17 janvier 2003

 
 
 

 

 

 

 

Premier Forum alternatif mondial de l'eau Un agenda pour l'action : le droit de l'eau pour tous Florence : 21-22 mars 2003

Ces cinq dernières années, la problématique de l'eau a cru en termes de prise de conscience et de mobilisation citoyennes, surtout parmi ceux qui, en Amérique Latine, en Asie et en Afrique sont victimes d'un développement qui ne permet plus, à plus de 1,5 milliard d'êtres humains d'avoir accès à une eau potable saine et à 2,4 milliards de ne bénéficier d'aucun service sanitaire. Le Forum sur le développement durable de Johannesburg a démontré l'incapacité structurelle, sur le plan des valeurs et des choix politiques prioritaires, des groupes sociaux prédominants d'éradiquer la pauvreté dans le monde et de permettre à chaque être humain d'accéder au droit de vivre et de participer dignement aux décisions relatives à son devenir et à la société à laquelle il appartient. Le Conseil Mondial de l'eau et le partenariat Global de l'eau, créé à l'initiative de la Banque mondiale et des grandes sociétés internationales avec le soutien des gouvernements des pays riches et de l'ONU, a créé une oligarchie mondiale qui prétend définir et mettre en place une politique mondiale de l'eau selon un modèle considéré comme le plus efficace et rationnel. Ce modèle, basé sur la privatisation de la gestion de l'ensemble de services de l'eau et appelé " Partenariat Public Privé (PPP) ", s'est avéré n'être qu'un moyen de prise de contrôle politique et économique des ressources hydriques de la planète par les multinationales. Le prochain forum de Kyoto sera la énième célébration rituelle de la primauté du marché, du capital, de l'investissement privé et de l'eau devenue " un or bleu " destiné à être la source principale de nouvelles formes de conflits d'intérêts et de guerres à venir. Il n'offre aucun espoir concret à la population souffrante de la planète au moment où les problèmes de ressources en eau douce ou salée s'aggravent partout dans le monde. C'est pour cela que divers mouvements ont décidé de boycotter ce forum de Kyoto et d'organiser un contre-forum offrant une autre alternative.
Le forum mondial alternatif de l'eau se propose d'œuvrer pour atteindre les objectifs suivants :
- Elaborer une série d'actions pour assurer le doit de l'eau à tous
- Promouvoir des campagnes spécifiques afin que l'eau soit reconnue comme un bien commun
- Pour cela renforcer la synergie entre toutes les associations concernées
- Favoriser la connaissance des problèmes de la gestion des ressources et augmenter la responsabilisation des individus et leur participation active.

Ce forum part des revendications suivantes :
- La reconnaissance constitutionnelle de l'accès à l'eau comme droit humain, universel, indivisible et imprescriptible.
- La reconnaissance constitutionnelle de l'eau comme bien commun
- La reconnaissance de la nécessité d'un financement public pour assurer l'accès à l'eau pour tous
- La promotion de pratiques démocratiques et participatives dans le secteur de l'eau, notamment la gestion.

Ce forum est organisé par un comité promoteur composé du Comité international du Contrat mondial de l'eau et de la Coalition mondiale contre la privatisation de l'eau. Ce comité est ouvert à toutes associations, mouvements et organisations, qui, de par le monde, œuvrent dans la même direction. Un comité provisoire est actuellement composé d'un premier noyau d'organisations italiennes sous la présidence de Riccardo Petrella : Comité Italien du Contrat Mondial de l'eau (siège social à Milan)- CIPSI - Campagne pour l'eau comme Bien Comun- ATTAC Italie - Legambiente ( Ligue de l'environnement) - WWF Italie -Rete Lilliput - Forum Ambientalista - Association des Consommateurs et usagers -Association culturelle Punto Rosso.
Pour les associations intéressées pour adhérer ou soutenir ce Comité, s'adresser à www.contrattoacqua.it


Algérie En marge d'une réforme scolaire appliquée avec parcimonie An I de l'éducation environnementale en Algérie

Alors que la réforme de l'école sinistrée, comme l'ont qualifiée de nombreux spécialistes, marque le pas à cause de combats d'arrière-garde, l'écologie a pris place dans les programmes scolaires, sans crier gare, préfigurant l'enseignement moderne conforme aux valeurs du 21ème siècle et aux progrès fulgurants des sciences et des techniques. La direction chargée de l'éducation environnementale au ministère de l‚Aménagement du territoire et de l'Environnement est à l'origine de cette initiative, prolongée tout récemment par un projet de formation professionnelle portant sur des filières environnementales.

Aux Etats-Unis, dans le Colorado, une petite école pas du tout comme les autres avait accueilli, en été 1998, une délégation d'écologistes, venus de pays arabes, qui étaient tout émerveillés de visiter un établissement scolaire perdu en pleine montagne et parfaitement intégré à la forêt avec, pour seuls bâtiments, le réfectoire et les dortoirs. Les enfants qui le fréquentent, dès l'âge de cinq ans, pour de très courtes sessions d'un ou deux jours, y apprennent l'écologie et l'histoire humaine. Ils en repartent réconciliés avec la nature et convaincus qu'ils n'en sont qu'une partie.

En 1997, cette école avait reçu presque tous les enfants qui fréquentent le cycle primaire à Denver, la capitale de l'Etat. Les plus grands, lycéens, passent parfois la moitié de leur cycle annuel dans cet établissement où ils assistent les enseignants.

Ce cas n'est pas une exception aux Etats-Unis où l'éducation écologique est plutôt la règle, occupant une place de choix dans des milliers d'établissements scolaires. Le système d'enseignement, et particulièrement les élèves, participent pleinement aux actions de protection de l'environnement, à la fois par des activités pratiques comme le recyclage des déchets ou le nettoyage des quartiers, ou avec des projets de recherche concernant la pollution de l'eau ou de l'air ou même les énergies renouvelables. Dans ces établissements, l'éducation écologique va de pair avec l'acquisition des connaissances scientifiques et l'utilisation de l'ordinateur et du réseau internet. La pédagogie ne se limite pas à l'enseignement en classe ou aux travaux pratiques. Les programmes comprennent des démonstrations à dimensions réelles qui consistent, par exemple, à alimenter l'établissement scolaire lui-même en énergie solaire par des panneaux installés à des fins expérimentales et éducatives.

En fait, dans les pays développés, le comportement écologique dans la société fait partie de ce que l'on apprend à l'école.

En Algérie, les preuves du manque d'éducation en matière d'environnement, sont données chaque jour et en toute occasion, et elles concernent aussi bien les simples citoyens que les fonctionnaires qui représentent les pouvoirs publics, y compris les décideurs, et, dans certains cas, même les élus. La population est souvent montrée du doigt pour son absence de civisme, mais que dire de certains décideurs, au comportement de " prédateurs " qui encouragent, à divers niveaux et de diverses façons, les atteintes à l'environnement et à la qualité de la vie, dans les domaines de l'eau, du foncier, des transports, de la protection de la nature,...

Premières victimes de cet incivisme des uns et des autres, les enfants contraints parfois de boire une eau contaminée, de respirer un air pollué par les fumées des usines ou les gaz d'échappement des véhicules, de jouer au milieu de déchets ou, en été, de se baigner dans des plages sales. Mais, on constate qu'ils sont également très souvent les auteurs inconscients d'atteintes à l'environnement.

Pour remédier à ce vide éducatif, le ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement et le ministère de l'Education nationale ont lancé à la rentrée 2002-2003, sur la base d'un protocole d'accord et sous la supervision d'une commission interministérielle de coordination et de suivi, un programme de renforcement de l'éducation à l'environnement dans le cursus scolaire avec la création d'activités complémentaires dans les établissements scolaires. Il s'agit d'une action inscrite dans le cadre de l'application des recommandations de la commission nationale de la réforme du système éducatif, appelé commission Benzaghou, du nom du recteur de l'Université de Bab Ezzouar qui en a dirigé les travaux.

Dans une première phase, expérimentale, cette action concerne 133 établissements scolaires répartis sur 7 wilaya (Alger, Annaba, Mostaganem, Batna, Tiaret, El Oued, Adrar).

Les outils pédagogiques sur les différents aspects de l'environnement ont été conçus et réalisés, en relation avec l'Institut national de la recherche en éducation, par deux comités pédagogiques qui avaient été installés en avril 2002. Un troisième comité a été chargé des activités complémentaires menées par les clubs verts et de la gestion environnementale en milieu scolaire, sur la base d'une charte signée par un élève, le chef d'établissement et le président de l'Assemblée populaire communale.

Cette opération sera évaluée à la fin de l'année et devrait être généralisée, dès la rentrée prochaine, à tous les établissements du pays.
Par M'hamed Rebah (L'Actualité)

Espèce protégée Le phoque moine

Autrefois, on trouvait le phoque moine le long de toutes les côtes de la Méditerranée et de la mer Noire, de l'Afrique du nord-ouest et autour de Madère et des îles Canaries. Aujourd'hui, il est en tête sur la liste des espèces menacées. Les spécialistes du milieu marin et les écologistes férus de sa faune le connaissent sous son nom scientifique : Monachus monachus. Le phoque moine, est appelé aussi veau marin, une des 19 espèces de phoques du monde. Les adultes de son espèce peuvent atteindre une longueur de 3 m et un poids de 300 kg et il a la réputation de préférer la solitude et le littoral, aux eaux du large. Pour les pêcheurs, le phoque moine est un concurrent : il se nourrit de poissons. En plus, il détruit le matériel de pêche. Mais les pêcheurs ne sont pas exempts de reproches : ils utilisent, sur le littoral maghrébin, la dynamite et les filets dérivants, une des causes de mortalité chez les phoques moines. Des pêcheurs en plongée vont jusque dans les grottes surprendre dans leur sommeil des phoques moines pour les tuer à l'aide de fusils harpons.
Comme si cela ne se suffisait pas, leur habitat est détruit par un aménagement du littoral qui privilégie le tourisme.
Résultat : les spécialistes du milieu marin sont pessimistes au sujet de l'avenir du phoque moine, une espèce proprement méditerranéenne. En voie d'extinction rapide, il a été classé par le Fonds mondial pour la nature, parmi les dix espèces les plus menacées du monde. En 1990, un diagnostic portant sur la dégradation de l'environnement en Méditerranée a été établi par la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement. Il révélait qu'au cours des années 70 et 80, la taille et la répartition géographique de la population de phoques moines avaient diminué de façon radicale. Un document édité en 1999, par le PNUE, dénombrait " environ 300 à 400 individus, alors que dans les années soixante-dix, il y avait vraisemblablement entre 600 à 1000 phoques ". En Méditerranée orientale, la population de phoques moines a régressé ne dépassant pas les 300 spécimens.
M'H.R

 

Institution L'Observatoire national de l'Environnement et du Développement durable Par M'Hamed Rebah (L'Actualité) L'ONEDD, créé en 2002, est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement. Il est chargé, en liaison avec les institutions nationales et notamment l'Office national des statistiques d'élaborer et de diffuser la documentation et l'information environnementale scientifique et technique. L'ONEDD est, entre autres, habilité à mettre en place et gérer des réseaux d'observation et de mesures de la pollution et de surveillance des milieux naturels, éventuellement avec d'autres établissements. Il publie et diffuse l'information environnementale au grand public par le biais de différents supports. Au début 2003, il n'était pas encore opérationnel.
M'H.R

 

Chronique Les bons gestes écologiques Par M'Hamed Rebah (L'Actualité) Le retour du froid et de la pluie accompagnée de vents violents ravive le souvenir de la catastrophe de Bab el Oued et du spectacle impressionnant, ce 10 novembre 2001, de la furie des eaux et de l'ampleur des dégâts qu'elles peuvent provoquer, quand l'écologie est oubliée à la fois par les décideurs et par les citoyens.
Si, depuis ce jour, les inondations sont perçues en Algérie, comme un risque naturel de premier plan, c'est dû, bien évidemment, à la violence des pluies orageuses mais aussi, en grande partie, aux atteintes à l'environnement et à la nature, à travers particulièrement l'urbanisation anarchique et le dépôt sauvage des déchets solides (ordures ménagères et déblais de construction), en violation de la réglementation. Ces interventions anarchiques sur la nature ne restent pas impunies.
Le lourd bilan de la catastrophe de Bab el Oued a incité les autorités à mettre en place, à Alger, un système de veille avec la participation des services de la météorologie, de la protection civile et de la wilaya, dans le cadre de la mise en œuvre du concept de météorologie urbaine. Il permet de donner l'alerte sur la base des prévisions météorologiques et de déclencher une procédure pour prendre des mesures visant à protéger la population (interdiction de la circulation, déviations, fermeture des écoles). Mais un tel système ne sera efficace que s'il est complété par un comportement écologique au sein de la population : si les conduites d'évacuation des eaux sont souvent obstruées par des objets divers, aggravant les effets des inondations et des crues, c'est parce que les gens jettent leurs déchets dans la rue, à n'importe quel moment, au lieu de les déposer aux endroits et aux moments prévus à cet effet.
Il est possible d'éviter le pire grâce à ces petits gestes écologiques.
M'H.R