|
Voici
la page écologie
du mardi 22 avril 2003 de " L'Actualité "
|

Le désert, cet océan
de sable, attraction et objet de fascination des touristes à la recherche d'espace,
d'exotisme et d'aventure, a pris place dans l'actualité internationale avec la
disparition dans le Sahara algérien de 31 touristes européens.
Auparavant,
il avait fait une incursion dans l'actualité nationale à cause d'une autre catégorie
de touristes, de luxe ceux-là, des princes riches en pétrodollars, qui ont entrepris
depuis une vingtaine d'années d'écumer la faune saharienne avec leurs fauconniers
et leurs 4x4, spécialement transportés par avions pour des parties de chasse-massacre
tuant des quantités énormes d'espèces, à l'aide de centaines de faucons pour les
outardes et de fusils pour les gazelles-dorcas et une autre espèce plus rare,
la gazelle-rym, disparue depuis ainsi que la grande outarde.
Le Sahara a déjà sa place dans l'histoire du nucléaire. Sous domination coloniale,
il a été le théâtre du commencement des essais nucléaires français, un 13 février
1960 à Reggane, avec l'explosion de la première bombe atomique française. D'autres
essais français ont eu lieu le 19 avril 1962 à Reggane et le 1er mai 1962, dans
le Hoggar, en territoire algérien.
Le
Sahara est dans l'agenda des écologistes en tant que cinquième problème global
d'environnement presque au même titre que les changements climatiques, la biodiversité,
les eaux internationales et la couche d'ozone. Les premiers pas de cette longue
marche vers la reconnaissance du phénomène de la désertification comme atteinte
de dimension planétaire à l'environnement, ont commencé à Nairobi, en 1977, avec
la Conférence des Nations Unies sur la désertification. L'Algérie y était. Mais
c'est à Rio en juin 1992, sur recommandation de la CNUED, que fut décidée l'élaboration
d'une convention sur la désertification. Le 17 juin 1994, conformément à l'échéance
fixée par la CNUED, la Convention des Nations unies sur « la lutte contre la désertification
dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en
particulier en Afrique », était adoptée à Paris.
C'est la carte postale classique du Sahara, faite de dunes de sable, de nomades
et de dromadaires, quelquefois d'une oasis à l'ombre de palmiers baignés d'eau.
Le Sahara algérien qui s'étend sur une superficie de près de 2 millions de km2
au sud de l'Atlas saharien, c'est aussi le pétrole, le gaz, les dattes, le tourisme,
toutes choses exportables et sources de devises. C'est d'ailleurs par son pétrole
que le Sahara est devenu utile.
Le rêve des décideurs algériens a de tout temps été de faire du Sahara un Eldorado.
Il suffirait tout juste de lui appliquer un modèle d'agriculture saharienne fait
de pivots d'irrigation, de forages et de motopompes quitte à marquer la rupture
avec l'exploitation traditionnelle de l'eau fondée sur les foggara. Ce n'est pas
l'eau qui manque dans les grands aquifères du Sahara septentrional, situés entre
l'Atlas saharien au nord et la ligne Reggane, In Salah, In Amenas au sud. Cette
fabuleuse nappe fossile partagée avec la Tunisie et la Libye, le continental intercalaire,
appelée nappe albienne du nom de sa couche géologique, est estimée à 60 000 milliards
de mètres cubes. Les adeptes des projets grandeur rêve envisagent le développement
de l'agro-industrie au Sahara, selon un modèle importé du nord avec le risque
d'entraîner l'extinction des systèmes traditionnels établis en harmonie avec la
nature et ses ressources.
Il reste que les dimensions du Sahara et l'importance de ses multiples enjeux
contrastent singulièrement avec les moyens insuffisants mis à la disposition de
la recherche sur le désert. La fondation Déserts du monde est certainement venue
remédier à cette lacune.
Par M'Hamed Rebah
(article paru le 22/04
dans l'Actualité)
Les
premiers marchés de l'assainissement en Algérie ont été attribués par l'Office
national de l'assainissement (ONA) à des sociétés étrangères comme si notre pays
était le « dernier de la classe » en la matière et ne disposait d'aucun outil
pour prendre la moindre part de ces marchés.
La
réhabilitation de la station d'épuration de Baraki, près d'Alger, a été confiée
à SNC-Lavalin. C'est un marché au montant faramineux de plus de 4 milliards de
DA qui a été attribué par l'Office national de l'assainissement (ONA) à la société
canadienne. Cette information est donnée dans le BOMOP (Bulletin officiel des
marchés des opérateurs publics). SNC-Lavalin a « un délai d'éxécution de 12 mois
pour la réhabilitation à l'identique et 5 années pour l'exploitation et la gestion
». Il n'y a pas trace dans cette information de la formule BOT ou CET (construire,
exploiter et transférer). Pourtant, pour justifier le recours auprès de nos partenaires
étrangers à cette formule BOT, les responsables du ministère des Ressources en
eau ne cessent de répéter : « Nous avons un problème de financement ». Dans la
formule du BOT, l'investisseur qui prend en charge mobilise lui-même le financement
et bénéficie d'une concession pour exploiter l'unité, et quand la concession expire,
l'unité devient la propriété de l'Etat, à travers l'ONA.
Dans les années 1980, l'Etat a mis 80 millions de dollars dans la réalisation
de cette importante infrastructure dont les travaux avaient été confiés à OTV.
La station de Baraki, destinée à traiter les eaux usées de l'agglomération algéroise
et à contribuer à l'assainissement de l'oued El Harrach, a été mise en service
en 1989. Elle est restée longtemps à l'arrêt, autant dire qu'elle n'a jamais fonctionné.
En 1990, elle posait déjà un problème d'exploitation. Il fallait alors 15 milliards
de centimes par an pour l'entretien de la station et des collecteurs. La station
a été mise à l'arrêt en 1995 à la suite d'un acte de sabotage qui a endommagé
une station de relevage. Combinée à un système de grands collecteurs, elle aurait
pu atténuer le degré de pollution de Oued El-Harrach et éviter certains rejets
en mer.
L'épuration des eaux usées dans des stations installées en aval du réseau d'assainissement,
a démontré son utilité non seulement pour l'agriculture mais aussi pour la protection
du milieu naturel et de ses ressources contre la pollution. On a recensé, au total,
plus d'une centaine de stations d'épuration de diverses capacités et dont les
années de mise en service se situent pour la plupart entre 1970 et 1990. Le principal
réalisateur de ces stations est le constructeur français Degrémont suivi de très
loin par les européens OTV, Passavant et par une société algérienne Bate. Un diagnostic
établi en 1990 a montré que ces installations étaient soit à l'arrêt (avec réhabilitation
impossible), soit en fonctionnement irrégulier. Causes: elles n'étaient pas gérées,
les collectivités locales n'avaient pas de quoi payer l'exploitation, le tarif
de l'eau ne tenant pas compte de l'assainissement. Elles avaient été réalisées
sans se soucier de leur exploitation.
Le
même constat est fait aujourd'hui bien qu'il se limite à un parc plus réduit:
14 stations fonctionnent bien, 4 vont être réhabilitées, 25 sont à l'arrêt pour
des problèmes liés à l'exploitation et à la maintenance.
Le
ministère des Ressources en eau compte réaliser 62 nouvelles stations d'épuration
à travers tout le pays pour couvrir les villes de plus de 100 000 habitants, avec
un coût évalué à près de 52 milliards de DA. Plus tard, il y aurait une station
pour chaque ville de plus de 50 000 habitants. La priorité est donnée au bassin
du Cheliff dont les 7 barrages sont pollués. Y a-t-il place aux opérateurs algériens
dans ce programme financé par le budget de l'Etat?
Par
M'Hamed Rebah
(article paru le 22/04 dans l'Actualité)


Le
comité mixte algéro-italien de suivi des projets environnementaux a été installé
jeudi à Alger par M. Cherif Rahmani, ministre de l'Aménagement du territoire et
de l'Environnement, et M. Bettini, ambassadeur d'Italie à Alger. Ce comite est
chargé de mettre en place les financements nécessaires et suivre la réalisation
des projets à travers une unité d'exécution des projets. Constitué d'experts et
de spécialistes, ce comité est co-presidé par les directeurs généraux de l'environnement
de chacun des ministères algérien et italien de l'environnement. Il est prévu
dans le cadre du protocole d'accord de coopération signé le 17 juin 2002 entre
les ministères algérien et italien de l'environnement. ont declaré leurs entière
satisfaction en exprimant le souhait de voir cette coopération se renforcer et
surtout s'élargir et se développer davantage. Il est à rappeler que dans une première
tranche, la contribution de la partie italienne porte sur un montant de 6,9 millions
d'euros répartis sur des projets localisés à travers le territoire national et
touchant à des domaines aussi variés que la gestion des déchets municipaux, la
préservation du littoral, l'aménagement des parcs et des sites naturels, le renforcement
des capacités des structures et formation des cadres, la préservation du patrimoine
archéologique historique et culturel, le développement de la diversité biologique,
et la préservation des écosystèmes sahariens et des savoir faire locaux.
Par
M'Hamed Rebah
(article paru le 22/04 dans l'Actualité)

La mise en oeuvre
d'une stratégie de développement durable de l'activité touristique dans le Sahara
a constitué le thème principal des travaux de l'atelier international organisé
samedi par la fondation « Déserts du monde » au Centre de développement des énergies
renouvelables (CDER) à Ghardaia. Initié conjointement par l'UNESCO et la fondation
Déserts du monde, cet atelier a regroupé des experts pluridisciplinaires de plus
de huit pays et des organisations et agences des nations unies (UNESCO, PNUD,
OMT et l'Observatoire du Sahara et du Sahel). Dans une déclaration à la presse,
le président de la fondation ''Déserts du monde'' M. Cherif Rahmani, a mis en
valeur l'importance de cet atelier dans l'élaboration d'une stratégie globale
de développement d'un tourisme saharien durable respectueux des valeurs culturelles
et sociales des habitants.
Cette stratégie de développement durable d'un tourisme au Sahara, a ajouté M.
Rahmani, doit permettre une amélioration des conditions de vie des habitants et
un moyen de lutte contre la pauvreté.
Le
coordinateur du système des Nations unies et représentant résidant du PNUD à Alger,
M.Paolo Lembo, a indiqué que cet atelier permet de redéfinir une stratégie de
relance d'un tourisme durable dans le Sahara qui met en valeur rationnellement
les richesses de cet espace. L'Organisation des nations unies, a précisé M.Lembo,
soutient les efforts déployés par la fondation ''Déserts du monde'' et l'Algérie
dans la préservation du patrimoine touristique, culturel et naturel du Sahara.
D'autre part, le directeur général adjoint de l'UNESCO, M. Mounir Bouchenaki,
a souligné l'intérêt de l'élaboration d'une stratégie de développement d'un tourisme
durable qui prend en considération la complexité de l'environnement et respecteux
des valeurs sociologiques des habitants du Sahara. Cet atelier, a conclu le directeur
général adjoint de l'UNESCO, permettra de traduire, en termes d'actions concrètes,
une stratégie pour le développement d'un tourisme durable. Plusieurs communications
portant sur les différentes expériences de développement et de promotion du tourisme
et son impact sur la vie socio-économique et culturelle des pays sahariens seront
exposées par des experts internationaux durant cet atelier.

 | |
Retrouver
dans cette rubrique toutes
les actualités internationales de l'année 2003
et précédente des JNE, classées par ordre chronologique. | |
