28 avril 2003

 
 
 

 

 

 

Lettre à Madame Bachelot, ministre de l'Ecologie et du développement durable

Paris le 23 avril 2003

Madame la Ministre,

Lors de la conférence de presse destinée à nous présenter le déroulement et le programme du " G8 environnement ", nous avons appris que la réunion prévue vendredi après-midi entre " les représentants de la société civile " et " un certain nombre de ministres de l'environnement " serait fermée à la presse. Nous regrettons d'autant plus cette exclusion que non seulement cette rencontre représente ce qu'il y a de plus intéressant dans le programme annoncé mais qu'il ne nous a été fourni aucune justification pour ce " huis clos ". Quelles que soient les qualités de la personne chargée de nous en fournir un compte-rendu, ce résumé ne pourra en aucun cas refléter la spontanéité de deux heures d'échanges entre les responsables politiques et les représentants du milieu associatif. Au moment où votre ministère et le gouvernement prônent le dialogue entre les politiques et la société civile, les journalistes que nous sommes ne peuvent que regretter cette entrave à leur travail d'information. Et, je me fais leur porte-parole pour vous demander de bien vouloir revenir sur cette " interdiction " et de permettre à la presse d'assister (sans droit d'intervention) à cette rencontre qui peut être passionnante. Dans l'espoir d'être entendu, je vous prie de croire, Madame la Ministre, à mes sentiments dévoués.
Claude-Marie Vadrot
Président des JNE

 

 


(Agir pour l'Environnement)


L'environnement n'est pas une marchandise : Appel à la création de l' Organisation Mondiale de l'Environnement

Paris, le 23 avril 2003 : A l'occasion de l'ouverture du G8 environnement réunissant les ministres des 8 pays les plus " riches " de la planète, Agir pour l'Environnement rend public un Appel à la création de l'Organisation Mondiale de l'Environnement et invite les citoyens à soutenir cette initiative.

Devant l'hégémonie du libre-échangisme, de plus en plus de voix s'élèvent, en effet, pour réclamer des mesures contraignantes en faveur de l' environnement, seules à même de remettre en cause les logiques productivistes dominantes. Mais la primauté de l'économique sur l' environnemental rend toute mesure préventive largement aléatoire et soumise au bon vouloir d'un accord dans les enceintes de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Cette primauté prospère de l'absence d'une Organisation Mondiale de l' Environnement. A l'ONU, l'environnement est en effet victime d'un oubli historique. Alors que la santé, le travail, la culture et l'éducation, l'alimentation ou même la propriété intellectuelle possèdent chacun leur propre institution spécialisée au financement propre, l'environnement n'est doté que d'un programme subsidiaire de coordination, sans financement ni mandat adéquat, le Programme de Nations Unies pour l'Environnement.

De fait, l'ONU manque d'une véritable autorité politique dédiée à l' environnement global, capable de faire contrepoids à l'OMC, capable de limiter la réification de nos vies, de la nature et de notre planète. Fondée sur la base du Programme des Nations Unies pour l'Environnement, l'OME constituerait le cadre unique des politiques de protection de l'environnement global (climat, couche d'ozone, océans, désertification, biodiversité et bientôt forêts, eau potable, ressources énergétiques, agriculture, écofiscalité, responsabilité environnementale des entreprises). Sa construction procéderait d'une réorganisation des compétences environnementales actuellement dispersées au sein d'une douzaine d'organisations internationales et de nombreux secrétariats d'accords multilatéraux sur l'environnement. Parallèlement, une certaine transversalité des politiques environnementales, inhérente à la notion de développement durable, serait conservée.

La gouvernance mondiale de l'environnement ne doit plus être l'affaire exclusive des Etats. La voix des citoyens, des collectivités territoriales, des ONG et des acteurs économiques du Sud doit aussi pouvoir trouver un écho dans le choix des politiques environnementales, par l'intermédiaire de conférence de citoyens, de la reconnaissance du droit de pétition ou par le lancement de grandes campagnes d'éducation à l'environnement.

L'altermondialisation se construit par et pour les citoyens. Les mois qui viennent seront riches en événements de cette nature : du contre-G8 au FSE, 2003 sera une année pendant laquelle l'idée de l'OME doit faire son chemin pour aboutir à une réforme de la gouvernance mondiale de l'environnement.

Les signataires du présent texte se mobilisent et appellent les chefs d'Etat et de gouvernement, en particulier ceux du Sud et des Etats-Unis, ainsi que le Secrétaire général de l'ONU, à engager cet ambitieux chantier avec conviction. Il convient pour ce faire de convoquer rapidement une conférence internationale ad hoc rassemblant les officiels des organisations onusiennes, les représentants des pays membres de l'ONU et les acteurs de la société civile.

L'Appel en faveur de la création d'une Organisation Mondiale de l' Environnement est d'ores et déjà signé par une cinquantaine de personnalités dont Yann Arthus-Bertrand, photographe ; Dominique Bernard, Président d'Agir pour l'Environnement; Simone de Bollardière, militante pour la paix ; Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO ; Yves Cochet, ancien ministre de l'environnement ; Olivier Deleuze, Secrétaire d'Etat à l'Energie et au Développement Durable, Membre du Gouvernement fédéral belge ; François Dufour, vice président d'Attac France, porte parole national de la Confédération paysanne ; Daniel Esty, professeur à l'Université de Yale (Etats-Unis) ; Susan George, vice-présidente d'Attac France ; Antonio Nicolás Gillari, Directeur Général de " Multimedios Ambiente Ecológico " (Argentine) ; Marie-Angèle Hermitte, directrice de recherche au CNRS ; Albert Jacquard, Philosophe écrivain ; Marc Jolivet, Humoriste ; Alexandre Kiss, Président du Conseil européen du droit de l'environnement ; Bettina Laville, Présidente d'honneur du Comité 21 ; Patrick Legrand, Président d' honneur de France Nature Environnement ; Jo Le Guen, navigateur, Keep it blue ; Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l'environnement ; Bernard Maris, Professeur des Universités, écrivain ; Edgar Morin, Philosophe et écrivain ; Jacques Nikonoff, Président d'Attac France ; René Passet, Professeur émérite d'économie à l'Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne ; Jean-Marie Pelt, président de l'Institut Européen d' Ecologie ; Piém, Dessinateur ; Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat ; Jacques Robin, fondateur de Transversales Science Culture ; Alain Saumon, Président du Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde - France ; Vandana Shiva, écologiste indienne, présidente de la " Research Foundation for Science, Technology and Natural Resource Policy " ; Siné, dessinateur ; Jacques Testart, président de la CFDD ; Dominique Voynet, ancienne ministre de l'environnement.

Le texte de cet appel ainsi que la liste complète des signataires sont disponibles sur le site web d'Agir pour l'Environnement www.globenet.org/ape

Une table ronde sur le thème de la Gouvernance mondiale de l'environnement sera animée par Agir pour l'Environnement, au Gmonde Environnement d'Angers (sommet alternatif au G8 environnement) vendredi 25 avril 2003 à 14h30.

 

 

Symp-EauNews 004

Voici le sommaire du quatrième numéro de Symp-EauNews, la lettre d'informations mensuelle du Symposium International de l'Eau de Cannes, que vous pouvez lire, charger et imprimer (format pdf) DES LUNDI 28 AVRIL en allant sur le
site web : www.symposium-h2o.com

Tour du monde :
NEWater, une eau recyclée vraiment très propre, a commencé à couler dans le réseau d'eau potable de Singapour
Le Brésil a encore été victime d'une pollution majeure, au plomb et à la soude caustique, à cause d'une usine de pâte à papier dans l'Etat de Rio
La pêche au cyanure pourrait bien être bientôt interdite aux Philippines, et remplacée par un retour aux bons vieux filets, plutôt que l'usage de la dynamite
Des carpes à l'appétit dévorant ont été installées dans le lac Austin, au Texas, pour lutter contre des algues beaucoup trop envahissantes.

Dossier : le prix de l'Eau en France et à l'étranger

- Gros plan sur l'élaboration des factures en France, la part de la lutte contre les pollutions diverses dans ces factures, et les dispositifs prévus pour permettre aux plus démunis de continuer à avoir accès à l'eau potable, même si leur situation est plus que préoccupante.

- Gros plan sur le Burkina Faso, où les riches vont payer plus cher que les pauvres, cet été, pour avoir accès à l'eau potable, et sur une ONG française, pS-Eau, qui prélève plusieurs centimes d'euros sur les factures, notamment en région parisienne, pour financer ses projets d'aide, notamment en Afrique.

Partenariat :
Interview de Jean-Luc Trancart, directeur général adjoint, chargé de la communication, du groupe Suez Environnement, en prélude à sa participation, comme co-président de l'atelier " Eau et Médias ", lors du prochain Symposium de l'Eau à Cannes, fin juin.

Agenda/ A propos du Symposium :
Le Forum Mondial des Journalistes de l'Eau (WWFJ), soutenu par le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et le gouvernement du Bangladesh, présentera fin juin à Cannes, en exclusivité, son " Etat Mondial de l'Eau 2003 ", un document de 300 pages faisant le point sur de nombreuses initiatives dans le domaine de l'Eau.

Continuez à nous envoyer des informations sur l'Eau
à cette adresse : daniel_ortelli@hotmail.com ou à
: ortelli.daniel@wanadoo.fr et nous en ferons bon usage, avec toute l'équipe des jeunes journalistes de Nouvelles, l'école de journalisme de Nice.

Je suis à votre disposition pour vous donner toutes informations complémentaires sur ce Symposium qui se déroulera du 23 au 27 juin à Cannes.

A très bientôt.

Daniel Ortelli
Relations Presse/Communication
5e Symposium International de l'Eau de Cannes

 


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