
Paris le 23 avril 2003
Madame
la Ministre,
Lors
de la conférence de presse destinée à nous présenter le déroulement et le programme
du " G8 environnement ", nous avons appris que la réunion prévue vendredi après-midi
entre " les représentants de la société civile " et " un certain nombre de ministres
de l'environnement " serait fermée à la presse. Nous regrettons d'autant plus
cette exclusion que non seulement cette rencontre représente ce qu'il y a de plus
intéressant dans le programme annoncé mais qu'il ne nous a été fourni aucune justification
pour ce " huis clos ". Quelles que soient les qualités de la personne chargée
de nous en fournir un compte-rendu, ce résumé ne pourra en aucun cas refléter
la spontanéité de deux heures d'échanges entre les responsables politiques et
les représentants du milieu associatif. Au moment où votre ministère et le gouvernement
prônent le dialogue entre les politiques et la société civile, les journalistes
que nous sommes ne peuvent que regretter cette entrave à leur travail d'information.
Et, je me fais leur porte-parole pour vous demander de bien vouloir revenir sur
cette " interdiction " et de permettre à la presse d'assister (sans droit d'intervention)
à cette rencontre qui peut être passionnante. Dans l'espoir d'être entendu, je
vous prie de croire, Madame la Ministre, à mes sentiments dévoués.
Claude-Marie
Vadrot
Président des JNE

(Agir
pour l'Environnement)
Paris,
le 23 avril 2003 : A l'occasion de l'ouverture du G8 environnement réunissant
les ministres des 8 pays les plus " riches " de la planète, Agir pour l'Environnement
rend public un Appel à la création de l'Organisation Mondiale de l'Environnement
et invite les citoyens à soutenir cette initiative.
Devant
l'hégémonie du libre-échangisme, de plus en plus de voix s'élèvent, en effet,
pour réclamer des mesures contraignantes en faveur de l' environnement, seules
à même de remettre en cause les logiques productivistes dominantes. Mais la primauté
de l'économique sur l' environnemental rend toute mesure préventive largement
aléatoire et soumise au bon vouloir d'un accord dans les enceintes de l'Organisation
Mondiale du Commerce.
Cette
primauté prospère de l'absence d'une Organisation Mondiale de l' Environnement.
A l'ONU, l'environnement est en effet victime d'un oubli historique. Alors que
la santé, le travail, la culture et l'éducation, l'alimentation ou même la propriété
intellectuelle possèdent chacun leur propre institution spécialisée au financement
propre, l'environnement n'est doté que d'un programme subsidiaire de coordination,
sans financement ni mandat adéquat, le Programme de Nations Unies pour l'Environnement.
De
fait, l'ONU manque d'une véritable autorité politique dédiée à l' environnement
global, capable de faire contrepoids à l'OMC, capable de limiter la réification
de nos vies, de la nature et de notre planète. Fondée sur la base du Programme
des Nations Unies pour l'Environnement, l'OME constituerait le cadre unique des
politiques de protection de l'environnement global (climat, couche d'ozone, océans,
désertification, biodiversité et bientôt forêts, eau potable, ressources énergétiques,
agriculture, écofiscalité, responsabilité environnementale des entreprises). Sa
construction procéderait d'une réorganisation des compétences environnementales
actuellement dispersées au sein d'une douzaine d'organisations internationales
et de nombreux secrétariats d'accords multilatéraux sur l'environnement. Parallèlement,
une certaine transversalité des politiques environnementales, inhérente à la notion
de développement durable, serait conservée.
La
gouvernance mondiale de l'environnement ne doit plus être l'affaire exclusive
des Etats. La voix des citoyens, des collectivités territoriales, des ONG et des
acteurs économiques du Sud doit aussi pouvoir trouver un écho dans le choix des
politiques environnementales, par l'intermédiaire de conférence de citoyens, de
la reconnaissance du droit de pétition ou par le lancement de grandes campagnes
d'éducation à l'environnement.
L'altermondialisation
se construit par et pour les citoyens. Les mois qui viennent seront riches en
événements de cette nature : du contre-G8 au FSE, 2003 sera une année pendant
laquelle l'idée de l'OME doit faire son chemin pour aboutir à une réforme de la
gouvernance mondiale de l'environnement.
Les
signataires du présent texte se mobilisent et appellent les chefs d'Etat et de
gouvernement, en particulier ceux du Sud et des Etats-Unis, ainsi que le Secrétaire
général de l'ONU, à engager cet ambitieux chantier avec conviction. Il convient
pour ce faire de convoquer rapidement une conférence internationale ad hoc rassemblant
les officiels des organisations onusiennes, les représentants des pays membres
de l'ONU et les acteurs de la société civile.
L'Appel
en faveur de la création d'une Organisation Mondiale de l' Environnement est d'ores
et déjà signé par une cinquantaine de personnalités dont Yann Arthus-Bertrand,
photographe ; Dominique Bernard, Président d'Agir pour l'Environnement; Simone
de Bollardière, militante pour la paix ; Allain Bougrain Dubourg, Président de
la LPO ; Yves Cochet, ancien ministre de l'environnement ; Olivier Deleuze, Secrétaire
d'Etat à l'Energie et au Développement Durable, Membre du Gouvernement fédéral
belge ; François Dufour, vice président d'Attac France, porte parole national
de la Confédération paysanne ; Daniel Esty, professeur à l'Université de Yale
(Etats-Unis) ; Susan George, vice-présidente d'Attac France ; Antonio Nicolás
Gillari, Directeur Général de " Multimedios Ambiente Ecológico " (Argentine) ;
Marie-Angèle Hermitte, directrice de recherche au CNRS ; Albert Jacquard, Philosophe
écrivain ; Marc Jolivet, Humoriste ; Alexandre Kiss, Président du Conseil européen
du droit de l'environnement ; Bettina Laville, Présidente d'honneur du Comité
21 ; Patrick Legrand, Président d' honneur de France Nature Environnement ; Jo
Le Guen, navigateur, Keep it blue ; Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre
de l'environnement ; Bernard Maris, Professeur des Universités, écrivain ; Edgar
Morin, Philosophe et écrivain ; Jacques Nikonoff, Président d'Attac France ; René
Passet, Professeur émérite d'économie à l'Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne
; Jean-Marie Pelt, président de l'Institut Européen d' Ecologie ; Piém, Dessinateur
; Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat ; Jacques Robin, fondateur
de Transversales Science Culture ; Alain Saumon, Président du Comité pour l'annulation
de la dette du tiers monde - France ; Vandana Shiva, écologiste indienne, présidente
de la " Research Foundation for Science, Technology and Natural Resource Policy
" ; Siné, dessinateur ; Jacques Testart, président de la CFDD ; Dominique Voynet,
ancienne ministre de l'environnement.
Le
texte de cet appel ainsi que la liste complète des signataires sont disponibles
sur le site web d'Agir pour l'Environnement
www.globenet.org/ape
Une
table ronde sur le thème de la Gouvernance mondiale de l'environnement sera animée
par Agir pour l'Environnement, au Gmonde Environnement d'Angers (sommet alternatif
au G8 environnement) vendredi 25 avril 2003 à 14h30.

Voici le sommaire
du quatrième numéro de Symp-EauNews, la lettre d'informations mensuelle du Symposium
International de l'Eau de Cannes, que vous pouvez lire, charger et imprimer (format
pdf) DES LUNDI 28 AVRIL en allant sur le
site web :
www.symposium-h2o.com
Tour
du monde :
NEWater, une eau recyclée vraiment très propre, a commencé
à couler dans le réseau d'eau potable de Singapour
Le Brésil a encore été
victime d'une pollution majeure, au plomb et à la soude caustique, à cause d'une
usine de pâte à papier dans l'Etat de Rio
La pêche au cyanure pourrait bien
être bientôt interdite aux Philippines, et remplacée par un retour aux bons vieux
filets, plutôt que l'usage de la dynamite
Des carpes à l'appétit dévorant
ont été installées dans le lac Austin, au Texas, pour lutter contre des algues
beaucoup trop envahissantes.
Dossier
: le prix de l'Eau en France et à l'étranger
-
Gros plan sur l'élaboration des factures en France, la part de la lutte contre
les pollutions diverses dans ces factures, et les dispositifs prévus pour permettre
aux plus démunis de continuer à avoir accès à l'eau potable, même si leur situation
est plus que préoccupante.
-
Gros plan sur le Burkina Faso, où les riches vont payer plus cher que les pauvres,
cet été, pour avoir accès à l'eau potable, et sur une ONG française, pS-Eau, qui
prélève plusieurs centimes d'euros sur les factures, notamment en région parisienne,
pour financer ses projets d'aide, notamment en Afrique.
Partenariat :
Interview de Jean-Luc Trancart, directeur général
adjoint, chargé de la communication, du groupe Suez Environnement, en prélude
à sa participation, comme co-président de l'atelier " Eau et Médias ", lors du
prochain Symposium de l'Eau à Cannes, fin juin.
Agenda/
A propos du Symposium :
Le Forum Mondial des Journalistes de l'Eau
(WWFJ), soutenu par le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD)
et le gouvernement du Bangladesh, présentera fin juin à Cannes, en exclusivité,
son " Etat Mondial de l'Eau 2003 ", un document de 300 pages faisant le point
sur de nombreuses initiatives dans le domaine de l'Eau.
Continuez
à nous envoyer des informations sur l'Eau
à cette adresse
:
daniel_ortelli@hotmail.com
ou à
: ortelli.daniel@wanadoo.fr
et nous en ferons bon usage, avec toute l'équipe des jeunes journalistes de Nouvelles,
l'école de journalisme de Nice.
Je
suis à votre disposition pour vous donner toutes informations complémentaires
sur ce Symposium qui se déroulera du 23 au 27 juin à Cannes.
A
très bientôt.
Daniel
Ortelli
Relations Presse/Communication
5e Symposium International
de l'Eau de Cannes

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