23 septembre 2003

 
 
 

 

 


SOMMAIRE DE CETTE SEMAINE :

Pollution atmosphérique : le président du Conseil national de l'air tire la sonnette d'alarme
Le vélo pourrait gagner des parts de marché dans les villes
Bure : une étude opportune pour conforter la thèse illusoire du "coffre-fort d'argile"
La collecte sélective en centre ville
Gestion des déchets
Fête de la Science : NAUSICAA du lundi 13 au dimanche 19 octobre 2003
Qualité des eaux et assainissement en Méditerranée
Archives


Pollution atmosphérique : le président du Conseil national de l'air tire la sonnette d'alarme (article paru dans le Journal du Dimanche du 21 septembre)

Contrairement à ce qu'espéraient les spécialistes du ministère de l'Ecologie, mais conformément à ce qui avait été annoncé par les spécialistes de la météo, le territoire français connaît depuis quelques jours une nouvelle période de forte pollution aux particules, au dioxyde d'azote et à l'ozone. Pour ce seul dernier produit, le bilan du ministère sur la quinzaine de la canicule rappelle : " l'ozone est un gaz agressif pour les muqueuses qui peut entraîner une diminution de la fonction respiratoire, particulièrement chez les personnes sensibles, insuffisants respiratoires, personnes âgées…L'ozone a également un effet sur les végétaux, nécroses, altération de la croissance, entraînant des pertes de production agricole. Il contribue en outre à l'effet de serre ".
Jeudi et vendredi, le ministère de l'Ecologie a hésité à déclencher le plan de circulation alternée pour la région parisienne puis a fait mettre en vigueur l'habituelle réduction de vitesse sur les routes et les autoroutes. Une mesure dont une très récente étude d'Airparif, l'organisme chargé de mesurer la pollution en Ile de France explique : " on constate que l'impact estimé de cette mesure sur les émissions est limité puisqu'il ne dépasse pas 3% de réduction d'émissions pour l'Ile de France. Compte tenu de ces faibles variations d'émission, l'impact sur la qualité de l'air d'une telle mesure, dans l'hypothèse où elle serait parfaitement respectée, ce qui n'est pas nécessairement le cas, est donc faible au niveau régional ". Le Journal du Dimanche a donc demandé à Jean-Félix Bernard, président du Conseil national de l'air qui se réunit mercredi pour étudier la situation, de faire le point sur la pollution et sur ses incidences sur la surmortalité constatée cet été.

Le chiffre de 6000 morts directement liées à la pollution au début du mois d'août circule actuellement, qu'en pensez-vous ?

Il n'est pas encore possible de chiffrer avec précision l'impact de la pollution, mais je pense que des milliers de personnes sont décédées à cause de cette pollution. D'ailleurs le nombre des décès par hyperthermie, c'est-à-dire strictement attribuable à la chaleur, n'est officiellement que de 56%.

Cette surmortalité s'arrête-t-elle au 15 août ?

Non, je pense que nous dépasserons les 15 000 morts en surnombre jusqu'à la fin du mois d'août. Plus ceux de septembre. Actuellement, dans la région parisienne, cette surmortalité sanitaire et écologique reste d'au moins de 10 %. D'abord parce qu'il y a un effet retard. Les nouveaux pics de pollution que nous connaissons actuellement ne vont rien arranger. Je crois, que cela nous plaise ou non, qu'il faut parler d'une véritable crise qui n'est pas terminée. De plus il est clair que des gens vont décéder plus tard à cause de ces épisodes de pollution.

Cela concerne essentiellement l'Ile de France ?

Pas du tout, toute la France a été touchée en dehors de certaines zones des Alpes et des Pyrénées. Les nappes de pollution ont été énormes, très étendues, aussi bien en France que dans les pays voisins. Cette pollution, il faut insister là-dessus a concerné les villes, les zones rurales et les régions de vacances. Tout le monde a été touché. Le seuil d'information du public a été atteint ou dépassé sur pratiquement tout le territoire. Or nous savons que même en dessous des seuils administratifs la morbidité ou la mortalité sont déjà une réalité. C'est pour cela que j'ai donné l'alerte dès le 2 août.

Qu'aurait-il fallu faire ?

Il aurait fallu prévenir solennellement les gens par la télévision, rappeler que ces jours-là prendre sa voiture nuit gravement à la santé, que la chaleur n'était pas le seul danger. Toutes les études montrent qu'au bout d'une période d'exposition de six jours, les conséquences sur la santé sont importantes et que la morbidité ou la mortalité sont multipliés par deux ou quatre. Or il faut savoir que dans certaines régions, la durée totale de l'exposition à une forte pollution a atteint hier soixante jours. Les gens n'avaient pas conscience de ce danger car l'ozone est incolore et inodore. J'ai demandé la tenue d'une réunion européenne pour mettre des mesures coordonnées au point, mais pour l'instant elle n'a pas eu lieu.

Les responsables de cette pollution ?

Les transports et la voiture individuelle, mais aussi l'utilisation des solvants et l'industrie. Des consignes ont été données aux industriels au début du mois d'août, mais, à l'étude des niveaux atteints, je ne suis pas certain qu'elles ont été vraiment efficaces.

Les mesures que vous allez évoquer mercredi…

Toutes les mesures sont bonnes à prendre, mais les limitations de vitesse, par exemple, doivent être efficacement contrôlées par la police routière. Il faut surtout le faire de façon homogène, sur tout le territoire. Décréter la gratuité des transports publics comme cela c'est fait à Strasbourg et à Mulhouse a l'avantage de frapper les esprits, de montrer aux gens que la situation est difficile. Mais il faut faire cela partout, pas seulement dans quelques villes. Il faut informer si on veut que les appels au civisme soient entendus.

Vos impressions pour l'avenir ?

Il faudra réfléchir rapidement à des voitures à très faible consommation et mettre le fret sur rail. Car nous risquons d'autres épisodes graves de pollution. Il faut s'y préparer et éviter les fausses mesures : la circulation alternée, par exemple puisque plus de 85% des voitures ont une pastille verte qui leur permet de rouler ; cela revient à ne rien faire. Il faut que chacun d'entre nous prenne conscience que cette année, les conséquences de la pollution sur la mortalité risquent d'être supérieures à celle des accidents automobiles. Cela mérite donc une mobilisation identique à celle de la sécurité routière. Comme à Athènes où des mesures draconiennes ont permis d'éviter 1500 morts.

 

Communiqués de presse

Le vélo pourrait gagner des parts de marché dans les villes Par l'Institut français de l'environnement (l'Ifen)

Alors que la journée " En ville, sans ma voiture ! " sera le point d'orgue de la " Semaine européenne de la mobilité et du transport public ", du 16 au 22 septembre, et que s'ouvre à Paris le congrès " Vélo City ", le numéro 86 des Données de l'environnement publié aujourd'hui par l'Institut français de l'environnement (Ifen) fait le point sur la place du vélo en ville, grâce notamment aux enquêtes du Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (Certu).

Un mode de transport plébiscité par les Français
Le vélo urbain est plébiscité par les Français questionnés à son propos : s'ils avaient le choix, 13 % d'entre eux utiliseraient le vélo pour leurs déplacements quotidiens et 55 % considèrent que le vélo est le mode de transport qui, en ville, va le plus se développer dans les années à venir. Substitut possible aux déplacements motorisés, le vélo coûte à son usager quatre fois moins que l'automobile et deux fois moins que les transports collectifs (achat, entretien et alimentation supplémentaire du cycliste compris) et s'avère souvent plus rapide pour les déplacements de courtes distances. Mais il offre surtout de nombreux avantages environnementaux et sociétaux : idéal pour les petits trajets, les plus polluants en auto car les moteurs sont froids, silencieux, peu consommateur d'énergie, d'espace de stationnement et de circulation, le vélo participe à l'amélioration de la santé publique, au lien social, au plaisir de vivre en ville.

Pourtant peu enclins à l'utiliser
En France, la bicyclette est d'abord un objet de loisir et représente moins de 5 % des déplacements dans les villes, où la mobilité à vélo baisse ou se stabilise. Enrayée à Paris en 1998, cette baisse se constate en 2001 même dans l'agglomération grenobloise, qui avait un moment fait figure d'exception. Un vélo parcourt, au cours de son cycle de vie, environ cinq fois moins de distance en France qu'aux Pays-Bas où le nombre de vélos en circulation dépasse le nombre d'habitants et chacun d'entre eux roule en moyenne plus de 1000 km par an ! En Europe, il n'y a qu'en Espagne (24 km parcourus par habitant et par an) et au Royaume-Uni (81) qu'on roule moins à vélo qu'en France (87 km/hab/an).

Dont les obstacles à l'utilisation sont connus
Certains obstacles expliquent que la pratique ne suit pas l'opinion, notamment la place de la voiture. Les freins à la pratique cycliste les plus cités par les Français sont les distances à parcourir (22 %), la forme physique (21 %), la peur de se faire renverser (11 %), le manque de pistes cyclables.

Et contrôlables
Autant de facteurs limitants qui sont des leviers sur lesquels il est possible d'agir : la part de marché du vélo varie dans les villes françaises de 1 à 10, selon les politiques de déplacements menées depuis quelques années, la culture, l'histoire. Il est donc possible, pour les agglomérations, avec une volonté politique et une pédagogie affirmée dans la durée, de se démarquer de la tendance à la baisse de la mobilité à vélo en milieu urbain.


Les données de l'environnement n° 86 septembre 2003
Diffusion : Institut français de l'environnement (Ifen) 02 38 79 78 78 ou
www.ifen.fr

Contact presse : Christel Leca 01 40 20 44 05.

 

 

Déchets nucléaires

Bure : une étude opportune pour conforter la thèse illusoire du "coffre-fort d'argile" Par les Collectifs Bure-Stop & Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs

Alors que la revue scientifique internationale "Nature" vient de publier un article repris par un certain nombre de médias, les collectifs Bure-stop s'étonnent profondément de l'utilisation de l'étude réalisée par le CRPG de Nancy (Centre de recherches pétrographiques et géochimiques). Celle-ci veut prouver, par l'observation de la migration du gaz hélium, que la couche d'argile susceptible de recevoir les déchets nucléaires hautement radioactifs à vie longue (à Bure, en limite Lorraine-Champagne) serait étanche et devrait donc pouvoir piéger la radioactivité "plusieurs millions d'années".
Or, au terme d'une patiente recherche, les collectifs Bure-Stop viennent de découvrir que cette étude du CRPG remonte pour l'essentiel à plusieurs années, puisque publiée dans un document de l'Andra en 1998* (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Pourquoi, alors, une publication aussi tardive si ça n'est à un moment fort opportun?

En effet, cet article émerge juste au moment où le CLIS, par le biais de son président (Préfet de Meuse), vient de manœuvrer de façon scandaleuse quant à un dossier d'expertise lancé au printemps dernier. Le Clis (Comité local d'information et de suivi), chargé de suivre de près le dossier du laboratoire d'enfouissement de Bure, s'est adjoint, au terme d'une longue démarche, les compétences d'un organisme, l'IEER (Institute for Energy and Environmental Research) dirigé par le Dr Arjun Makhijani. L'IEER a été mandaté par le CLIS à l'unanimité (séance plénière du 26 mai 2003) pour expertiser le programme scientifique prévu par l'Andra sur le site de Bure ; l'Andra étant loin d'avoir répondu de manière satisfaisante à des questions aussi capitales que la présence de failles, de séismes, de radon, de ressources géothermiques, etc.

Or, tandis que l'IEER avait carte blanche depuis mai dernier** pour effectuer son expertise, le président du Clis a mystérieusement repoussé la signature du contrat et ce n'est que fin août (lors d'une séance où l'on avait omis d'inviter les représentants des collectifs !) que le bureau du Clis a découvert le pot aux roses : un vice avait été glissé dans la procédure (!), ce qui casse le contrat avec l'IEER et contraint à de nouvelles démarches, longues et qui, suivant un nouvel appel d'offres, risquent fort de mettre l'IEER sur la touche tant il est connu que cet organisme, aux Etats-Unis, ne s'en laisse pas conter par le lobby nucléaire.

Les collectifs citoyens, excédés par l'accumulation de telles pratiques, ne comprennent pas qu'une partie de la communauté scientifique cautionne ainsi la volonté avérée de se débarrasser des déchets nucléaires en les enfouissant au mépris de la santé et de la sécurité des générations à venir, voire plus tôt que prévu.

* "Actes des journées scientifiques CNRS-Andra / Bar-le-Duc / 20 et 21 octobre 1997" Atlas des posters, pages 44-45 / édition juin 1998
** courrier du président du CLIS -préfet de la Meuse- au Dr Arjun Makhijani, daté de fin mai 2003


Contact presse :
03 25 04 94 41 - 06 86 74 85 11
www.burestop.org


 

Agenda

La collecte sélective en centre ville

Le 24 septembre, Eco-Emballages donne rendez-vous à 6 grandes agglomérations (Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Nantes et Bordeaux) pour mettre ne commun leurs expériences en matière de collecte sélective des déchets ménagers en centre ville. Ces 6 villes représentent à elles seules, 10% de la population française.
Rens :
: thenes@eco-emballages.fr

Gestion des déchets

Comment arriver à une gestion durable des déchets dans le Val d'Oise? De nombreux invités (Ademe, Onyx, Conseil général, Amis de la Terre...) essaieront de répondre à cette question, le 23 octobre au château de Maffliers. Au programme, visite du centre de stockage du Plessis-Gassot qui traite sur place les lixiviats et valorise le biogaz. Le soir, conférence-débat suivit d'un cocktail.
Info :
: ideal@reseau-ideal-asso.fr

 

Fête de la Science : NAUSICAA du lundi 13 au dimanche 19 octobre 2003

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les phénomènes climatiques : Lors de la Fête de la Science, NAUSICAA expliquera aux petits et grands les bouleversements climatiques. À travers différents ateliers et une projection en salle de cinéma, l'équipe éducative de NAUSICAA abordera de façon simple et ludique des phénomènes qui nous interpellent (et qui restent souvent sans réponse).

Animations pour les scolaires (3e cycle et collège)
avec "Les petits débrouillards"
lundi 13, mardi 14, jeudi 16 et vendredi 17 octobre 2003
de 9 h 30 à 12 h 00 et de 14 h 00 à 16 h 00

inscriptions obligatoires au 03 21 30 99 83

Animations pour le public
avec "Les petits débrouillards"
Le samedi 18 octobre 2003 de 13 h 00 à 18 h 00
Le dimanche 19 octobre 2003 de 10 h 00 à 12 h 00 et de 13 h 00 à 18 h 00

Rendez-vous à la médiathèque de NAUSICAA

Mercredi à NAUSICAA spécial Fête de la Science
"Ami Iguane, as-tu trop chaud ?"
La météo devient folle et notre planète a de plus en plus chaud !
Que va-t-il arriver à ses habitants : les animaux, les hommes ?
Serons-nous les prochains dinosaures ?
Rejoignez-nous pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui
et découvrir ce qui pourrait arriver demain…

Mercredi 15 octobre 2003 de 14 h 30 à 16 h 30
Séances offertes aux enfants abonnés
3 EUR pour les enfants non-abonnés
Inscription obligatoire au 03 21 30 99 83

Conférence avec Jean-Louis FELLOUS
Un spectre hante le monde : celui du changement climatique : Qu'en est-il vraiment ? Allons nous vers le réchauffement global ? A quelle échéance ? Quelles en sont les causes? Quelles en seront les conséquences sur notre vie et celle de nos enfants et petits-enfants ? Pour répondre à toutes ces questions, Jean-Louis FELLOUS, directeur des recherches océaniques à l'IFREMER et auteur du livre "Avis de tempêtes" animera une conférence sur les bouleversements climatiques.
Jean-Louis FELLOUS a été président du Comité mondial des satellites
d'observation de la terre et secrétaire du Comité national français
des recherches sur les changements globaux.
Samedi 18 octobre 2003 à 15 h 00 au cinéma de NAUSICAA


 

" Qualité des eaux et assainissement en Méditerranée " 21 et 22 octobre 2003 - Marseille

Interdiction de baignade - pollution des milieux aquatiques - mise en danger des ressources - coût du traitement de l'eau. C'est pour mieux prendre en compte ces préoccupations que le Conseil général des Bouches-du-Rhône a décidé de renforcer ses actions en complément de son soutien aux communes dans une politique publique en matière d'assainissement Félix Weygand, Conseiller général délégué à l'assainissement a souhaité que le premier temps fort de cette politique soit porté par un colloque dont la thématique " Qualité des eaux et assainissement en Méditerranée " traduit la volonté de concertation du Conseil général. Une ouverture au débat déjà bien engagée avec les partenaires traditionnels mais aussi les scientifiques avec qui une expérimentation est en cours :

Des boues pour accélérer la reforestation des zones incendiées

L'Université de Provence (Marseille) mène une expérimentation, avec le soutien du Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui devrait à terme, accélérer la reforestation des zones incendiées dans le bassin méditerranéen. En effet, l'épandage des boues issues des stations d'épuration pourrait accroître la reconstitution de formations forestières à partir de la garrigue . Le terrain d'expérimentation se situe sur le plateau de l'Arbois, propriété du Conseil général. Le professeur Bonin (Directeur de l'IMEP-CNRS) exposera ses premières conclusions à l'occasion d'une table ronde.

Autres sujets

Aspects réglementaires de l'assainissement, la gestion des boues des stations d'épuration, le prix de l'eau et les spécificités du pays méditerranéen dans le domaine de l'eau (la problématique des cours d'eau à faible débit, la gestion des pluies d'orage, les afflux saisonniers de population)

Rencontre organisée par le Réseau IDEAL et le Conseil général des Bouches du Rhône


Contact presse :
Jordan Pedron - Réseau IDEAL
01 45 15 09 05 - : j.pedron@reseau-ideal.asso.fr
Renseignement et inscriptions : www.reseau-ideal.asso.fr

 


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