
Riches d'une nature
exceptionnelle, bases de loisirs, protection contre les inondations, terres de
pâturage ou de découvertes touristiques... de la mare aux marais en passant par
les lacs, estuaires, tourbières, les zones humides font partie de la diversité
de notre vie. Elles sont pourtant en voie de disparition. Les sauvegarder n'est
plus une nécessité mais une urgence.
Par Cécile Arbona
(...)

Du fonctionnement à la fonction, il n'y a qu'un pas. En l'occurrence, on peut
mettre le pluriel puisque les zones humides remplissent des fonctions de base,
sur trois niveaux interdépendants d'ordre biologique, écologique et économique.
Au niveau biologique, la richesse de la faune et de la flore, la variété des écosystèmes
constituent un réservoir de biodiversité. Une multitude d'animaux y trouvent des
conditions privilégiées, indispensables à leur survie : un gîte, une nourriture
abondante, des lieux de reproduction et de repos pour les migrateurs. Une végétation
exubérante s'y développe, qui a comme particularité d'apprécier des taux d'humidité
extrêmes. Les chiffres, les noms étranges ou évocateurs de quelques espèces laissent
rêveurs... 30 % des espèces végétales rares et menacées, ainsi que 50 % des espèces
d'oiseaux présents sur le territoire sont inféodés aux milieux humides. Les 2/3
des poissons que nous consommons y grandissent ou s'y reproduisent. En bordure
de rivière, la ripisylve est le domaine du saule blanc, de l'aulne glutineux,
du peuplier tremble. Les habitants de ces eaux rapides ont chacun leur technique
pour résister à la force du courant : les larves d'éphémères se plaquent contre
une pierre ; la renoncule flottante allonge ses tiges à la dérive, et les feuilles
de la pesse d'eau changent de forme lorsqu'elles sont immergées. La loutre et
le castor côtoient les truites, goujons, brèmes, vairons, ablettes qui partagent
le butin enfoui entre les mousses et les algues avec les prédateurs venus des
airs tels le martin-pêcheur d'Europe, la bergeronnette des ruisseaux ou le cincle
plongeur.
Les prairies humides servent de frayère pour une quantité de poissons,
dont le brochet ; ce sont des lieux de croissance pour les alevins et les jeunes.
Plus de 200 espèces d'oiseaux nicheurs ou migrateurs les fréquentent : bécassines,
vanneaux, sarcelles ... Le râle des genêts, la barge à queue noire, le tarier
des prés appartiennent aux espèces menacées, au même titre que des plantes comme
la gratiole officinale ou l'inule des fleuves. Les étangs sont des lieux de prédilection
pour une multitude d'oiseaux : canard colvert, poule d'eau (ou gallinule), phragmite
des joncs, grèbe huppé, grand cormoran. Les roselières, caractéristiques des rives,
avec leurs écrans de roseaux et de massettes, servent d'abri aux libellules, grenouilles,
tritons dont se régalent le héron pourpré, le busard des roseaux et le butor étoilé.
La tourbe, spongieuse, est parsemée de mousses, carex, linaigrettes et sphaignes.
Le sol ne contenant pas assez d'éléments nutritifs, les plantes carnivores (droseras,
utriculaires, grassettes) capturent en l'air leurs minuscules proies. Si le putois
ou des oiseaux paludicoles comme le pipit farlouse, la bécassine et le hibou des
marais sont des hôtes permanents ou migrateurs : c'est ici le domaine des araignées
(une tourbière peut héberger plus de 200 espèces différentes) ; la Dolomède (24mm
sans les pattes) compte parmi les plus grosses.

Au
niveau écologique, les zones humides contribuent au maintien de la qualité de
l'eau en agissant comme un filtre épurateur. D'une part, elles stockent les polluants
: les sédiments submergés retiennent les métaux lourds et constituent le principal
réservoir d'azote organique. D'autre part, la végétation qu'elles abritent transforme
des substances comme les nitrates (action de dénitrification), à l'origine de
l'eutrophisation des milieux aquatiques. Les ripisylves prélèvent ainsi entre
20 et 50 kg d'azote par hectare et par an.
Toute la valeur de cette fonction
est illustrée par le plateau de Gavot, qui correspond à l'impluvium des Eaux minérales
d'Evian. L'eau infiltrée percole à cet endroit, traversant les sables et sédiments
pendant 22 ans, pour alimenter la précieuse nappe phréatique, d'une superficie
de 55 kms 2. La pureté de l'or blanc mis en bouteille est une préoccupation essentielle
pour cette industrie et les cinq communes implantées sur le site. Sur ce plateau,
où les produits phytosanitaires sont interdits, les 10 % de marais et tourbières
sont entretenus et restaurés avec soin.
Un autre service rendu à la collectivité
est celui d'absorption des crues et de prévention des inondations. Lors de pluies
diluviennes, les rivières sortent de leur lit, chargées de particules de terres
érodées en amont qui se transforment en coulées de boue. Des infrastructures sont
chargées de les contenir (barrages, réservoirs) ; l'eau excédentaire y est recueillie
pour être lâchée en période d'étiage. Les zones humides ont un fonctionnement
similaire. Au niveau d'un bassin versant, elles sont une zone naturelle d'expansion
des crues, qu'elles absorbent à la façon d'une éponge dont l'humidité sera restituée
en cas de sécheresse. (…)
*Textes
et documents pour la classe, TDC est vendu au numéro, à la Librairie de l'éducation
du CNDP, 13 rue du Four 75006 Paris et dans les librairies des CRDP et des CDDP
; par correspondance à CNDP 77568 Lieusaint Cedex ou au CRDP de votre académie.
TDC est une publication du SCÉREN-CNDP.
Site web : www.cndp.fr


On n'est jamais mieux servi que par soi-même. L'ancien secrétaire d'Etat à l'économie
solidaire, Guy Hascoët (Verts), va créer sa propre coopérative de formation au
développement durable. Le mode d'existence de cette coopérative sera celui inclus
dans la loi sur les SCIC (sociétés coopératives d'intérêt collectif) qu'il avait
promue comme secrétaire d'Etat. Deux usines, Tolochimie et Rhodia, sont dans le
collimateur des écologistes grenoblois. Ils ont voté non à l'enquête publique
au conseil municipal. Mais le vote pour, majoritaire, retient des réserves qui
sont dues à la pression des élus Verts.

La
Commission de Bruxelles et les conseils des ministres de l'Agriculture et de l'Environnement
jouent la montre sur l'OGM. Les consommateurs ne seront informés de la présence
d'OGM qu'au-delà des seuils de 0,3 à 0,7 % selon les produits. Cette réglementation,
dénoncée par la Fédération nationale de l'agriculture biologique, néglige la contamination
par le pollen et le dédommagement des cultures bio.
Attention,
bœuf sain ! Un décret est au Journal officiel le 19 décembre, qui oblige d'indiquer
l'origine de la viande bovine dans la restauration collective et commerciale.
La
photoremédiation est à l'honneur. Il s'agit d'un procédé qui sert à dépolluer
les sols contaminés, par exemple par des métaux lourds. Récent, ce mode de décontamination
n'a pas encore produit tous ses effets, à la différence des plantes " hyperaccumulatrices
", dix fois plus performantes pour le moment.
Les
Jeunes Agriculteurs (la branche jeunes de la FNSEA) avaient signé un appel pour
réclamer une réforme urgente de la Politique agricole commune. Mais la FNSEA a
très mal vu le paraphe de ses cadets apposé aux côtés de la Confédération paysanne,
de Solagral, des Amis de la terre. Les Jeunes Agriculteurs ont fait tête basse
et se sont retirés de la campagne.
L'Afssa (Agence française pour la sécurité
des aliments) s'est alignée sur la demande de la Confédération paysanne concernant
la tremblante. Pour le syndicat comme pour l'agence publique, l'abattage total
n'est pas la panacée. Mieux vaut surveiller un élevage où un animal victime de
la tremblante a été repéré et effectuer des tests appropriés.


En
novembre 2003, le Val de Marne accueillera le pôle eau du Forum Social Européen.
D'ores et déjà, l'Université de l'eau qui se tiendra du 12 au 16 mai, s'inscrit
dans cette perspective avec une conférence sur les enjeux locaux et globaux de
l'eau, donnée par le professeur Riccardo Petrella, à Ivry, jeudi 15 mai à partir
de 20h. Sur cette lancée, le 3e festival de l'Oh ! se déroulera les 17 et 18 mai
dans tout le département.

Deux
événements lourds de conséquences en matière de politique des transports viennent
d'intervenir dans les Alpes et les Pyrénées : l'annonce de la suppression de l'alternat
pour les poids lourds empruntant le tunnel du Mont-Blanc, et l'inauguration du
tunnel du Somport en vallée d'Aspe, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Ces deux
décisions confirment un retour aux réflexes politiques habituels, basés sur la
poursuite de l'offre routière par la mise à disposition d'itinéraires sans cesse
plus " performants ", mais aussi plus dévastateurs pour les populations locales
et les milieux naturels : dans les vallées de montagne en particulier, les effets
des émissions de gaz d'échappement et le bruit des moteurs rendent la vie infernale.
Cette
politique à contre-courant fait fi des engagements du précédent gouvernement en
faveur d'un report du trafic des marchandises sur les modes alternatifs à la route
que sont, pour les Alpes comme pour les Pyrénées, le rail et le maritime :
retard des projets ferroviaires comme le Lyon-Turin (alternative crédible à la
saturation routière des vallées de la Maurienne et de Chamonix),
réouverture de la ligne Pau-Canfranc entre le Béarn et l'Aragon (le ligne est
fermée depuis 1970 suite à l'effondrement d'un pont.),
" oubli " du maritime sur courte distance (short-sea-shipping) entre les ports
français, espagnols et italiens. La politique menée par le gouvernement Raffarin
consiste, en matière de transports, à se diriger droit vers le mur. Elle fait
l'impasse sur un aménagement raisonné du territoire. Elle méprise les engagements
internationaux de la France en matière de changements climatiques (les camions,
en montagne, peuvent émettre plusieurs dizaines de kilos de dioxyde de carbone
par kilomètre parcouru !). Elle méprise, enfin les habitants confrontés en permanence
à ces couloirs à camions.
A
l'inverse, la position du WWF est claire et dénuée de toute ambiguïté.
Le
WWF exige la refonte complète de notre politique des transports, et la prise en
compte dans les tarifs pratiqués par les transporteurs routiers des véritables
impacts qu'ils infligent à l'environnement qu'ils traversent : pollutions atmosphérique,
bruit, émissions de gaz à effet de serre. Le WWF propose qu'à l'instar de la Suisse
et de l'Allemagne, notre pays instaure une taxe sur les poids lourds proportionnelle
à la distance parcourue, de manière à encourager un report sur les modes ferroviaires,
fluviaux et maritimes sans pénaliser les transports de proximité, indispensables
à l'économie locale. Le WWF exige que des crédits substantiels soient mis à disposition
de ces modes alternatifs à la route, tant pour moderniser les équipements existants
que pour encadrer leurs pratiques d'un code de bonne conduite sociale et environnementale
ambitieux. La suprématie actuelle du mode routier dans le transport des marchandises
ne peut qu'être encouragée par les couloirs à camions que deviennent toujours
plus les vallées alpines et pyrénéennes. Elle n'est pourtant nullement inéluctable.
Modifier cette orientation exige toutefois deux ingrédients absents des dernières
décisions gouvernementales : la volonté politique et le courage d'y parvenir.
Par le WWF France
Pour
plus d'informations
Eléonore Petitet, attachée de presse du WWF France, tél.
01 55 25 84 61,
E-mail : Epetitet@wwf.fr
Dans les Pyrénées : Jean-Stéphane Devisse, chargé de mission " transport et
développement durable " au WWF France, tél 06 72 84 79 31.


Alors que de timides avancées visent à la protection réglementaire des animaux
vertébrés, en France et dans toute l'Europe, les animaux invertébrés sont en général
absents de la réflexion morale comme des mesures réglementaires. C'est pourquoi,
à l'initiative de Georges Chapouthier et de Jean Claude Nouët, un colloque avait
réuni, à la faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière, des spécialistes de la biologie
et du droit, pour dresser un "état des lieux" de cette question. L'ensemble des
conférences données à ce Colloque vient d'être publié par la revue Sciences et
Techniques de l'Animal de Laboratoire (28 Rue Saint-Dominique, 75007 Paris). On
y trouve, outre les réflexions éthiques générales des deux organisateurs, un exposé
du zoologiste Jean Génermont sur l'anatomie et la physiologie du système nerveux
des invertébrés, une présentation de Raymond Chichery sur le développement du
" cerveau " des mollusques céphalopodes (comme la pieuvre ou la seiche) et leurs
étonnantes aptitudes à l'apprentissage, ainsi qu'une analyse, par Georges Pétavy,
de la douleur chez les insectes (comme l'abeille) ou les crustacés (comme le homard).
Sur le versant juridique, Suzanne Antoine montre comment la quasi totalité des
législations européennes "oublient" les invertébrés.
Ce dossier enseigne beaucoup
de choses sur ces animaux et incite à une sérieuse réflexion morale à leur sujet
. Il souligne la nécessité de compléter la Directive européenne 86/609 relative
à l'expérimentation. Les mesures protectrices, pour le moment limitées aux animaux
vertébrés, doivent être étendues aux animaux invertébrés, ou au moins à ceux qui
sont dotés d'un système nerveux central, c'est-à-dire qui sont organiquement aptes
à ressentir une douleur.
Par la Fondation Ligue française des droits de
l'animal.
Contact
presse :
Ligue française des droits de l'animal
Tel. 01 47 07 98
99
Email : LFDA@league-animal-rights.org


Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné le 6 janvier dernier la société
Défi-France, un des leaders mondiaux de la publicité lumineuse, à verser 8.000
euros de dommages et intérêts à "Paysages de France", association qui lutte contre
la multiplication des panneaux publicitaires aux abords des villes, et 8.000 euros
au directeur du journal de l'association, Bernard Durand. Défi-France, détenue
à 60% par Clear Channel France, devra en outre verser 1.000 euros pour les frais
de justice. "Action Paysage", journal semestriel de l'association, dont le siège
est à Grenoble, avait dénoncé des infractions commises par Défi-France qui n'avait
pas respecté la loi concernant l'affichage publicitaire. S'estimant diffamée,
Défi-France avait réclamé 100.000 euros de dédommagement. Défi-France accusait
"Action Paysage" d'avoir "monté une campagne de publicité monstrueuse, l'article
contesté étant diffusé à plus de 6.000 exemplaires". Le président de l'association,
Pierre-Jean Delahousse, s'est félicité de ce jugement qui est "une grande victoire
pour une noble cause d'intérêt général". Selon lui en France, des dizaines de
milliers de panneaux publicitaires violent la loi de protection de l'environnement
réglementant l'affichage.
Source : CB Newsletter du 7/1/03

L'Institut Européen d'Ecologie organise, sous le haut patronage du Ministère de
l'Ecologie et du Développement Durable et du Ministère de l'Industrie,
le
12 Février 2003 à METZ un colloque national sur L'Eolien en France : Mythe
et Réalité.
Thèmes abordés :
- Respect du Protocole de Kyoto
- Programme Eole
2005
- Fermes et parcs d'éoliennes
- Comment concilier ces parcs éoliens
avec la protection des paysages naturels ?
- Informer les élus et le grand
public
Renseignements
:
INSTITUT EUROPEEN D'ECOLOGIE
1 rue des Récollets
57000 METZ
Tél : 03.87.75.41.14
FAX : 03.87.36.41.98


Les 22 et 23 mars 2003 se dérouleront à Sète (Hérault) les premières compétitions
filmique et photographique du FESTIVAL JUNIOR DE L'IMAGE AQUATIQUE. Présidé par
Daniel Mercier, fondateur du Festival Mondial de l'Image Sous-marine d'Antibes,
le Junior de l'Image Aquatique vise à développer la production filmique et photographique
aquatique en direction des jeunes tout en motivant leur respect du milieu naturel
afin que les années de Prestige insouciantes disparaissent à jamais...
Centré
sur l'image fixe ou mouvante, réalisée dans l'eau douce ou l'eau salée, ce festival
des eaux et des couleurs met en scène des images exclusivement réalisées pour
les jeunes ou par les jeunes, 40% de ces images devant être effectués sous l'eau.
Avec 8 000 euros de prix (soit 52 000 francs) à partager entre les lauréats
films et photos, le Junior de l'Image Aquatique invite tous les créateurs d'images,
films (format VHS ou Beta) et photos (format 24X30, papier mat), couleurs et noir
et blanc à adresser leurs oeuvres avant le 15/02/03 au :
Junior de l'Image
Aquatique
189, rue Rièges
34080 Montpellier.
Pour
tous renseignements, veuillez contacter :
Françoise Boissy
Tel.
04 67 02 89 52
E-mail : fboissy@osources.com
POUR
INFORMATION :
Le 1er Junior de l'Image Aquatique s'enrichira, en 2004,
d'une journée réservée aux scolaires et d'un "Festival Off" proposant des animations
et des ateliers-découvertes en partenariat avec des professionnels du monde scientifique,
sportif, technologique ou artistique. Des contacts sont déjà pris avec l'IFREMER,
les JEPE, le Lycée de la Mer, l'ANPE, la Section Régionale de Conchyliculture,
les Bébés Nageurs, ... Les jeunes et leurs familles découvriront ainsi "l'or bleu"
à travers ses beautés, ses bienfaits, ses métiers et ses enjeux environnementaux.
Ce devrait être aussi l'occasion d'amorcer un dialogue entre les jeunes, les scientifiques,
les politiques et les industriels autour de l'eau.