COLLECTIF DES SCIENTIFIQUES POUR DES DÉTERGENTS SANS DANGER POUR L'ENVIRONNEMENT - [8 avril 2004]
LESSIVES TOXIQUES y en a marre !
Un projet inquiétant de réglementation européenne sur les détergents
INFLUENCE NEFASTE DES DETERGENTS SUR LA BIOSPHERE MARINE ET L'ECONOMIE DES RESSOURCES Par Henry Augier

 

 

 

 

COLLECTIF DES SCIENTIFIQUES POUR DES DÉTERGENTS SANS DANGER POUR L'ENVIRONNEMENT

RÈGLEMENT (CE) NO 648/2004 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
du 31 mars 2004 (Journal Officiel du 8 avril 2004) - relatif aux détergents -
http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/oj/dat/
2004/l_104/l_10420040408fr00010035.pdf

COMMUNIQUE DE PRESSE

Ce règlement pour lequel nous nous battons depuis notre " APPEL ", signé par 60 scientifiques en 1998, est enfin publié et sa mise en application devrait entrer en vigueur le 8 octobre 2005.
Au plus tard le 8 avril 2007 la Commission se prononcera sur les phosphates. Au plus tard le 8 avril 2009 la Commission entreprendra le réexamen du présent règlement.
Aucun des 9 amendements que nous avons déposés n'a été retenu.

Le texte même du règlement qui prévoit une meilleure mesure de la biodégradabilité des tensioactifs (surfactants), dite biodégradabilité finale, est tout à fait acceptable. Les définitions et l'obligation de procéder à des tests de biodégradabilité finale représentent même un progrès par rapport aux anciens textes. Malheureusement ces avancées sont totalement remises en cause par les annexes qui définissent les modalités de mesure de cette biodégradabilité finale. Nous avons l'impression, sinon la certitude, que les personnes qui ont rédigé ce texte ont cherché à fourvoyer les parlementaires en leur donnant l'illusion d'une amélioration notable de la réglementation, alors qu'en pratique ce texte ne servira à rien, vidé de sa substance par des annexes qui remettent tout en question.

Tout d'abord le niveau de biodégradabilité finale de 60% en 28 jours n'est pas acceptable. Même si les 60% du produit dégradé le sont en gaz carbonique, en eau et en biomasse, sous quelle forme se trouvent les 40% qui restent ?
Peut-on parler d'avancée technologique par rapport au niveau de 80% de biodégradabilité primaire en 21 jours qui était la règle auparavant ?
Prenons le cas des LAS, la simple mesure de la biodégradabilité primaire ignore complètement le problème posé par les résidus aromatiques qui en résulte. C'est pourquoi la notion de biodégradabilité ultime aurait pu être une bonne approche, à condition que le niveau exigé soit suffisamment ambitieux pour ne pas laisser passer la barrière législative par des composés susceptibles de générer des produits toxiques et/ou résistants, car dans ce cas, vu qu'ils ne seront pas obligés de satisfaire aux exigences de l'annexe IV, ils seront directement mis sur le marché. La barre fixée à 60% de biodégradabilité ultime est trop basse, car elle permet d'exonérer des familles importantes de tensioactifs des mesures d'évaluation nécessaires.

On peut en déduire que dans les conditions naturelles, une majorité des cycles aromatiques restera intacte, ce qui correspond à une dissémination annuelle d'hydrocarbures aromatiques dans l'environnement équivalent à plusieurs marées noires, d'autant plus dangereuses qu'elles sont invisibles.

Il apparaît clairement que les fabricants de détergents ont voulu se laisser toutes les chances de maintenir sur le marché des substances peu dégradables. Que voulait le législateur ? Une mesure de biodégradabilité ou une réelle biodégradabilité ? Ce nouveau règlement se devrait d'apporter un progrès quant à la protection de l'environnement et non un toilettage de façade. Ce règlement apparaît donc comme un alibi. La biodégradabilité devrait être mesurée sur le produit complet et non sur les seuls composants isolés. Comme dans toute situation à risque, le principe de précaution aurait dû prévaloir. Il aurait fallu penser à l'avenir de notre agriculture, à la qualité de l'eau que nous buvons et à notre qualité de vie tout simplement. Actuellement l'on peut considérer que le 90% de la dégradation du littoral méditerranéen marin et forestier est dû aux seuls tensioactifs. Mais la véritable alerte viendra peut-être des problèmes d'eau potable, où déjà des traces de détergents ont été observées dans des réseaux d'eau à boire, comme à Barcelone par exemple.

LE COLLECTIF, Excenevex le 1er juin 2004.
Contact : ABC Environnement, Chevilly - 74140 EXCENEVEX mobile : 06 10 25 34 97

 

 

LESSIVES TOXIQUES y en a marre ! Un projet inquiétant de réglementation européenne sur les détergents

LA POSTE française a édité un nouveau timbre en 2001 célébrant l'invention de la machine à laver. Il y a donc un demi-siècle que les premières lessives industrielles apparaissaient avec leur flot de mousse. Un romancier avait même imaginé la planète envahie par la mousse… Sans doute avait-il vu la photo de cette fontaine romaine qui crachait tant de mousse qu'on ne pouvait plus s'en approcher. Lorsque, au début des années soixante nous avions pu obtenir des détergents aux mousses moins généreuses, certains avaient cru que tous les problèmes engendrés par nos produits de nettoyage et nos lessives étaient résolus. Les décideurs n'avaient pas imaginé que nos gestes individuels, ajoutés les uns aux autres allaient nous faire approcher d'un seuil de toxicité insupportable pour la Nature et notre Santé au point de menacer les ressources en eau potable.

LES TENSIOACTIFS

Au début des années soixante-dix, des scientifiques italiens et français alertaient leur entourage en constatant que ces produits de lessive et leurs ingrédients, moussant dans le lavabo, au pouvoir dégraissant, appelés tensioactifs, nous revenaient sous formes d'embruns marins sur tout le littoral méditerranéen.
En dissolvant la cuticule de cire protectrice des aiguilles des pins, ils permettent à l'air marin chargé de sel de brûler les arbres. Leur action étant amplifiée par la présence de fuel. Le constat sous-marin n'est guère plus gai. Nécroses, brûlures des organismes marins et atteinte à la faune.

Mais le ciel est bleu et son miroir, la mer, toujours "LA GRANDE BLEUE".

En 1988, j'avais réalisé un film " Alerte en Méditerranée ", qui bien que diffusé sur FRANCE 3 à Marseille , n'avait pas provoqué la moindre réaction sociale ou politique.

Aujourd'hui la première phase destructrice est accomplie : bien des belles frondaisons de pins plongeant vers la mer, particulièrement à Port-Cros et Porquerolles, ont disparu. En Italie, le delta de l'Arno après Florence, n'est plus qu'un champ de bataille où se dressent les manches à balais des restes des pins parasols. Dans les fonds marins, il n'y a plus grand-chose à voir et des étendues de mattes mortes ont remplacé les prairies sous-marines verdoyantes.

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INFLUENCE NEFASTE DES DETERGENTS SUR LA BIOSPHERE MARINE ET L'ECONOMIE DES RESSOURCES Par Henry Augier

Professeur à l'Université de la Méditerranée
Directeur du Laboratoire de Biologie Marine Fondamentale et Appliquée
Directeur du Centre d'Etudes, de Recherches et d'Informations sur la Mer (CERIMER)
Faculté des Sciences de Luminy, 163 avenue de Luminy 13288 Marseille Cedex 9

Avec la masse des données scientifiques dont on dispose, il n'est plus possible de nier l'influence néfaste des constituants des détergents sur l'ensemble de la biosphère marine. Pratiquement, tous les groupes taxonomiques de la flore et de la faune sont affectés aussi bien au niveau biologique et physiologique que biochimique et cytologique.

DEPERISSEMENT DE LA FLORE LITTORALE

Depuis plusieurs années on assiste à un dépérissement de la flore terrestre dans plusieurs secteurs du littoral méditerranéen et même dans certaines zones protégées comme le Parc National de Port-Cros. Les dommages sont importants sur les pins (Pinus halepensis),mais de nombreuses autres espèces sont également touchées comme le chêne vert (Quercus ilex), le laurier (Laurus nobilis), le laurier rose (Nerium oleander), le troène (ligustrum vulgare), etc…
Les investigations effectuées sur les côtes françaises et italiennes ont permis d'attribuer la responsabilité de ce dépérissement aux eaux marines polluées entraînées par les embruns. L'analyse de ces embruns, collectés à l'aide de pièges, a montré qu'ils véhiculent de nombreuses substances et de nombreux éléments toxiques comme le fluor, le cuivre, le cadmium, le chrome, l'arsenic, etc… Mais les principaux facteurs phytotoxiques sont les tensioactifs et les hydrocarbures qui se retrouvent à des concentrations anormalement élevées dans les aérosols marins. Il a été démontré que ces produits, au premier plan desquels les tensioactifs sont responsables de l'inhibition de la croissance des tissus foliaires et de leur nécrose irréversible.

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COLLECTIF DES SCIENTIFIQUES POUR DES DETERGENTS SANS DANGER POUR L'ENVIRONNEMENT (SCIENTISTS FOR ENVIRONMENTALLY SAFE DETERGENTS)

 

Note concernant la proposition de
REGLEMENT DU PARLEMENT EUROPEEN ET DU CONSEIL
Relatif aux détergents

1) Préambule :

Nos remarques sont fondées à partir des observations réalisées par de nombreux scientifiques depuis l'entrée en vigueur de la législation élaborée dans le milieu des années 70. Force est de constater que depuis les efforts faits pour lutter contre la pollution liée à la présence de mousses, la législation s'est bornée à favoriser l'évolution de tensioactifs vers des formes plus dégradables ou moins persistantes visuellement parlant. Cependant, si les accumulations de mousses ont quasiment disparu du milieu, les études conduites depuis 20 ans, montrent que trois problèmes essentiels persistent, en particulier au niveau des tensioactifs anioniques qui sont les plus commercialisés :

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REPONSE du 5.02. 2003 (Réunion publique présidée par K-H. Florenz à Bruxelles)
à la proposition de REGLEMENT DU PARLEMENT EUROPEN ET DU CONSEIL
relatif aux détergents.
(Bruxelles, le 4.9.2002)

Le texte même du règlement qui prévoit une meilleure mesure de la biodégradabilité des tensio-actifs (surfactants), dite biodégradabilité finale, est tout à fait acceptable. Les définitions et l'obligation de procéder à des tests de biodégradabilité finale représentent même un progrès par rapport aux anciens textes. Malheureusement ces avancées sont totalement remises en cause par les annexes qui définissent les modalités de mesure de cette biodégradabilité finale. Nous avons l'impression, sinon la certitude, que les personnes qui ont rédigé ce texte ont cherché à fourvoyer les parlementaires en leur donnant l'illusion d'une amélioration notable de la réglementation, alors qu'en pratique ce texte ne servira à rien, vidé de sa substance par des annexes qui remettent tout en question.

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Tous les autres dossiers des JNE :


1 - Dossier : Pollution par les détergents
2 - Dossier : Observatoire des médias
3 - Dossier : Méditerranée
4 - Dossier : Les loups
5 - Dossier : Le nucléaire
6 - Dossier : La Guyane
7 - Dossier : Le climat
8 - Dossier : Constitution Européene
9 - Dossier : OGM