

Ces cinq dernières
années, la problématique de l'eau a cru en termes de prise de conscience et de
mobilisation citoyennes, surtout parmi ceux qui, en Amérique Latine, en Asie et
en Afrique sont victimes d'un développement qui ne permet plus, à plus de 1,5
milliard d'êtres humains d'avoir accès à une eau potable saine et à 2,4 milliards
de ne bénéficier d'aucun service sanitaire. Le Forum sur le développement durable
de Johannesburg a démontré l'incapacité structurelle, sur le plan des valeurs
et des choix politiques prioritaires, des groupes sociaux prédominants d'éradiquer
la pauvreté dans le monde et de permettre à chaque être humain d'accéder au droit
de vivre et de participer dignement aux décisions relatives à son devenir et à
la société à laquelle il appartient. Le Conseil Mondial de l'eau et le partenariat
Global de l'eau, créé à l'initiative de la Banque mondiale et des grandes sociétés
internationales avec le soutien des gouvernements des pays riches et de l'ONU,
a créé une oligarchie mondiale qui prétend définir et mettre en place une politique
mondiale de l'eau selon un modèle considéré comme le plus efficace et rationnel.
Ce modèle, basé sur la privatisation de la gestion de l'ensemble de services de
l'eau et appelé " Partenariat Public Privé (PPP) ", s'est avéré n'être qu'un moyen
de prise de contrôle politique et économique des ressources hydriques de la planète
par les multinationales. Le prochain forum de Kyoto sera la énième célébration
rituelle de la primauté du marché, du capital, de l'investissement privé et de
l'eau devenue " un or bleu " destiné à être la source principale de nouvelles
formes de conflits d'intérêts et de guerres à venir. Il n'offre aucun espoir concret
à la population souffrante de la planète au moment où les problèmes de ressources
en eau douce ou salée s'aggravent partout dans le monde. C'est pour cela que divers
mouvements ont décidé de boycotter ce forum de Kyoto et d'organiser un contre-forum
offrant une autre alternative.
Le forum mondial alternatif de l'eau se
propose d'œuvrer pour atteindre les objectifs suivants :
- Elaborer une
série d'actions pour assurer le doit de l'eau à tous
- Promouvoir des campagnes
spécifiques afin que l'eau soit reconnue comme un bien commun
- Pour cela
renforcer la synergie entre toutes les associations concernées
- Favoriser
la connaissance des problèmes de la gestion des ressources et augmenter la responsabilisation
des individus et leur participation active.
Ce
forum part des revendications suivantes :
- La reconnaissance constitutionnelle
de l'accès à l'eau comme droit humain, universel, indivisible et imprescriptible.
- La reconnaissance constitutionnelle de l'eau comme bien commun
- La
reconnaissance de la nécessité d'un financement public pour assurer l'accès à
l'eau pour tous
- La promotion de pratiques démocratiques et participatives
dans le secteur de l'eau, notamment la gestion.
Ce
forum est organisé par un comité promoteur composé du Comité international du
Contrat mondial de l'eau et de la Coalition mondiale contre la privatisation de
l'eau. Ce comité est ouvert à toutes associations, mouvements et organisations,
qui, de par le monde, œuvrent dans la même direction. Un comité provisoire est
actuellement composé d'un premier noyau d'organisations italiennes sous la présidence
de Riccardo Petrella : Comité Italien du Contrat Mondial de l'eau (siège
social à Milan)- CIPSI - Campagne pour l'eau comme Bien Comun- ATTAC Italie -
Legambiente ( Ligue de l'environnement) - WWF Italie -Rete Lilliput - Forum Ambientalista
- Association des Consommateurs et usagers -Association culturelle Punto Rosso.
Pour les associations intéressées pour adhérer ou soutenir ce Comité, s'adresser
à www.contrattoacqua.it


Alors que la réforme de l'école sinistrée, comme l'ont qualifiée de nombreux spécialistes,
marque le pas à cause de combats d'arrière-garde, l'écologie a pris place dans
les programmes scolaires, sans crier gare, préfigurant l'enseignement moderne
conforme aux valeurs du 21ème siècle et aux progrès fulgurants des sciences et
des techniques. La direction chargée de l'éducation environnementale au ministère
de l‚Aménagement du territoire et de l'Environnement est à l'origine de cette
initiative, prolongée tout récemment par un projet de formation professionnelle
portant sur des filières environnementales.
Aux
Etats-Unis, dans le Colorado, une petite école pas du tout comme les autres avait
accueilli, en été 1998, une délégation d'écologistes, venus de pays arabes, qui
étaient tout émerveillés de visiter un établissement scolaire perdu en pleine
montagne et parfaitement intégré à la forêt avec, pour seuls bâtiments, le réfectoire
et les dortoirs. Les enfants qui le fréquentent, dès l'âge de cinq ans, pour de
très courtes sessions d'un ou deux jours, y apprennent l'écologie et l'histoire
humaine. Ils en repartent réconciliés avec la nature et convaincus qu'ils n'en
sont qu'une partie.
En
1997, cette école avait reçu presque tous les enfants qui fréquentent le cycle
primaire à Denver, la capitale de l'Etat. Les plus grands, lycéens, passent parfois
la moitié de leur cycle annuel dans cet établissement où ils assistent les enseignants.
Ce
cas n'est pas une exception aux Etats-Unis où l'éducation écologique est plutôt
la règle, occupant une place de choix dans des milliers d'établissements scolaires.
Le système d'enseignement, et particulièrement les élèves, participent pleinement
aux actions de protection de l'environnement, à la fois par des activités pratiques
comme le recyclage des déchets ou le nettoyage des quartiers, ou avec des projets
de recherche concernant la pollution de l'eau ou de l'air ou même les énergies
renouvelables. Dans ces établissements, l'éducation écologique va de pair avec
l'acquisition des connaissances scientifiques et l'utilisation de l'ordinateur
et du réseau internet. La pédagogie ne se limite pas à l'enseignement en classe
ou aux travaux pratiques. Les programmes comprennent des démonstrations à dimensions
réelles qui consistent, par exemple, à alimenter l'établissement scolaire lui-même
en énergie solaire par des panneaux installés à des fins expérimentales et éducatives.
En
fait, dans les pays développés, le comportement écologique dans la société fait
partie de ce que l'on apprend à l'école.
En
Algérie, les preuves du manque d'éducation en matière d'environnement, sont données
chaque jour et en toute occasion, et elles concernent aussi bien les simples citoyens
que les fonctionnaires qui représentent les pouvoirs publics, y compris les décideurs,
et, dans certains cas, même les élus. La population est souvent montrée du doigt
pour son absence de civisme, mais que dire de certains décideurs, au comportement
de " prédateurs " qui encouragent, à divers niveaux et de diverses façons, les
atteintes à l'environnement et à la qualité de la vie, dans les domaines de l'eau,
du foncier, des transports, de la protection de la nature,...
Premières
victimes de cet incivisme des uns et des autres, les enfants contraints parfois
de boire une eau contaminée, de respirer un air pollué par les fumées des usines
ou les gaz d'échappement des véhicules, de jouer au milieu de déchets ou, en été,
de se baigner dans des plages sales. Mais, on constate qu'ils sont également très
souvent les auteurs inconscients d'atteintes à l'environnement.
Pour
remédier à ce vide éducatif, le ministère de l'Aménagement du territoire et de
l'Environnement et le ministère de l'Education nationale ont lancé à la rentrée
2002-2003, sur la base d'un protocole d'accord et sous la supervision d'une commission
interministérielle de coordination et de suivi, un programme de renforcement de
l'éducation à l'environnement dans le cursus scolaire avec la création d'activités
complémentaires dans les établissements scolaires. Il s'agit d'une action inscrite
dans le cadre de l'application des recommandations de la commission nationale
de la réforme du système éducatif, appelé commission Benzaghou, du nom du recteur
de l'Université de Bab Ezzouar qui en a dirigé les travaux.
Dans
une première phase, expérimentale, cette action concerne 133 établissements scolaires
répartis sur 7 wilaya (Alger, Annaba, Mostaganem, Batna, Tiaret, El Oued, Adrar).
Les
outils pédagogiques sur les différents aspects de l'environnement ont été conçus
et réalisés, en relation avec l'Institut national de la recherche en éducation,
par deux comités pédagogiques qui avaient été installés en avril 2002. Un troisième
comité a été chargé des activités complémentaires menées par les clubs verts et
de la gestion environnementale en milieu scolaire, sur la base d'une charte signée
par un élève, le chef d'établissement et le président de l'Assemblée populaire
communale.
Cette
opération sera évaluée à la fin de l'année et devrait être généralisée, dès la
rentrée prochaine, à tous les établissements du pays.
Par M'hamed Rebah
(L'Actualité)

Autrefois, on trouvait le phoque moine le long de toutes les côtes de la Méditerranée
et de la mer Noire, de l'Afrique du nord-ouest et autour de Madère et des îles
Canaries. Aujourd'hui, il est en tête sur la liste des espèces menacées. Les spécialistes
du milieu marin et les écologistes férus de sa faune le connaissent sous son nom
scientifique : Monachus monachus. Le phoque moine, est appelé aussi veau marin,
une des 19 espèces de phoques du monde. Les adultes de son espèce peuvent atteindre
une longueur de 3 m et un poids de 300 kg et il a la réputation de préférer la
solitude et le littoral, aux eaux du large. Pour les pêcheurs, le phoque moine
est un concurrent : il se nourrit de poissons. En plus, il détruit le matériel
de pêche. Mais les pêcheurs ne sont pas exempts de reproches : ils utilisent,
sur le littoral maghrébin, la dynamite et les filets dérivants, une des causes
de mortalité chez les phoques moines. Des pêcheurs en plongée vont jusque dans
les grottes surprendre dans leur sommeil des phoques moines pour les tuer à l'aide
de fusils harpons.
Comme si cela ne se suffisait pas, leur habitat est détruit
par un aménagement du littoral qui privilégie le tourisme.
Résultat : les
spécialistes du milieu marin sont pessimistes au sujet de l'avenir du phoque moine,
une espèce proprement méditerranéenne. En voie d'extinction rapide, il a été classé
par le Fonds mondial pour la nature, parmi les dix espèces les plus menacées du
monde. En 1990, un diagnostic portant sur la dégradation de l'environnement en
Méditerranée a été établi par la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement.
Il révélait qu'au cours des années 70 et 80, la taille et la répartition géographique
de la population de phoques moines avaient diminué de façon radicale. Un document
édité en 1999, par le PNUE, dénombrait " environ 300 à 400 individus, alors que
dans les années soixante-dix, il y avait vraisemblablement entre 600 à 1000 phoques
". En Méditerranée orientale, la population de phoques moines a régressé ne dépassant
pas les 300 spécimens.
M'H.R

Institution L'Observatoire
national de l'Environnement et du Développement durable Par M'Hamed Rebah (L'Actualité)
L'ONEDD, créé en 2002, est un établissement public à caractère administratif placé
sous la tutelle du ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement.
Il est chargé, en liaison avec les institutions nationales et notamment l'Office
national des statistiques d'élaborer et de diffuser la documentation et l'information
environnementale scientifique et technique. L'ONEDD est, entre autres, habilité
à mettre en place et gérer des réseaux d'observation et de mesures de la pollution
et de surveillance des milieux naturels, éventuellement avec d'autres établissements.
Il publie et diffuse l'information environnementale au grand public par le biais
de différents supports. Au début 2003, il n'était pas encore opérationnel.
M'H.R

Chronique
Les bons gestes écologiques Par M'Hamed Rebah (L'Actualité) Le retour du froid
et de la pluie accompagnée de vents violents ravive le souvenir de la catastrophe
de Bab el Oued et du spectacle impressionnant, ce 10 novembre 2001, de la furie
des eaux et de l'ampleur des dégâts qu'elles peuvent provoquer, quand l'écologie
est oubliée à la fois par les décideurs et par les citoyens.
Si, depuis ce
jour, les inondations sont perçues en Algérie, comme un risque naturel de premier
plan, c'est dû, bien évidemment, à la violence des pluies orageuses mais aussi,
en grande partie, aux atteintes à l'environnement et à la nature, à travers particulièrement
l'urbanisation anarchique et le dépôt sauvage des déchets solides (ordures ménagères
et déblais de construction), en violation de la réglementation. Ces interventions
anarchiques sur la nature ne restent pas impunies.
Le lourd bilan de la catastrophe
de Bab el Oued a incité les autorités à mettre en place, à Alger, un système de
veille avec la participation des services de la météorologie, de la protection
civile et de la wilaya, dans le cadre de la mise en œuvre du concept de météorologie
urbaine. Il permet de donner l'alerte sur la base des prévisions météorologiques
et de déclencher une procédure pour prendre des mesures visant à protéger la population
(interdiction de la circulation, déviations, fermeture des écoles). Mais un tel
système ne sera efficace que s'il est complété par un comportement écologique
au sein de la population : si les conduites d'évacuation des eaux sont souvent
obstruées par des objets divers, aggravant les effets des inondations et des crues,
c'est parce que les gens jettent leurs déchets dans la rue, à n'importe quel moment,
au lieu de les déposer aux endroits et aux moments prévus à cet effet.
Il
est possible d'éviter le pire grâce à ces petits gestes écologiques.
M'H.R