28 avril 2003

 
 
 

 

 

 


Voici la page écologie
du mardi 22 avril 2003 de " L'Actualité "

Algérie La chronique : les visages

Le désert, cet océan de sable, attraction et objet de fascination des touristes à la recherche d'espace, d'exotisme et d'aventure, a pris place dans l'actualité internationale avec la disparition dans le Sahara algérien de 31 touristes européens.

Auparavant, il avait fait une incursion dans l'actualité nationale à cause d'une autre catégorie de touristes, de luxe ceux-là, des princes riches en pétrodollars, qui ont entrepris depuis une vingtaine d'années d'écumer la faune saharienne avec leurs fauconniers et leurs 4x4, spécialement transportés par avions pour des parties de chasse-massacre tuant des quantités énormes d'espèces, à l'aide de centaines de faucons pour les outardes et de fusils pour les gazelles-dorcas et une autre espèce plus rare, la gazelle-rym, disparue depuis ainsi que la grande outarde.

Le Sahara a déjà sa place dans l'histoire du nucléaire. Sous domination coloniale, il a été le théâtre du commencement des essais nucléaires français, un 13 février 1960 à Reggane, avec l'explosion de la première bombe atomique française. D'autres essais français ont eu lieu le 19 avril 1962 à Reggane et le 1er mai 1962, dans le Hoggar, en territoire algérien.

Le Sahara est dans l'agenda des écologistes en tant que cinquième problème global d'environnement presque au même titre que les changements climatiques, la biodiversité, les eaux internationales et la couche d'ozone. Les premiers pas de cette longue marche vers la reconnaissance du phénomène de la désertification comme atteinte de dimension planétaire à l'environnement, ont commencé à Nairobi, en 1977, avec la Conférence des Nations Unies sur la désertification. L'Algérie y était. Mais c'est à Rio en juin 1992, sur recommandation de la CNUED, que fut décidée l'élaboration d'une convention sur la désertification. Le 17 juin 1994, conformément à l'échéance fixée par la CNUED, la Convention des Nations unies sur « la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique », était adoptée à Paris.

C'est la carte postale classique du Sahara, faite de dunes de sable, de nomades et de dromadaires, quelquefois d'une oasis à l'ombre de palmiers baignés d'eau. Le Sahara algérien qui s'étend sur une superficie de près de 2 millions de km2 au sud de l'Atlas saharien, c'est aussi le pétrole, le gaz, les dattes, le tourisme, toutes choses exportables et sources de devises. C'est d'ailleurs par son pétrole que le Sahara est devenu utile.

Le rêve des décideurs algériens a de tout temps été de faire du Sahara un Eldorado. Il suffirait tout juste de lui appliquer un modèle d'agriculture saharienne fait de pivots d'irrigation, de forages et de motopompes quitte à marquer la rupture avec l'exploitation traditionnelle de l'eau fondée sur les foggara. Ce n'est pas l'eau qui manque dans les grands aquifères du Sahara septentrional, situés entre l'Atlas saharien au nord et la ligne Reggane, In Salah, In Amenas au sud. Cette fabuleuse nappe fossile partagée avec la Tunisie et la Libye, le continental intercalaire, appelée nappe albienne du nom de sa couche géologique, est estimée à 60 000 milliards de mètres cubes. Les adeptes des projets grandeur rêve envisagent le développement de l'agro-industrie au Sahara, selon un modèle importé du nord avec le risque d'entraîner l'extinction des systèmes traditionnels établis en harmonie avec la nature et ses ressources.

Il reste que les dimensions du Sahara et l'importance de ses multiples enjeux contrastent singulièrement avec les moyens insuffisants mis à la disposition de la recherche sur le désert. La fondation Déserts du monde est certainement venue remédier à cette lacune.
Par M'Hamed Rebah
(article paru le 22/04 dans l'Actualité)

 

Des marchés de l'assainissement attribués à des sociétés étrangères

Les premiers marchés de l'assainissement en Algérie ont été attribués par l'Office national de l'assainissement (ONA) à des sociétés étrangères comme si notre pays était le « dernier de la classe » en la matière et ne disposait d'aucun outil pour prendre la moindre part de ces marchés.

La réhabilitation de la station d'épuration de Baraki, près d'Alger, a été confiée à SNC-Lavalin. C'est un marché au montant faramineux de plus de 4 milliards de DA qui a été attribué par l'Office national de l'assainissement (ONA) à la société canadienne. Cette information est donnée dans le BOMOP (Bulletin officiel des marchés des opérateurs publics). SNC-Lavalin a « un délai d'éxécution de 12 mois pour la réhabilitation à l'identique et 5 années pour l'exploitation et la gestion ». Il n'y a pas trace dans cette information de la formule BOT ou CET (construire, exploiter et transférer). Pourtant, pour justifier le recours auprès de nos partenaires étrangers à cette formule BOT, les responsables du ministère des Ressources en eau ne cessent de répéter : « Nous avons un problème de financement ». Dans la formule du BOT, l'investisseur qui prend en charge mobilise lui-même le financement et bénéficie d'une concession pour exploiter l'unité, et quand la concession expire, l'unité devient la propriété de l'Etat, à travers l'ONA.

Dans les années 1980, l'Etat a mis 80 millions de dollars dans la réalisation de cette importante infrastructure dont les travaux avaient été confiés à OTV. La station de Baraki, destinée à traiter les eaux usées de l'agglomération algéroise et à contribuer à l'assainissement de l'oued El Harrach, a été mise en service en 1989. Elle est restée longtemps à l'arrêt, autant dire qu'elle n'a jamais fonctionné. En 1990, elle posait déjà un problème d'exploitation. Il fallait alors 15 milliards de centimes par an pour l'entretien de la station et des collecteurs. La station a été mise à l'arrêt en 1995 à la suite d'un acte de sabotage qui a endommagé une station de relevage. Combinée à un système de grands collecteurs, elle aurait pu atténuer le degré de pollution de Oued El-Harrach et éviter certains rejets en mer.

L'épuration des eaux usées dans des stations installées en aval du réseau d'assainissement, a démontré son utilité non seulement pour l'agriculture mais aussi pour la protection du milieu naturel et de ses ressources contre la pollution. On a recensé, au total, plus d'une centaine de stations d'épuration de diverses capacités et dont les années de mise en service se situent pour la plupart entre 1970 et 1990. Le principal réalisateur de ces stations est le constructeur français Degrémont suivi de très loin par les européens OTV, Passavant et par une société algérienne Bate. Un diagnostic établi en 1990 a montré que ces installations étaient soit à l'arrêt (avec réhabilitation impossible), soit en fonctionnement irrégulier. Causes: elles n'étaient pas gérées, les collectivités locales n'avaient pas de quoi payer l'exploitation, le tarif de l'eau ne tenant pas compte de l'assainissement. Elles avaient été réalisées sans se soucier de leur exploitation.

Le même constat est fait aujourd'hui bien qu'il se limite à un parc plus réduit: 14 stations fonctionnent bien, 4 vont être réhabilitées, 25 sont à l'arrêt pour des problèmes liés à l'exploitation et à la maintenance.

Le ministère des Ressources en eau compte réaliser 62 nouvelles stations d'épuration à travers tout le pays pour couvrir les villes de plus de 100 000 habitants, avec un coût évalué à près de 52 milliards de DA. Plus tard, il y aurait une station pour chaque ville de plus de 50 000 habitants. La priorité est donnée au bassin du Cheliff dont les 7 barrages sont pollués. Y a-t-il place aux opérateurs algériens dans ce programme financé par le budget de l'Etat?
Par M'Hamed Rebah
(article paru le 22/04 dans l'Actualité)

 

Installation du comité mixte algéro-italien

Le comité mixte algéro-italien de suivi des projets environnementaux a été installé jeudi à Alger par M. Cherif Rahmani, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, et M. Bettini, ambassadeur d'Italie à Alger. Ce comite est chargé de mettre en place les financements nécessaires et suivre la réalisation des projets à travers une unité d'exécution des projets. Constitué d'experts et de spécialistes, ce comité est co-presidé par les directeurs généraux de l'environnement de chacun des ministères algérien et italien de l'environnement. Il est prévu dans le cadre du protocole d'accord de coopération signé le 17 juin 2002 entre les ministères algérien et italien de l'environnement. ont declaré leurs entière satisfaction en exprimant le souhait de voir cette coopération se renforcer et surtout s'élargir et se développer davantage. Il est à rappeler que dans une première tranche, la contribution de la partie italienne porte sur un montant de 6,9 millions d'euros répartis sur des projets localisés à travers le territoire national et touchant à des domaines aussi variés que la gestion des déchets municipaux, la préservation du littoral, l'aménagement des parcs et des sites naturels, le renforcement des capacités des structures et formation des cadres, la préservation du patrimoine archéologique historique et culturel, le développement de la diversité biologique, et la préservation des écosystèmes sahariens et des savoir faire locaux.
Par M'Hamed Rebah
(article paru le 22/04 dans l'Actualité)

 

 

Atelier de la Fondation Déserts du monde à Ghardaia

La mise en oeuvre d'une stratégie de développement durable de l'activité touristique dans le Sahara a constitué le thème principal des travaux de l'atelier international organisé samedi par la fondation « Déserts du monde » au Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) à Ghardaia. Initié conjointement par l'UNESCO et la fondation Déserts du monde, cet atelier a regroupé des experts pluridisciplinaires de plus de huit pays et des organisations et agences des nations unies (UNESCO, PNUD, OMT et l'Observatoire du Sahara et du Sahel). Dans une déclaration à la presse, le président de la fondation ''Déserts du monde'' M. Cherif Rahmani, a mis en valeur l'importance de cet atelier dans l'élaboration d'une stratégie globale de développement d'un tourisme saharien durable respectueux des valeurs culturelles et sociales des habitants.

Cette stratégie de développement durable d'un tourisme au Sahara, a ajouté M. Rahmani, doit permettre une amélioration des conditions de vie des habitants et un moyen de lutte contre la pauvreté.

Le coordinateur du système des Nations unies et représentant résidant du PNUD à Alger, M.Paolo Lembo, a indiqué que cet atelier permet de redéfinir une stratégie de relance d'un tourisme durable dans le Sahara qui met en valeur rationnellement les richesses de cet espace. L'Organisation des nations unies, a précisé M.Lembo, soutient les efforts déployés par la fondation ''Déserts du monde'' et l'Algérie dans la préservation du patrimoine touristique, culturel et naturel du Sahara. D'autre part, le directeur général adjoint de l'UNESCO, M. Mounir Bouchenaki, a souligné l'intérêt de l'élaboration d'une stratégie de développement d'un tourisme durable qui prend en considération la complexité de l'environnement et respecteux des valeurs sociologiques des habitants du Sahara. Cet atelier, a conclu le directeur général adjoint de l'UNESCO, permettra de traduire, en termes d'actions concrètes, une stratégie pour le développement d'un tourisme durable. Plusieurs communications portant sur les différentes expériences de développement et de promotion du tourisme et son impact sur la vie socio-économique et culturelle des pays sahariens seront exposées par des experts internationaux durant cet atelier.

 

 


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