts ?
- Qu'est devenue la ville de Pripiat ?
- Végétation
- La vie naturelle
- Sarcophage
- Elections
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| Coordination nationale des collectifs contre l'Enfouissement des déchets radioactifs, Réseau Sortir du Nucléaire, Greenpeace, Agir pour l'Environnement, les Amis de la Terre, Confédération Paysanne |
| Stages de formation en Mai 2006 sur la radioactivité organisés par la CRIIRAD |
Avec la décision de l'AIEA, la perspective d'un règlement pacifique de L'affaire Iranienne s'éloigne. [09 février 2006] |
| Stages de formation en radioactivité organisés par la CRIIRAD [30 déc 2005] |
Historique : La Cour de Cassation confirme qu'Areva stocke illégalement des déchets nucléaires étrangers [07 déc 2005] |
| AIEA : un Prix Nobel de la Paix indécent [13 octobre 2005] |
Les avancées obtenues sur le secret défense ramènent [07 octobre 2005] |
Déchets radioactifs - Réseau "Sortir du nucléaire"
NON au Débat public officiel, OUI au Débat AVEC le public [16 sept 2005] |
| Tchernobyl : il
a découvert la vérité, ils l'ont emprisonné [30 août
2005] |
| L'uranium du Niger
: où est le problème ? [30 juin 2005] |
| Coups de théâtre
sur le front du nucléaire [29 juin 2005] |
| Gestion des déchets
nucléaires, une question posée au Sénat par Marie-Christine
Blandin (Les Verts) [22 avril 2005] |
| Il y a 19 ans,
Tchernobyl ; par le Réseau Sortir du Nucléaire |
| La Cogema condamnée
par la Cour d'appel de Caen pour stockage illégal de déchets
nucléaires |
| TCHERNOBYL Plainte
contre X [28 mars 2005] |
| Lettre
aux parlementaires |
| Champagne
un écrin contaminé |
| Hommage
à Ted Taylor |

Appel à la publication du document confidentiel sur l'EPR à l'initiative du Réseau Sortir du Nucléaire et de Greenpeace France.
Contre la censure :
publions le document Confidentiel Defense sur l'EPR
(3 Mo)


Par Claude-Marie Vadrot
Dans un petit bois, tout prés de la route, à deux kilomètres du sarcophage, au pied d'un tumulus où furent enfouies des isbas irradiées, deux élans broutent tranquillement les lichens d'un bouleau. Huit jours plus tôt, les mêmes ou d'autres car ils sont de plus en plus nombreux, déambulaient dans les rues désertes de Pripiat, la ville abandonnée pour des siècles par les hommes. A quelques centaines de mètres, dans la zone de la « forêt rousse », la forêt brûlée par les radiations, sur la neige de mars qui commence à fondre, des traces de loups toutes fraîches. De toute évidence canis lupus n'est pas loin, tranquille comme baptiste dans cet univers que les hommes ne traversent que rapidement. Sans remarquer que sur les emplacements des jardins effacés en même temps que les hameaux rasés, des pommiers sauvages ont pris le relais. Sur les plus hauts immeubles dont le silence n'est troublé que par des torrents d'eau qui dévalent des toits, des aigles royaux ont installé leurs aires. Sentinelles pour l'éternité que nul ne vient troubler. Quand des animaux se manifestent dans cet univers minéral figé, l'angoisse devant cette « Pompéi » des temps modernes est encore plus forte.
Serguei Tarasuk, président du Centre écologique ukrainien commente : « Après l'explosion de mort, c'est l'explosion de la vie, les hommes sont partis, la nature, toute la nature les a remplacés. Le paradoxe est aussi cruel que fantastique ». Sergueï sait de quoi il parle : il est docteur en zoologie, il a fait partie des liquidateurs et a travaillé plusieurs années dans la zone interdite pour inventorier les dégâts, faire un bilan permanent de la nature « qui cicatrise plus vite que les hommes ; ils sont partis et les animaux ont résisté ou sont revenus. Il ne faut ni se réjouir ni le regretter, c'est comme ça ». Marchant dans la neige, Volodymir, naturaliste cherche et trouve les traces de chats sauvages et montre au loin les chevaux de Przéwalski, des chevaux sauvages en voie de disparition, que les autorités ont réintroduits dans la zone interdite en 1999 : « Nous en avons quatre-vingt en trois troupeaux, en broutant les anciens espaces cultivés, ils vont empêcher la forêt de gagner toute la zone. Regardez-les ils sont en pleine santé ». Nous sommes entrés discrètement par une petite piste non surveillée dans le périmètre radioactif : « Malheureusement, explique Volodymir, les braconniers la connaissent aussi. Mais les militaires les tiennent à l'œil, ils ne font pas trop de dégâts. De toute façon, un jour ou l'autre les animaux seront trop nombreux ici. » Il énumère : « nous avons installé un troupeau de bisons européens venus de Pologne, il y a des cerfs, des chevreuils, trop de renards, des lynx et j'ai trouvé récemment des griffures d'ours bruns sur des arbres. Je connais cette région depuis une trentaine d'années et je n'ai jamais vu autant d'oiseaux. Il y a des rapaces, des vautours et les migrateurs sont de plus en plus nombreux à s'arrêter ici, personne ne les embête. Rien que pour les mammifères j'ai compté une quinzaine d'espèces qui avaient déserté la région. Je crois qu'un jour ils vont en faire une réserve de ce désert humain, ce serait une bonne idée. »
Le docteur Iaroslav Movchan, directeur de la protection de la nature au ministère de l'environnement confirme « C'est bien notre projet. Nous voulons faire de ces 100 000 hectares interdits aux hommes une réserve de la biosphère placée sous la protection de l'UNESCO. Nous continuerons à y interdire la chasse et nous ferons tout pour éviter l'organisation de « safaris Tchernobyl » romantiques. Je viens de faire un long séjour là-bas, il y a des traces partout, de ma vie je n'ai jamais vu un territoire à la biodiversité aussi riche. Les animaux ont une vie normale, ils ne sont plus dérangés. Le plus difficile sera de reprendre le contrôle de cette zone au ministère des Situations d'Urgence qui l'administre depuis 20 ans. Mais nous avons déjà d'excellents contacts avec les responsables de l'UNESCO, nous allons prendre une revanche naturelle sur un grand malheur qui n'avait rien de naturel. Nous sommes en train de travailler à la définition de zonages pour montrer la faune dans les espaces les plus passionnants et les moins contaminés. D'ailleurs, les Biélorusses, de l'autre côté de la frontière, ils ont déjà créé une réserve. » Autre confirmation, celle de Pavlo Ihnatenko, le ministre de l'environnement : « Nous sommes dans une situation unique dans l'histoire de l'humanité, donc nous ferons une réserve spéciale adaptée à cet événement exceptionnel, nous avons d'ailleurs commencé puisque presque la moitié de ce territoire bénéficie d'un statut particulier qui n'est plus seulement celui d'une zone interdite. Nous sommes au début d'une étonnante et paradoxale aventure ».
Dans la forêt, complétant les explications de Iaroslav Movchan, Volodymir qui a été rejoint par Guennadi, un vieux forestier, explique pourquoi les animaux ne sont pas malades : « d'abord les animaux vivent bien moins longtemps que nous, ils n'ont pas le temps d'avoir des cancers et ensuite je crois qu'ils sentent la radioactivité ». Les deux compères amoureux de ce qu'ils appellent déjà « notre réserve » ont observé que la plupart des animaux, les herbivores comme les carnivores ne s'attardent jamais dans les espaces très contaminés. Disposant d'une carte où figurent les « taches » de forte radioactivité, munis en permanence d'un compteur, ils assurent qu'ils ne rencontrent pratiquement jamais d'animaux « dans les zones qui crachent ». Pas d'explication logique ou rationnelle à cette réalité : peu de traces au dessus d'un long terrain qui a été retourné pour enfouir des déchets et des troncs brûlés par l'explosion, alors qu'un champ voisin ou repoussent déjà quelques arbustes est manifestement très fréquenté. Image fugace : un lièvre passe en lisière poursuivi par un lynx : « hein, s'exclament les deux guides, tu as déjà vu ça chez toi ? »
Question malformations, pour l'instant, rien n'a été constaté, sauf chez les grenouilles et les crapauds. Mais les études continuent. Au retour, la centrale condamnée se profilant à l'horizon, nous traversons longuement à pied une zone ou la plupart des jeunes pins présentent des aiguilles jaunies alors que les plus vieux, d'une quinzaine d'années présentent parfois deux ou trois troncs au lieu d'un. Aucun doute, eux, la radioactivité poursuit ses effets et le dosimètre grimpe brusquement dans cet espace que ne fréquente aucun oiseau.
A lire également l'édito de Claude Marie Vadrot sur Tchernobyl 20 ans après 


Par M'hamed Rebah
La volonté du gouvernement algérien d'aller vers une plus grande utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, en premier lieu la production d'énergie, ne fait pas de doute. Une loi sur le nucléaire est en préparation dans ce sens. En février dernier, des experts de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), dont l'Algérie est membre depuis 1963, ont participé à une conférence organisée conjointement par deux ministères, chargés respectivement de la Recherche scientifique et de l'Energie, autour des thèmes sensibles de la sécurité et la sûreté des installations nucléaires et la protection des personnes et de l'environnement face aux risques liés à cette activité. Plus récemment, en mars, une délégation américaine de l'Administration de la sécurité nucléaire (NNSA) a séjourné à Alger et a été reçue par le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil. Objet de cette visite : la coopération dans le domaine de la formation dans le domaine de la sécurité des activités nucléaires à des fins pacifiques. L'APS, qui avait rapporté l'information, a fait également état de l'examen par les deux parties des possibilités de création de laboratoires jumelés.
Depuis de longues années, l'Algérie a beaucoup investi dans le nucléaire. L'ambition des dirigeants algériens de doter le pays d'un parc de centrales nucléaires, remonte aux années 1970. Il était alors question de construire plusieurs centrales de 600 à 900 MW qui devaient assurer l'alimentation en énergie électrique et se substituer au gaz et au pétrole plus facilement exportables. Un effort considérable dans la formation du potentiel scientifique et technique a été déployé avec l'assistance de l'AIEA qui a financé, dans les années 1980, l'acquisition d'équipements et la formation de plusieurs centaines de chercheurs et techniciens dans ce domaine. Cette coopération s'est développée encore plus après la création en 1982 du Haut commissariat aux énergies nouvelles. Aujourd'hui, l'Algérie compte seulement deux réacteurs, l'un à Draria, près d'Alger, et l'autre à Ain Oussera, plus au sud, d'une capacité de 1 mégawatt (MW) pour le premier, appelé Nur, et de 15 MW pour le second, Es Salem. Deux accords de garantie ont été signés avec l'AIEA pour ces réacteurs, deux conventions sur la notification d'accident et sur l'assistance technique en cas d'accident et une convention sur la sûreté nucléaire.
Le traité de non prolifération nucléaire, adopté en juillet 1968, a été signé par l'Algérie en janvier 1995 et ratifié le 30 mars 1996. En décembre de la même année, a été créé le Commissariat pour l'énergie atomique (Comena), principal instrument de la stratégie algérienne dans le domaine de l'énergie nucléaire. Une de ses missions est de promouvoir l'utilisation de cette énergie dans les secteurs de l'agriculture, l'hydraulique, l'industrie, la santé, l'aménagement du territoire ou les travaux publics. Le Comena a également pour mission d'assurer les conditions de stockage des déchets radioactifs et de veiller à leur gestion et contrôle. Depuis 2005, un décret fixe le cadre réglementaire de la gestion de ces déchets.
Le Comena envisage l'emploi de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité et ses responsables souhaitent utiliser l'énergie nucléaire dans le vaste programme de production d'eau dessalée lancée par Algerian Energy Company (AEC) sur le littoral algérien.
Le problème, dans l'activité nucléaire, c'est le risque d'accident. Les accidents touchant des installations nucléaires dans le monde ont montré que l'erreur humaine, toujours possible et imprévisible, peut dérégler les meilleurs systèmes de sécurité.


Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, un an après l'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, à 1 h 23 minutes du matin, à la suite d'un test de sécurité commencé à 14 h, le réacteur numéro quatre de la centrale s'est emballé et a explosé quelques minutes plus tard en dépit du déclenchement de la procédure d'urgence. Tous les témoignages concordent pour évoquer deux explosions dont l'une dans la salle des turbines électriques. Le mystère de ces deux explosions pratiquement simultanées, sans que l'on sache quelle fut la première, n'a jamais été éclairci. Mais la suite de l'accident se transformant en quelques secondes en catastrophe est connue ; même si, vingt ans plus tard, les spécialistes, les nucléocrates, les politiques, les écologistes, les médecins et les apparatchiks de l'Est comme de l'Ouest, se querellent encore sur le bilan de l'accident, qu'il s'agisse des conséquences déjà visibles et plus ou moins mesurables et des conséquences à venir. Malgré les réticences, encore exprimées aujourd'hui, des Ukrainiens, les réacteurs un, deux et trois de Tchernobyl ont été progressivement arrêtés. Ainsi que les travaux de construction, déjà très avancés, des tranches cinq et six.
Comme en 1987, comme en 1996, les journalistes des JNE se sont rendu sur place, de Kiev à la zone de 1000 kilomètres carrés toujours interdite au public en passant par le sarcophage pour faire le point. Voici quelques-unes des informations qu'ils ont pu recouper ou vérifier en Ukraine ; la Biélorussie victime d'une régime dictatorial (accepté, que cela nous plaise ou non, par une majorité de la population) ne se prêtant pas actuellement à une investigation sérieuse et la Russie n'étant guère mieux lotie dans le domaine de la transparence. Le sud de la Biélorussie, au nord de Tchernobyl, comme la région de Briansk (à l'est de Tchernobyl) ont été gravement touchés par le nuage radioactif.
Le lecteur trouvera ci-dessous, thème par thème, les informations et les impressions que nous avons pu collecter, ensemble qui sera enrichi au fur et à mesure que nous en recevrons d'autres jusqu'à la fin du mois d'avril.
Claude-Marie Vadrot - voir l'édito de Claude-Marie Vadrot à ce sujet 
Santé
Malgré les rumeurs persistantes et bien que Paris Match vienne de publier (sans commentaire vraiment explicite…) la photographie d'un enfant hydrocéphale dans les bras de sa mère, photo prise au début de cette année en Biélorussie, il n'existe aucune preuve, c'est-à-dire également aucune statistique, indiquant, en Biélorussie comme en Ukraine et en Russie, que le taux des malformations à la naissance soit supérieur au reste de l'Europe. Pas de malformations ni de mutations en quantités anormales non plus pour ce qui concerne les mammifères sauvages et les mammifères d'élevage.
Santé des enfants
L'augmentation, tout à fait anormale, des cancers de la thyroïde touchant les enfants se poursuit d'une façon qui parait inexorable dans les trois pays touchés par le nuage radioactif. Pour ce qui concerne l'Ukraine, seul pays pour lequel les chiffres sont à peu près fiables, il y a eu 237 cas officiellement répertoriés en 1986. Le chiffre est de 1270 cas nouvellement déclarés pour 2004. Entre 1991 (indépendance de l'Ukraine) et 2004, la progression du nombre de ces cancers touchant les enfants a été de 5400. Pour les prochaines années, pour les trois pays concernés, les prévisions du Centre de recherche en médecine radiologique créé à Kiev en 1986, sont de plusieurs milliers (4000 à 8000). Le pronostic de ce type de cancer, quand il est soigné à temps, n'est pas forcément fatal mais les soins et/ou les opérations sont très souvent invalidantes pour la vie entière des enfants concernés. D'autre part, dans les trois pays, les médecins constatent des asthénies et des retards de croissance inexplicables. Notamment en Biélorussie, il est patent que la population du sud du pays et un certain nombre d'enfants, consomment des aliments contaminés. Il n'est vraiment pas certain que la méthode biélorusse qui consiste à mélanger le lait des zones contaminées avec du lait « sain » importé du reste du pays soit la meilleure façon d'entretenir la santé des gens vivant dans les secteurs touchés par la radioactivité. Autre aspect : malgré les avertissements des autorités, les gens consomment toujours des champignons ramassés dans les zones infectées, les champignons étant (avec la salade) connus pour pomper un maximum de radioactivité.
La santé des adultes
Les médecins, ceux du centre spécialisé et les autres notent des progressions importantes pour les cancers (prioritairement des poumons), des leucémies (+ 10 à 12 %), des affections cardio-vasculaires, des dépressions nerveuses et des suicides. Il n'existe pas de statistiques précises car la « déclaration » de ces maladies n'est pas obligatoire. Et surtout il n'est pas conseillé aux médecins et aux centres de soins de lier ces affections (notamment les cancers, les leucémies et les problèmes cardio-vasculaires) à la pollution radioactive de l'accident et de ses suites. Car établir ce lien revient à donner aux victimes un statut « d'invalide de Tchernobyl» qui entraîne le versement d'une pension plus ou moins importante. Malgré les imperfections manifestes du suivi épidémiologique, toutes les statistiques globales montrent une hausse des cancers dans les zones touchées (ou dans leurs populations évacuées) par rapport à la moyenne nationale de l'Ukraine. Au fur et à mesure que le temps passe, les chercheurs s'intéressent également à la progression des cancers de l'estomac, du côlon et des ovaires, notamment pour les gens qui ont subi des expositions plus faibles.
La santé des liquidateurs
Les liquidateurs sont les hommes et les femmes qui ont participé à la lutte contre l'incendie ayant suivi l'explosion et à l'ensevelissement du réacteur en fusion avec du sable, du plomb et autres produits. Mais ce sont aussi ceux qui ont participé au nettoyage de la zone (ils ne pouvaient rester qu'une minute) puis ceux qui ont construit le sarcophage. Et plus généralement tous ceux qui ont travaillé dans la zone interdite en 1986 et 1987. D'après le ministère des Situations d'Urgence (qui gère la zone interdite), il y aurait entre 260 000 et 308 000 liquidateurs ukrainiens. Sur ce total (qui varie d'un interlocuteur à l'autre), 65 000 personnes ont été reconnues « invalides », c'est-à-dire plus ou moins malades et recevant une pension d'invalidité. Nul n'est capable en Ukraine de dire combien de ces malades verront leur existence écourtée prématurément par la maladie.
Pour ce qui concerne le nombre des liquidateurs venus à l'époque de toute l'Union soviétique, les chiffres sont encore plus imprécis. Pour plusieurs raisons :
Il y avait des militaires, appelés ou professionnels, en nombre inconnu.
Les liquidateurs sont venus de toutes les républiques de l'Union soviétique, y compris les plus lointaines comme la Bouriatie ou le Tadjikistan.
L'éclatement de l'URSS en 1991 a compliqué la situation, chaque république travaillant (ou non) sur ses propres statistiques.
Personne n'avait vraiment intérêt à ce que le chiffre global soit connu, ne serait-ce que pour de sordides questions de pension ou d'indemnisation.
Les causes de la mort de ces liquidateurs repartis dans leurs républiques sans laisser de traces dans des fichiers, ne sont que rarement liées à leur présence à Tchernobyl pendant quelques semaines ou quelques mois.
De nombreux liquidateurs n'étaient ni vraiment informés ni conscients des dangers qu'ils couraient et ne font pas toujours un lien entre les affections dont ils sont victimes et le travail qu'ils ont fait par réel patriotisme. A ce sujet il faut fortement relativiser le caractère de « travail forcé » de leurs interventions tel qu'il a été souvent présenté en Europe occidentale. Car cela reviendrait à sous-estimer la « foi communiste » et/ou la foi patriotique qui ont souvent été celles des liquidateurs se portant volontaires et leur croyance que leur courage suffirait à leur éviter le pire. L'auteur de ces lignes a connu quatre liquidateurs, des ingénieurs de l'atome, persuadés qu'ils ne couraient pas vraiment de gros risques. Ils sont morts tous les quatre prématurément, le dernier en 1999.
Selon les sources auxquelles on s'adresse, selon les recoupements plus ou moins aléatoires
qui ont été faits par la suite, le nombre des liquidateurs varient de 700 000 à plus d'un million. Sans compter ceux qui travaillent encore dans la zone contaminée : entre 4000 et 6000, en comptant les militaires qui gardent la zone interdite et participent au fonctionnement de la ville de Tchernobyl.
Combien de morts ?
Au mois de septembre dernier, dans un communiqué présentant un volumineux rapport sur Tchernobyl, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) de Vienne, a évoqué le chiffre de 4000 morts décédés ou promis au décès pour cause d'irradiation. Un chiffre approuvé par certains médecins (les plus vieux, les plus anciens formés sous l'Union soviétique) du Centre de Médecine radiologique de Kiev alors que les plus jeunes médecins de ce centre le jugent largement sous-évalué. Pour ce qui est de l'IRSN (organisme ayant succédé à l'IPSN), la prudence est de mise. Cet organisme français qui travaille beaucoup dans la région, en liaison avec les Ukrainiens et avec les Allemands ne se prononce pas officiellement. Simplement ses scientifiques signalent que s'ils ont travaillé à la mise au point du rapport, ils ne sont en aucun cas solidaires (ni responsables) du communiqué rassurant publié par l'AIEA. Pour Greenpeace, très présent dans la région, le chiffre minimal sera de 9000 morts dans les habitants des zones évacuées et proches. Pour toute l'Europe, rien que pour les cancers l'excès de mortalité serait compris entre 30 000 et 60 000. Le chiffre le plus plausible, pour la population et les liquidateurs, se situe autour de 20 000 morts. Mais, d'une part, la vérité ne sera jamais connue puisque des centaines de milliers de liquidateurs sont inconnus et d'autre part, ce n'est pas faire injure à l'AIEA que de penser que cet organisme n'a pas vraiment intérêt à plomber le présent et l'avenir du nucléaire civil. Malgré leur désir de transparence et leurs efforts scientifiques indéniables, le même soupçon –globalement- peut en partie s'appliquer à l'IRSN. C'était du moins l'impression dominante des journalistes qui ont récemment visité avec eux la zone de Tchernobyl.
Qu'est devenue la ville de Pripiat
Cette ville de 50 000 habitants où vivaient les travailleurs de la centrale et leurs familles, est toujours déserte et contaminée. Elle le restera encore quelques milliers d'années. Les bâtiments officiels et les immeubles d'habitation sont toujours debout, mais les arbres envahissent peu à peu les rues. En pénétrant dans cette « Pompéi » du XX e siècle, on éprouve toujours le même sentiment d'angoisse. C'est dans ce silence tant de fois raconté et décrit que le nucléaire prend toute sa dimension tragique.
Pour ce qui concerne la ville de Tchernobyl, elle n'est plus fréquentée que par quelques personnes âgées, par les militaires et par le personnel travaillant dans et pour la centrale. Une ville qui comptait autrefois 15 000 habitants et qui est aujourd'hui une ville sans enfants. Les salariés alternent leur résidence entre cette ville et la ville nouvelle de Slavutish qui a été construite à 70 kilomètres, de l'autre côté du Dniepr. Une ville gagnée par le chômage à la suite de la fermeture des réacteurs un, deux et trois. Le maire de cette cité, tout comme le ministre des Situations d'Urgence regrette d'ailleurs que la communauté internationale ait obtenu la fermeture définitive de Tchernobyl.
Végétation
Les seules atteintes liées aux radiations concernent les pins poussés depuis l'accident : troncs se divisant en deux ou en trois alors que les pins de la région plantés antérieurement possèdent un tronc rectiligne. Les pins de quelques années, c'est-à-dire encore sous forme d'arbuste ou de buissons, portent une quantité évoluant entre 20 et 80, d'aiguilles totalement jaunes. Ceci est particulièrement net et fréquent dans la zone de la « forêt rousse », c'est-à-dire la forêt qui avait été brûlée par le nuage radioactif. Ces pins ont été coupés et enterrés sur place. A la place des forêts qui ont été en partie ou totalement dévastées, des arbres repoussent, ce qui entraîne l'existence de zones qui seront plus diversifiées du point de vue des essences, les pins laissant en partie la place à des bouleaux, des chênes, des tilleuls et différentes variétés de saules. Dans les espaces qui devaient être occupés par des jardins, on note la présence de pommiers et de pruniers sauvages en assez grand nombre.
La vie naturelle
Peu à peu, avec le retour des loups et des ours, le renforcement de la population de castors, de chats sauvages, de lynx et d'oiseaux, l'introduction de chevaux de Prézvalski et de bisons pour que la forêt ne gagne pas peu à peu toute la zone et donc pour que le milieu reste en partie ouvert, la zone interdite devient un fantastique espace naturel. Les naturalistes ukrainiens parlent d'une « explosion de vie, une fois les hommes partis ». Plus de chasseurs, plus d'agriculture, peu de braconniers, la vie sauvage a repris tous ses droits. Le ministère de l'environnement ukrainien envisage d'y instaurer, comme dans le sud de la Biélorussie, une réserve naturelle placée, à terme, sous la protection de l'UNESCO.
Sarcophage
Les trois caractéristiques du sarcophage qui recouvre le bâtiment du réacteur détruit :
Il fuit de plus en plus par un certain nombre de fissures que les techniciens s'épuisent à colmater.
On ne sait pas vraiment, malgré des caméras et de robots, ce qui se passe dans le cœur fondu du réacteur ni quelle est la quantité de matières dangereuses qu'il contient encore.
Ce sarcophage n'est pas solide, mais nul n'est capable de lui donner une espérance de vie : il peut aussi bien s'écrouler demain matin que dans une trentaine d'années.
Depuis des années, c'est-à-dire depuis 1992, il est question de construire un nouveau sarcophage de confinement pour régler définitivement la question des fuites et de la fragilité de l'enceinte de béton actuelle : avec concours international et étude de faisabilité financée par la Commission européenne. La lenteur a caractérisé la résolution de cette urgence. En 2004, un appel d'offres a été lancé pour « la conception, construction et mise en service d'une nouvelle enceinte de confinement ». Les entreprises françaises VINCI Construction Grand Projet et Bouygues Travaux publics ont constitué à 50/50 ce que l'on appelle une Joint Venture (NOVARKA) associée à quelques entreprises allemandes et ukrainiennes pour répondre à l'appel d'offre. NOVARKA fait partie de deux « finalistes » et les discussions actuelles (le gouvernement ukrainien étant théoriquement le décideur final) portent sur les questions financières, NOVARKA ayant soumis un projet de 505 118 812 dollars pour un ouvrage qui comportera notamment une charpente métallique de 20 000 tonnes (257 mètres de portée, 105 mètres de haut et 150 mètres de longueur couverte) et 23 000 mètres cubes de béton.
La décision, c'est-à-dire le choix entre les deux appels d'offre retenues, devait être prise pour le 20 eme anniversaire de l'accident mais des « difficultés » techniques (entendez d'âpres discussion sur le nombre de bénéficiaires du versement d'un certain nombre de pots de vins) ont retardé le choix des autorités techniques ukrainiennes.
Elections
La question de Tchernobyl a été pratiquement ignorée par tous les partis politiques pendant la campagne électorale qui a mené aux élections du 26 mars dernier.
Une exposition de Greenpeace (communiqué)
Tchernobyl, ce n'est pas seulement l'affaire de l'Ukraine. Nous sommes tous concernés. Car les erreurs du passé, entraînant des conséquences dramatiques pour l'homme et l'environnement, peuvent se répéter chez nous aussi. A l'occasion du 20 ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, Greenpeace organise une exposition qui circulera dans différents pays dont l'Ukraine et la Russie, mais aussi l'Italie, la Grèce, la Belgique et la France. Les photos exposées, prises en 2005 par le photographe Robert Knoth, donnent un visage au drame que vivent aujourd'hui encore les victimes.
En Belgique : du 22 avril au 2 mai, au café Fiennes à Bruxelles
En France : du 18 avril au 10 mai à la mairie du III ème arrondissement de Paris.
Pour en savoir plus : www.greenpeace.be et www.greenpeace.fr
Des livres sur Tchernobyl, 20 après
LES DEUX MEILLEURS :
Tchernobyl, retour sur un désastre (Galia Ackerman, Buchet-Chastel, 160 pages, 14 euros
Atomic Park (Tchernobyl mais aussi toute une enquête sur le nucléaire), (Jean-Philippe Desbordes, Actes Sud, 520 pages, 21 euros
LES AUTRES (pas mauvais non plus)
Les silences de Tchernobyl (Guillaume Grandazzi, Galia Ackerman, ed Autrement, 300 pages, 19 euros). C'est une ré-édition augmentée et corrigée.
Le crime de Tchernobyl (Wladimir Tcherkoff, Actes Sud, 700 PAGES, 24 euros)
Youri I. Bandazhevsky , journal de prison (la vie du chercheur biélorusse persécuté), Jean-Claude Gawsewitch.
Et toujours : La supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse de Svetlana Alexievitch (paru en 1996 chez Jean-Claude Lattés)
Sur l'action de l'IRSN :
Consulter le rapport « Conclusions de l'initiative Franco-Allemande (IFA) pour Tchernobyl »
Contact presse : Pascale Portes, tél. :01 58 35 70 33

Un événement exceptionnel
Tchernobyl, 20 ans après :
un "liquidateur" de Tchernobyl en tournée en France du 10 au 16 avril
Paris-Lyon-Marseille-Toulouse-Bordeaux-Cherbourg
Par le Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 720 associations
Les "liquidateurs" sont ces hommes, près d'un million au total, qui ont été emmenés à Tchernobyl (souvent de force) par le pouvoir soviétique, pour lutter contre l'incendie de la centrale puis pour tenter d'en limiter les conséquences en particulier en construisant autour du réacteur un "sarcophage".
Venez écouter le témoignage d'un “liquidateur” de Tchernobyl
A l'approche de la date marquant les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986), le Réseau "Sortir du nucléaire" organise du 10 au 16 avril une "tournée" en France avec Viatcheslav KITAEV, un "liquidateur" de Tchernobyl.
Viatcheslav KITAEV était ingénieur contrôleur pour le ministère de l'énergie atomique de l'URSS. Il a travaillé trois mois lors de la tragédie. Il est aujourd'hui juriste (il aide les liquidateurs à défendre leurs droits), et Président de l'organisation "Union Tchernobyl" de la région de Moscou.
Viatcheslav KITAEV sera accompagné de Carine CLEMENT, Directrice de l'Institut de l'action collective de Moscou (www.ikd.ru) et de Stéphane LHOMME (tel. 06 64 100 333), porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", qui présentera son livre " L'insécurité nucléaire : bientôt un Tchernobyl en France ? ".
Programme complet cliquez ici


Par Réseau Sortir du Nucléaire, Greenpeace, Agir pour l'Environnement, les Amis de la Terre, Confédération Paysanne
Projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires :
6 organisations nationales se mobilisent pour refuser l'enfouissement
Paris, le 22 mars 2006 – Alors que projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires est présenté ce matin en Conseil des Ministres, la Coordination nationale des collectifs contre l'Enfouissement des déchets radioactifs, le Réseau Sortir du Nucléaire, Greenpeace, Agir pour l'Environnement, les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne et lancent une campagne d'interpellation des parlementaires pour qu'ils refusent l'enfouissement.
Le projet de loi qui devrait être examiné par l'Assemblée Nationale le 6 avril prochain, est dénoncé par tous car dangereux pour l'environnement et les générations futures, et contraire au principe de précaution. Il donne notamment le feu vert à l'enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux. Depuis toujours, les populations tour à tour concernées et appuyées par leurs élus locaux, ainsi que les organisations écologistes refusent cette option. A travers une campagne nationale sous forme de carte-postale, les 6 organisations invitent le public à interpeller leur députés et sénateurs et à leur demander de « Ne pas empoissonner la Terre ».
Pour la Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs : « Ce projet de loi est un véritable passeport industriel pour l'enfouissement, au mépris de l'avis de la majorité de l'opinion publique. La faisabilité du stockage géologique à BURE, clamée abusivement par les pouvoirs publics, n'est pas acquise. Si le Parlement devait entériner ce projet en l'état, en fermant définitivement la voie de l'entreposage sur les sites de production, option qui permet de "les garder sous nos yeux", cela se ferait contre tout principe démocratique ». 50 000 habitants de Meuse et Haute-Marne attendent une réponse à leur demande de référendum local sur la question de BURE.
« Tout comme la loi OGM vise à rendre légale la pollution génétique, ce projet de loi sur les déchets nucléaires est la porte ouverte à une pollution radioactive durable de la Terre. C'est inacceptable » déclare Laurent Cartier de la Confédération Paysanne.
Pour les Amis de la Terre : « Enfouir les déchets radioactifs à 600 mètres sous terre n'est pas une gestion acceptable et conforme au développement durable ! C'est l'avenir des générations futures que l'on hypothèque ! »
Le projet de Loi comporte d'autres dispositions totalement inacceptables : « Ce texte confirme et légifère le statut de poubelle nucléaire internationale de la France », explique Frédéric Marillier, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France. Le projet de loi introduit en effet une définition d'exception du déchet nucléaire écartant de nombreuses matières radioactives et les responsabilités associées, et assouplit l'article de loi interdisant jusqu'alors le stockage des déchets étrangers.
Pour le Réseau "Sortir du nucléaire" : « Ce projet de loi est taillé sur mesure pour la filière électro-nucléaire qui, pour justifier la construction de nouveaux réacteurs comme l'EPR, a besoin de prétendre qu'une solution a été trouvée pour les déchets radioactifs. Or, il n'y a que de très mauvaises solutions... et l'enfouissement des déchets les plus dangereux est la pire de toutes. Par ailleurs, l'industrie nucléaire produit d'immenses quantités de déchets et résidus contaminés qui, bien qu'oubliés par la loi, mettent eux aussi en cause la santé publique. Il faut stopper au plus vite l'industrie nucléaire. »

Contacts presse :
- Greenpeace : Frédéric Marillier au
06 73 89 55 04
- Coordination Nationale : Corinne François au
06 86 74 85 11
- Réseau Sortir du Nucléaire : Isabelle Guillaume au
06 33 79 05 91
- Confédération Paysanne : Laurent Cartier au
06 70 10 18 53


Stage ouvert à tout public
Stage « UTILISATION D'UN COMPTEUR GEIGER » 
mercredi 17 Mai 2006
Stage de 4 heures (14h-18h)
Coût : 30 euros.
Programme : Comment effectuer les mesures et prendre en compte les fluctuations statistiques ? Comment contrôler le bon fonctionnement de l'appareil ? Champ d'application et limites de l'appareil. Savoir interpréter les résultats et repérer des situations anormales. Comprendre les notions d'activité, d'irradiation, de dose et d'équivalent de dose. Savoir évaluer les risques et s'en protéger.
Stage ouvert à tout public
Stage « RADIOACTIVITE ET RADIOPROTECTION » 
samedi 20 Mai 2006.
Stage d'une journée (9h-13h / 14h-18h)
Coût : 40 euros (repas non compris).
Programme : Matin – Notions de base sur la radioactivité : données historiques et scientifiques (physique nucléaire). La radioactivité naturelle : types de rayonnement, lois de désintégration…
La radioactivité artificielle : exemple de la fission nucléaire et de son application dans les centrales notamment. Comment mesure-t-on la radioactivité ? Explication avec manipulation de divers appareils.
Après-midi – Les effets sanitaires de la radioactivité, quels sont les modes d'exposition ? Quelle dangerosité ? Données officielles et données biologiques sur l'exposition à la radioactivité, illustration avec des exemples. Normes et réglementations en vigueur, en France et dans le monde.
Pour s'inscrire ou se renseigner :
CRIIRAD – Immeuble le Cime , 471 av. Victor Hugo, 26000 VALENCE
: 04 75 41 82 50 / Fax : 04 75 81 26 48
www.criirad.org –


Paris, le 6 février 2006 – La décision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de porter l'affaire iranienne devant le Conseil de sécurité des Nations unies risque de mener à une escalade des tensions dans toute la région, estime Greenpeace.
« Soumettre le cas iranien au Conseil de sécurité réduit encore les chances de rétablir la confiance entre les parties, contrairement aux intentions affichées par Mohamed El Baradeï, le directeur de l'AIEA », déclare William Peden, spécialiste des affaires nucléaires de Greenpeace, depuis le siège de l'AIEA, à Vienne.
« Il est particulièrement choquant de constater que la France a participé à l'élaboration d'une telle proposition , ajoute Xavier Renou, responsable de la campagne Désarmement nucléaire au bureau de Greenpeace à Paris. En relançant un vaste programme de réarmement nucléaire, la France est la première à encourager la course aux armements nucléaires. Elle montre le mauvais exemple en violant en toute impunité le traité de non prolifération. » Ceci est d'autant plus préoccupant que le président de la République a annoncé le 19 janvier que la France s'autoriserait désormais à faire usage de l'arme nucléaire contre des puissances régionales non dotées de l'arme nucléaire. « Dans ces conditions, pas étonnant que l'Iran se sente menacé et cherche éventuellement les moyens de sa défense, conclut Xavier Renou. Rien cependant ne justifie les provocations qu'adresse ce pays au reste du monde. » L'Iran vient d'ailleurs de décider de limiter les inspections et de ne plus répondre aux demandes d'informations au-delà de ce qui est exigé par les traités en vigueur. Un jeu dangereux, peu propice également à une solution de paix.
Seul l'établissement d'une zone interdite aux armes nucléaires au Moyen-Orient permettrait d'éliminer définitivement le risque de prolifération. Mais, pour rendre cette option possible, les grandes puissances nucléaires doivent commencer par garantir aux Etats de la région qu'elles n'attenteront pas à leur sécurité. « A défaut de prendre sérieusement en considération cette option, les crises de ce type risquent de se multiplier, comme le remarquait il y a quelques jours Kofi Annan , reprend William Peden. Il n'y aura pas de gagnants dans ce conflit.»
Plus fondamentalement, pour Greenpeace, la crise iranienne est le fruit de la contradiction majeure qui figure au cœur du traité de non-prolifération. Ce texte prétend contraindre les Etats signataires à renoncer à la bombe nucléaire et dans le même temps, il les encourage à se doter de technologies nucléaires civiles. Or même présentées comme civiles, les technologies nucléaires permettent toutes de concevoir des bombes.

Contacts :
William Peden, spécialiste des questions nucléaires Greenpeace International :
+31 653 504 731
Xavier Renou, chargé de la campagne Désarmement Greenpeace France :
+33 6 88 88 18 29
Adélaïde Colin, chargée de communication Greenpeace France :
+ 33 6 84 25 08 25

Stages de formation en radioactivité organisés par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité
Stages ouverts à tout public
Stage « Utilisation d'un compteur Geiger »
> mercredi 18 janvier ou samedi 21 janvier 2006.
Stage de 4 heures (14h-18h)
Coût : 30 euros.
Programme : Comment effectuer les mesures et prendre en compte les fluctuations statistiques ? Comment contrôler le bon fonctionnement de l'appareil ? Champ d'application et limites de l'appareil. Savoir interpréter les résultats et repérer des situations anormales. Comprendre les notions d'activité, d'irradiation, de dose et d'équivalent de dose. Savoir évaluer les risques et s'en protéger.
Stage « Radioactivité et radioprotection »
> samedi 4 février 2006.
Stage d'une journée (9h-13h / 14h-18h)
Coût : 40 euros (repas non compris).
Programme : Matin – Notions de base sur la radioactivité : données historiques et scientifiques (physique nucléaire). La radioactivité naturelle : types de rayonnement, lois de désintégration…
La radioactivité artificielle : exemple de la fission nucléaire et de son application dans les centrales notamment. Comment mesure-t-on la radioactivité ? Explication avec manipulation de divers appareils.
Après-midi – Les effets sanitaires de la radioactivité, quels sont les modes d'exposition ? Quelle dangerosité ? Données officielles et données biologiques sur l'exposition à la radioactivité, illustration avec des exemples. Normes et réglementations en vigueur, en France et dans le monde.

Pour s'inscrire ou se renseigner :
CRIIRAD – Immeuble le Cime , 471 av. Victor Hugo, 26000 VALENCE
: 04 75 41 82 50 / Fax : 04 75 81 26 48
www.criirad.org – 


Communiqué de presse -
Par Greenpeace
Paris, le 07 décembre 2005 – La Cour de Cassation a rejeté aujourd'hui le pourvoi en Cassation de Cogema/Areva contre une décision de la Cour d'Appel de Caen du 12 avril 2005 qui l'avait condamnée pour stockage illégal de déchets nucléaires en France.
Après 4 ans de procédure , la Cour de Cassation confirme qu'une matière nucléaire sans usage prévu est bien un déchet et rejette de fait la distinction artificielle entre « matière valorisable » et « déchet nucléaire » que Cogema/Areva voudrait imposer.
Greenpeace communiquera sur le détail de la décision et de sa portée dès qu'elle aura pu prendre connaissance en détail des termes de l'Arrêt et l'analyser avec ses avocats Me Alexandre Faro et Me Louis Boré.. Une conférence de presse est d'ores et déjà prévue demain à la brasserie le « Bir Hakem » 27 quai de Grenelle Paris 15 éme à 14H00.
Pour rappel, l'affaire des déchets nucléaires australiens a commencé en mars 2001. Le tribunal des référés de Cherbourg avait interdit à la Cogema de procéder au déchargement et/ou à l'entreposage des combustibles usés australiens suite à un recours de Greenpeace. Cette décision a été infirmée par la Cour d' appel le 3 avril 2001. Greenpeace alors saisi le juge du fond. Il s'ensuit une longue procédure semée d'obstacles (oppositions systématiques des Procureurs, intervention du Préfet de la Manche qui a soulevé l'incompétence du tribunal…).Finalement condamnée en appel le 12 avril dernier, Cogema s'était pourvue en Cassation et avait obtenu que cette affaire soit jugée en urgence. La décision d'aujourd'hui conclut victorieusement plus de 4 ans de procédures et fixe pour les bases d'un véritable contrôle sur les matières nucléaires stockées en France.

Contacts :
Yannick Rousselet . Chargé de campagne énergie.
06 85 80 65 59
Frédéric Marillier. Chargé de campagne énergie.
06 73 89 55 04
Grégory Gendre Chargé de communication
06 73 89 48 91
CF Historique de l'affaire sur
www.greenpeace.fr

TRIBUNE

Par Jean-Marie Brom (Directeur de recherche au CNRS) et Stéphane Lhomme (Chargé de communication), pour le Réseau "Sortir du nucléaire" (Fédération de 720 association).
Selon ses statuts, adoptés en 1957, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) "a pour but d'accélérer et d'élargir la contribution de l'énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité à travers le monde". L'AIEA est donc une instance qui agit pour la prolifération nucléaire, et non contre.
Chaque pays disposant aujourd'hui de l'arme nucléaire la doit au fait qu'il possède également un ou plusieurs réacteurs nucléaire dits "civils". Par ailleurs, les réacteurs nucléaires actuels (projet EPR compris) sont les héritiers directs des piles atomiques de Hanford (USA) dont la seule utilité était de produire le plutonium nécessaire à la bombe de 1945.
De fait, si les antinucléaires, et des pacifistes, protestent contre l'attribution du prix Nobel de la Paix à l'AIEA, ce n'est pas seulement parce que cette agence agit en faveur de l'industrie nucléaire dite "civile", mais parce qu'elle porte en réalité une grande part de responsabilité dans la prolifération nucléaire à des fins militaires.
La mission première de l'AIEA est hélas de promouvoir l'industrie nucléaire sur la planète, et son discours aux gouvernements d'un certain nombre de pays est celui-ci : " Nous allons vous aider à développer une industrie nucléaire, mais vous devez promettre de ne pas en profiter pour faire des bombes atomiques ".
Officiellement, seuls cinq pays - les USA, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France ˆ se sont arrogé le droit de posséder des armes nucléaires. Ce privilège est considéré comme inacceptable par beaucoup de pays d'autant que, c'est un secret de polichinelle, l'Inde, le Pakistan et Israël ont de leur propre initiative rejoint le "club de la bombe". Ce pourrait être bientôt, si ce n'est déjà fait, le cas de l'Iran, la Corée du Nord, et certainement d'autres pays comme le Brésil.
Et, lors de chaque essai nucléaire prouvant la possibilité de détourner à des fins militaires l'énergie nucléaire dite pacifique, c'est par son silence que le nouveau prix Nobel de la Paix a salué la démonstration... de son inefficacité.
De même, il a fallu des mois pour que, dans un Irak pourtant dévasté par la première guerre du Golfe et le blocus économique, les inspecteurs de l'AIEA puissent estimer que le dictateur Saddam Hussein n'était pas parvenu à mettre au point des armes nucléaires. On comprend alors que la vérité est pratiquement impossible à établir pour des pays en bien meilleur état que l'Irak.
M. El Baradei a certes pris position contre l'invasion de l'Irak par les USA, mais ce n'était en rien un engagement pacifiste : il s'agissait de promouvoir l'AIEA dans un contexte aussi rare que favorable puisqu'il lui suffisait... de ne rien trouver.
Il serait autrement plus probant, de la part de l'AIEA, de mettre à jour l'utilisation à des fins militaires du plutonium issu de centrales "civiles". Or, malgré de nombreuses inspections menées dans les pays à priori suspects, l'AIEA est toujours restée bredouille.
En prétendant indûment être en capacité d'empêcher la prolifération nucléaire à des fins militaires, l'AIEA abuse l'opinion publique et laisse l'humanité s'enfoncer vers l'irréparable. Et en aidant des pays à développer une industrie nucléaire, l'AIEA est un pompier pyromane qui aggrave le risque qu'elle est par ailleurs incapable de contrôler.
A celà, il faut ajouter que l'AIEA s'est souvent signalée en cachant la vérité sur le nucléaire et ses conséquences. Ce fut ainsi le cas le 5 septembre dernier avec la publication d'un scandaleux rapport qui minimise considérablement les conséquences réelles de la catastrophe de Tchernobyl.
D'ailleurs, en vertu d'un texte de 1959, hélas toujours en vigueur, l'AIEA interdit carrément à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de s'exprimer sans son accord sur les conséquences sanitaires du nucléaire, qu'il s'agisse d'Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, ou de tout autre affaire atomique.
On voit bien par là que l'AIEA, loin de participer au bonheur de l'humanité ou même de tendre vers une humanité pacifiée, a d'abord pour objectif de contribuer efficacement à la prospérité d'une industrie qui a commencé son règne sur les décombres et de Hiroshima et Nagasaki.
Le Prix Nobel de la Paix est censé récompenser une activité favorable à " la défense des droits de l'homme, la médiation dans les conflits internationaux, le contrôle des arsenaux et le désarmement " (déclaration de Comité norvégien du Prix Nobel). A travers l'activité passée et présente de l'AIEA, on pourra vainement chercher la justification de la présence de cette agence aux côtés de figures telles que Martin Luther King, Mère Thérésa ou René Cassin.
Il y a déjà eu, par le passé, des controverses quant à l'attribution du Prix Nobel de la Paix. Mais jamais ce prix n'avait été attribué à un organisme dont l'action ou les buts ne correspondent même pas aux critères d'attribution.
Le Comité Nobel avait pourtant la possibilité de récompenser des gens qui agissent réellement pour la Paix : à l'occasion du 60ème anniversaire d'Hiroshima et Nagasaki, des survivants de ces bombardements auraient fait de dignes lauréats. C'est aussi le cas des millions de citoyens qui ont manifesté de par le monde contre la guerre en Irak.
Jean-Marie Brom (Directeur de recherche au CNRS) et Stéphane Lhomme (Chargé de communication), pour le Réseau "Sortir du nucléaire"


les associations dans les débats publics
Paris, le 30 septembre 2005 - Après avoir suspendu leur participation suite à la censure du Haut Fonctionnaire de Défense et saisi Matignon, nos associations ont décidé, au vu des avancées obtenues, de reprendre part aux débats publics EPR et déchets nucléaires.
Le haut fonctionnaire de défense était intervenu dans la préparation du Débat public EPR pour rappeler l'existence du secret défense à propos des matières nucléaires et de leur utilisation. Concrètement cela s'est traduit par une censure directe de la contribution du Réseau Sortir du Nucléaire au cahier collectif d'acteurs faisant référence à un document confidentiel défense. Cette intervention avait alors amené les associations signataires à demander à Matignon que les débats pourraient se dérouler sans entrave.
En réaction, le Premier ministre a répondu en demandant la tenue d'une réunion entre les différentes parties et annonçant la publication d'un document définissant le cadre réglementaire et légal permettant de débattre librement.
Hier s'est tenue une réunion arbitrée par la CNDP (Commission Nationale du Débat Public), regroupant le Haut Fonctionnaire de Défense (auteur de l'arrêté secret défense des matières nucléaires), la Direction Générale Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection, EDF, et des représentants de nos ONG, visant à dégager des solutions susceptibles de permettre la tenue de débats contradictoires, sur des sujets fréquemment couverts par le secret défense, au cours des débats publics EPR et Déchets nucléaires menés ou prévus par la CNDP.
Trois exemples concrets ont servi de base à cette discussion : la résistance des installations nucléaires aux chutes d'avion, la qualité du plutonium et dérivés issus du retraitement et le transport des matières nucléaires.
Les ONG ont pu enregistrer plusieurs avancées, montrant une volonté de la CNDP de rendre possible de tels échanges.
La principale d'entre elles porte sur l'engagement de l'administration (DGSNR et Haut fonctionnaire de défense) de solliciter l'accord du Premier ministre pour la constitution d'un panel d'experts indépendants, autorisés à accéder aux informations nécessaires pour répondre aux questions posées, même si celle-ci sont à ce jour classifiées « secret défense ». Ces experts auraient alors mission de publier un avis argumenté, sans pour autant divulguer les informations précises dont ils auraient eu connaissance ; cet avis serait versé aux débats publics, pour permettre un débat entre les parties antagonistes sur la base d'éléments plus objectifs que les seuls propos des maîtres d'ouvrages.
Compte tenu de ce nouveau contexte, les ONG signataires annoncent qu'elles s'estiment en mesure de reprendre ou poursuivre leur participation au débat public CNDP sur les déchets nucléaires, ainsi qu'à la préparation du débat public EPR dont l'ouverture est prévue pour le mois d'octobre. Cette position sera toutefois réexaminée sur la base de la réponse du Premier ministre aux sollicitations de son administration, attendue dans un délai très rapide.

Pour en savoir plus :
Yannick Rousselet, Greenpeace France au
06 85 80 65 59
Jean-Stéphane Devisse, WWF France au
06 72 84 79 31

Manifestation nationale le 24 septembre
Le Réseau "Sortir du nucléaire" sera présent le jeudi 15 septembre 2005 à partir de 19h au Pont du Gard (Auditorium Pitot Route du Pont du Gard - Rive droite) devant la réunion du Débat public pour manifester son opposition à l'industrie nucléaire et donner au public une véritable information, en particulier sur la question des déchets nucléaires.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" ne participera pas au Débat public officiel sur les déchets radioactifs pour les raisons suivantes :
- les parlementaires et l'industrie nucléaire ont d'ores et déjà décidé, avant la tenue du débat public, de construire un nouveau réacteur nucléaire, l'EPR, qui produira lui-même de grandes quantités de déchets. Or, la position du Réseau "Sortir du nucléaire" est qu'il faut, avant tout, arrêter de produire des déchets radioactifs. Le "débat public" n'est-il pas rendu caduc par la décision préalable de construire l'EPR ?
- le Réseau "Sortir du nucléaire" conteste l'approche restrictive de la question des déchets nucléaires imposée par la saisine gouvernementale et la loi "Bataille" de 1991 : les déchets "de haute activité et à vie longue" posent certes un problème crucial, mais le nucléaire produit aussi des quantités incroyables de déchets et résidus radioactifs de tous ordres, dont la dissémination pose aussi un très grave problème pour la santé publique et pour l'environnement.
- Le Réseau "Sortir du nucléaire" a aussi tenu le plus grand compte de la position des collectifs Stop-Bure et la Coordination nationale contre l'enfouissement des déchets nucléaires, en première ligne sur la question des déchets, qui appellent à "ne pas cautionner un débat public tronqué et trompeur".
Cependant, attribuant la plus grande importance à la question des déchets radioactifs, le Réseau "Sortir du nucléaire" :
- édite un journal spécial "déchets radioactifs" de 12 pages, tiré à 250 000 exemplaires
- organise une Manifestation nationale le 24 septembre 2005 à Bar-le Duc, à proximité du site de Bure (Meuse), où est étudié l'enfouissement profond des déchets les plus radioactifs.
Il n'existe pour ces derniers que des mauvaises solutions, mais l'enfouissement est la pire de toute : il s'agit d'un véritable crime contre les générations futures. La seule chose sensée est, avant tout, d'arrêter de produire des déchets radioactifs, et donc d'arrêter au plus vite les réacteurs nucléaires.

Pierre PEGUIN :
04.66.85.03.35
Hervé GRIMAL :
06.15.13.76.35
Tous deux sont Porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire


CEDRA
Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs / Haute-Marne
BP 17 / 52101 SAINT-DIZIER Cedex / Tel-rep-fax : 03 25 04 91 41
/
site internet :
www.burestop.org
Au goulag dans son
pays, la Biélorussie, depuis cinq années, le Professeur Youri
Bandajevsky vient enfin de recouvrer la liberté. Sous conditions,
mais son obsession reste intacte : poursuivre ses travaux.
Etrangement
ignoré du grand public, le cas du Pr Bandajevsky n'est pourtant
pas banal. Son premier tort : être Biélorusse, pays le plus touché
par les retombées radioactives de Tchernobyl (70% des retombées
de l'explosion). Un quart du territoire, sur lequel "vivent" deux
millions de personnes, subit une contamination persistante depuis
la catastrophe.
Second
tort : sa profession. Médecin, il se retrouve à diriger l'Institut
de médecine de la ville de Gomel, en plein coeur de la zone contaminée.
Anatomopathologiste (spécialiste de l'examen des tissus et des
organes), et aidé par Galina son épouse pédiatre, le voici amené
à découvrir que les enfants présentent, entre autres, des maladies
cardiaques à des taux inattendus. Par de longues recherches, il
finit par établir un lien avec la radioactivité ambiante, présente
dans l'alimentation journalière.
Etouffer
une vérité dérangeante
Ainsi
donc il était démontré, et révélé pour la première fois, que les
doses de radioactivité dites "faibles" causent de multiples atteintes
à la santé, jusque là insoupçonnées. Voilà qui remettait en cause
de façon fondamentale le dogme selon lequel seules les fortes
doses pouvaient entraîner des pathologies, cancers ou leucémies.
Voilà aussi qui remettait en cause toute l'industrie nucléaire
qui, dans chacun de ses maillons, extraction d'uranium, centrales
électriques, sites de stockage de déchets, transports, etc, rejette
de la radioactivité même en fonctionnement "normal", délivrant
de ces doses dites "faibles" aux ouvriers et aux populations riveraines.
Le très puissant lobby nucléaire international tremblait, lui
qui, aujourd'hui encore, ne reconnaît que 30 morts et 2000 cancers
thyroïdens dans la catastrophe de Tchernobyl.
Etouffer
cette voix, rien de plus facile dans un pays qui voulait balayer
le passif de Tchernobyl (jusqu'à 20% du budget annuel fut consacré
à ce passif !) et qui se trouvait sous une véritable dictature
(son dirigeant, par exemple, est toujours interdit de séjour dans
l'Union européenne). C'est ainsi que, sous un prétexte fallacieux,
l'un des meilleurs experts mondiaux se vit condamner en été 2001
à huit années de réclusion. Malgré le parrainage de nombreuses
villes pour sa libération, les demandes répétées de la communauté
scientifique internationale, les campagnes d'Amnesty International
(relayées localement par le Cedra), les années de détention s'enchaînèrent,
des années terribles, tant en pressions psychologiques qu'en dégradations
physiques.
Participer
à la vérité
Aujourd'hui
le Pr Bandajevsky est libre, certes sous conditions (contrôle
judiciaire pendant six mois, interdiction de sortie du territoire,
interdiction d'exercer un poste à responsabilité pendant cinq
ans, forte amende) mais parmi ceux qui l'ont activement soutenu
durant ces dernières années figure en bonne place la Criirad (Commission
de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité).
Or
la Criirad, laboratoire associatif et atypique crée en 1986 en
réaction au mensonge de Tchernobyl, se propose de mettre sur pied
en Biélorussie un laboratoire de recherche biomédicale qui sera
dirigé par l'épouse du Professeur et dans lequel il travaillera.
Si la somme nécessaire avoisine les 150 000 euros, une première
campagne ces dernières semaines vers les particuliers et les associations
a déjà permis de recueillir 70 000 euros. Appel est donc lancé
à nouveau pour inviter chacun à verser un don d'un minimum de
50 euros (60% étant déductibles des impôts, la Criirad étant de
type associatif