
SOMMAIRE DE CETTE SEMAINE :


Contrairement
à ce qu'espéraient les spécialistes du ministère de l'Ecologie,
mais conformément à ce qui avait été annoncé par les spécialistes
de la météo, le territoire français connaît depuis quelques jours
une nouvelle période de forte pollution aux particules, au dioxyde
d'azote et à l'ozone. Pour ce seul dernier produit, le bilan du
ministère sur la quinzaine de la canicule rappelle : " l'ozone
est un gaz agressif pour les muqueuses qui peut entraîner une
diminution de la fonction respiratoire, particulièrement chez
les personnes sensibles, insuffisants respiratoires, personnes
âgées…L'ozone a également un effet sur les végétaux, nécroses,
altération de la croissance, entraînant des pertes de production
agricole. Il contribue en outre à l'effet de serre ".
Jeudi et vendredi, le ministère de l'Ecologie a hésité à déclencher
le plan de circulation alternée pour la région parisienne puis
a fait mettre en vigueur l'habituelle réduction de vitesse sur
les routes et les autoroutes. Une mesure dont une très récente
étude d'Airparif, l'organisme chargé de mesurer la pollution en
Ile de France explique : " on constate que l'impact estimé de
cette mesure sur les émissions est limité puisqu'il ne dépasse
pas 3% de réduction d'émissions pour l'Ile de France. Compte tenu
de ces faibles variations d'émission, l'impact sur la qualité
de l'air d'une telle mesure, dans l'hypothèse où elle serait parfaitement
respectée, ce qui n'est pas nécessairement le cas, est donc faible
au niveau régional ". Le Journal du Dimanche a donc demandé à
Jean-Félix Bernard, président du Conseil national de l'air qui
se réunit mercredi pour étudier la situation, de faire le point
sur la pollution et sur ses incidences sur la surmortalité constatée
cet été.
Le
chiffre de 6000 morts directement liées à la pollution au début
du mois d'août circule actuellement, qu'en pensez-vous ?
Il
n'est pas encore possible de chiffrer avec précision l'impact
de la pollution, mais je pense que des milliers de personnes sont
décédées à cause de cette pollution. D'ailleurs le nombre des
décès par hyperthermie, c'est-à-dire strictement attribuable à
la chaleur, n'est officiellement que de 56%.
Cette
surmortalité s'arrête-t-elle au 15 août ?
Non,
je pense que nous dépasserons les 15 000 morts en surnombre jusqu'à
la fin du mois d'août. Plus ceux de septembre. Actuellement, dans
la région parisienne, cette surmortalité sanitaire et écologique
reste d'au moins de 10 %. D'abord parce qu'il y a un effet retard.
Les nouveaux pics de pollution que nous connaissons actuellement
ne vont rien arranger. Je crois, que cela nous plaise ou non,
qu'il faut parler d'une véritable crise qui n'est pas terminée.
De plus il est clair que des gens vont décéder plus tard à cause
de ces épisodes de pollution.
Cela
concerne essentiellement l'Ile de France ?
Pas
du tout, toute la France a été touchée en dehors de certaines
zones des Alpes et des Pyrénées. Les nappes de pollution ont été
énormes, très étendues, aussi bien en France que dans les pays
voisins. Cette pollution, il faut insister là-dessus a concerné
les villes, les zones rurales et les régions de vacances. Tout
le monde a été touché. Le seuil d'information du public a été
atteint ou dépassé sur pratiquement tout le territoire. Or nous
savons que même en dessous des seuils administratifs la morbidité
ou la mortalité sont déjà une réalité. C'est pour cela que j'ai
donné l'alerte dès le 2 août.
Qu'aurait-il
fallu faire ?
Il aurait fallu prévenir solennellement les gens par la télévision,
rappeler que ces jours-là prendre sa voiture nuit gravement à
la santé, que la chaleur n'était pas le seul danger. Toutes les
études montrent qu'au bout d'une période d'exposition de six jours,
les conséquences sur la santé sont importantes et que la morbidité
ou la mortalité sont multipliés par deux ou quatre. Or il faut
savoir que dans certaines régions, la durée totale de l'exposition
à une forte pollution a atteint hier soixante jours. Les gens
n'avaient pas conscience de ce danger car l'ozone est incolore
et inodore. J'ai demandé la tenue d'une réunion européenne pour
mettre des mesures coordonnées au point, mais pour l'instant elle
n'a pas eu lieu.
Les
responsables de cette pollution ?
Les
transports et la voiture individuelle, mais aussi l'utilisation
des solvants et l'industrie. Des consignes ont été données aux
industriels au début du mois d'août, mais, à l'étude des niveaux
atteints, je ne suis pas certain qu'elles ont été vraiment efficaces.
Les
mesures que vous allez évoquer mercredi…
Toutes
les mesures sont bonnes à prendre, mais les limitations de vitesse,
par exemple, doivent être efficacement contrôlées par la police
routière. Il faut surtout le faire de façon homogène, sur tout
le territoire. Décréter la gratuité des transports publics comme
cela c'est fait à Strasbourg et à Mulhouse a l'avantage de frapper
les esprits, de montrer aux gens que la situation est difficile.
Mais il faut faire cela partout, pas seulement dans quelques villes.
Il faut informer si on veut que les appels au civisme soient entendus.
Vos
impressions pour l'avenir ?
Il faudra réfléchir rapidement à des voitures à très faible consommation
et mettre le fret sur rail. Car nous risquons d'autres épisodes
graves de pollution. Il faut s'y préparer et éviter les fausses
mesures : la circulation alternée, par exemple puisque plus de
85% des voitures ont une pastille verte qui leur permet de rouler
; cela revient à ne rien faire. Il faut que chacun d'entre nous
prenne conscience que cette année, les conséquences de la pollution
sur la mortalité risquent d'être supérieures à celle des accidents
automobiles. Cela mérite donc une mobilisation identique à celle
de la sécurité routière. Comme à Athènes où des mesures draconiennes
ont permis d'éviter 1500 morts.


Alors que la journée " En ville, sans ma voiture ! " sera le
point d'orgue de la " Semaine européenne de la mobilité et du
transport public ", du 16 au 22 septembre, et que s'ouvre à Paris
le congrès " Vélo City ", le numéro 86 des Données de l'environnement
publié aujourd'hui par l'Institut français de l'environnement
(Ifen) fait le point sur la place du vélo en ville, grâce notamment
aux enquêtes du Centre d'études sur les réseaux, les transports,
l'urbanisme et les constructions publiques (Certu).
Un
mode de transport plébiscité par les Français
Le vélo urbain est plébiscité par les Français questionnés à son
propos : s'ils avaient le choix, 13 % d'entre eux utiliseraient
le vélo pour leurs déplacements quotidiens et 55 % considèrent
que le vélo est le mode de transport qui, en ville, va le plus
se développer dans les années à venir. Substitut possible aux
déplacements motorisés, le vélo coûte à son usager quatre fois
moins que l'automobile et deux fois moins que les transports collectifs
(achat, entretien et alimentation supplémentaire du cycliste compris)
et s'avère souvent plus rapide pour les déplacements de courtes
distances. Mais il offre surtout de nombreux avantages environnementaux
et sociétaux : idéal pour les petits trajets, les plus polluants
en auto car les moteurs sont froids, silencieux, peu consommateur
d'énergie, d'espace de stationnement et de circulation, le vélo
participe à l'amélioration de la santé publique, au lien social,
au plaisir de vivre en ville.
Pourtant peu enclins à l'utiliser
En France, la bicyclette est d'abord un objet de loisir et représente
moins de 5 % des déplacements dans les villes, où la mobilité
à vélo baisse ou se stabilise. Enrayée à Paris en 1998, cette
baisse se constate en 2001 même dans l'agglomération grenobloise,
qui avait un moment fait figure d'exception. Un vélo parcourt,
au cours de son cycle de vie, environ cinq fois moins de distance
en France qu'aux Pays-Bas où le nombre de vélos en circulation
dépasse le nombre d'habitants et chacun d'entre eux roule en moyenne
plus de 1000 km par an ! En Europe, il n'y a qu'en Espagne (24
km parcourus par habitant et par an) et au Royaume-Uni (81) qu'on
roule moins à vélo qu'en France (87 km/hab/an).
Dont
les obstacles à l'utilisation sont connus
Certains obstacles expliquent que la pratique ne suit pas l'opinion,
notamment la place de la voiture. Les freins à la pratique cycliste
les plus cités par les Français sont les distances à parcourir
(22 %), la forme physique (21 %), la peur de se faire renverser
(11 %), le manque de pistes cyclables.
Et
contrôlables
Autant de facteurs limitants qui sont des leviers sur lesquels
il est possible d'agir : la part de marché du vélo varie dans
les villes françaises de 1 à 10, selon les politiques de déplacements
menées depuis quelques années, la culture, l'histoire. Il est
donc possible, pour les agglomérations, avec une volonté politique
et une pédagogie affirmée dans la durée, de se démarquer de la
tendance à la baisse de la mobilité à vélo en milieu urbain.

Les
données de l'environnement n° 86 septembre 2003
Diffusion
: Institut français de l'environnement (Ifen)
02
38 79 78 78 ou
www.ifen.fr
Contact
presse : Christel Leca
01 40 20 44 05.



Alors que la revue scientifique internationale "Nature" vient
de publier un article repris par un certain nombre de médias,
les collectifs Bure-stop s'étonnent profondément de l'utilisation
de l'étude réalisée par le CRPG de Nancy (Centre de recherches
pétrographiques et géochimiques). Celle-ci veut prouver, par l'observation
de la migration du gaz hélium, que la couche d'argile susceptible
de recevoir les déchets nucléaires hautement radioactifs à vie
longue (à Bure, en limite Lorraine-Champagne) serait étanche et
devrait donc pouvoir piéger la radioactivité "plusieurs millions
d'années".
Or, au terme d'une patiente recherche, les collectifs Bure-Stop
viennent de découvrir que cette étude du CRPG remonte pour l'essentiel
à plusieurs années, puisque publiée dans un document de l'Andra
en 1998* (Agence nationale pour la gestion
des déchets radioactifs). Pourquoi, alors, une publication aussi
tardive si ça n'est à un moment fort opportun?
En
effet, cet article émerge juste au moment où le CLIS, par le biais
de son président (Préfet de Meuse), vient de manœuvrer de façon
scandaleuse quant à un dossier d'expertise lancé au printemps
dernier. Le Clis (Comité local d'information et de suivi), chargé
de suivre de près le dossier du laboratoire d'enfouissement de
Bure, s'est adjoint, au terme d'une longue démarche, les compétences
d'un organisme, l'IEER (Institute for Energy and Environmental
Research) dirigé par le Dr Arjun Makhijani. L'IEER a été mandaté
par le CLIS à l'unanimité (séance plénière du 26 mai 2003) pour
expertiser le programme scientifique prévu par l'Andra sur le
site de Bure ; l'Andra étant loin d'avoir répondu de manière satisfaisante
à des questions aussi capitales que la présence de failles, de
séismes, de radon, de ressources géothermiques, etc.
Or, tandis que l'IEER avait carte blanche depuis mai dernier**
pour effectuer son expertise, le président du Clis a mystérieusement
repoussé la signature du contrat et ce n'est que fin août (lors
d'une séance où l'on avait omis d'inviter les représentants des
collectifs !) que le bureau du Clis a découvert le pot aux roses
: un vice avait été glissé dans la procédure (!), ce qui casse
le contrat avec l'IEER et contraint à de nouvelles démarches,
longues et qui, suivant un nouvel appel d'offres, risquent fort
de mettre l'IEER sur la touche tant il est connu que cet organisme,
aux Etats-Unis, ne s'en laisse pas conter par le lobby nucléaire.
Les
collectifs citoyens, excédés par l'accumulation de telles pratiques,
ne comprennent pas qu'une partie de la communauté scientifique
cautionne ainsi la volonté avérée de se débarrasser des déchets
nucléaires en les enfouissant au mépris de la santé et de la
sécurité des générations à venir, voire plus tôt que prévu.
*
"Actes des journées scientifiques CNRS-Andra / Bar-le-Duc / 20
et 21 octobre 1997" Atlas des posters, pages 44-45 / édition juin
1998
** courrier du président du CLIS -préfet de la Meuse- au Dr Arjun
Makhijani, daté de fin mai 2003

Contact
presse :
03
25 04 94 41 -
06
86 74 85 11
www.burestop.org


Le 24 septembre, Eco-Emballages donne rendez-vous à 6 grandes
agglomérations (Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Nantes et
Bordeaux) pour mettre ne commun leurs expériences en matière de
collecte sélective des déchets ménagers en centre ville. Ces 6
villes représentent à elles seules, 10% de la population française.
Rens :
:
thenes@eco-emballages.fr

Comment arriver à une gestion durable des déchets dans le Val
d'Oise? De nombreux invités (Ademe, Onyx, Conseil général, Amis
de la Terre...) essaieront de répondre à cette question, le 23
octobre au château de Maffliers. Au programme, visite du centre
de stockage du Plessis-Gassot qui traite sur place les lixiviats
et valorise le biogaz. Le soir, conférence-débat suivit d'un cocktail.
Info :
:
ideal@reseau-ideal-asso.fr


Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les phénomènes
climatiques : Lors de la Fête de la Science, NAUSICAA expliquera
aux petits et grands les bouleversements climatiques. À travers
différents ateliers et une projection en salle de cinéma, l'équipe
éducative de NAUSICAA abordera de façon simple et ludique des
phénomènes qui nous interpellent (et qui restent souvent sans
réponse).
Animations
pour les scolaires (3e cycle et collège)
avec "Les petits débrouillards"
lundi 13, mardi 14, jeudi 16 et vendredi 17 octobre 2003
de 9 h 30 à 12 h 00 et de 14 h 00 à 16 h 00
inscriptions obligatoires au 03 21 30 99 83
Animations
pour le public
avec "Les petits débrouillards"
Le samedi 18 octobre 2003 de 13 h 00 à 18 h 00
Le dimanche 19 octobre 2003 de 10 h 00 à 12 h 00 et de 13 h 00
à 18 h 00
Rendez-vous à la médiathèque de NAUSICAA
Mercredi
à NAUSICAA spécial Fête de la Science
"Ami Iguane, as-tu trop chaud ?"
La météo devient folle et notre planète a de plus en plus chaud
!
Que va-t-il arriver à ses habitants : les animaux, les hommes
?
Serons-nous les prochains dinosaures ?
Rejoignez-nous pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui
et découvrir ce qui pourrait arriver demain…
Mercredi
15 octobre 2003 de 14 h 30 à 16 h 30
Séances offertes aux enfants abonnés
3 EUR pour les enfants non-abonnés
Inscription obligatoire au 03 21 30 99 83
Conférence
avec Jean-Louis FELLOUS
Un spectre hante le monde : celui du changement climatique : Qu'en
est-il vraiment ? Allons nous vers le réchauffement global ? A
quelle échéance ? Quelles en sont les causes? Quelles en seront
les conséquences sur notre vie et celle de nos enfants et petits-enfants
? Pour répondre à toutes ces questions, Jean-Louis FELLOUS, directeur
des recherches océaniques à l'IFREMER et auteur du livre "Avis
de tempêtes" animera une conférence sur les bouleversements climatiques.
Jean-Louis FELLOUS a été président du Comité mondial des satellites
d'observation de la terre et secrétaire du Comité national français
des recherches sur les changements globaux.
Samedi
18 octobre 2003 à 15 h 00 au cinéma de NAUSICAA


Interdiction
de baignade - pollution des milieux aquatiques - mise en danger
des ressources - coût du traitement de l'eau. C'est pour mieux
prendre en compte ces préoccupations que le Conseil général des
Bouches-du-Rhône a décidé de renforcer ses actions en complément
de son soutien aux communes dans une politique publique en matière
d'assainissement Félix Weygand, Conseiller général délégué à l'assainissement
a souhaité que le premier temps fort de cette politique soit porté
par un colloque dont la thématique " Qualité des eaux et assainissement
en Méditerranée " traduit la volonté de concertation du Conseil
général. Une ouverture au débat déjà bien engagée avec les partenaires
traditionnels mais aussi les scientifiques avec qui une expérimentation
est en cours :
Des
boues pour accélérer la reforestation des zones incendiées
L'Université
de Provence (Marseille) mène une expérimentation, avec le soutien
du Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui devrait à terme,
accélérer la reforestation des zones incendiées dans le bassin
méditerranéen. En effet, l'épandage des boues issues des stations
d'épuration pourrait accroître la reconstitution de formations
forestières à partir de la garrigue . Le terrain d'expérimentation
se situe sur le plateau de l'Arbois, propriété du Conseil général.
Le professeur Bonin (Directeur de l'IMEP-CNRS) exposera ses premières
conclusions à l'occasion d'une table ronde.
Autres
sujets
Aspects
réglementaires de l'assainissement, la gestion des boues des stations
d'épuration, le prix de l'eau et les spécificités du pays méditerranéen
dans le domaine de l'eau (la problématique des cours d'eau à faible
débit, la gestion des pluies d'orage, les afflux saisonniers de
population)
Rencontre
organisée par le Réseau IDEAL et le Conseil général des Bouches
du Rhône

Contact
presse :
Jordan Pedron - Réseau IDEAL
01 45 15 09 05 -
:
j.pedron@reseau-ideal.asso.fr
Renseignement et inscriptions : www.reseau-ideal.asso.fr

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