
Des bruits de couloirs et des mails de plus en plus précis indiquent que le gouvernement
ferait pression sur les associations de protection de la nature et les scientifiques.
Les méthodes ressemblent peu à celles d'une démocratie " sereine ". Après l'amnistie
des " braconniers " dès son arrivée (tolérance zéro, mais ça dépend pour qui),
le retour des petits carnivores " nuisibles ", ou l'anticipation des dates d'ouverture
de la chasse, ce gouvernement a toujours au moins un mérite, celui d'être clair.
Le 18 février, Mme Bachelot a réservé à certains membres du personnel du Muséum
un discours qui depuis, et malgré elle, circule sur le net. Extrait choisi : "
… Je vous invite à développer ou à renforcer les partenariats avec les chercheurs,
les gestionnaires d'espaces mais aussi les collectivités locales. Devant les conflits
récurrents enregistrés, les appels d'offres adressés aux associations doivent
être très exigeants sur l'évaluation des compétences. L'enthousiasme ne suffit
pas, surtout quand il est parfois déployé au service d'un engagement plus politique
que naturaliste, qui conduit à diviser plus qu'à réconcilier. " Langage ministériel
que d'aucuns ont décodé en : " plus question pour le personnel d'intégrer des
données émanant des associations de protection de la nature " (interview explicitée
en aparté). On sait pourtant que leurs données sont considérables et irremplaçables.
En coulisses, la ministre (qui d'après des témoins confondait directive oiseaux
et directive habitat) aurait à nouveau mis le doute sur le rapport Lefeuvre, et
qualifié de " bombes " les recensements de la flore et de la faune, notamment
les données relatives aux espèces protégées. On peut donc raisonnablement craindre
que le futur " observatoire national de la faune sauvage et de ses habitats "
soit chargé de réécrire les expertises scientifiques qui gênent différents " gestionnaires
" de la nature, chasseurs en tête. L'ambiance est morose au Muséum, où l'on parle
également d'une baisse de 20 % des budgets…
Le climat est tout aussi lourd
du côté des associatifs. Plusieurs sources associatives m'ont fait part d'une
réunion entre un représentant du cabinet de la ministre et deux responsables de
FNE, c'est-à-dire une grosse partie de la protection de la nature en France. Cette
réunion se serait très mal passée, et le représentant du ministère aurait menacé
de couper les subventions de la Fédération si elle continuait de communiquer sur
le loup, Natura 2000 ou la chasse!
Enfin, dernières nouvelles du col de l'Escrinet
où, d'après Roger Mathieu, Gilles Pipien (représentant du cabinet de la ministre)
a refusé d'entendre deux naturalistes qui lui tendaient deux ramiers morts, tirés
par des braconniers pourtant très audibles. Celui-ci a annoncé à ces derniers
que de toute façon, l'année prochaine, la chasse durerait plus longtemps. Cerise
sur le gâteau : la note d'instruction dans laquelle Gilles Pipien demande au préfet
de lutter contre le braconnage serait anti-datée et donc rédigée tout récemment
bien que datée du 28 février ; elle a bien été envoyée à la préfecture et à l'ONCFS
(pour se prévenir contre tout recours devant les tribunaux, contre le Ministère),
mais le contre-ordre oral aurait suivi immédiatement. Certains d'entre nous pensions
que le MEDD était depuis quelques mois très favorable à certains chasseurs. Maintenant
la démonstration en est faite. J'ai omis de mettre les noms propres des autres
acteurs ou informateurs que pour ne pas les " gêner ", mais ça me démange d'en
dire plus… À vous d'approfondir l'enquête !
Par Marc Giraud
Quelques
remarques complémentaires
En ne nous plaçant que du seul point
de vue de l'information qui doit nous guider sans nous mêler aux querelles entre
les associations et le ministère, je constate les choses suivantes :
| -
| Nous
n'avons jamais pu rencontrer la ministre en petit déjeuner d'information comme
nous le faisions avec tous ses prédécesseurs depuis 22 ans. |
| - | Le
15 mars, nous n'avions toujours pas le programme (même une esquisse) du G8 sur
l'eau prévu pour le 25 avril à Angers |
| - |
Par courrier daté du 28 novembre, avec rappel le 26 février, j'ai demandé, en
tant que président d'une association de journalistes, à être entendu par la Commission
d'enquête sur le loup du point de vue de l'information, c'est-à-dire pour expliquer
la différence que nous faisions entre les rumeurs, les partis pris et la réalité.
Ce courrier adressé à Christian Estrosi (UMP Alpes-Maritimes), avec copie aux
membres du bureau de la Commission d'enquête n'a suscité jusqu'à présent aucune
réponse, négative ou positive. |
| - | Notre
association a fait l'objet d'une opposition à sa participation à la table ronde
du 10 avril destinée à évoquer |
| - | Et
l'on vient de refuser à notre consœur et amie Dominique Martin-Ferrari de tourner
un film pour la cinq sur le démantèlement d'un réacteur nucléaire. |
Claude-Marie
Vadrot

Le
premier tour de la législative partielle du 16 mars 2003, à Montreuil, a donné
un bon score pour le candidat des Verts. Patrick Petitjean a en effet obtenu 11,17
% des suffrages. En revanche, l'écologiste de droite René Hauchard n'a eu que
0,95 %, après une campagne entièrement tournée contre les Verts. Les électeurs
n'ont pas aimé la contrefaçon.
Les
écologistes de Grenoble - qui font partie de la majorité municipale - ruent dans
les brancards. Ils critiquent le projet de Grand Stade, qui en ferait " le plus
cher de France et de loin ", et le tunnel sous la Bastille, car il n'améliorera
pas la circulation. Une bataille de plus pour Raymond Avrillier.
Les
Verts de Montreuil ont édité un " passeport pour l'égalité ". Ce livret, en faveur
de la parité hommes-femmes, est bourré d'informations pratiques. Coordonnées :
Verts de Montreuil, 55, rue Carnot, 93100 Montreuil.
Site Internet : http.//verts.montreuil.free.fr
Courriel : verts.montreuil@free.fr
Une
enquête publique, qui se terminera le 5 avril, est ouverte sur le tramway des
Maréchaux, à Paris. Denis Baupin, adjoint (Verts), chargé des transports, développe
de nombreux arguments : transport en site propre, rapide et peu polluant, correspondances
simples avec le métro et les bus, diminution de la circulation automobile et donc
de la pollution, verdissement des boulevards des Maréchaux.

Dans le dernier
numéro de " Vin bio magazine ", Jean-Marc Carité s'inquiète de la réorganisation
du vignoble français. Le rapport Cap 2010 fait en effet la part belle à la compétitivité
à l'export (vins de cépages, déréglementations qualitatives, pratiques industrielles
et transgéniques). L'INRA elle-même pousse aux expérimentations en plein champ
des vignes OGM.
Trois
pays africains (le Zimbabwe, le Malawi et le Mozambique) ont accepté une aide
alimentaire américaine contenant du maïs transgénique. La Zambie, qui a refusé
les OGM, est sous la pression des organisations des Nations unies (source : Agir
pour l'environnement).
McDonald's
est accusé, aux Etats-Unis, de favoriser l'obésité. Résultat : le cours de ses
actions a chuté de 40 % l'an dernier. Le géant du fast-food a fermé 175 établissements
en Amérique et envisagé d'en liquider 600 de plus. Mais, en France, il en a créé
une soixantaine.
Les
apiculteurs sont toujours fâchés avec le Gaucho, ce produit chimique qui détruit
les ruches. Mais la FNSEA l'intègre dans son plan d'" agriculture raisonnée ".
Est-ce bien raisonnable ?
L'agriculture
biologique reste mineure en Europe. La Suède est leader, avec 11 %. Elle précède
l'Autriche (10 %), la Finlande (6 %) et le Danemark (4 %). Avec 0,2 %, la Grèce
et le Portugal sont bonnes dernières.
La
surface agricole cultivée en bio augmente, en France, de 20 % et le nombre d'exploitations
bio de 8 %. L'élevage bovin croît de 21 % et les ovins de 9 %. Mais les entreprises
se concentrent.
Il
existe une agriculture biologique en Bretagne ! Toutes les coordonnées (magasins
spécialisés, marchés, etc.) sont désormais en ligne : www.interbiobretagne.asso.fr
L'Agence
américaine pour la sécurité alimentaire et pharmaceutique recherche 386 porcelets.
Ceux-ci sont issus de cochons génétiquement modifiés. Une pratique totalement
illégale.
L'agriculture
productiviste a de beaux jours devant elle. Le gouvernement, qui laisse tomber
la loi Voynet, ne prévoit un " bon état écologique des eaux " qu'en 2015. Sans
plus de détails.

Cinq organisations
(Greenpeace, Réseau Action Climat, Agir pour l'environnement, France nature environnement
et WWF France) se sont retirées du comité qui organise le débat national sur les
énergies du 18 mars au 24 mai. Elles manifestent ainsi leur opposition au refus
de remettre en cause l'énergie nucléaire. Ces ONG organisent des débats parallèles.
Tony
Blair veut réduire de 60 % en cinquante ans les émissions de gaz à effet de serre.
Il va ainsi plus loin que l'accord de Kyoto. Il envisage pour 2020 le passage
de 3 à 20 % des énergies renouvelables. D'autre part, la Grande-Bretagne s'apprête
à sortir du nucléaire. En 2023, il ne restera, selon le Premier ministre britannique,
qu'une centrale sur 16.

Dominique VOYNET




Dole,
le 28 mars 2003
Ancienne ministre
6,
rue Bauzonnet
39 100 - DOLE
E-mail : dvoynet@wanadoo.fr




A
Madame Roselyne BACHELOT,




Ministre
de l'Écologie et du Développement durable
Madame,
Intervenant
ce matin devant les représentants de la Fédération nationale des chasseurs, vous
vous êtes réjouie d'avoir pu vous rendre à l'invitation du président de Pontchalon,
ajoutant : " J'y vois un symbole : celui du dialogue que j'ai renoué. Car on
n'efface pas en quelques jours les blessures et la défiance qu'a engendrée l'attitude
sectaire de mes prédécesseurs à l'égard de la chasse et des chasseurs".
Je
proteste énergiquement contre cette manière inadmissible de concevoir vos " responsabilités
" politiques. Je n'entends évidemment pas vous contester le droit de critiquer
l'action de vos prédécesseurs, et de conduire une autre politique. Vous n'avez
pas besoin pour cela de les mettre en cause de façon personnelle, ni de les insulter
!
Il
est de la responsabilité du ministre chargé de la protection de l'environnement
d'assurer la protection et la bonne gestion des espèces sauvages, chassables ou
pas. Nous sommes nombreux à considérer que vous n'en avez pas pris conscience,
et que votre traitement du dossier de la chasse - dossier difficile, pour tous
les ministres, de gauche comme de droite - témoigne pour l'essentiel du souci
de vous concilier, à n'importe quel prix, les bonnes grâces des chasseurs.
En
renforçant le pouvoir des présidents de fédérations de chasseurs, par la suppression
ou l'allègement des contrôles financiers des fédérations, ou par la remise en
cause du principe " un homme, une voix ", vous donnez satisfaction de manière
inattendue à ceux qui estiment n'avoir de comptes à rendre, ni à l'État sur l'utilisation
de l'argent public, ni aux cotisants sur l'utilisation de leurs cotisations. Et
vous vous coupez de tous ceux, usagers de la nature, militants associatifs, sans
le soutien desquels - vous le constaterez vous-même assez vite - ce ministère
redeviendrait assez vite le ministère de l'impossible des années 70-80.
Il
n'y a pas de fatalité à ce que " ce ministère s'enferme dans une vision caricaturale
des écologistes, considérés comme archaïques et rétrogrades, et avec qui on ne
peut discuter que frontalement ", comme l'a dit avec son franc-parler Nicolas
Hulot. Qui bene amat bene castigat…
En
espérant qu'un dialogue respectueux des convictions de chacun se re-mette en place,
je vous adresse, Madame, mes salutations écologistes et néanmoins dénuées de tout
sectarisme.








Dominique
VOYNET

L'énergie en débat
L 'APEP
L 'autre paysage énergétique possible
Soirée
débat proposée et animée par SOLAGRO
Mercredi
9 avril 2003
20h30 précises Au Café théâtre "Le Bijou"
-
Enjeux du débat national
- Une lecture critique du bilan énergétique français
- Les scénarios pour réduire notre consommation d 'énergies fossiles et limiter
les risques nucléaires
Entrée libre et gratuite
Le
Bijou
123 av. de Muret
31 300 TOULOUSE
Quartier Croix de Pierre
Rens
: Solagro
Tél : 05 67 69 69 69
E-mail : solagro@solagro.asso.fr
Site web : www.solagro.org