Edito
du 27 octobre 2003
Pauvre
ministère…
Ministère pauvre…
A
Le budget de l'Environnement a encore rétréci au lavage néo-libéral
et n'a guère bénéficié des envolées de Jacques Chirac, président
de la France, mais plus connu comme " chauffeur de salle " des
conférences internationales et colloques chics où il explique
que " la maison brûle ". Mais, comme pour la télé-réalité, la
recette et les textes commençant à être connus, l'audience s'érode
lentement et sûrement en dépit des efforts de Nicolas Hulot ;
l'ami qui lui veut du bien finira par se faire hara-kiri devant
l'indocilité de son élève.
Donc,
pour l'Ecologie et le Durable, le budget se monte à la somme faramineuse
de 856 millions d'euros contre 768 millions l'année dernière.
Un chiffre artificiel puisque le ministère a intégré de nouvelles
responsabilités. En réalité, et c'est un député de l'UMP, Christophe
Priou, qui l'a expliqué à la tribune de l'assemblée nationale,
" à périmètre constant, l'augmentation du budget du ministère
est de 0,6% ". Autrement dit, compte tenu de l'inflation,
la baisse est importante.
Résultat,
le Conservatoire du littoral voit ses crédits réduits de 20 %,
l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME)
perd si subtilement des crédits qu'elle n'a pas encore réussi
à chiffrer l'ampleur des dégâts, la protection de la nature perd
10% de ses crédits, la plupart des parcs nationaux devront se
serrer la ceinture, le budget pour les associations de protection
est passé de huit à six millions d'euros, les organismes de surveillance
de la pollution de l'air n'auront plus droit à des crédits d'investissement
et il n'y a plus un sou pour aider à la mise en place des transports
publics. Et, comble de perversité du gouvernement, il a décidé
de piquer de l'argent aux Agences de Bassin pour les reverser
au budget général.
La ministre a juré que cela ne se reproduirait pas en 2004. On
respire, on est rassuré…
Comme des malheurs ne viennent jamais seuls, le Fonds de soutien
aux associations, a disparu par la volonté de parlementaires au
cours des débats du 23 octobre. Comme il n'y a plus d'emplois
jeunes et que le Fonds National pour le Développement de la Vie
Associative a également disparu au cours de la discussion budgétaire,
les associations de protection de la nature et de l'environnement
n'ont plus que leurs yeux pour pleurer.
Le ministère de l'Ecologie (et pour mémoire du Développement Durable)
file donc un mauvais coton alors qu'il paraît que le ministère
des Finances " l'aime bien ". Ca doit être de l'amour vache.
En fait tous les autres ministères s'en foutent de l'environnement,
et Jean-Pierre Raffarin, l'homme qui a supervisé l'assèchement
du Marais poitevin encore plus si c'est possible. Il est vrai
qu'il aura été le seul président de Région à être privé de son
parc régional pour avoir négligé le minimum de respect des règles
environnementales qui justifient l'existence d'un parc régional.
Pauvre ministère que ce ministère pauvre entre les pauvres alors
qu'augmenter son budget de 10% n'aurait même par représenté une
centaine de millions d'euros somme inférieure à l'allégement récent
de l'impôt sur la fortune. A ce niveau ce n'est pas de la rigueur,
mais de l'acharnement. Ou de la cruauté mentale envers la ministre
priée de défendre l'indéfendable.
Ne reste plus qu'à admirer le stoïcisme de Madame Roselyne Bachelot
devant toutes ces avanies. Elle est vraiment courageuse de laisser
tous ses collègues s'essuyer les pieds sur son ministère.
Mais, dans le fond, Raffarin et les autres ont raison : personne
n'est descendu dans la rue et la discussion du budget de l'Environnement
a fait l'objet d'une seule dépêche de 25 lignes de l'Agence France
presse vendredi 24 octobre à 19 h 35…
Par Claude-Marie Vadrot
Président des JNE
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