
Farid Benhammou (géographe, doctorant en sciences de l'Environnement (ENGREF) nous informe qu'il va présenter sa thèse : Crier au loup pour avoir la peau de l'ours : une géopolitique locale de l'environnement à travers la gestion et la conservation des grands prédateurs en France le jeudi 22 novembre à 8h30 dans le grand amphi du CIRED (Centre international de recherche sur l'environnement et le développement) – à Nogent sur Marne. Vous trouverez ci-dessous la liste des membres du jury ainsi qu'un résumé.
Thèse sous la direction de Laurent MERMET et Pierre GRENAND
Membres du jury : M. Yves LACOSTE, Professeur émérite, Géographie, Institut Français de Géopolitique, Paris 8. M. Paul ARNOULD, Professeur, Géographie, ENS-Lettres Sciences Humaines, Lyon. M. Pierre PECH, Professeur, Géographie, Paris 1 – Panthéon – Sorbonne. M. Jean-Pierre RAFFIN, Professeur, Ecologie, Paris 7, ancien expert à l' UICN Bear group
M. Pierre GRENAND, Professeur, Anthropologie, IRD - Orléans
M. Laurent MERMET, Professeur, Sciences de gestion, ENGREF – Paris.
Résumé. Les dossiers de l'ours et du loup en France sont donc des cas d'école pour les stratégies d'opposition ou de promotion de conservation de la nature. Cette question est représentative des relations tendues entre le secteur environnemental et le secteur agricole. Ensuite, le conflit autour de ces animaux permet à des entités ou personnalités politiques (Institution patrimoniale, organisations agricoles, élus) de capter des fonds, d'accroître leur rayonnement territorial et/ou de renforcer un pouvoir. L'ours et le loup sont des boucs émissaires et des révélateurs d'une crise-mutation du monde agricole qui arrive à la fin d'un cycle de bouleversements mal vécus (PAC, changements des usages territoriaux, exode rural, évolution paysagère). Les difficultés concrètes posées par les grands prédateurs, symboles forts de nature, entraînent une réaction anti-environnementale qui s'attache à exagérer les problèmes réels causés par ces espèces. Pourtant, les tentatives des opposants à l'ours et au loup d'inscrire la conservation de la nature dans un « anti-humanisme » s'avèrent caduques. Au contraire, les acteurs d'environnement favorables à ces animaux encouragent une réflexion visant à repenser et renforcer la place de l'homme pour améliorer la cohabitation avec l'ours et le loup. Enfin, la formulation géo-environnementale, géopolitique et stratégique de notre sujet nous porte à croire qu'une telle analyse peut contribuer à un enrichissement disciplinaire de la géographie.
CIRED, Campus du Jardin Tropical,
45 bis, av. de la Belle Gabriell
94736 Nogent sur Marne CEDEX.
Tél. +33 1 43 94 73 73

Extraits d'un texte de Roger Mathieu, médecin et naturaliste, à propos du livre Histoire du méchant loup (Jean-Marc Moriceau, Fayard), qui semble plus relever de la compilation laborieuse que d'une véritable enquête. Le texte intégral de Roger Mathieu est visible sur le forum de discussion de loup.org
Je ne reviendrai pas sur le cas des loups enragés qui ont bel et bien existé, mordu et tué des humains. Je ne mets pas en doute le fait que certains loups aient eu un comportement aberrant de prédation sur des humains. Le tabou du « gentil petit loup » est tombé, soit. J'en suis moi-même heureux, comme nombre de naturalistes, défenseurs des grands prédateurs, qui savent que tous les êtres qui vivent sur cette terre, même les plus petits (pensez aux mouches, moustiques, bactéries… virus) peuvent représenter un danger pour notre vie.
Je reconnais que Moriceau a fait un travail de compilation sérieux, et que ses travaux sont documentés. Je reconnais que Moriceau a été prudent en relativisant la prédation du loup comparée à la mortalité liée aux guerres, aux famines et aux maladies. Mais où est l'analyse ?
Où sont les autres hypothèses ? En tout cas, une hypothèse de taille manque à l'appel.
Rien ne permet de penser que les psychopathes, pédophiles ou autres pervers étaient moins nombreux autrefois qu'aujourd'hui. Quel était le risque pour un psychopathe vivant dans nos campagnes au XVIIIe siècle de violer et tuer un enfant ou une femme rencontrés sur un chemin ? Soit il camouflait son meurtre en attaque de loup, soit il cachait sa victime qui était découverte par un chien ou un loup et dévorée. Quoi de plus facile alors d'accuser le loup (récemment, un berger saoul tombé dans un ravin a bien tenté d'accuser le canidé…) et de permettre aux curés de consigner ces « faits » dans les registres paroissiaux. Pourquoi cette hypothèse n'a-t-elle pas été sérieusement discutée ? Rien ne permet en tout cas de la balayer. Pour Moriceau, il suffit que ceci soit consigné dans un registre paroissial avec quelques témoins à l'appui… Un peu court, non ? Imaginez un Landru vivant au XVIIème siècle dans la lande de l'arrière pays Bigouden, sûr que le loup aurait avantageusement remplacé la cuisinière. Monsieur le curé aurait consigné soigneusement, les faits dans son registre et 300 années plus tard, un professeur de l'Université de Caen aurait ainsi eu « la preuve » qu'une vingtaine de pauvres femmes ont été tuées et dévorées par le loup.
Une seule chose est certaine : à aucun moment, Moriceau n'apporte la preuve, dans son livre, que des loups non enragés ont attaqué et tué des Hommes vivants et sains. C'est pourtant bien là le nœud du problème. Fallait-il écrire un livre de plusieurs centaines de pages pour écrire –ce que personne ne nie- que des loups enragés ont tué des hommes ou que des loups ont dévoré des cadavres humains ?
Voilà, je suis un modeste médecin qui s'est intéressé aux psychopathies (une multitude de cas concrets concernant essentiellement les enfants et les adolescents) et aux infanticides (en particulier à travers le Syndrome de Münchhausen par procuration). Quel est le nombre de victimes recensées de ces psychopathes en France au cours du dernier demi-siècle ? 200 ? 400 ? 600 ? Très souvent des enfants et des femmes (Comme au temps de loups…) :
c'est probablement l'ordre d'idée. Combien seraient-elles, ces victimes, sans le travail de la police, les moyens modernes de recoupement des données, les tests scientifiques, la presse qui informe et suscite des témoignages ; l'efficacité des soins psychiatriques ? 5 fois plus, 10 fois ; un peu plus. Allez, disons entre 500 et 1000 victimes humaines recensées avec viol suivi d'assassinat de femmes ou d'enfants depuis 1950. 500 ou 1000 victimes que le loup n'aura pas tuées et dévorées ; et pour cause : il n'y avait plus de loups jusqu'au début des années 90. Une chance pour le loup !
Moriceau enregistre 3 000 attaques du loup sur l'homme (plus que quelques centaines après avoir utilisé quelques filtres de « bons sens »), entre le XVème et le XXème siècle. Combien de ces faits attribués aux loups pourraient être le fait de psychopathes ? Impossible évidemment de le dire. Un travail réellement scientifique aurait au moins pu évoquer l'hypothèse.
En se basant sur les faits, eux, indéniables, rapportés par les annales des tribunaux français depuis une cinquantaine d'années, on pourrait parier qu'entre l'hypothèse « agression d'origine humaine » et « agression par le loup », la première puisse largement dominer. Mais voilà, le tabou est beaucoup trop fort.

D'après une dépêche AFP du 31 janvier 2007 « la réintroduction de loups en Ecosse, dont la dernière présence remonte à deux cents ans, serait bénéfique à l'environnement mais aussi en termes économiques. »
Cette conclusion est le résultat d'une étude publiée par la Royal Society, l'académie des sciences britannique. La vénérable académie affirme que « la présence de loups permettrait de maîtriser la population de cerfs, qui doivent être actuellement abattus en raison des dégâts qu'ils infligent à l'environnement. »
Contrairement à ce qui se passe en France, elle « affirme que les fermiers --qui dans les Highlands sont subventionnés pour l'élevage de moutons et pourraient être dédommagés pour les pertes subies-- ne sont pas particulièrement préoccupés par l'éventuelle réintroduction du loup » et que « le public en général est favorable à la réintroduction du loup en Ecosse ».
Deux loups viennent d'être abattus sur le massif de Belledonne dans le cadre du protocole de tir ministériel et dans des conditions que FNE juge absolument scandaleuses.
Ces loups ont été tirés suite à des attaques occasionnant la perte de 21 brebis sur un gros troupeau (3500 brebis) transhumant sur ce massif.
Dès le 4 septembre, FNE a déféré l'arrêté préfectoral autorisant le tir devant le tribunal administratif car ce troupeau était insuffisamment protégé et n'entrait pas dans le cadre théorique du protocole qui ne permet un tir que lorsque les moyens de prévention ont réellement été mis en place. En l'occurrence, seuls deux chiens patous (qui représentent, avec la présence humaine, la clef de voûte de la prévention) assuraient la protection de cet énorme troupeau qui, de plus, était divisé en trois lots de pâturage.
Matériellement, il est clair que deux chiens sont dans l'incapacité d'assurer la protection de trois troupeaux distincts de 1500 brebis chacun. Des fonds conséquents sont pourtant spécifiquement dégagés pour la protection des troupeaux et, l'éleveur concerné a passé un contrat avec l'Etat. Nous posons donc la question : à quoi sert cet argent ?
Comment se fait-il que les autres troupeaux du massif n'enregistrent que peu ou pas d'attaques : seraient-ils, eux, correctement protégés ?
De plus, l'arrêté interministériel stipule expressément que le tir d'un loup suspend immédiatement les opérations de prélèvement. Dans le cas de Belledonne, de deux choses l'une : ou cette disposition a été délibérément ignorée, ou l'Etat a été incapable d'encadrer strictement les opérations de tirs.
Le résultat est là : ces tirs portent à quatre le nombre de loups abattus en Isère en deux ans dans le cadre du protocole (un tir le 2-9-05 en Valdaine, un autre le 27-10-04 dans le massif du Taillefer). Rappelons que, selon les suivis hivernaux, la meute présente sur le massif de Belledonne est passée de 8 à 3 individus suite à des actes de braconnage de notoriété publique. FNE pose donc la question suivante : le compte à rebours des loups isérois est-il commencé ?
Et que va-t-il se passer l'été prochain ? Tout porte à croire que le troupeau en question, étant insuffisamment protégé, connaîtra de nouvelles attaques. Cet alpage va-t-il se transformer en puit à loups ? C'est ce qui risque de se passer si le problème n'est pas traité, logiquement, à la source : en mettant en place les moyens de prévention nécessaires pour permettre une coexistence entre grands prédateurs et pastoralisme.

Contact(s) Presse :
Mission loup
03 88 32 91 14 - Service communication
01 45 87 96 09


Par l'ASPAS
À l'heure où, le ministère de l'Ecologie s'engage, malgré les oppositions, à maintenir la réintroduction des 3 derniers ours slovènes pour préserver la biodiversité française, Mme Olin annonce aujourd'hui sa décision d'autoriser l'abattage de 6 loups, espèce protégée par la Convention de Berne et la Directive Habitat. L'ASPAS dénonce cette mesure inutile qui ne fera qu'endommager une population de loups loin d'être stable et qui ne résoudra pas les problèmes des éleveurs.
Outre le nombre de loups à tuer dans l'année, le "Plan loup" définit le protocole d'intervention qui devra être suivi afin de "gérer" la population française de loups. Car pour tuer une espèce protégée, la directive européenne Habitat impose de suivre une procédure dérogatoire extrêmement rigoureuse laquelle est complètement galvaudée avec ce protocole. Ce protocole autorise l'ONCFS à effectuer des tirs de prélèvement mortels dans le cas de troupeaux soi-disant "non protégeables" et laissés sans surveillance. Cette mesure est d'autant plus inquiétante que seul le Préfet, autorité locale soumise à l'influence du lobbying permanent des éleveurs et chasseurs, sera en mesure de qualifier un cheptel de "protégeable" ou non (notion très floue) et d'autoriser ces tirs "pour prévenir des dommages aux troupeaux". Dorénavant, le loup pourra également être abattu dans les zones de faible présence, là où quelques individus viennent en éclaireur sans qu'aucune meute ne soit installée. Là encore, cette décision dépendra de la simple appréciation du Préfet. L'objectif de l'Etat est clair : circonscrire le loup dans ses zones actuelles de présence et empêcher toute extension de son territoire. Enfin, les tirs d'effarouchement censés précéder les tirs létaux, pourront s'effectuer sans demande préalable au Préfet, autant dire que l'Etat laisse consciemment libre cours aux dérapages des éleveurs. L'année dernière, les événements avaient pourtant montré que le fait de laisser les éleveurs régler eux-mêmes leurs comptes avec Canis lupus pouvait entraîner de graves dérapages, totalement illégaux et pourtant restés impunis. (Denis Duperier, éleveur savoyard, a ainsi été relaxé après avoir tué un loup en juillet 2005, jugement dont l'ASPAS a fait appel). Ce protocole alarmant marque clairement le manque de cohérence du gouvernement. Que penser d'un Etat qui investit une énergie considérable pour à la fois sauver les ours et tuer les loups ? L'ASPAS rappelle que les populations de loups ne sont pas stables en France, et que l'Etat se doit de protéger chaque loup . Ces décisions de tirs ne sont qu'un placebo censé calmer la colère d'une profession en péril. Mais ce Plan Loup aussi draconien soit-il n'apaisera jamais les éleveurs car le loup n'est pas une menace pour eux mais une contrainte. Aussi, l'ASPAS demande le retrait immédiat de ce Plan Loup aux Ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture. Si ce protocole est maintenu, l'ASPAS concentrera ses efforts afin d'annuler chaque arrêté de tir de loup. L'année dernière, sur les huit arrêtés pris, six se sont avérés illégaux et ont été annulés par les tribunaux grâce à la détermination de l'ASPAS et de la SPA.

Contact presse :
Julie Danet - Chargée de communication -
04 75 25 10 00
Madline RUBIN Directrice
06 79 44 61 17 -


Par F. Benhammou., J. Baillon et J-L. Senotier
Actes du colloque du 21 et 22 mars 2004 Muséum d'Orléans,
Recherches Naturalistes en Région Centre, n°14
F. Benhammou., J. Baillon et J-L. Senotier (coord.), décembre 2004.
Un ouvrage de référence sur les enjeux posés par l'ours et le loup (1)
Quelle place accorder aux grands prédateurs en France ? La cohabitation de l'ours et du loup avec les activités humaines est-elle possible ? Quelles questions posent ces espèces ? Les acteurs locaux sont-ils tous défavorables aux prédateurs ?….
A l'heure où Cannelle la dernière femelle d'ours pyrénéen a été abattue et où un programme de réintroduction est sur le point d'être annoncé, à l'heure où les autorités cherchent à faire abattre quelques loups, le citoyen, le chercheur, l'acteur de terrain, le journaliste…se posent toute une série d'interrogations légitimes.
Cette publication est un recueil d'articles de fond, abordables et de qualité, sur les enjeux que posent la présence de l'ours et du loup en France. Suite au colloque d'Orléans et en rapport étroit avec l'actualité, de jeunes chercheurs et des acteurs de terrain exposent ici leur travaux, réflexions et expériences de terrain.
Cinq temps forts structurent l'ouvrage coordonné par Farid Benhammou, Géographe à Paris 1, chercheur à l'ENGREF et l'IRD :
- Cohabiter avec le loup en France : plusieurs éléments sont abordés sur l'expansion du loup en France, l'impact sur le pastoralisme, les moyens de protection, les conflits, la portée juridique et socio-politique de la présence du loup en France…
- Cohabiter avec l'ours en France : le programme suivant la réintroduction d'ours (1996-97) dans les Pyrénées centrales y est présenté ainsi que les effets du redéploiement du chien de protection, l'expérience prometteuse de développement durable portée par Pays de l'ours ADET et l'Association pour la Cohabitation Pastorale…
- Cohabiter avec les grands prédateurs à l'étranger : de nombreux exemples de gestion et de cohabitation à l'étranger sont présentés sans angélisme (en Inde avec le Tigre, au Portugal et en Espagne avec le loup et l'ours, chez les Amérindiens Sioux avec le Coyote et le loup notamment)…
- Réfléchir sur le pastoralisme, l'environnement, la société : quelles interactions entre pastoralisme, montagne, positionnements environnementalistes et action syndicale agricole…
- Documents actualités : L'actualité riche et mouvante de ces derniers temps ne doit pas être oubliée et est mise en perspective (implication de la mort de Cannelle sur la gestion de l'ours en Béarn…)
Dans une atmosphère passionnée et passionnante, propice à la polémique, ce livre permet de prendre le recul nécessaire sur le débat de société induit par le retour des grands prédateurs et permet de comprendre les dossiers délicats de l'ours et du loup en France.
(1) On peut se procurer « La cohabitation Hommes / Grands Prédateurs en France (Ours et Loup) » auprès de « Recherches Naturalistes en Région Centre », Nature-Centre, 71 avenue Charles Péguy, 45800 St Jean de Braye. Prix : 12 euros (+ 2,65 euros de port). 213 pages. Chèque à l'ordre de Nature Centre. Facture sur demande.
Sommaire :
Avant propos par Farid BENHAMMOU, ENGREF-IRD
Introduction : Les grands prédateurs, cas d'école pour l'étude des dossiers environnement / agriculture et la conservation de la nature (question de recherche et débat de société) par Laurent MERMET, ENGREF
1. Cohabiter avec le Loup en France ...
Analyse stratégique et territoriale du retour du loup dans les Pyrénées : modalité, réalité et perspectives. par Farid BENHAMMOU, ENGREF/IRD
L'information et la communication des associations "environnementales" dans le conflit sur le Loup. par Florent FAVIER, DIREN PACA
Quelle spécificité de la gestion du loup dans les différents espaces protégés alpins français ? par Alexandre EMERIT, ENGREF
Les loups n'ont pas été réintroduits en France. par Jean François NOBLET, Naturaliste
Méthodes non-invasives et identifications génétiques pour le suivi de populations (le loup en France). par Nathaniel VALIERE, Biologiste post-doctorant
Le wolf howling : un outil pour le recensement et la conservation des loups : possibilités et limites de cette méthode. par Frédéric SEBE, Natacha HEITZ, Roberto LATINI et Thierry AUBIN
L'influence du droit international et européen sur la protection du Loup en droit interne. par Céline RANDIER, CERIC Aix-en-Provence
Analyse des enjeux socio-politiques de la gestion durable du Loup en France. par Patrick DEGEORGES, Sciences-Pô Paris
Thèses lycophobes et lycophiles : un essai de traitement symétrique. par Isabelle MAUZ, Cemagref Grenoble
Le loup (Canis lupus) dans le massif des Monges (Alpes de Haute-Provence) : essai d'analyse des attaques sur les troupeaux domestiques de1999 à 2001. par Rodolphe PAPET
Bilan de la mise en place des moyens de protection sur troupeaux dans le cadre du programme Life Loup : l'exemple des Hautes-Alpes (de 2001 à mars 2003). par Philippe OLEON
PASTORALOUP : Des volontaires pour la cohabitation Loup - Pastoralisme. par Jean-Luc BORELLI et Natacha HEITZ, FERUS
2. Cohabiter avec l'Ours en France ...
Programme de restauration et de conservation de la population d'ours brun sur le massif des Pyrénées. par Evelyne SANCHIS, DIREN Midi-Pyrénées
Action chiens de protection dans le cadre du renforcement de la population d'ours en Pyrénées Centrales. par Cyprien ZAÏRE, ACP - Equipe technique Ours
Eléments de compréhension de la relation éleveurs - ours en Pyrénées Centrales par l'approche systémique. par Alain REYNES, Pays de l'Ours-ADET
Pastoralisme, Ours, Biodiversité : Pour une montagne vivante... par Francis CHEVILLON, berger, Association pour la Cohabitation Pastorale
Les acteurs du tourisme, la gestion et la protection de l'ours dans les Pyrénées centrales. par Jean-Bernard MARSAT, Cemagref Clermont-Ferrand
Evolutions des techniques de protection utilisées sur les troupeaux en zone à ours dans les Pyrénées occidentales (1997-2004). par Robert WOJCIECHOWSKI
3. Cohabiter avec les grands prédateurs à l'étranger ...
Restaurer et Coexister avec la Biodiversité Totale : Sociétés humaines, grands carnivores et grands herbivores sauvages, une approche multidisciplinaire et comparative internationale. par Joào Pédro GALHANO ALVES, Anthropologue UTAD Vila Real, Portugal
Le loup, le coyote et le bison. Animaux emblématiques des Indiens Sioux du XIXème au XXème siècles. par Danièle VAZEILLES, IRSA Montpellier
Etude du régime alimentaire d'une population de Loups (Canis lupus signatus) dans le centre du Portugal. par Vanessa RAUËL
La gestion des grands prédateurs (ours et loups) dans le Parc Naturel et Réserve MAB de Somiedo (Espagne) : un modèle d'éco-développement ? par Natalia BONNET, Université d'Orléans et Farid BENHAMMOU, ENGREF/IRD
4. Réfléchir sur le pastoralisme, l'environnement, la société ...
L'ovinosophie, voie du milieu ? par Marc MALLEN, ethnopastoraliste
Les limites d'un discours environnementaliste : la Confédération paysanne et les grands prédateurs. par Renaud de BELLEFON, Confédération Paysanne Hautes-Pyrénées et Farid BENHAMMOU, ENGREF/IRD
Remerciements - conclusion par Jacques BAILLON
Documents - actualité, en marge du colloque
L'ours en Béarn, chronique d'une disparition annoncée. par Farid BENHAMMOU, ENGREF/IRD
Le chercheur et le Loup. par Farid BENHAMMOU, ENGREF/IRD et Alexandre EMERIT, ENGREF
Communiqués de presse
Résumés d'articles et d'ouvrages
Bibliographie.
L'exposition sur le loup au Muséum d'Orléans
Actualité de l'automne 2004 par Jacques BAILLON


Par l'ASPAS
Avec
le soutien de:
One Voice, Mouvement Hommes Animaux Nature, Association pour le
respect des animaux 06, Société de défense des animaux, Animals
Security Belgium, Alliance pour la suppression absolue et continue
des corridas, Assistance aux animaux, Associazone Batti-Baleno,
Convention vie et nature pour une écologie radicale, Italia Nostra,
International Wolf Federation, Ligue Française des droits de l'animal,
LAv, LIPU, Lega ambiente, Lega anti caccia, Mouvement écologiste
indépendant, Pro natura, rassemblement anti-chasse, SDA...
L'ASPAS
et le MEI organisent une manifestation concernant la défense
des loups en France et en Europe et plus généralement des grands
prédateurs (loups, lynx, ours...), derniers garants de la biodiversité.
Cette
manifestation aura lieu Samedi 2 juillet 2005 à 14 heures.
Rendez-Vous prévu place Massena à NICE.
Des
prises de paroles sont prévues au cours d'une conférence de presse,
une marche et défilé avec banderoles, signature de pétitions,
diffusion de tracts et autres documents...
NOUS
VOUS ATTENDONS, VENEZ NOUS REJOINDRE!!!!!!

Pour plus de renseignements, merci de contacter :
pour l'ASPAS, jean-Philippe Alessandra au
04
93 20 84 40
pour le MEI, Gaud Chauvin au
04
93 89 22 87
Patrice Miran au
0664325471
Natacha Ardisson au
0493924615


Communiqué
de presse - Vendredi 10 juin 2005
Saisi
en urgence par l'ASPAS, le Conseil d'Etat vient d'ordonner la
suspension de l'arrêté qui autorisait le tir du loup en Isère.
L'ASPAS
a fait un recours juridique auprès du Conseil d'Etat le 26 mai
dernier, lui demandant de bien vouloir suspendre l'arrêté interministériel
du 19 mai autorisant le prélèvement d'un loup dans le secteur
de la Valdaine.
L'audience
s'est déroulée mercredi 08 mai. L'ordonnance rendue aujourd'hui,
donne raison à l'action intentée par l'ASPAS et aux protecteurs
du loup. Le Conseil d'Etat a reconnu le caractère d'urgence et
d'irréversibilité de cette mesure, en suspendant dès aujourd'hui
l'arrêté en question.
Cet
arrêté avait été mis en place, à la suite d'attaques de troupeaux
ayant été attribuées au loup dans le département de l'Isère. Les
Ministères de l'écologie et de l'agriculture avaient envisagé
le tir anesthésiant de ce loup, en vue de son maintien en captivité,
puis de recourir à des tirs d'élimination en cas d'échec de cette
première mesure, valable 48 heures.
Le loup n'ayant pas été anesthésié dans ce premier délai ; les
gardes de l'ONC et les agents de louveterie se postent dans les
plaines et les montagnes pour procéder à son abattage depuis le
21 mai.
Une
nouvelle fois, l'ASPAS rappelle que le loup est une espèce protégée,
par la Directive Habitat, la Convention de Berne et l'arrêté du
10 octobre 1996.
Les populations de loups sont très faibles et représentent une
espèce en voie de disparition. Par conséquent, toute capture,
détention ou destruction du loup ne peut être autorisée que par
dérogation, tenant compte de l'état de conservation des populations,
de la gravité des dommages causés par le loup et en l'absence
d'autres solutions satisfaisantes.
NB
: Nous envoyons, sur simple demande, la plaquette : " Campagne
pour la connaissance et la protection du loup " aux journalistes
qui le souhaitent.
Contact
presse :
Madline RUBIN Directrice de l'ASPAS - 04 75 25 10 00 - www.aspas-nature.org

Par
Cosa animalia
www.cosaanimalia.org
Les
sympathisants du loup étaient toujours aussi nombreux pour cette
deuxième nuit d'action sur le terrain.
Tout s'est très bien passé, aucun incident n'est à déplorer. Et
surtout le loup en a encore réchappé. Vive le loup !
Le
rendez-vous avait été donné à Saint-Geoire-en-Valdaine, centre
du secteur concerné. Une vingtaine de véhicules ont sillonné les
routes du secteur de Merlas où les agents de l'ONC (Office National
de la Chasse) étaient en action la nuit précédente. D'après nos
informations, le loup n'avait pas été repéré depuis plusieurs
jours. Après une heure à avoir cherché sans succès les halos de
lumière provenant des projecteurs des gardes, il a été décidé
de changer de lieu. Aussitôt nous avons investi le secteur situé
entre Velanne et Montferrat. Là, un véhicule de l'ONC a été rapidement
repéré par l'une de nos équipes. Mais au moment où trois autres
de nos véhicules arrivaient sur les lieux, le véhicule de l'ONC
nous a semés en beauté. Il s'est volatilisé. Il s'est passé ensuite
une longue période de recherches infructueuses. Et c'est aux alentours
de deux heures trente que l'une de nos voitures a repéré des halos
de lumière sur la colline en face de celle sur laquelle elle se
trouvait. Le véhicule a réussi à rejoindre la patrouille de l'ONC
repérée. Très vite rejoint par l'équipe de FR3 Grenoble présente
cette nuit-là, une course poursuite a eu lieu et par chance le
véhicule de l'ONC s'est retrouvé acculé au bout d'un chemin sans
issue. Il a ainsi pu être question d'une interview entre les agents
de l'ONC et une personne du Comité Loup Isère Les journalistes
tenaient enfin leur reportage. Jusque-là ils n'avaient essuyé
que des refus.
Est-ce
que ces patrouilles pour le moins voyantes seraient là pour nous
détourner des vrais tireurs qui, eux, seraient tranquillement
postés dans des clairières ? On peut se poser la question.
Après les premières recommandations du maire de Saint Geoire en
Valdaine conseillant à la population de ne pas sortir de chez
eux la nuit pour ne pas gêner le travail des agents de l'Etat,
il se pourrait que le préfet prenne des mesures plus drastiques
interdisant à la population de se promener la nuit à pied ou en
voiture dans le secteur . Un couvre-feu en quelque sorte !
Petite info amusante : Le maire de Saint Geoire en Valdaine est
Comte et propriétaire du Château de Longpra. Il a de nombreuses
casquettes, politiques et autres. Il est pour beaucoup dans la
décision de tuer le loup.
" Il faut tuer la bête ! " l'aurait-on entendu crier.
Quand on parle de battue d'un autre âge…

POSITION
DU WWF-FRANCE ET DE FERUS
Carnivores opportunistes et puissants, les loups peuvent s'attaquer
à toutes les proies vivantes de bonne taille dans notre pays -
hormis l'homme, qui ne représente pas une proie potentielle. La
peur qu'ils inspirent depuis des siècles est tout à fait réciproque,
et ce sont eux qui en ont payé le plus lourd tribut, l'homme s'étant
approprié l'essentiel de leur habitat et de leurs proies.
Le
loup a vocation à coloniser de nouveaux territoires : au fil de
sa progression, il s'attaquera forcément à d'autres proies que
les ovins - et en dehors des seules zones d'alpages.
Reconnaissant que le retour du loup en France constitue un enrichissement
de notre patrimoine naturel, l'Etat s'est engagé à concilier le
développement de cette espèce avec le maintien des activités pastorales
à travers la mise en place d'un plan d'actions (Plan Loup) cosigné
par les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture. A cette
fin, des moyens de gestion et de réduction des conflits entre
le loup et le monde de l'élevage doivent être mis en oeuvre. Le
plan Loup prévoit ces mesures sur les zones de présence permanente
de l'espèce, il s'agira donc de les étendre progressivement aux
nouveaux territoires sur lesquels elle s'installera.
Ces moyens comprennent l'indemnisation des dégâts, la mise en
place de mesures de protection des troupeaux (gardiennage, chiens
de protection, clôtures électriques), et la possibilité d'abattages
en cas d'échec de ces moyens de protection, sous réserve d'un
état de conservation favorable de la population de loups.
Les
attaques de génisses survenue dans la nuit du 10 au 11 mai sur
la commune de St Geoire en Valdaine et dans les nuits du 3 au
4 mai et du 18 au 19 mai sur la commune de Bilieu, à plus de 50
km d'une zone de présence permanente de loups, correspondent à
un cas de figure particulier : ce type d'élevages, sans gardiennage
possible, sont très vulnérables et des solutions nouvelles doivent
être identifiées, comme le préconise le plan Loup. Parmi celles-ci,
les tirs d'effarouchement peuvent être envisagés - même si leur
efficacité n'est pas garantie -, mais il ne peut en aucun cas
s'agir de la mise en place de zones d'exclusion (ce qui est désormais
clairement exclu par l'Etat), ni de captures, ni d'abattages.
La décision prise hier par le gouvernement d'autoriser l'usage
de tirs anesthésiants, afin de capturer le loup pour le placer
dans un parc animalier, revient à exclure celui-ci de la nature.
Cela ne fait aucune différence en termes d'objectifs de conservation
avec son abattage pur et simple, tel que le gouvernement l'envisage
également en cas d'échec de la capture. Le recours à cette solution
non seulement contredirait le propre objectif du gouvernement
de développement de l'espèce, mais serait aussi illégal, les moyens
de protection adéquats n'ayant logiquement pas été mis en place
sur une zone où la présence du prédateur n'était pas encore avérée.
Enfin, les mesures dites de " rabattement " autorisées par le
Préfet de l'Isère seront aussi inefficaces qu'absurdes : au mieux,
elles pousseront l'animal à attaquer inévitablement des proies
dans d'autres secteurs.
En
revanche, dans la mesure où la responsabilité du loup est attestée
comme c'est le cas sur St Geoire en Valdaine, et si elle est confirmée
pour Bilieu, il est indispensable que les propriétaires des animaux
attaqués soient indemnisés rapidement, sans devoir passer par
des démarches administratives compliquées. Concernant les moyens
de protection, plusieurs pistes peuvent être envisagées : la mise
en place de clôtures mobiles, qui serviraient autant à éviter
la prédation du loup que celle de chiens divagants, de renards,
de fouines ou d'autres carnivores, ou le retrait des animaux de
certaines pâtures pendant la nuit - à condition qu'il soit assorti
d'un système d'aide pour alléger la charge de travail supplémentaire
des propriétaires d'animaux domestiques.
Comme
l'Homme, le loup mange de la viande. Pour assurer son retour dans
notre pays, il faut tolérer certains dégâts et mettre en place
toutes les mesures possibles favorisant son acceptation.
D'autres
espèces, carnivores comme le loup, ne suscitent pas tant d'animosité
dès lors qu'elles sont chez les autres. Gardons-nous donc de donner
des leçons aux pays souvent moins riches, à qui l'on reproche
de ne pas en faire assez pour protéger leurs prédateurs (jaguars
en Amérique du Sud, lions en Afrique, tigres en Asie*), et relativisons
l'impact du loup chez nous : 6 875 animaux domestiques de Gilly-sur-Isère
ont été abattus parce qu'ils étaient contaminés par les fumées
de son incinérateur ; la maladie de la vache folle a entraîné
chez nous l'abattage de plus de 36 000 bovins ; enfin, en moyenne
700 000 ovins et caprins de réforme (1) (sur un cheptel de 12
millions) partent à l'équarrissage chaque année en France avec
un paiement à chaque étape (éleveurs, usines de transformation
en farine, incinérateurs)*
Que
représente le coût du loup dans cet océan de gaspillage ?
(1) Statistiques officielles de la Direction de l'alimentation
du Ministère de l'Agriculture.
Note
aux rédactions: le WWF-France et FERUS travaillent ensemble sur
le loup depuis 1998. Pastoraloup, le programme d'écovolontariat
pour la surveillance des troupeaux, est l'une des illustrations
de ce partenariat.

Contacts presse :
WWF-France - Muriel Derivery,
: 01 55 25 84 46 ou 06 82 30 99 42 -
FERUS - Sandrine Andrieux,
: 06 14 64 18 00 -

Le
Gouvernement Provincial de Parme a récupéré et soigné un jeune loup mâle percuté
par un véhicule, le 28 février 2004 sur une autoroute de Parme. Ce jeune loup
a été équipé d'un collier GPS/GSM d'un modèle très récent, et a été relâché. Depuis
lors, sa position a été fréquemment relevée, ce qui a permis de confirmer s'il
était besoin l'extrême mobilité des jeunes loups en phase de dispersion.
L'animal
suivi a régulièrement progressé depuis les Apennins de Parme vers l'ouest, concrétisant
peu à peu l'espoir des biologistes, Paolo Ciucci et Luigi Boitani, de voir ce
loup devenir la preuve de la capacité de l'espèce à coloniser sur de grandes distances
en Europe, et notamment que la population du nord des Apennins a pu arriver naturellement
en France en 1992.
Ce
loup a franchi à plusieurs reprises des routes et autoroutes, les aires vitales
d'autres meutes de loups, s'est rapproché de la côte (près de Rapallo) mais également
des plaines et collines de la région de Mondovi. Il s'est ensuite dirigé directement
vers la France par le Pesio, et jusqu'au col de Turini. Il est alors revenu sur
ses pas en Italie et s'est visiblement stabilisé, bien que parcourant entre 20
et 40 Km par jour. Les relevés de position se font tous les 3 jours
Voici
la carte du parcours du loup
(607 Ko) 
Sources
: Luigi Boitani

Par
le Cabinet du Ministre de l'écologie et du développement durable
Comme
il s'y était engagé, le Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable - Serge
LEPELTIER, a fait procéder à un bilan d'étape au 31 août 2004 des dégâts occasionnés
par le loup dans l'arc alpin.
Par
rapport à l'an dernier, les attaques et le nombre de brebis victimes au 31 août
ont fortement progressé dans le département de la Savoie, passant de 14 attaques
en 2003 à 40 cette année et de 53 victimes à 169.
Dans les départements voisins de l'Isère et de la Drôme les attaques sont stables
ou en légère progression. Les massifs de Belledonne, du Vercors et du Taillefer,
de même que la vallée de la Maurienne apparaissent particulièrement touchés.
De
la même façon que dans les trois premiers départements désignés dans l'arrêté
du 12 août 2004, il ne pourra être procédé à des prélèvements que sur les territoires
où :
- soit les dommages restent importants malgré l'ensemble des mesures
de protection mises en place
- soit la mise en place des moyens de protection
efficaces contraint fortement les conditions d'exploitation au point de remettre
en cause les fonctionnement des systèmes pastoraux les plus adaptés.
Le
nombre total de loups qui pourront être prélevés en vue de contribuer à réduire
la pression de ce prédateur sur les troupeaux dans les Alpes françaises reste
limité à quatre maximum.


Par
France Nature Environnement
Lors
de sa conférence de presse du 19 juillet sur le loup, le ministre de l'Ecologie
Serge Lepeltier s'est voulu raisonnable et rassurant bien que les mesures annoncées
pouvaient conduire à la destruction, cette année, de 10 % d'une espèce protégée
dont le seuil de viabilité n'est pas atteint. La fédération France Nature Environnement
s'était félicitée des points positifs de ce discours qui conditionnait les tirs
éventuels à des attaques récurrentes et à la mise en place préalable des moyens
de protection des troupeaux.
Les conditions avancées lors de ce discours sont
aujourd'hui niées sous la pression d'une branche extrême de la corporation, de
certains élus locaux et du ministre de l'Agriculture. Les arrêtés préfectoraux
qui viennent d'être pris ne s'apparentent plus à des tirs en dernier recours mais
bel et bien à des tirs de régulation de l'espèce. Le raisonnement ne se fait plus
à l'échelle d'un alpage et de la gestion d'un troupeau pouvant être mis en difficulté
par les attaques du prédateur mais à l'échelle d'une douzaine de communes par
département avec une dilution complète du principe de prévention.
Le sort du loup est renvoyé aux élus locaux comme le bonus-malus automobile a
été renvoyé au vote du Parlement et à l'Europe.
C'est
pourquoi, France Nature Environnement a décidé de déférer ces arrêtés préfectoraux
devant le tribunal administratif.
Elle
en appelle aussi aux gardes chargés d'exécuter ces tirs politiques : s'ils ont
un loup dans la ligne de mire de leur carabine à répétition qu'ils sachent bien
que ce geste irréversible ne sera pas celui qui solutionnera les problèmes de
fond de la filière ovine ni la question de la cohabitation - que nous avons toujours
défendue - entre le pastoralisme et le loup.
Christophe
Aubel, Administrateur de FNE et responsable de la Mission Loup
Contact presse
:
03 88 32 91 14
France
Nature Environnement, la Fédération française des associations de protection de
la nature et de l'environnement.
Source : Info Presse
www.info-presse.net/


Par
Ferus, FNE et le WWF
Le
Ministre de l'écologie et du développement durable vient de rendre publiques ses
décisions pour le loup.
FERUS, France Nature Environnement et le WWF, qui
ont participé aux travaux du groupe national de réflexion mis en place par les
Ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, en retiennent trois points essentiels
:
- Le ministre a affirmé que le loup est un enrichissement du patrimoine
naturel français et que son retour est donc une bonne chose,
- Il a annoncé
un prochain grand débat public concernant la présence du loup sur l'ensemble du
territoire national,
- Il a décidé d'autoriser cette année le tir de 4 loups
au maximum.
FERUS,
FNE et le WWF se réjouissent du fait que ce programme conforte financièrement
la prévention des dégâts causés aux troupeaux et l'indemnisation des éleveurs.
C'est une mesure essentielle pour faire face aux contraintes réelles que peut
poser la présence du loup.
Mais FERUS, FNE et le WWF regrettent l'autorisation de tirer jusqu'à 4 loups en
2004 pour les raisons suivantes :
- la population française en phase d'installation
est encore trop faible pour supporter sans dommage un tel prélèvement.
- le
tir ne peut être qu'un dernier recours lorsque, dans une population en état de
conservation favorable, tous les autres moyens ont échoué.
- ce n'est pas
en procédant à des tirs destinés à calmer les esprits qu'on réduira le nombre
d'attaques.
FERUS,
FNE et le WWF restent convaincus de la nécessité d'un travail de fond avec le
monde pastoral car les échanges seuls permettront de construire une solution partagée.
Nous poursuivrons nos efforts en ce sens, notamment au sein du groupe national
de réflexion. Mais nous continuerons de nous opposer aux tirs par tous les moyens
légaux et pacifiques à notre disposition.
Contacts
presse : FERUS : Sandrine Andrieux - Tél. : 06 14 64 18 00 et 04 91 05 05 46,
andrieux.sandrine@wanadoo.fr, ferus@free.fr France Nature Environnement : Christophe
Aubel - Tél. : 01 43 36 04 72 ou 06 71 76 83 77, nature@fne.asso.fr WWF-France
: Muriel Derivery, attachée de presse - Tél. : 01 55 25 84 70, mderivery@wwf.fr


Le 31/03/2004
Par
Claude-Marie Vadrot (Journal du Dimanche)
Les loups italiens, Canis lupus Italicus, sont installés dans les Pyrénées Orientales.
La nouvelle qui circulait depuis longtemps dans les milieux scientifiques spécialisés
a été confirmée lundi dernier au Muséum d'Histoire Naturelle d'Orléans (1) au
cours d'un colloque organisé par les jeunes chercheurs de l'Engref (Ecole Nationale
du génie rural, des eaux et des forêts) et les responsables de l'association Ferus
(2). Les loups ne connaissant pas de frontière, ils circulent donc en Catalogne,
aussi bien du côté français que du côté espagnol. Le Gouvernement de Cataluña
vient d'ailleurs de rappeler dans un communiqué officiel que l'espèce était protégée,
ce qui peut être considéré comme un avertissement à la France où, notamment dans
le Mercantour, la protection européenne n'est pas toujours respectée par les chasseurs
qui empoisonnent illégalement le loup.
La présence de l'animal dans cette
partie française de l'Est des Pyrénées a également été officiellement, bien que
discrètement, confirmée, sous la pression des protecteurs de la nature, par l'Office
national de la chasse. En fait, les loups seraient arrivés il y a au moins trois
ou quatre ans. Les analyses faites à partir de l'ADN ayant confirmé qu'il s'agissait
bien de loups venus d'Italie, les associations comme Ferus estiment qu'il est
désormais possible de rendre cette présence officielle sans porter préjudice à
sa survie dans la région. Le naturaliste Jacques Baillon, qui suit cette affaire
pour Ferus, pense que la publicité ne peut désormais que concourir à la protection
de cette espèce. D'autant plus qu'à l'Ouest, c'est-à-dire dans les Pyrénées atlantiques,
le loup espagnol, Canis lupus signatus, est également en train de s'installer
: " Ma politique est de rendre public tout ce qui est vérifié. Ce n'est pas en
se taisant qu'on fait avancer les choses ".
Ce
sont les relevés de traces et les analyses systématiques de crottes de loups qui
ont permis aux scientifiques de passer du " doute raisonnable " aux certitudes.
D'autant plus qu'elles ont été complétées par quelques observations visuelles
et même par des photographies. Ces dernières ont été prises le 2 août 2002, bien
que tenues jusqu'à présent secrètes en attendant toutes les analyses, par un fonctionnaire
du ministère de l'Intérieur qui n'est pas lié aux naturalistes et qui a fait ses
observations au cours d'une randonnée. Après avoir transmis ses six photos à sa
hiérarchie puis après les avoir données à l'association Ferrus,
il leur a
raconté son aventure : " ….Mon attention a été attirée subitement par le comportement
des isards (2). Jusque là un peu épars, ils forment à présent un petit groupe
de sécurité et plus personne ne bouge. Ils regardent tous dans la même direction,
en aval. Je cherche à voir, d'assez loin, le danger qui approche, pensant à des
promeneurs. N'en trouvant pas et revenant à ces isards, j'ai alors vu cet animal
que j'ai tout de suite pris pour un loup, immobile, sur une grosse roche plate,
à peine à vingt mètres des isards (…) Il semblait indécis. Il regardait les isards
et a fait deux pas dans leur direction. Les isards sont montés de vingt mètres
en un bond dans le pierrier. Le loup s'est ravisé. Il s'est retourné, a hésité
à repartir dans la direction d'où il venait puis a fait demi-tour à nouveau. Finalement
il est reparti sur notre gauche (…) dès ces premiers pas, des dizaines de mouflons
se sont levés et sont regroupés. Les isards l'ont regardé passer. Puis il a disparu.
(…) Cette rencontre nous a laissé un sentiment très curieux, celui d'avoir rencontré
un animal exceptionnel, puissant, supérieur. Une observation de quelques minutes
qui nous laisse un souvenir inoubliable… "
Pour Jacques Baillon, pilier et
animateur de Ferus " il y a actuellement au moins quatre loups dans les Pyrénées
Orientales, notamment dans le secteur de la réserve naturelle de Nohèdes. Il y
en a également au moins deux du côté espagnol. L'espèce paraît d'autant mieux
installée qu'elle a mangé quelques moutons du côté de Nohèdes. Mais elle s'attaque
essentiellement aux isards et aux chevreuils qui constituent le plus gros de sa
nourriture. Les Espagnols expliquent que chez eux, le loup consomme des marcassins.
" Si seulement il pouvait en faire autant en France il nous débarrasserait, nous
et les agriculteurs, du surplus de sangliers qui ravagent les campagnes et les
cultures ". Sous couvert de l'anonymat, car le loup reste en France une affaire
d'Etat alors qu'il y a 2000 en Espagne et 700 en Italie, un responsable de l'Office
national de la chasse explique qu'en fait deux petites meutes de trois à quatre
loups chacune circuleraient en Pyrénées.
Reste
évidemment à comprendre comment ces loups " italiens " sont venus des Alpes et
du Mercantour. Comme ils ne peuvent pas être arrivés par le rivage méditerranéen,
ils ont été dans l'obligation de traverser le Rhône. Soit à la nage soit, tout
bêtement, par un pont, de nuit. A ce sujet Jacques Baillon raconte une histoire
édifiante : " récemment, des scientifiques roumains qui suivaient avec une caméra
infra-rouge des loups équipés de marqueurs émetteurs, ont eu la surprise de les
voir traverser tranquillement la banlieue de Brasov, une grande ville, passant
sans être remarqués près des promeneurs nocturnes ". Un et donc plusieurs loups
ont pu, tout simplement traverser le Rhône " à patte " sans susciter la moindre
curiosité. Jacques Baillon ajoute : " Nous savons par des observations que cet
animal peut s'écarter rapidement de sa meute de 300 kilomètres ". Les loups italiens,
expliquent les naturalistes, sont donc venus des Alpes par le sud des Cévennes.
Ce qui permet d'ailleurs de penser qu'ils se sont aussi installés en Lozère ;
sinon dans la Haute-Loire et le Puy de Dôme. D'ailleurs, preuve que l'infiltration
ne date pas d'hier, un Canis lupus italicus a été tué accidentellement par une
voiture le 9 octobre 1997 dans le Cantal et un autre dans les Vosges prés de Vittel
en 1994.
Ce qui incite Jacques Baillon à conclure : " le naturaliste que
je suis est prêt à parier que l'on repèrera bientôt des loups en Bourgogne et
dans la Nièvre. Sans que quiconque soit mis en danger. Mais il nous faudrait des
moyens pour le surveiller ".
(1)
Cette association regroupe les défenseurs des grands prédateurs. BP 114, 13718
Allauch Cédex
(2)
Dans cet établissement, 6 rue Marcel Proust, vient de s'ouvrir la plus grande
exposition(de la biologie à l'écologie en passant par l'histoire et le folklore)
jamais consacrée aux loups en France. Cette exposition sera visible jusqu'au mois
de septembre 2004 tous les jours, y compris le dimanche, à partir de 14 heures.
(3)
Sous-espèce pyrénéenne du chamois.


Une association québécoise de sauvegarde du loup a lancé une pétition pour lutter
contre le piégeage des loups. Son objectif : atteindre 10 000 signatures. Il lui
manque aujourd'hui 1000 signatures.
Pour
en savoir plus, consultez le site

www.clanloups.com

La deuxième édition des rencontres écopastorales, organisées par France Nature
Environnement en collaboration avec l'Association pour la Cohabitation Pastorale,
s'est tenue ce week-end à Die, dans la Drôme (26). Elles ont été l'occasion pour
de nombreux bergers et éleveurs des Pyrénées, des Alpes et du Jura, d'échanger
leurs expériences en matière de cohabitation des troupeaux avec des grands prédateurs
et de dévoiler aux naturalistes présents ces deux jours, l'image particulièrement
dynamique d'un pastoralisme moderne.
Ces
bergers et éleveurs ont démontré que, loin des clichés, la pratique du pastoralisme
peut non seulement être compatible avec la présence du loup, de l'ours ou du lynx,
mais que cette cohabitation peut permettre à un secteur agricole qui connaît de
nombreuses difficultés dans notre pays, de rebondir pour construire l'avenir et
de voir valoriser significativement son apport à la collectivité.
Si,
bien sûr, les diverses techniques de protection des troupeaux ont été évoquées,
les débats ont également porté sur la valorisation des productions (fromage, viande),
les relations éleveurs-bergers, les diverses aides versées par les pouvoirs publics
et les particularismes régionaux ou disparités administratives entre massifs.
Tous ces sujets nécessiteront l'organisation de prochaines rencontres et de groupes
de travail thématiques.
France
Nature Environnement et ses associations membres, l'Association pour la Cohabitation
Pastorale, l'Association des Bergers du Jura ne peuvent que se réjouir de cette
dynamique et souhaitent pouvoir continuer à oeuvrer de concert avec les bergers
et éleveurs pour une montagne vivante où les activités humaines puissent se dérouler
en harmonie avec la diversité biologique.
Christophe
Aubel,
Responsable de la Mission Loup de FNE


Mercredi 25 juin : charte de l'environnement.
Mercredi 2 juillet : feu vert
à l'abattage illégal des loups.
Alors
que le 25 juin, le garde des sceaux présentait le projet de charte de l'environnement
en Conseil des ministres, le 2 juillet, la ministre de l'écologie donne le feu
vert aux préfets pour abattre des loups, espèce intégralement protégée. L'Association
pour la Protection des Animaux Sauvages dénonce l'illégalité de cette décision.
L'ASPAS rappelle que plusieurs textes de loi garantissent la protection du loup
(Canis lupus) :
- la convention de Berne de 1979 ratifiée par la France par
décret 90-756 du 22 août 1989.
- La Directive Habitats 92/43/CEE
- L'article
L411-1 du code de l'environnement
- Les article R211-1 à R211-5 du code rural
- L'article du 17 avril 1981 modifié par celui du 10 octobre 1996, fixant
la liste des mammifères protégés.
Inquiète des conclusions désastreuses du dernier rapport d'enquête parlementaire
sur le loup et des intentions de ses instigateurs (les Députés Estrosi et Spagnou
n'ont jamais caché leur haine du loup), l'ASPAS a adressé un courrier pré-contentieux
à la ministre de l'Écologie, le 10 juin, pour lui demander de veiller à la protection
de l'espèce, et la mettre en garde contre tout projet d'élimination.
Après ses très importants reculs en matière d'environnement (reclassement d'animaux
nuisibles, encouragement du braconnage des oiseaux migrateurs, relance des campagnes
d'empoisonnement, concessions sur les OGM), le gouvernement Raffarin s'attaque
aujourd'hui à un des symboles les plus forts d'une nature sauvage authentique,
joyau de notre biodiversité, en totale contradiction avec les discours du Président
de la République (Orléans, Johannesbourg).
Dans le respect du droit, l'ASPAS poursuivra systématiquement les destructeurs
des loups, quels qu'ils soient, car ce sont des délinquants de l'environnement.

Contact
presse :
Olivier Rousseau
04 75 25 10 00
06 79 49
22 54



En proposant un zonage, assorti de battues municipales et d'un droit de destruction
accordé directement aux éleveurs, le rapport parlementaire préconise une éradication
qui ne dit pas son nom.
A
l'aune de cette proposition, les autres préconisations du rapport (prévention
et indemnisation) perdent tout intérêt. En effet, préconiser la destruction des
loups sur la majorité des territoires, c'est faire main basse sur les mesures
destinées à faire cohabiter durablement les troupeaux et le canidé. On ne peut
prendre d'une main ce que l'on donne de l'autre.
La
fédération France Nature Environnement est plus que jamais opposée à toute idée
de zonage, totalement incompatible avec les exigences biologiques de l'espèce
qui requiert de vastes espaces, à la fois pour la survie des meutes déjà installées
et pour la recherche de nouveaux territoires par les jeunes loups issus des premières.
Vouloir compartimenter les milieux naturels français en forçant le loup à survivre
uniquement à l'intérieur de territoires exigus est un non-sens biologique qui
conduira en fait à l'éradication de la fragile population présente en France.
Les loups ne savent pas lire une carte Michelin ni jouer au jeu de l'oie !
Le zonage est de plus un non-sens social : comment faire accepter le loup là et
pas ailleurs ?
France Nature Environnement refuse l'éparpillement des décisions ordonnant les
destructions. Confier aux maires, dans le plus grand désordre, le soin de réguler
l'espèce est un autre non-sens. C'est un moyen pour l'Etat de jouer à Ponce Pilate
en laissant les mains libres aux corporatismes locaux tout-puissants.
En
conséquence, FNE demande avec force à l'Assemblée et au gouvernement de tenir
ce rapport pour ce qu‚il est, c'est-à-dire un pamphlet partisan et sans surprise,
s'agissant d'une Commission dont la majorité des membres affichait, dès l'origine,
un parti pris foncièrement anti-loup. Il faut d'ailleurs noter que ce rapport
est loin d'avoir fait l'unanimité lors du vote en Commission. Ce n'est pas avec
des propositions outrancières et contraires au droit que l'on fera avancer la
question mais avec des mesures courageuses et constructives.
Le
loup est une espèce totalement protégée par le droit européen et le restera. France
Nature Environnement y veillera . D'autant plus fortement qu'il est établi que
la coexistence entre le pastoralisme et le loup est possible et réaliste.
Christophe
Aubel, Responsable de la Mission Loup de FNE

Contacts
presse : Florence Englebert :
04 92 84 65 69 ou Stéphanie Morelle :
03 88 32 91 14
France Nature Environnement, la fédération française
des
associations de protection de la nature et de l'environnement
Source Info-Presse
http://www.info-presse.net/presse/


L'introduction du résumé du rapport de la Commission d'enquête sur le loup publié
le 15 mai (1) commence sur une de ces contre-vérités dont
la représentation parlementaire a parfois le secret quand il s'agit de la célébration
d'une soi-disant ruralité, d'environnement, de chasse et de protection de la nature:
" En décidant le 5 novembre 2002, de créer une commission d'enquête sur les conditions
de la présence du loup en France et l'exercice du pastoralisme dans les zones
de montagne, l'Assemblée nationale a montré qu'elle était consciente de la gravité
d'un problème qui perturbe le monde rural depuis dix ans. Au-delà des sourires
et des critiques qui ont pu accompagner cette initiative alors que d'autres questions
pouvaient apparaître plus cruciales, la décision unanime de l'Assemblée… ".
Unanime
? Oui, décision prise à l'unanimité des 33 parlementaires présents dans l'hémicycle
ce matin-là comme le précise le compte rendu de séance dont le verbatim officiel
(2) fait d'ailleurs apparaître que dès ce jour-là, la
cause du loup " ré-introduit " était déjà largement entendue.
Le
problème, pour les journalistes que nous sommes, n'est pas de trancher contre
ou pour le loup. D'autant plus que le loup se moque autant de nos jugements que
de ceux des parlementaires. Ce que nous mettons en cause, c'est la façon dont
des représentants de la Nation jouent artistement à la vérité pour des fins purement
électorales. A cet égard, le rapport publié est fascinant.
Ainsi,
les parlementaires écrivent : " on rappellera que le 20 juillet 2002, 404 moutons
ont péri à la suite d'un décrochement provoqué par un loup ". Ce qui est faux,
tout simplement. Le loup ne porte aucune responsabilité dans cet accident. Cela,
rapports et témoignages à l'appui, nous aurions pu au moins l'expliquer, si la
Commission d'enquête avait accepté de nous entendre comme nous l'avions demandé
par courrier dès le 15 novembre. Nous avions écrit pour cela au Président de la
Commission, à son rapporteur et à tout le bureau. Nous n'avons même pas été honorés
d'une réponse, positive ou négative, malgré deux lettres de relance en janvier
et février. Alors que, nous le précisions bien dans notre courrier, nous souhaitions
simplement aider la Commission à faire le tri dans les informations que les partisans
et adversaires du loup font circuler dans les Alpes et dans les cercles agricoles.
Nous aurions pu faire remarquer qu'il n'existe pas de " bureau de la nature "
au ministère de l'écologie comme il est écrit dans le rapport mais une " Direction
de la nature et des paysages ". Erreur vénielle sans doute mais qui en dit long
sur le sérieux des informations collectées par les parlementaires.
En
parcourant la longue liste des 285 personnes entendues, nous constatons qu'aucun
journaliste ni aucun média n'ont été consultés. Comme si l'information dégagée
des préoccupations politiques était redoutée. Dans cette liste ne figure d'ailleurs
aucun garde-moniteur du Parc du Mercantour ou d'un autre parc national. Leurs
témoignages sur les multiples pressions et menaces qu'ils subissent auraient sans
doute été trop gênants.
Nous
avons remarqué aussi, que par crainte de ces discussions qui font jaillir les
bonnes informations, les parlementaires ont entendu les protecteurs sans les confronter
aux représentants des éleveurs ; et vice-versa ; et ainsi de suite : les fonctionnaires
avec les fonctionnaires, les élus avec les élus, les scientifiques avec les scientifiques.
Chacun dans sa niche, les informations n'en étaient que mieux gardées.
Le
rapport consacre évidemment un passage important " à l'hypothèse de lâchers des
loups " face à " l'autre thèse, celui du retour naturel ". Malgré les déclarations
formelles (sous serment, il faut le rappeler) des scientifiques relatées dans
les annexes du rapport, la commission écrit : " Petit à petit, la réflexion des
commissaires a évolué vers l'idée qu'il n'y avait peut-être pas de contradiction
absolue entre les deux thèses ". Pour ceux qui seraient surpris par cette contorsion
dialectique destinée aux électeurs, rappelons que la ré-introduction était l'hypothèse
de départ des parlementaires réunis le 5 novembre 2002.
Curieusement,
le rapport n'évoque jamais quatre aspects pourtant connus et relatés par la presse
:
-
Que
les éleveurs des Alpes-Maritimes, pour la plupart, refusent les chiens et les
aides parce que le loup cesserait alors d'être un problème politique.
-
Que les
chiens errants font des dégâts considérables dans les troupeaux.
-
Que de
nombreux éleveurs des Alpes-Maritimes passent souvent une semaine sans monter
voir leurs troupeaux et qu'ils sont les plus gros consommateurs d'aide-bergers
payés par la collectivité mais que l'on voit rarement sur les alpages.
-
Que si,
surtout dans les Alpes-Maritimes, les éleveurs ne tiennent pas à ce que l'on s'intéresse
de trop à leurs activités, c'est parce les troupeaux sont souvent " sous-déclarés
" en nombre, ce qui permet un fructueux marché noir de la viande ovine ; viande
évidemment " ignorée " à la fois par les services fiscaux et les services sanitaires.
Parmi les 25 mesures proposées, l'une d'elles - au moins - ne peut que conforter
nos inquiétudes sur les effets de la décentralisation en marche. Elle vise à "
donner aux maires le pouvoir de faire exécuter une décision de leur conseil municipal
visant à l'élimination, par tir sélectif, d'un loup ou d'un lynx dangereux ".
Il
en est donc du loup comme de la journée sans chasse légale supprimée, les parlementaires
auront pris leurs décisions en refusant d'examiner toutes les informations disponibles
et sous la pression d'un lobby ruraliste largement minoritaire dans le pays mais
détenteur d'un potentiel de voix qui, bien que réduit, permet de faire et défaire
les majorités locale, départementale, régionale et nationale.
Les
loups français ne sont pas prés d'atteindre l'âge de la retraite. Il est vrai
qu'ils ne sont plus guère que 26. Contre 500 en Italie et 1500 en Espagne.(3)
Par Claude-Marie Vadrot
Président
des JNE

(1)
Disponible à l'assemblée nationale et à la Documentation française
(2)
Voir le détail de notre dossier loup établi à cette époque et qui figure encore
dans les archives accessibles
de notre site
www.jne-asso.org/dossiers_loups.html
(3)
Voir le dossier de France-Nature-Environnnement également publié le 15 mai.
Mission
loup FNE, 8 Rue Adèle Riton,
67000 Strasbourg,
03 88
32 91 14 ; télécopie 03 88 22 31 74 - 


A l'heure où la protection du loup est de plus en plus menacée en France, et où
un rapport parlementaire est en cours d'élaboration voici une pétition lancée
par le Groupe Loup France, le WWF et la SPA. Pour vous la procurer et la signer,
rendez-vous sur le site du Groupe Loup France :
www.glf.hurlements.info


Samedi 18 et dimanche 19 janvier 2003, protecteurs de la nature attachés à l'avenir
du pastoralisme, bergers et éleveurs respectueux de la biodiversité se sont retrouvés
lors des premières rencontres nationales de l'écopastoralisme organisées par France
Nature Environnement et l'ACP (Association pour la cohabitation pastorale).
Ensemble,
bergers, éleveurs, militants de la protection de la nature, nous déclarons que
la réapparition des grands prédateurs est une épreuve supplémentaire mais une
épreuve de vérité. Ou nous saurons habiter la montagne en prenant en compte les
nouveaux enjeux de la société tout entière - dont la défense de la biodiversité
-, ou le pastoralisme en souffrira.
Ensemble,
nous demandons au gouvernement :
-
de maintenir l'élevage de montagne ;
- de mettre en place de façon pérenne
les mesures permettant de valoriser une production de qualité (fromage " dé Pescaous
", " broutard du pays de l'ours ") ;
- de valoriser le métier de berger (développement
et harmonisation de la formation, aides à l'embauche) ;
- de s'impliquer durablement
dans les mesures d'accompagnement de la présence des grands prédateurs en alliant
compensation et prévention ;
- d'assurer la présence à long terme du loup,
de l'ours et du lynx dans nos massifs. Il y a urgence : c'est avant la saison
d'estive 2003 qu'il faut agir. Enfin, nous attendons de la commission d'enquête
parlementaire sur le loup et le pastoralisme qu'elle intègre l'ensemble de ces
demandes.
Contact
presse : |
| Pierre
ATHANAZE (FNE) | 06
08 18 54 55 |
| Christophe
AUBEL (FNE) | 01
43 36 04 72 |
| Catherine
BRUNET (ACP) | 05
61 05 83 73 |
| Gérard
CAUSSIMONT (FIEP) | 05
59 34 90 19 |
François-Marie
PERRIN (association des bergers des Hautes-Alpes) | 04
90 65 97 07 |
Les
temps modernes
Déclaration
commune des participants aux premières rencontres nationales de l'éco-pastoralisme.
La
réunion de Lavelanet de Comminges est une date importante. Nous, éleveurs, bergers
de Franche-Comté et du Jura, des Alpes et des Pyrénées et protecteurs de la nature
avons souhaité nous rencontrer pour parler du loup, de l'ours et du lynx. C‚est
une grande première. Depuis que le loup est revenu dans les Alpes voici dix ans,
le lynx dans le Jura et les Vosges et depuis que la population d'ours a été renforcée
dans les Pyrénées, on entend dire partout, dans la bouche de responsables agricoles
et d'élus, et donc dans la presse, que la cohabitation entre le pastoralisme et
les grands prédateurs est impossible.
C'est faux ! Elle est difficile, parfois
très difficile. Mais d'abord parce que le pastoralisme, victime du productivisme
et frappé par la concurrence internationale et la mondialisation, est plongé dans
une crise si grave qu'elle met en danger sa survie. La réapparition des grands
prédateurs est une épreuve supplémentaire mais une épreuve de vérité. Ou nous
saurons habiter la montagne en prenant en compte les nouveaux enjeux de la société
tout entière - dont la défense de la biodiversité -, ou le pastoralisme en souffrira.
Et ce serait un drame. Car le pastoralisme est une histoire vieille de plusieurs
milliers d'années, qui démontre que l'homme est capable de vivre dans la nature,
avec elle. Ceux qui refusent la présence des animaux sauvages sont contre cette
filiation, pour nous, essentielle. Nous pensons différemment. Nous pensons que
la tradition la plus ancienne et la modernité la plus actuelle peuvent et doivent
se rencontrer. Le monde entier à Johannesburg, il y a six mois, a proclamé que
la défense de la vie sur terre était désormais la première des priorités. Nous
en sommes d'accord. En Afrique, avec l'éléphant et le gorille. En Asie, avec le
tigre et l'orang-outan. En Europe, avec le loup et l'ours.
Nous avons le sentiment
d'être des pionniers. Notre réunion annonce des temps nouveaux, des temps modernes.
La confrontation avec la faune sauvage nous offre la possibilité, à nous éleveurs
et bergers, à nous protecteurs de la nature, de redéfinir nos relations avec la
vie, la vie sauvage. Ce sera dur, cela prendra du temps. Cela demandera des efforts,
et des aides. Mais nous y croyons. Nous croyons que l'avenir appartient à ceux
qui sauront partager l'espace en pensant à ceux qui viendront après eux.
Lavelanet-de-Comminges,
Le 19 janvier 2003.
France
Nature Environnement, la Fédération française
des associations de protection
de la nature et de l'environnement
Source
: Info Presse
www.info-presse.net/presse/


10
ans après le retour naturel du loup en France, certains députés cherchent encore,
malgré la réalité scientifique, à faire croire qu'il a été réintroduit, pour faire
tomber son statut de protection. En créant une "commission d'enquête sur les conditions
de la présence du loup en France", ils tentent de transformer le loup en bouc
émissaire de la crise de la filière ovine. L'ASPAS dénonce cette démarche mensongère,
et refuse de prendre part à cette commission bidon.
Certains
prennent leurs délires pour des réalités ; et l'on devine pourquoi. N'en déplaise
à ses détracteurs, le loup est revenu naturellement d'Italie, au début des années
90. "L'étude génétique sur les loups du Mercantour", du laboratoire d'écologie
alpine de l'université Joseph Fourier (Grenoble - 1996), ainsi que les derniers
travaux scientifiques le prouvent.
Il
est regrettable que 10 ans après le retour naturel du loup, certains éleveurs
et quelques parlementaires clientélistes en soient encore à ce niveau de désinformation.
En effet, la crise de la filière ovine est hélas bien réelle, mais ses raisons
fondamentales sont étrangères à la présence du loup. Cette filière, parent pauvre
de l'agriculture française, est victime de la très forte concurrence des viandes
anglaises et néo-zélandaises, beaucoup plus compétitives.
D'autre part, la
présence du loup est tout à fait compatible avec l'activité pastorale, à la condition
évidente que les troupeaux soient correctement gardés ; de plus, des moyens de
protection efficaces existent (voir page suivante) et sont pris en charge financièrement
par l'Etat.
Alors,
pourquoi continuer à s'enferrer dans une démagogie sans issue, en stigmatisant
27 loups qui ont naturellement leur place, qui sont de toutes façons protégés
par la loi, et qui représentent, loin d'une menace, une formidable opportunité
touristique et économique pour les régions concernées ?
Un jour de 1995, Benoit
Ayotte, spécialiste canadien du loup, de passage en France, nous interrogeait
: " Il y a 600 loups en Italie et tout va bien ; il y a 2000 loups en Espagne
et l'élevage ovin y est florissant ; rien qu'au Québec, il y a 8000 loups et personne
n'en parle : que se passe t-il en France avec 20 loups ?"
L'ASPAS demeure très vigilante sur ce dossier et poursuit son action d'information
et de protection, conformément à la réglementation en vigueur. Et si, par impossible,
malgré les évidences scientifiques, cette commission arrivait à conclure à la
réintroduction du loup afin d'obtenir son élimination, l'ASPAS demanderait le
remboursement des aides perçues par les éleveurs ; en effet, dans ce cas de figure,
les subventions et fonds Life perçus pour accompagner le retour naturel du loup
l'auraient été illégalement.
L'ASPAS
a envoyé un courrier, dans ce sens, au Président de l 'Assemblée Nationale.
Quelques rappels utiles au sujet du loup en France :
-
La population de loups sauvages en France est estimée aujourd'hui à 27 individus
(source réseau loup ONCFS)
-
Le loup est revenu naturellement en France, depuis l'Italie ; "l'étude génétique
sur les loups du Mercantour" (1996) de l'université Joseph Fourier de Grenoble
le prouve.
-
Le loup bénéficie en France d'un statut de protection intégrale, grâce à la convention
de Berne, ratifiée par la France en 1993, à la Directive Habitats n°92/143/CE
de 1992, et à l'article L.211-1 du code rural.
-
Le loup est étranger au naufrage économique de la filière ovine française, victime
d'une très forte concurrence néo-zélandaise et anglaise, et qui survit sous perfusion
des subventions européennes (60 % de ses revenus).
-
En 2001, les loups ont tué 1466 bêtes alors que les chiens errants en ont tué
20 000 dans la même zone. Si l'on prend en compte les autres causes de mortalité
(foudre, brucellose, dérochements), le loup n'est à l'origine que de 1 % de la
mortalité ovine en France.
À la différence des attaques dues à des chiens,
toutes les attaques imputées au loup ont été indemnisées, pour un montant de 172
e en moyenne par bête (chiffres 2001).
-
Les loups sont des animaux discrets, très craintifs, et donc totalement inoffensifs.
Aucune attaque sur l'homme n'a jamais été démontrée.
-
La présence du loup est tout à fait compatible avec le pastoralisme, à la condition
évidente que les troupeaux soient correctement gardés. Des moyens de protection
efficaces ont fait leur preuve (chiens de protection, aide bergers, parcs de contention
nocturne). Des aides financières sont d'ailleurs prévues pour encourager leur
mise en place.
-
Du point de vue écologique, la présence du loup est un gage de bonne santé, d'équilibre,
et de richesse de la biodiversité.
-
La présence du loup est une véritable opportunité économique et touristique pour
les populations locales. Le parc des Abruzzes en Italie, qui a su tirer profit
de sa présence, accueille chaque année cinq millions de visiteurs. Le loup est
un formidable atout pour le tourisme nature.
La
brochure "Bienvenue au loup" peut être envoyée aux journalistes sur simple demande.
Communiqué
de presse du 3 décembre 2002
Contact :
Olivier
Rousseau
04 75 25 10 00
Michel Vendeville
05 56 69 06 19
ASPAS -
Association pour la Protection des Animaux Sauvages
BP 505 - 26401 CREST Cedex


La
Commission "Sur la présence du loup en France" sera
définitivement constituée
(avec président, bureau et rapporteur)
le mercredi 20 novembre 2002
Composition
de la commission : (9 Ko)
En 2001, il y a eu en France 368 attaques de loups ayant entraîné 1830 victimes,
essentiellement des moutons. Depuis novembre 1992, date de l'apparition officielle
du loup sur le territoire français, la plus mauvaise année pour les éleveurs et
les bergers, aura été 1999 avec 313 attaques et 1927 victimes. Les chiffres sont
à la fois officiels et incontestables puisque établis, vérifiés et confirmés par
le programme Life-loup, par la Commission de Bruxelles et le ministère de l'Ecologie.
Au cours de la même année, les attaques de chiens " errants ", c'est-à-dire abandonnés
ou ayant échappé provisoirement à leurs propriétaires, ont provoqué un peu plus
de 30 000 victimes. Non remboursés alors que les brebis tuées ou blessées lors
des attaques de Canis Lupus le sont, en application de la loi. Devant cette hécatombe,
l'assemblée nationale a donc décidé, le 5 novembre, à l'unanimité des 32 députés
présents en séance, de créer une Commission d'enquête parlementaire. Non pas sur
la question des chiens errants qui deviennent pour de nombreux éleveurs de plaine
ou de montagne une calamité sur tout le territoire français, mais sur le loup,
"ce pelé, ce galeux".
La constitution de la Commission d'enquête a été programmée pour le
12 novembre
à 15 heures. Notre association fournira en temps utile sa composition, mais pour
les postulants, à commencer par le parlementaire Estrosi, président du Parc national
du Mercantour, la cause est déjà entendue. Il s'agit de produire un rapport qui
permettra de demander à Madame Roselyne Bachelot d'autoriser des tirs contre des
loups qui sont actuellement, toujours selon les chiffres officiels, au nombre
de 27 répartis entre le Mercantour, le plateau du Vercors dans la Drôme, les Alpes
de Haute-Provence, l'Isère, le Queyras et les Hautes-Alpes. Contre 2500 en Espagne,
au moins 800 en Italie et 350 au Portugal.
La dernière enquête menée par des
parlementaires avait, il y a quelques années, déjà exigé des éliminations de loups
et au cours du compte- rendu de cette mission, un député avait dénoncé les " lâchers
de vipères effectués par le ministère de l'environnement ".
En ces temps où
les élus locaux et régionaux réclament, en se les disputant comme des chiffonniers,
tous les pouvoirs en matière d'environnement et de protection de la nature, on
imagine facilement le destin du loup, si son avenir était confié à la seule responsabilité
des élus de Nice et des Alpes Maritimes.
Sans aucune honte, les élus de ce
département et quelques autres, alignent les éléments de la désinformation dans
leurs déclarations. Ils s'en vont répétant qu'il est scandaleux d'avoir réintroduit
le loup en France alors que tous les naturalistes et scientifiques, comme le Ministère
de l'Ecologie savent qu'il n'en est rien.
Ils s'en vont répétant que chaque
année le loup fait " des milliers de victimes ". Ils s'en vont répétant que le
loup mange les proies de chasseurs, en oubliant de rappeler à leurs auditeurs
que la chasse est interdite dans le parc et qu'ailleurs le gibier se porte fort
bien.
Ils s'en vont répétant que le loup condamne l'avenir de l'élevage de
moutons en montagne alors que celui-ci est hélas condamné par les circonstances
économiques et que si l'Europe, le Parc du Mercantour et les aides de la loi d'orientation
agricole n'existaient pas, il n'y aurait plus d'éleveurs ni de bergers dans les
Alpes du Sud. Comme le disait il y a trois ans le conseiller pour la nature de
Dominique Voynet : " à chaque fois qu'un loup mange une brebis, elle est déjà
payée par les subventions ". Ce qui n'empêche pas un remboursement. Lequel est
normal puisque les bergers du Mercantour et alentours, y compris ceux qui passent
plus de temps dans les " bistrots du bas " qu'auprès de leurs troupeaux, participent
à l'entretien de la montagne, fonction écologique qui en vaut une autre et qui
n'enlève rien à la difficulté de ce métier.
Ils s'en vont répétant, les élus,
que les loups font peur aux touristes alors que le contraire est largement prouvé
et que dans le parc national des Abruzzes, en Italie, une centaine de loups contribue
à attirer les cinq millions de touristes qui y passent chaque année, y compris
pour les sports d'hiver.
Ils s'en vont répétant, les élus, que la présence
du loup fait courir des (je cite) " risques permanents aux habitants des régions
infestées ". Or, en Italie depuis des dizaines d'années, en Espagne, au Portugal
et évidemment en France, aucune attaque de loup contre l'homme n'a été enregistrée.
Le plus intéressant, si l'on ose dire, c'est que les députés vont " enquêter
" en plein hiver, la saison pendant laquelle il n'y a pratiquement pas de brebis
en montagne.
Nous demanderons à être entendus au cours de cette enquête et
nous la suivrons pour éviter que les uns et les autres racontent n'importe quoi.
C'est notre rôle.
Par Claude-Marie Vadrot
Président des JNE
PS : Le loup n'étant pas la seule calamité nationale, la ministre de l'écologie
vient de décider par décret que la martre, le putois et ce fauve gigantesque qu'est
la belette, sont à nouveau classés parmi les nuisibles. La presse n'a, pour l'instant,
reçu aucun rapport scientifique, justifiant une mesure contraire à celle qui avait
été prise au mois de mars 2002.



Il
y aura bientôt 10 ans, le 5 novembre 1992, un couple de loups, libre et sauvage,
était observé dans le Parc national du Mercantour alors que l'espèce avait disparu
de notre sol depuis plus d'un demi-siècle. Protégé par la loi italienne, le loup
est alors en expansion chez nos voisins et il était logique qu'il arrive un jour
en France à la recherche de nouveaux territoires.
L'opinion publique, les
milieux scientifiques et les protecteurs de la nature saluent ce retour comme
un événement biologique positif qui nous offre l'occasion inespérée de repenser
notre relation à la vie sauvage.
Aujourd'hui,
25 à 30 loups peuplent les Alpes françaises. Ce 5 novembre, pourtant, nombreux
seront ceux qui manqueront à la fête : au moins 15 individus, en effet, ont été
tués depuis 1995, victimes du poison et du fusil, autrement dit de l'intolérance
de certains malgré les mesures d'accompagnement mises en place dès 1993 et destinées
à faciliter la coexistence du pastoralisme et du prédateur.
Bien
que la présence du loup soit, il est vrai, une contrainte supplémentaire pour
les bergers et les éleveurs, sa prédation sur les troupeaux n'est pas une fatalité
: financés par la France et la Commission européenne, des moyens de prévention
efficaces existent (chiens patous, aides-bergers, parcs de regroupement nocturne)
mais encore faut-il qu'ils soient acceptés.
La comparaison des résultats obtenus
dans les Hautes-Alpes, avec ceux des Alpes-Maritimes, est à ce titre édifiante
! En 2001, la perte de 97 brebis a été attribuée* à Canis lupus dans les Hautes-Alpes
où neuf individus étaient recensés. Dans le même temps, dans le département des
Alpes-Maritimes, qui compte une douzaine de loups et deux fois moins de troupeaux,
ce ne sont pas moins de 1152 brebis dont la mort a été imputée* au prédateur sauvage.
Comment expliquer cette différence autrement que par le succès flagrant des mesures
de protection des troupeaux d'un côté et par un gardiennage défaillant de l'autre
?

Voir les
autres graphiques en bas de page 
C'est
sur ce problème que certains élus locaux et les syndicats agricoles devraient
se pencher sans négliger, bien sûr, les causes profondes de la crise du pastoralisme
(concurrence internationale, problèmes sanitaires, mévente d'une production de
qualité, etc). Ils trouvent cependant plus confortable de demander l'éradication
d'une espèce pourtant protégée par le droit français et international, dupant
du même coup nos concitoyens qui préfèrent miser sur une cohabitation intelligente
entre l'homme et la nature. France Nature Environnement n'hésite pas à dire que
l'avenir est du côté des éleveurs et bergers qui ont fait le choix d'un pastoralisme
de qualité, en refusant la démagogie et en optant pour des pratiques respectueuses
de la nature. Que l'on ne s'y trompe pas : ce sont ces professionnels sérieux
et courageux faisant peu parler d'eux qui méritent d'être soutenus !
Alors
que le deuxième programme LIFE-Loup prend fin dans deux mois, France Nature Environnement
et ses associations fédérées demandent à l'Etat français de s'engager dans une
stratégie pérenne d'aide aux éleveurs leur permettant de mettre en place les techniques
pastorales de protection des troupeaux, seul moyen pour limiter les attaques du
loup à un moindre coût financier et pour s'engager sur la voie d'un pastoralisme
durable grâce au gardiennage des brebis. Parallèlement, il est indispensable que
soit mis en place un système d'assurance " grands prédateurs ". Nous demandons
aussi avec force que la France maintienne une volonté ferme de protection du loup
pour que les générations futures n'aient pas à déplorer la disparition d'une espèce
prestigieuse due à un manque de volonté politique !
Christophe Aubel,
responsable
de la Mission Loup de FNE.
*
À défaut de preuves, le doute profite à l'éleveur : toute attaque de " grand canidé
" (loup ou chien) survenant sur une zone de présence du loup est attribuée à celui-ci
par l'administration afin que l'éleveur soit indemnisé.
France
Nature Environnement, la Fédération française
des associations de protection
de la nature et de l'environnement
Source
: Info Presse
www.info-presse.net/presse/



Lieu
: Italie / France
Réalisateur : Clément Fonquernie et Claude-Marie
Vadrot
Images : Pascal Carron et Stéphane Jobert
Depuis
le retour du loup dans le Mercantour à l'automne 1992, la tension est particulièrement
vive entre les éleveurs de moutons, le ministère de l'Environnement et les responsables
du parc national. Un attentat a même été commis contre des installations du parc.
Pourtant la cohabitation entre loups et bergers est parfois possible. Dans les
Abruzzes, à 200 km seulement de Rome, le loup est devenu un atout touristique
majeur pour une région qui a su, grâce à une politique de qualité (AOC) et des
mesures de prévention efficaces (chien Patou), maintenir un élevage dynamique.
Durée : 26'
Support : Beta SP, Beta num, VHS
Thème : Environnement
/ Nature / Animaux / Agriculture
Disponible : en VI et en version française
Production : AED
Année : 1999
3 Extraits sur le site de l'aed
:
Gardien de loup : www.aed-dmf.com/liengardiendeloup.ram
l'Arma Blanca : http://www.aed-dmf.com/lienarmablanca.ram
Le parc des Abruzzes : http://www.aed-dmf.com/lienParcabruzzes.ram


Les
analyses, enfin réalisées, sont formelles : le louveteau, trouvé mort à la fin
de l'été dans le Parc national du Mercantour, a été empoisonné.
Les
opposants au loup continuent donc leur sale besogne, sans vergogne, sans entrave
et menacent ainsi d'éliminer la faible population de loups du Mercantour, mettant
ainsi en péril l'ensemble de la faune sauvage. Les randonneurs, qui manipuleraient
par mégarde un appât empoisonné, courent aussi un risque mortel. Mais il faut
croire que ces braconniers ne reculent devant rien puisque le poison a été répandu
en août, en pleine saison touristique !
France
Nature Environnement condamne cet acte inexcusable et irresponsable qui a probablement
eu des conséquences sur le reste de la meute. En effet, ce louveteau, âgé d'environ
quatre mois au moment de sa mort, n'était pas encore autonome au niveau alimentaire.
Il est donc probable que d'autres membres du groupe (louveteaux et/ou adultes)
aient, eux aussi, péri empoisonnés.
Il s'agit de la meute de Vésubie/Tinée où la première observation de loups a eu
lieu il y a maintenant 10 ans. Ces animaux ont déjà subi une intense pression
de braconnage puisque, malgré des reproductions régulières, leur nombre était
tombé à deux individus depuis deux ans. L'espoir de voir, avec ces louveteaux,
la reconstitution du clan se réaliser, est aujourd'hui anéanti.
Le
contexte des Alpes-Maritimes est décidément très particulier. C'est le département
qui engloutit les plus fortes sommes en mesures préventives (avec un budget "aides-bergers"
dévoyé dans la mesure où, la plupart du temps, des personnes non qualifiées sont
employées en lieu et place d'un berger qui n'existe pas) et en indemnisations.
Celles-ci sont versées sans condition : que l'éleveur protège correctement son
troupeau ou non. De plus, on assiste, depuis 1995, à une série d'actes d'opposition
au loup totalement impunis à ce jour : les tirs et les empoisonnements s'ajoutent
aux actes de vandalisme contre les locaux du Parc national du Mercantour et à
la séquestration de personnes. Jusqu'où faudra-t-il aller pour que l‚Etat prenne
enfin ses responsabilités et démontre que ce département n'échappe pas aux lois
de la République ?
C'est
pourquoi, France Nature Environnement demande avec force :
- que le ministère de l'Ecologie et du Développement Durable dépose plainte pour
destruction d'espèce protégée ;
-
et donc, qu'une enquête soit menée avec célérité et détermination pour démasquer
le ou les coupables ;
-
et que des moyens conséquents soient donnés aux agents de l'Etat afin de faire
respecter la loi sur le terrain (FNE rappelle que cette affaire s'ajoute à quinze
autres cas de braconnage et qu'elle a déjà coordonné quatre campagnes de terrain
afin de lutter contre ce fléau sans pour autant que l'Etat réagisse en conséquence).
Christophe
Aubel,
responsable de la Mission Loup de FNE
Contact presse
:
Florence Englebert :
08.04.58.17.17
Stéphanie Morelle :
03.88.32.91.14 France
Nature Environnement,
la Fédération française des associations de protection
de la nature
et de l'environnement
Source : Info Presse
www.info-presse.net



Le
Groupe Loup France, partenaire du WWF France, condamne fermement les actes criminels
et inconscients qui ont provoqué l'empoisonnement d'un louveteau dans le Parc
National du Mercantour et la mort d'un loup par piège à mâchoires dans les Hautes-Alpes.
Au
nom de nos adhérents, nous espérons que la justice fera toute la lumière sur ces
affaires et que la loi sera enfin respectée. Nous prenons acte, avec satisfaction,
de la décision du ministère de l'Ecologie d'avoir demandé au préfet des Alpes-Maritimes
de porter plainte, au nom de l'Etat, pour l'empoisonnement du louveteau. En cette
période de décentralisation, voilà pour les pouvoirs publics locaux une occasion
de montrer qu'en matière d'environnement, ils sauront prendre la mesure de la
menace que certains inconscients, criminels potentiels, font peser sur l'environnement
de leur propre région. Nous les appelons à dénoncer ces actes avec toute la vigueur
nécessaire.
Ces
actes stupides mettent, hélas, en lumière le malaise profond du monde rural en
général et du monde de l'élevage en particulier. La disparition dramatique du
nombre d'exploitations agricoles et d'éleveurs, depuis trente ans, n'est pas due
à la présence d'une trentaine de loups sur notre territoire.
Nous
appelons le président de la Commission d'Enquête Parlementaire nouvellement désigné,
Monsieur Christian Estrosi, à ouvrir un débat lucide et objectif sur les conditions
de vie et de travail des éleveurs et sur les causes réelles de la situation économique
catastrophique de la filière ovine française.
Pour en savoir plus, dossier complet sur les sites web du Groupe
Loup France et du WWF-France.
Contacts
:
Jean-François Darmtaetedter,
04 92 68 36 26
Bertrand Sicard,
06 09 26 82 21
et Jacques Baillon,
02 38 63 18 01


