Edito
du 26 mai 2003
Pour
que la communication
n'étouffe pas l'information
De la laborieuse élaboration de la Charte de l'Environnement à la discussion faussée
par des a priori et de fausses informations sur le loup en passant par un débat
truqué sur l'énergie ou le curieux colloque du 27 mai sur la ruralité au Sénat
(1), l'information environnementale passe par de rudes
moments depuis quelques mois. Ce qui est en cause, ce n'est pas de savoir s'il
faut ou non préférer les nouveaux réacteurs (EPR) nucléaires aux éoliennes et
aux économies d'énergies, s'il faut ou non organiser des charters de loups à destination
de l'Espagne ou de l'Italie, ou si la ruralité version CPNT doit être l'avenir
de la France, ou encore si les réserves naturelles seront entre de bonnes ou de
mauvaises mains quand elles seront confiées aux régions ou aux départements. Sur
ces points chacun peut avoir une opinion, les journalistes comme tous les citoyens
de ce pays.
Ce qui est en cause, on le voit aussi sur la question des retraites
et de la décentralisation, c'est à la fois la réalité du " dialogue " et la qualité
de l'information qui est diffusée sur ces thèmes. Comme sur d'autres.
Le
Nous sommes entrés de plain-pied dans le domaine de la communication, des débats
faussés, des informations biaisées ou, tout simplement manquantes. Au point qu'il
nous faut être de plus en plus attentifs pour séparer le bon grain de l'ivraie,
pour ne pas confondre les dossiers incomplets avec de l'information. Il ne nous
suffit pas d'avoir un " Président à affichage écolo " pour être rassurés sur les
questions d'environnement. Nous avons le devoir, en tant que journalistes, d'être
plus prudents que jamais. Ce qui signifie qu'il nous faut, plus que jamais, scruter
les plus simples évidences.
Aussi, à Porto Alegre au mois de janvier dernier,
notre association a salué avec satisfaction la naissance annoncée de L'Observatoire
des Médias. Un observatoire qui sera mis en place dés la fin du mois de juin en
France et dont notre association est donc l'un des membres fondateurs, aux cotés
de syndicats de journalistes, de chercheurs, de sociologues, de membres d'ATTAC
et de lecteurs ou téléspectateurs. Le président de cette association pourrait
être, cela sera officiel dans quelques jours, notre confrère Marcel Trillat dont
la réputation n'est plus à faire dans ce domaine lui qui, entre autres, à France
2, refusa de cautionner l'information unilatérale des Américains pendant la première
guerre du Golfe.
Entendons-nous bien : il ne s'agit pas de " juger " des confrères
sur leurs opinions ou de nous prononcer sur le fond. L'objectif, nous l'avons
répété à Porto Alegre et dans les réunions préparatoires, est d'intervenir pour
la transparence, pour la pluralité des informations ; pour qu'il n'y ait pas de
" face cachée " dans les dossiers, pour que toutes les tentatives de " désinformation
" soient signalées. C'est sur cette base que notre association sera chargée, et
nous avons déjà commencé le travail (1), de décortiquer
les dossiers, les événements et les informations dans tout ce qui touche aux problèmes
d'environnement et de protection de la nature.
Nous faisons donc appel pour
nous aider, à tous les membres de notre association et à tous les lecteurs de
ce site. Pour qu'ils nous signalent les manquements à la pluralité des informations,
pour qu'ils nous alertent à chaque fois qu'ils ont l'impression qu'un dossier
est biaisée.
Par Claude-Marie Vadrot
Président
des JNE

(1) voir nos informations sur ces sujets en annexe et notamment nos deux
premiers " communiqués " sur les questions de l'information (rubrique
Actus nationales)
