REPONSE du 5.02. 2003 (Réunion publique présidée par K-H. Florenz à Bruxelles)
à la proposition de REGLEMENT DU PARLEMENT EUROPEN ET DU CONSEIL
relatif aux détergents.
(Bruxelles, le 4.9.2002)

Le texte même du règlement qui prévoit une meilleure mesure de la biodégradabilité des tensio-actifs (surfactants), dite biodégradabilité finale, est tout à fait acceptable. Les définitions et l'obligation de procéder à des tests de biodégradabilité finale représentent même un progrès par rapport aux anciens textes. Malheureusement ces avancées sont totalement remises en cause par les annexes qui définissent les modalités de mesure de cette biodégradabilité finale. Nous avons l'impression, sinon la certitude, que les personnes qui ont rédigé ce texte ont cherché à fourvoyer les parlementaires en leur donnant l'illusion d'une amélioration notable de la réglementation, alors qu'en pratique ce texte ne servira à rien, vidé de sa substance par des annexes qui remettent tout en question.

Tout d'abord le niveau de biodégradabilité finale de 60% en 28 jours n'est pas acceptable. Même si les 60% du produit dégradé le sont en gaz carbonique, en eau et en biomasse, sous quelle forme se trouvent les 40% qui restent ?
Peut-on parler d'avancée technologique par rapport au niveau de 80% de biodégradabilité primaire en 21 jours qui était la règle auparavant ?

On peut en déduire que dans les conditions naturelles, une majorité des cycles aromatiques restera intacte, ce qui correspond à une dissémination annuelle d'hydrocarbures aromatiques dans l'environnement équivalent à plusieurs marées noires, d'autant plus dangereuses qu'elles sont invisibles.

Il apparaît clairement que les fabricants de détergents veulent se laisser toutes les chances de maintenir sur le marché des substances peu dégradables.
Que veut le législateur ? Une mesure de biodégradabilité ou une réelle biodégradabilité ? Ce nouveau règlement se doit d'apporter un progrès quant à la protection de l'environnement et non un toilettage de façade.
Ce règlement ne doit donc pas être un alibi.
La biodégradabilité doit être mesurée sur le produit complet et non sur les seuls composants isolés. Comme dans toute situation à risque, le principe de précaution doit prévaloir. Il faut penser à l'avenir de notre agriculture, à la qualité de l'eau que nous buvons et à notre qualité de vie tout simplement.
Dans ces conditions, et afin de respecter l'esprit du projet de directive, il serait nécessaire d'augmenter le seuil de biodégradabilité à 70%, afin qu'il y ait dans ce cas obligation de vérifier la toxicité éventuelle des résidus aromatiques.

Le Collectif
Bruxelles 05/02/03

 

 

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