30 juin 2003

 
 
 

 

 


SOMMAIRE DE CETTE SEMAINE :

Réunion de famille à la Vanoise : le directeur parle du parc
Parcs, parcs et réserves… Quelques réserves…
Pavillons noirs : Mention spéciale pour Cap Breton

Adossement d'une charte de l'environnement à la constitution : Un enjeu majeur (par FNE)

Environnement : veut-on faire des associations une espèce en voie de disparition ? (par FNE)
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Réunion de famille à la Vanoise : le directeur parle du parc

Pour fêter ses quarante ans, le Parc national de la Vanoise avait invité le 21 juin, le ban et l'arrière-ban de la région. Les fanatiques, les tièdes, les voisins du Parc national italien du Grand Paradis venus à pied, les randonneurs, les naturalistes, les sceptiques et ceux qui attendent encore pour voir, ils étaient des milliers au refuge de Rosuel, sur la commune de Peisey-Nancroix. Une réunion de famille. Avec la ministre de l'Ecologie et du développement durable assurant à tous qu'il n'est pas question, malgré les nombreuses tentations de la décentralisation, de remettre en cause l'existence et le fonctionnement des six parcs nationaux français. Dont acte. Il y a quarante ans, le matin de la parution du décret créant le parc, une escouade de protecteurs de la nature s'était lancée dans la montagne : " jusqu'à la fin du mois d'août, raconte René Varlet, munis de pinceaux, de pots de peinture et des cartes du cadastre, nous avons parcouru toute la Vanoise pour marquer le territoire protégé. A la Gurraz, les gens nous ont accueillis par ces mots : " Si vous mettez de la peinture sur nos rochers, on vous sort à coups de fusils ". Il fallut une réunion à Bourg-Saint-Maurice, en présence du premier directeur, Maurice Bardet avant de pouvoir remonter réaliser ce premier balisage de fortune, avant l'ouverture de la chasse ". Le premier parc national français ne faisait pas que des heureux face aux efforts conjugués et hétéroclites, de certaines communes, des promoteurs de la neige et des chasseurs. Quarante ans plus tard beaucoup de passions se sont apaisées, surtout du côté des chasseurs. Car, comme l'explique Philippe Traub l'actuel directeur : " à cette époque 400 chamois, au plus, subsistaient dans le parc alors qu'aujourd'hui nous en avons environ 6000, sans compter ceux qui, évidemment, vivent à l'extérieur du parc et sont chassables. Mais dès les limites du parc franchies, ils reprennent leur comportement sauvage vis à vis des hommes. Pour les bouquetins, le troupeau était d'une quarantaine d'animaux alors qu'ils sont actuellement 2000 et qu'ils vivent bien au-delà des limites du parc. Nous avons sauvé une espèce qui repeuple toutes les Alpes. " Philippe Traub est le quatrième directeur du parc. Il voudrait que les visiteurs y soient encore plus nombreux et surtout qu'ils restent plus longtemps : " Nous avons une telle richesse, une telle biodiversité de la faune et de la flore, que notre zone centrale, celle que l'on ne parcourt qu'à pied, mérite des promenades de plusieurs jours. Or, actuellement, sur les 800 000 personnes qui viennent dans le parc, seuls 400 000 séjournent dans la zone centrale qui est la plus belle, la plus riche. C'est dommage. D'autant plus que notre parc n'est pas seulement superbe en juillet et août ; juin et septembre offrent des spectacles extraordinaires et il y a moins de monde ". Avec ses 63 salariés dont 38 sont en permanence sur le terrain, les moniteurs-gardes qui mènent à la fois un travail scientifique, un travail de relations publiques et l'accueil des visiteurs " souvent perdus dans la nature " raconte l'un d'eux, Philippe Traub estime que le parc a rempli sa mission : " nous avons sauvé, réhabilité 53 000 hectares qui sont à la disposition des générations futures ". Non seulement intactes, mais effectivement encore plus riches qu'en 1963. Ainsi s'est réalisé le rêve du grand photographe de montagne Samivel mais aussi celui d'intellectuels comme Giono, Duhamel et André Malraux, qui pesèrent sur un monde politique indifférent pour qu'une loi invente les parcs nationaux en 1960 et pour que le premier d'entre eux soit celui de la Vanoise. Sans compter quelques élus locaux comme le maire de Bonneval-sur-Arc qui se battirent contre leurs collègues pendant des années. Le parc fut heureusement moins élitiste que ne le souhaitaient ses promoteurs et il est aujourd'hui à la fois un champ d'expérience fantastique pour les scientifiques et un havre de paix pour les visiteurs. Surtout ceux qui font l'effort " d'aller jusqu'au fond du parc ". Et ceux qui y travaillent, contrairement à ce qu'ils craignaient, ne sont pas devenus, comme ils le dénonçaient il y a quarante ans, des " Indiens ". Car, depuis la mise en place de la protection, le nombre des troupeaux a augmenté, les éleveurs profitant de ce que Philippe Traub appelle " la gestion scientifique des herbages, laquelle, notamment permet la progression de la production du Beaufort, un fromage AOC qui contribue à l'expansion économique et au renom de notre région ".
Par Claude-Marie Vadrot.

 

 

Parcs, parcs et réserves… Quelques réserves…

Depuis 1979, le territoire métropolitain français compte six parcs nationaux. Depuis, rien. Ou quelques promesses. Celle du Parc national de Corse auquel les élus corses ont tordu le cou dans l'indifférence générale, il y a près de deux ans, prémisses " intéressantes " de la décentralisation. L' autre promesse : celle du parc maritime d'Iroise dont les élus locaux s'acharnent et les responsables du parc régional d'Armorique, depuis des années à retarder la création ; alors que les principaux intéressés, les habitants, les pêcheurs et les ramasseurs de goémon sont d'accord. Les dauphins et les phoques gris aussi, mais tout le monde a évidemment oublié de leur demander leur avis. Seule lueur intéressante dans ce désert d'une bonne vingtaine d'années : il n'est pas impossible que, bientôt, à l'occasion de son quarantième anniversaire, l'île de Porquerolles qui lui appartient en très grande partie, soit enfin intégrée au parc de Port Cros.
Tandis que les parcs régionaux, dont trop servent à faire mousser les élus pour peu de contraintes et de protection, se multiplient trop rapidement, les projets de parcs nationaux se heurtent à tous les égoïsmes. A commencer par ceux des élus locaux et régionaux qui ne veulent pas renoncer à la moindre parcelle de leurs pouvoirs territoriaux et qui craignent l'efficacité protectrice de la puissance publique qui a en charge l'intérêt des générations futures.
Quant aux réserves naturelles que tout le monde veut " conserver et défendre ", leur avenir serait moins incertain si les crédits allant aux associations qui les gèrent n'étaient pas en baisse très sérieuse. Dans un texte commun, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, La Fédération des Parcs naturels régionaux, le WWF, les Conservatoires régionaux, France-Nature-Environnement, Rivages de France et la Société pour l'étude et la protection de la nature en Bretagne viennent de publier une lettre ouverte annonçant que " les acteurs de la protection de la nature et du développement durable sont menacés de disparition ".
Reste, il faut le reconnaître, que les parcs nationaux sont en train " de s'user " : sauf Port Cros qui croule certains jours de l'été sous des milliers de visiteurs, les pêcheurs qui pillent la zone préservée et des centaines de bateaux qui mettent en danger les objectifs de protection de ce petit territoire de 700 hectares, la fréquentation des parcs nationaux stagne ou enregistre une baisse. Et surtout, autre indice sur les mœurs françaises de consommation de la nature, la fréquentation des zones centrales et des refuges baisse également régulièrement, le nombre des nuitées le prouve. Phénomène particulièrement notable pour la Vanoise. Même s'il reçoit annuellement 800 000 visiteurs - trop concentrés dans le temps - , une très récente étude (menée par la Vanoise) fait apparaître que les " promeneurs " s'éloignent de moins en moins loin et de moins en loin longtemps des aires de stationnement. Clairement : il y a de moins en moins de gens dans le parc, c'est-à-dire dans la zone centrale. Les protecteurs purs et durs pourront s'en réjouir. Mais ils pourraient aussi s'inquiéter du fait que de moins en moins de visiteurs aient envie de faire vraiment connaissance avec le milieu naturel. Sans connaissance, sans familiarisation, sans appropriation, il ne peut y avoir de défense efficace de la société envers ces espaces particulièrement protégés.
Par Claude-Marie Vadrot.


 

Brèves

Pavillons noirs : Mention spéciale pour Cap Breton

Le 25 juin s'est déroulé la conférence de presse de Surfrider Foundation avec communication des Pavillons Noirs 2003. CAPBRETON et TARNOS sont les deux seuls pavillons noirs des Landes, avec une mention spéciale pour CAPBRETON cumulant la pollution bactériologique et les pollutions physico-chimiques sans que la mairie envisage la moindre action pour y remédier! La pollution du Prestige n'entre pas dans l'attribution des Pavillons Noirs: ceux-ci étant décernés pour des pollutions volontaires et/ou non traitées.

 


Communiqués de presse

Adossement d'une charte de l'environnement à la constitution : Un enjeu majeur (par FNE)

France Nature Environnement se félicite de l'avancée non négligeable que représente la constitutionnalisation du droit à un environnement sain et équilibré même si, en l'état, il s'agit plus d'une reconnaissance en tant qu'objectif à valeur constitutionnelle et non d'une véritable norme juridique, relevant du droit dur.

FNE souligne les effets positifs qu'une telle avancée porte. Ce droit à l'environnement étant ainsi appelé, notamment, à renforcer l'application du droit de propriété dans le cadre des contentieux en matière de Déclaration d'Utilité Publique. Un droit à l'environnement qui, en tant que liberté fondamentale, donnerait compétence au juge judiciaire, ouvrirait la possibilité de référés suspensifs en matière de travaux publics et pourrait aussi fonder le principe de l'affectation de la fiscalité écologique, compensant ainsi le principe d'universalisme des recettes fiscales. Ce qui ouvrirait d'autres perspectives à l'expansion de la Taxe Généralisée sur les Activités Polluantes.

FNE regrette toutefois que certains points clefs semblent en retrait de ce que les travaux menés dans le cadre de la Commission Coppens et sous la responsabilité de la Ministre Roselyne BACHELOT avaient permis de dégager.

Ainsi, le principe d'évaluation des politiques publiques en fonction de critères environnementaux est d'un intérêt capital dans le souci de se doter des moyens de mise en œuvre d'une véritable politique de développement durable. Le projet validé l'a malheureusement écarté.

FNE entend faire une analyse précise du texte et de sa portée aux fins de jouer son rôle d'acteur du débat public à l'occasion de son examen parlementaire. Pour que ce droit à l'environnement soit renforcé et aménagé, voire garanti et encadré de procédures mais toujours à la condition d'une efficacité accrue du point de vue de notre responsabilité et de notre agir collectif. A ce sujet d'ailleurs, FNE se réjouit d'une des conséquences induites par cette constitutionnalisation, à savoir l'obligation d'appliquer effectivement un règlement dont l'Assemblée Nationale s'est pourtant doté dès le début des années 90 mais qu‚elle n'a jamais observé : l'obligation faite au législateur d'évaluer l'impact environnemental de chaque texte voté. Une sorte d'irrecevabilité environnementale dont l'intérêt est évident. France Nature Environnement, la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement


Source : Info Presse
http://www.info-presse.net/presse/


 

Environnement : veut-on faire des associations une espèce en voie de disparition ? (par FNE)

La gravité de la situation financière du mouvement associatif de protection de la nature et de l'environnement est confirmée, par delà la diversité des situations particulières. En effet, le mouvement associatif de protection de la nature et de l'environnement doit, aujourd'hui, faire face à un problème majeur : l'effondrement des aides de l'Etat touchant 4 axes essentiels :

- la réalisation de projets ;
- l'animation du débat public ;
- la connaissance et la conservation du patrimoine naturel ;
- l'emploi.

Ces aides, pour certaines, sont divisées par dix quand elles ne sont pas tout simplement supprimées. De plus, le volet 2003 des CPO (Conventions Pluriannuelles d'Objectifs) mises en place par l'Etat avec les associations, n'est toujours pas signé et sera, a priori, inférieur de 30% au minimum prévu, alors que ceux en attente risquent d'être annulés.

De telles amputations budgétaires ont, inévitablement, un impact majeur sur les 3500 emplois créés par les associations de protection de la nature et de l'environnement. Beaucoup sont menacés et des procédures de licenciements sont déjà engagées. Celles-ci ne concernent pas uniquement les contrats " emploi-jeune " puisque certaines associations, membres de France Nature Environnement, se retrouvent dans l'obligation de se séparer de salariés en poste depuis une dizaine d'années. Au-delà, c‚est aussi un coup sévère que l'on porte aux rôles de " dynamiseur " du bénévolat, de promoteur de l'éco-citoyenneté et de défenseur de l'agir collectif et solidaire, assumés par les associations.

Diminuer les équipes de salariés, c'est nuire profondément à l'action de bénévoles fortement impliqués dans l'activité de leurs associations et assurant une participation assidue aux nombreuses commissions de concertation. Cette implication ne saurait se passer de l'appui d‚un personnel motivé et compétent.

En vingt ans, et à la demande des différents gouvernements, nous avons structuré et " professionnalisé " un mouvement qui s'implique dans l'éducation à l'environnement, l'animation du débat public, la sauvegarde des espaces naturels. Que va-t-il devenir ?

Dans les différentes régions, hier, les responsables associatifs allaient à la rencontre des Préfets et des DIREN pour les informer, concrètement, de la situation alarmante de leur association et pour leur demander leur soutien.

Affirmer l'importance de l'environnement et promouvoir le développement durable ne peuvent se faire sans reconnaître la réalité du travail associatif accompli dans ce domaine. De plus, l'Etat ne peut ignorer une reconnaissance qui existe au niveau international, notamment dans le cadre de l' Agenda 21 de Rio et de la Convention d'Aarhus de juin 1998.

Il y a actuellement un décalage flagrant entre, d'une part, un courant social en faveur de l'environnement, du développement durable et de ses défenseurs historiques que sont les associations et, d'autre part, les mesures prises par un gouvernement qui, aujourd'hui, ponctionne les moyens du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable et le contraint au gel budgétaire, refusant ainsi d'accorder à des associations d'utilité sociale des conditions de vie décentes leur permettant de continuer à agir dans l'intérêt général.

Quel est le véritable projet politique du Gouvernement ? Les associations de protection de la nature et de l'environnement, compte tenu de leurs actions et de leur opposition quotidienne à la dégradation de l'environnement et à la marchandisation de la nature, sont-elles à abattre ?
Si telle est la volonté de Matignon, que celle-ci soit publiquement énoncée. S'il s'agit d'une erreur d'évaluation, qu'il réagisse vite et adopte une politique en harmonie avec les déclarations publiques du Président de la République, et l'ambition louable d'une consécration constitutionnelle d'un droit à l'environnement. Comme le dit si bien Nicolas Hulot dans un courrier de soutien adressé à FNE : " réduire le soutien apporté aux associations, c'est réduire l'action de l'écologie en général " France Nature Environnement, la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement


Source Info-Presse
http://www.info-presse.net/presse/

 

 

Agenda

Expo photos
Du 28 juin au 12 juillet, la ville de Carpentras offre un tour d'horizon autour de 5 photographes avec des photos variées de l'environnement, des paysages de notre ami et confrère Michel Gunther (JNE). Tous les jours sauf le dimanche.

Europe et environnement
L'Institut Montaigne organise le mardi 15 juillet à 18h30 une rencontre-débat sur le thème : " quelle Europe après la Convention ? " où l'on causera de la place de l'environnement dans les choix européens avec Michel Barnier, membre de la Commission européenne et ancien ministre de l'environnement. Le débat aura lieu dans les locaux d'Axa, 25, avenue Matignon 75008 Paris.

De l'air !
Si vous voulez prendre de la hauteur, le salon Air Ballons est fait pour vous. La Lorraine accueille la 56ème édition du rassemblement du sport de l'air. Outre les aéronefs classiques, les montgolfières sont à l'honneur. Il y a même une brocante aéronautique !
www.pilatre-de-rozier.com

 

 

 


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