SOMMAIRE :
   
  Mise à jour le :
28 avril 2008
 

La clôture de la honte ! - par Pierre Pfeffer

 

Une autoroute pour l'Everest - Par Annick Mouraret

   
   
  Mise à jour le :
09 avril 2008
 

Crise au Niger : amalgame et arnaque - Par Bernard Desjeux

 

Réforme de la fiscalité écologique
Les APC pourront agir localement - Par M'hamed Rebah

   
  Mise à jour le :
03 mars 2008
 

Autoroute Est-Ouest et Parc d'El Kala
La colère des écologistes
Par M'hamed Rebah

 

L'Argentine vue par Claude-Marie Vadrot

   
  Mise à jour le :
11 fevrier 2008
 

Tortues en danger ! - Par Marc Giraud

  Urgence : Trafic de Dauphins en Guinée Bissau - Bernadette Gilbertas
 

FITUR 2008 :
L'Espagne à l'heure du développement durable

 

Argentine :
Une journée de vendredi difficile

  Les grands espaces américains menacés par les loisirs motorisés
 

Les déchets spéciaux - Moins visibles mais bien plus dangereux

  Déchets ménagers -
Un quartier de Annaba l'a prouvé -
Faire comme les Allemands, c'est possible
   
  Mise à jour le :
14 janvier 2008
 

Mc Cain a la frite ! Par Laurent Samuel

 

Ben S'mim, le village qui résiste encore et toujours à la privatisation de l'eau. Par Jean-Claude Oliva

 

Gestion des déchets en Algérie, Les Allemands à la rescousse Par M'hamed Rebah

   
  Mise à jour le :
17 décembre 2007
  Plus de label pour les géants du bio - Par Hélène Crié-Wiesner
   
  Mise à jour le :
02 octobre 2007
 

L'Espagne s'investit pour l'environnement - Par Christine Virbel

   
Mise à jour le :
17 septembre 2007

Moscou, l'environnement, la malbouffe et Poutine - Claude-Marie Vadrot

   
Mise à jour le :
03 septembre 2007

Bad flotte / Article paru dans Politis - Par Hélène Crié-Wiesner

   
Mise à jour le :
21 avril 2007

Interview Ladislav Miko
(directeur chargé de la nature au Directorat B de la Commission de Bruxelles, ex DG 11)

   
Mise à jour le :
18 avril 2007

Un nouveau défi pour l'agriculture bio - Par Hélène Crié-Wiesner

   
Mise à jour le :
06 avril 2007

L'Espagne gagne des marchés internationaux en investissant dans l'environnement
- par Christine Virbel

   
Mise à jour le :
15 mars 2007

L'Espagne en faveur d'une ONUE - par Christine Virbel

   
Mise à jour le :
16 février 2007

Biocarburants : le nouveau mirage américain - Par Hélène Crié-Wiesner

   
Mise à jour le :
08 février 2007
Algérie : Menaces sur la ressource en eau - Par M'hamed Rebah
Algérie : Le groupe Khalifa et le dessalement - Par M'hamed Rebah

   
 
ARCHIVES :
TOUTES LES ACTUALITES INTERNATIONALES DE L'ANNEE 2007
 
 
 

Afrique du sud

 

Dr Pierre Pfeffer

Par un communiqué de presse en date du 25 février, le Ministre sud-africain de l'Environnement et du Tourisme, Marthinus Van Schalkwyk, a annoncé l'intention de son gouvernement de reprendre ses opérations de cullings (abattages sélectifs) des éléphants à l'intérieur du parc national Krüger.

Ces opérations qui n'ont de sélectif que le nom, consistent à entourer un groupe familial d'éléphants, constitué essentiellement de femelles et de jeunes, puisque les mâles adultes vivent normalement à l'écart et, à un signal donné, les abattre simultanément, n'épargnant que les bébés qui sont capturés vivants à l'issue du massacre. Le prétexte invoqué pour ces abattages est la nécessité de limiter à 7000 la population d'éléphants du parc, afin d'éviter des dégâts à la végétation. Chiffre parfaitement arbitraire, la surface totale de ce parc entièrement clos dépassant deux millions d'hectares et pouvant donc supporter sans dommages pour le milieu au moins 15 000 éléphants ! La vérité est nettement plus prosaïque et même sordide, comme nous l'avons démontré en détail dans le N° 132 du Courrier de la Nature. Les produits résultant de ces abattages – objets en ivoire ou en cuir, viande en conserve ou séchée, bracelets de poils, etc.,– sont commercialisés dans les boutiques du parc et les éléphanteaux vendus à des marchands d'animaux. Lors des précédentes opérations d'abattage, ce petit commerce assurait au parc un revenu annuel d'environ 3,1, millions de Rands (un Rand valait 2 FF en 1992), s'ajoutant aux droits d'entrée, d'hébergement et de restauration acquittés par près de 650 000 visiteurs, soit encore un minimum de 30 millions de Rands !

Entre 1966 et 1994, plus de 16 000 éléphants ont ainsi été abattus dans le Krüger par ses gestionnaires qui se prétendent exemplaires, sans que ses visiteurs n'imaginent un seul instant les sanglants massacres qui se perpétraient derrière leur dos au nom de la « protection des milieux naturels » ! L'opinion publique finit cependant par s'émouvoir, obligeant les autorités à interrompre ces « abattages  scientifiques » en 1995. Prétextant que la population actuelle d'éléphants du parc national se rapprocherait de 18 000 têtes, ce qu'aucun comptage ne confirme, elles veulent néanmoins reprendre ces cullings, au lieu de tout simplement et enfin ouvrir la clôture édifiée au cours des années 60-70 et qui a définitivement piégé plus de 6000 éléphants fuyant la guerre civile qui faisait rage à l'époque dans la zone limitrophe du Mozambique. Ce conflit étant terminé depuis une quinzaine d'années, des négociations avaient pourtant été entreprises entre les deux pays et avaient abouti, en 2004, à un accord prévoyant l'abolissement de cette clôture de la honte, ce qui aurait permis une extension de près de 1 700 000 hectares de l'espace vital des animaux du Krüger, d'autant que cette zone faisait précédemment partie d'un parc national mozambicain. Malheureusement, après un timide essai d'ouverture d'une partie restreinte de la clôture et prétextant que les éléphants sortant de leur parc risquaient d'être braconnés, les autorités sud-africaines décidèrent de mettre fin à l'expérience !

La vérité, on s'en doute, est que les Sud-africains veulent à tout prix garder et exploiter « leurs » éléphants, ce qui leur donne de bonnes raisons, ou plutôt un bon prétexte, pour obtenir de la CITES leur maintien en Annexe 2, afin de continuer à commercialiser au niveau international et en toute légalité, l'ivoire et les autres produits dérivés des éléphants, notamment les peaux, très demandées sur le marché international. Ce commerce légal lui permet surtout à l'Afrique du Sud d'exporter des tonnages autrement plus importants d'ivoire braconné, en provenance d'autres pays et « blanchi » au passage des frontières. Ne serait-ce qu'entre 1986 et 1989, elle a exporté, avec l'accord de la CITES, 36 336 défenses dont on peut se demander d'où elles provenaient, l'ivoire du parc Krüger étant, nous l'avons vu, vendu sur place. Pendant toute la période précédant l'interdiction – hélas provisoire – du commerce de l'ivoire en 1989, l'Afrique du Sud en a d'ailleurs exporté entre 30 et 50 tonnes par an, posant là aussi problème !

Pour en revenir au parc Krüger et comme l'ont souligné plusieurs spécialistes anglo-saxons des éléphants, on peut dire que le recours à ces abattages dits sélectifs est une réponse simpliste à un problème dont la réalité écologique n'est même pas démontrée, de surcroît inutilement destructrice et totalement injustifiée d'un point de vue éthique. En Afrique du Sud même, l'annonce de cette reprise éventuelle des cullings à l'intérieur du parc national a soulevé une forte opposition d'une partie de l'opinion publique et des associations de protection de la nature qui en appellent à adresser des protestations fermes, mais brèves et polies, de préférence en anglais (ou quelques mots clairs en français) à : Monsieur Marthinus Van Schalkwyk, Ministre de l'Environnement et du Tourisme - Fax : +27 (0)21 465 3216 ; email : ministry@deat.gov.za

Ne perdons pas de temps, il en va de l'avenir des éléphants, non seulement du parc Krüger, mais aussi des autres pays d'Afrique, toujours menacés par la reprise du commerce international de l'ivoire !

Pierre Pfeffer est membre des JNE, docteur en zoologie, directeur de recherches émérite au CNRS attaché au Muséum national d'histoire naturelle, et Président honoraire du WWF-France

 

 

Niger

Par Annick Mouraret

Après la voie ferrée venant de Chine jusqu'à Lhassa au Tibet, inaugurée en 2006, une route goudronnée à deux voies longue de 108 km est maintenant en construction vers le camp de base de l'Everest. Mountain Wilderness a dénoncé le 12 juillet cette nouvelle atteinte à la Wilderness de l'Himalaya, alors que le gouvernement chinois a salué la réalisation de cette route comme un grand pas en avant dans le développement du Tibet ! Selon l'agence Chine Nouvelle « une fois achevée, l'autoroute deviendra l'itinéraire préféré des touristes et des grimpeurs, qui se pressent à l'Everest en quantités croissantes ».

Le gouvernement chinois prévoit d'ailleurs le transport de la flamme olympique au sommet de l'Everest par des alpinistes munis de bouteilles d'oxygène !

 

 

 

Niger

Crise au Niger : amalgame et arnaque - Le 08/04/08

Par Bernard Desjeux

On croyait naïvement ces comportements d'un autre âge : "œil pour œil dent pour dent", la haine s'est installée au Niger. Pour des raisons obscures, un conflit s'est déclaré entre le président Tandja et le MNJ "Mouvement Nigérien pour la Justice". Une attaque de la gendarmerie d'Iférouane, dans le massif de l'Aïr, des militaires qui sautent sur une mine à Terzirzek et voila la mécanique de mort enclenchée. Assassinats, exécutions sommaires de civils, troupeaux décimés d'un côté, expéditions punitives, vengeance de l'autre. Résultat, des populations fuient les zones de conflits. Les mines anti-personnelles et anti-char sèment partout peur et désolation. "Où est l'argent de l'uranium ? Pas une route pas un puits depuis que vous pillez notre sous sol" réclame le MNJ, "nous sommes étrangers chez nous". "Vous n'êtes que des bandits, manipulés de l'extérieur et vous ne représentez rien" répond le gouvernement.

En France c'est l'amalgame et l'arnaque : le gouvernement du Niger accuse Areva de soutenir la rebellion. Au mot uranium, agité comme un chiffon rouge les associations comme Sortir du nucléaire, les politiques comme les Verts, crient haro sur Areva. Noël Mamère soutient « l'autonomie » du pays touareg et réclame réparation des sociétés qui exploitent les mines d'uranium. Il aurait dû mieux écouter les représentants du MNJ. Celui-ci ne revendique pas un mouvement touareg, qu'il n'a d'ailleurs aucune qualité à représenter et encore moins l'autonomie mais réclame sa « part du gâteau » et exige du travail dans ces mines.

On pourrait d'ailleurs s'interoger sur l'origine de ce « Mouvement pour la justice » que l'on retrouve au Darfour, en Côte d'Ivoire, aux Comores.

Le Niger, pays parmi les plus pauvres du monde, s'enlise de plus en plus, poussé par l'instinct de mort des uns et des autres. Pendant que ces mouvements s'entredéchirent, les populations souffrent pour le moment en silence et dans la peur, courbent l'échine, attendent la prochaine saison des pluies pour cultiver. Le banditisme fruit de la misère s'installe dans les quartiers, la corruption est un sport national et les ONG qui tenaient une bonne partie de l'économie d'assistance réduisent leur action. Les trafiquants d'armes, les contrebandiers, les affairistes prospèrent. La géopolitique déplace ses pions avec cynisme. La presse est en prison. Notre ami Moussa Kaka correspondant de RFI, directeur de la radio saraounia, ne parle plus. Quand est-ce que l'on perdra l'habitude de prendre les armes pour régler les problèmes ? "Nous n'avions pas le choix, nous avons été obligés" répond le MNJ. Il n'y a jamais eu de vainqueur dans une guerre, mais souffrances et désolations. On ne peut faire la paix qu'avec son ennemi.

Chienne de vie. Moi qui croyais que la dernière rébellion avait servi d'exemple, les gens avaient tellement souffert, l'économie repartait, la ville d'Agadez renaissait. Hélas, quelle naïveté. Si quelqu'un connaît la sortie...

Que sont mes amis devenus ?

 

Algérie

Réforme de la fiscalité écologique - Les APC pourront agir localement

Par M'hamed Rebah
Article paru le 28/03/08 dans La Nouvelle République

C'est quasiment officiel : les taxes écologiques seront revues pour affecter une plus grande part de leur produit aux Assemblées populaires communales (APC). Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, M. Nouredine Yazid Zerhouni, en a parlé à l'occasion d'une session de formation destinée à 750 présidents d'APC. Cependant, on ne sait pas quand interviendra cette révision : à l'occasion de l'élaboration de la loi de finances complémentaire, donc dans quelques mois, ou dans la prochaine loi de finances, celle de 2009.

La loi du 7 avril 1990 a fixé à la commune la charge de la lutte contre la pollution et de la protection de l'environnement, en plus de la mission qu'on lui connaît en matière d'évacuation des eaux usées et d'enlèvement des déchets solides. Pour cette mission « traditionnelle », l'APC bénéficie de deux impôts locaux appelés taxe d'enlèvement des ordures ménagères et taxe de déversement à l'égout dont le produit est entièrement versé à la commune. Mais pour la lutte contre la pollution, elle ne reçoit que 10 % du produit de la taxe d'incitation au déstockage des déchets industriels dangereux, de la taxe d'incitation au déstockage des déchets liés aux activités de soins et de la taxe additionnelle sur la pollution atmosphérique d'origine industrielle. La commune reçoit 30 % du produit de la taxe complémentaire sur les eaux usées industrielles (basée sur le volume rejeté et la charge de pollution générée par l'activité en dépassement des valeurs limites telles que fixées par la réglementation en vigueur). La commune ne reçoit rien de la taxe sur les carburants polluants, mais 25 % du produit de la taxe sur les pneumatiques neufs et 35 % de la taxe sur les huiles et lubrifiants lui sont affectés.

Dans sa forme actuelle, la fiscalité écologique est destinée essentiellement à alimenter le Fonds national de l'environnement et de dépollution (FEDEP) géré par le ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et du Tourisme. Le FEDEP a été créé par la loi de finances pour 2001 en remplacement du Fonds national de l'environnement qui avait été institué par la loi de finances pour 1992. Les ressources du FEDEP proviennent de la taxe sur les activités polluantes et dangereuses (le produit de cette taxe est versé dans sa totalité au FEDEP), de la taxe sur les carburants polluants (50 % du produit au FEDEP et 50 % au Fonds national routier et autoroutier), des taxes d'incitation au déstockage des déchets industriels et des déchets de soins et de la taxe complémentaire sur la pollution atmosphérique (75 % au FEDEP et 15 % au Trésor public) , la taxe sur les sacs en plastique (produit affecté entièrement au FEDEP), la taxe complémentaire sur les eaux usées industrielles (50 % au FEDEP et 20 % au Trésor public), la taxe sur les pneumatiques neufs (50 % au FEDEP, 15 % au Trésor public et 10 % à un Fonds culturel), la taxe sur les huiles et lubrifiants (50 % au FEDEP et 15 % au Trésor public). Le FEDEP est également alimenté par le produit des amendes au titre des infractions à la réglementation concernant l'environnement, des dons et legs nationaux et internationaux, ainsi que des indemnisations liées aux dépenses pour la lutte contre les pollutions accidentelles. Les ressources du FEDEP sont destinées à divers financements : activités de contrôle et de surveillance de l'état de l'environnement, études et recherches dans le domaine de l'environnement, intervention d'urgence en cas de pollution accidentelle. Elles doivent financer également des dépenses d'information, de sensibilisation et de vulgarisation relatives aux questions d'environnement. Le Fonds alloue sur ses ressources, des subventions aux associations d'utilité publique. Le Fonds sert aussi à encourager les projets d'investissements qui intègrent les technologies propres. Le FEDEP se présente comme un instrument pour soutenir les entreprises publiques et privées dans leurs plans d'atténuation des émissions polluantes. Il peut recevoir des prêts destinés à financer les opérations de lutte contre la pollution.

Une partie des recettes du FEDEP ira donc aux communes qui n'auront plus l'argument ou le faux prétexte du manque de financement, pour justifier leurs carences dans le domaine de l'environnement. Encore faut-il que le système fiscal fonctionne à plein rendement, que les recouvrements atteignent des taux acceptables et que le produit des taxes soit reversé aux communes dans des délais raisonnables. Ensuite, il reviendra aux élus et aux responsables de la commune à mettre en œuvre efficacement une politique de protection de l'environnement qui contribue à améliorer le cadre de vie des habitants de la commune et des gens qui y séjournent. Ce qui n'est pas évident comme le prouve par exemple le cas d'APC qui organisent un véritable tapage nocturne durant tout un été sous couvert d'animation culturelle. Au lieu d'afficher un arrêté interdisant le tapage nocturne et imposant le respect de la réglementation sur le bruit (il ne faut aucun financement particulier pour cette action), il y a des APC qui font le contraire, en violation de la loi, et empoisonnent la tranquillité et le sommeil de leurs administrés sous couvert d'animations estivales prétendument culturelles, comme si l'animation était synonyme de bruit assourdissant et de tapage nocturne, au milieu d'habitations.

En réalité, le financement seul ne suffira pas, il faut, en plus, des choix pertinents (et non pas des lubies) opérés par des élus et gestionnaires compétents et cela ne peut se faire qu'avec la participation de la population et sous le contrôle des organes habilités.

 

 

 

Algérie

Autoroute Est-Ouest et Parc d'El Kala - La colère des écologistes

Par M'hamed Rebah - (Article paru dans la Nouvelle République)

L'émotion et la colère sont grandes chez les écologistes qui ont eu la désagréable surprise d'apprendre que les bulldozers sont entrés dans le Parc national d'El Kala (PNEK) en violation de son statut officiel qui en fait une aire protégée. Selon un ancien directeur du PNEK, « les travaux pour la réalisation du tronçon d'autoroute d'une vingtaine de Km (17,5 km) qui traversent le parc national d'El Kala ont été lancés et sont bien avancés. Pour l'instant il s'agit des travaux de défrichement et de terrassement de l'assiette de l'autoroute qui a une emprise de 120 m de large ».

Il rappelle que le PNEK, territoire classé de près 80 000 hectares (800 km2), est « une institution de l'Etat algérien créée par le décret n° 83-458 ». La même source indique en quoi consiste le caractère exceptionnel du PNEK : « contrairement aux parcs nationaux des autres régions de la planète comme c'est le cas aux USA, au Canada, en Europe ou sous les tropiques qui concernent plutôt de grandes unités écologiques homogènes, le PNEK est une mosaïque de milieux divers et variés sur un territoire relativement peu étendu . Autrement dit, on traverse plusieurs écosystèmes originaux en parcourant seulement quelques kilomètres. On en a identifié une vingtaine pour l'instant. » Le PNEK, ajoute-t-il, est «  un réservoir de la biodiversité de la région méditerranéenne elle-même considérée comme un cas à part à la surface de la planète pour être de faible étendue mais à l'origine des principales espèces cultivées aujourd'hui pour l'alimentation et la santé de l'humanité ».

A l'échelle régionale, avec ses nombreuses zones humides (lacs, étangs, marécages, sols détrempés, aulnaies…), le PNEK offre des sites d'hivernage mais aussi de nidification aux oiseaux migrateurs. « C'est, souligne cet ancien directeur du PNEK, une étape vitale dans la grande voie de migration ente l'Europe occidentale et l'Afrique ». Mieux, ajoute-t-il, « avec le lac Tonga, le PNEK renferme la principale zone de nidification d'Afrique du nord pour les oiseaux d'eau dont certains sont en voie de disparition. »

Il existe un schéma directeur d'aménagement du PNEK, ou plan de gestion, approuvé par les autorités centrales et ensuite par l'Assemblée populaire de la wilaya d'El Tarf en avril 1986. C'est un document de référence.

La même source avertit que la fragmentation d'une aire protégée est le pire de ce qui peut lui arriver. C'est sa négation . Or, l'autoroute va couper le PNEK en deux fragments.

A ceux qui disent que des pays « avancés » ont des autoroutes qui traversent des parcs nationaux, il répond, « c'est à la lumière de leurs expériences qui datent de 20 ans et plus que partout maintenant on s'y oppose fermement. »

Une écologiste annonce déjà la catastrophe à venir pour les espèces animales du PNEK : « la route coupant en son plein milieu le parc, comment des animaux rares et pour la plupart  en voie d'extinction tels le cerf de Barbarie, le lynx caracal, l'hyène rayée, le renard roux ou doré, la mangouste, la genette, le chat sauvage, le porc-épic et les nombreux mammifères pourront-ils aller s'abreuver dans les points d'eau, les lacs (Obeira et Tonga) et les étangs situés plus au Nord  sans courir le risque de se faire écraser sur l'autoroute ?

Que dire des sachets ,  des bouteilles en plastiques que les automobilistes laisseront sur les abords de l'autoroute et qui étoufferont les animaux après leur ingestion ? »

 

 

 

Argentine

Par Claude-Marie Vadrot

L'expédition géographique de Paris 8 (Mathieu, Raouf et Catherine) sous la direction d'Olivier Archambeau, accompagnée par Christel Leca et Claude-Marie Vadrot (voir Politis du 14 janvier) s'est terminée, il y a quelques jours à la frontière bolivienne. Le travail, pour les géographes, consistait à répertorier l'une des 10 routes mythiques choisies par le Pôle Image de Paris 8 : la route 40 qui, sur 5500 kilomètres, relie la Patagonie à l'altiplano argentin. Pour les deux journalistes, il s'agissait d'effectuer des reportages sur les régions traversées, sur l'étonnante progression de la culture bio dans le pays, sur les conditions de vie des Indiens du nord et sur l'état écologique de ce pays ainsi que, plus sommairement, celui du Chili que l'équipe a abordé par le fascinant désert d'Atacama au milieu duquel trône une lagune de sel solidifiée par des millénaires d'infiltrations et de ruissellement à 3200 mètres d'altitude. Une lagune sur les bords de laquelle, vivent des flamants roses, parmi les plus « hauts » du monde. En compagnie des dernières vigognes.

Nous nous sommes longuement intéressés, toujours au Chili, à la lutte opiniâtre des Indiens Atacamaniens de Chiu-Chiu qui tentent de résister aux pollutions et aux gigantesques pompages d'eau de la plus grande mine de cuivre du monde qui est exploitée près de la ville de Calama, toujours dans le désert d'Atacama qui s'étend jusqu'au Pacifique sur des centaines de milliers de kilomètres carrés. Les dégâts sont importants : assèchement des nappes et des rivières descendant de la Cordillère et, donc, réduction des surfaces que peuvent cultiver les Indiens, à Chiu-Chiu et dans les villages environnants. Cette réduction de culture atteint 40 % par rapport à il y a une quinzaine d'années ; un chiffre pour illustrer : la mine pompe, parfois à plus d'une centaine de kilomètres, une quantité moyenne de 5 m3 d'eau à la seconde et ce, 24 h sur 24... S'ajoutent à ce dégât, la pollution des nappes et des rivières avec des résidus d'acide sulfurique (nécessaire pour fabriquer les plaques de cuivre sur place), la pollution atmosphérique transportée sur une cinquantaine de kilomètres par le vent de l'altiplano et les pollutions subsidiaires provoquées par des entreprises japonaises qui viennent traiter chimiquement, et sans la moindre précaution, les déblais de la mine pour y récupérer ce qui reste de différents métaux. A ces destructions, le Chili n'oppose finalement qu'une autre « destruction », celle de San Pedro d'Atacama, littéralement ravagée par le tourisme en bermuda et en 4 x 4, un tourisme dont ne veut plus la majorité des Indiens de cette région.

La différence est étonnante entre un Chili en voie totale d'américanisation malgré les gouvernements « socialistes » qui ont succédé à la dictature placée sous la direction puis dans l'ombre du Général Pinochet, et une Argentine « européenne » qui fait manifestement des efforts sur le plan de l'environnement. Avec ce paradoxe que le fantastique essor de l'agriculture bio se fait en parallèle avec l'extension de nombreuses cultures transgéniques, comme celle du soja et du maïs. Comme si le pays, à la fois par intérêt économique et prise de conscience, commençait à développer des anti-corps. Tout comme il développe, nous expliquait le chef d'exploitation d'une vigne bio des environs de Mendoza, des anti-corps contre les risques de crise économique depuis le fantastique collapsus monétaire et bancaire des années 2000 qui avait mis plus de six millions de personnes dans la rue et entraîné un formidable essor d'une économie de troc parallèle qui existe toujours. Et dans les villages du nord, dans la Cordillère, cette économie de troc, à l'écart de tout échange monétaire, se poursuit. Dans ces régions aussi, même s'ils ne demandent pas de label de certification, de nombreux petits agriculteurs pratiquent de facto une agriculture bio dans le lit des grandes rivières.

Nous avons été séduits par les Argentins et les fabuleux paysages du nord du pays. Nous l'avons été beaucoup moins par le Chili et, notamment, par l'urbanisation touristique qui a gagné le littoral de la zone de Viña del Mar, urbanisation qui s'étend jusqu'à Valparaiso où nous n'avons pas manqué le pèlerinage à la maison de Pablo Neruda.

Pour les étudiants comme pour les journalistes, quelles que soient les difficultés à parcourir la Route 40 qui n'est souvent qu'une piste rocailleuse coupée de torrents et de rivières en crue, l'expérience à été passionnante. Même lorsque, sous la neige, nous avons atteint le plus haut col d'Amérique Latine, à 4950 mètres d'altitude.

Malheureusement, et nous aiderons nos nouveaux amis indiens à s'y opposer, ce sont ces régions que le « Paris-Dakar » de 2009 veut traverser. Un énorme dégât social et écologique en perspective.

Tous les récits, photographies et films de ce périple scientifique et effectuée sous le sceau du CNRS seront bientôt disponibles sur les murs de l'Institut de Géographie de l'Université de Paris 8. Il sera également possible de retrouver les meilleurs épisodes et quelques enquêtes dans Terre Vivante , Ca M'interesse , le Nouveau Consommateur et Politis dans les semaines à venir.

Il est plus que probable qu'au cours de l'été prochain, la même équipe augmentée de nouveaux étudiants, se lancera sur la route qui traverse la Sibérie. Jusqu'à Irkoutsk sur les bords du lac Baïkal et plus loin si nous en trouvons le temps et les moyens financiers.

 

 

 

Australie

Tortues en danger !

Par Marc Giraud

L'un des sites les plus riches en tortues d'eau, sur Mary river , en Australie, est menacé par un barrage. Six espèces de tortues à long cou y vivent, dont une espèce endémique et une autre récemment décrite. La vie de ces espèces peu répandues dépend de la bonne santé de Mary river , et l'installation d'un barrage condamne cette faune exceptionnelle. La construction d'un barrage entraînera l'anoxie des eaux et la perturbation des sédiments sableux essentiels à la ponte des tortues. Cet obstacle physique interdira également tout brassage génétique des animaux, mettant ainsi en péril leur survie à long terme. Une pétition internationale pour s'opposer à la construction de ce barrage et sauver ainsi ces tortues a été lancée sur le site :
http://www.thepetitionsite.com/takeaction/741410919

Source : La Tortue n°77, septembre 2007.

 

Guinée Bissau

Urgence : Trafic de Dauphins en Guinée Bissau

Par Bernadette Gilbertas

En Guinée Bissau, dans l'archipel des Bijagos, deux sociétés privées, dont une sud-américaine, semblent avoir obtenu une autorisation de créer un "Centre de reproduction permanent de dauphins". Elles vont donc dans ce but capturer un grand nombre de specimens Tursiops troncatus . Leur objectif premier est d'exporter un minimum de 30 dauphins par an (à savoir qu'un seul dauphin coûte 60 000 us$ sur le marché des daulphinarium ). Or la CITES, Convention sur le commerce international des espèces faunistiques et floristiques menacées d'extinction, interdit fermement toute exploitation commerciale des mammifères marins. L'archipel des Bijagos, où de grands projets d'aires marines protégées sont en cours d'élaboration, est sur le point d'être classé par l'Unesco. L'une des deux sociétés Aca Extremo a déjà été pointée du doigt par Greenpeace pour un projet similaire en baie d'Acapulco au Mexique.

L'ONG sénégalaise l'Oceanium gérée par Haïdar el Ali que nous avions eu plaisir à écouter parler de ses nombreuses actions de terrain pour sauver la nature sénégalaise, cherche à médiatiser cette affaire afin de faire pression sur les intéressés. Il y a 5 ans déjà, l'Oceanium avait réussi à démanteler un trafic engagé sur les côtes du Sénégal et ayant entraîné la mort d'une vingtaine de dauphins.

Pour en savoir plus : oceanium@arc.sn

Pétition sur : www.longitude181.org

 

 

Espagne

FITUR 2008 L'Espagne à l'heure du développement durable

Par Béatrice Leproux

La Foire Internationale du Tourisme de Madrid (FITUR) s'est tenue du 31 janvier au 3 février dernier dans le parc des Expositions IFEMA, sans stress ni bousculade ni formalisme aucun.

En vedette côté espagnol, Saragosse : capitale de l'Aragon et sixième ville d'Espagne, a été choisie pour accueillir l'Exposition Internationale de 2008, dédiée à l'eau et au développement durable.

Dans un pays doté d'une multitude d'écosystèmes, ce n'est pas vraiment une surprise : des montagnes couvertes de neige toute l'année, des plaines sèches ou pluvieuses, des zones semi-arides dans le sud-est et des forêts de tous types. Il y a en Espagne trente-trois réserves de biosphères désignées par le programme de l'Homme et la biosphère (MAB).

Les contrastes entres ces différentes zones rendent la gestion de l'eau et des demandes annuelles d'autant plus difficiles dans les zones les plus sèches du pays, qui travaillent de près avec le Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau (WWAP).

Côté environnement, et malgré le retard de l'Europe du Sud –Hexagone compris-, l'Espagne n'est pas en reste. Soucieuse de préserver la richesse de son patrimoine naturel, la huitième puissance économique mondiale et la deuxième destination touristique au monde ne compte pas se laisser distancer sur ce terrain.

Premier producteur d'éthanol destiné à la carburation, deuxième producteur d'énergie éolienne après l'Allemagne (20% de l'énergie mondiale), la péninsule ibérique multiplie les initiatives en la matière et regorge de projets pour utiliser cette énergie (centrale solaire novatrice de 3 Mega-Watts dans la région de Castilla La Mancha, tour solaire dans la province de Ciudad real, centrale thermosolaire (50 MW) à Grenade…).

En comparaison avec ses voisins européens, l'Espagne comptabilise la plus forte progression de l'aide publique au développement.

Indice supplémentaire : pas moíns de vingt chaires UNESCO sont liées aux sciences naturelles, dont treize dédiées au développement durable, à l'environnement et à l'éducation environnementale.

En adéquation avec la situation géographique de Saragosse, construite sur les bords de l'Ebre, l'Exposition Internationale 2008 affiche ses objectifs : promouvoir la connaissance des problèmes liés à l'eau et son rapport avec le développement durable, présenter les solutions, les problèmes et les bonnes pratiques, et aider les visiteurs à comprendre le cycle de l'eau dans son ensemble.

Un thème transversal : l'eau, élément de liaison entre les peuples.

L'Exposition, destinée à célébrer les progrès et les innovations pour la durabilité des ressources en eau, est articulée autour de quatre axes :

- L'eau, une ressource rare : du défi global au défi individuel et citoyen
- De l'eau pour la vie : écosystèmes, santé et traditions.
L'exposition se tiendra dans :
- Les paysages de l'eau : cycles, protection des sites naturels, harmonisation de l'activité humaine et des paysages
- L'eau partagée : rassemblement des peuples, collaborations politiques, éducation, l'eau : droit de l'homme.

A l'ouest de la ville sur le Méandre du Ranillas, les 16 pavillons des pays participants seront thématiques et consacrés aux différentes zones écogéographiques.

Entre autres créations architecturales, un aquarium fluvial, une passerelle de 277 mètres suspendue à l'aide d'un mât de 75 mètres de haut, reliera les deux berges du fleuve, une tour de 76 mètres utilisant en circuit fermé l'eau de l'Expo, , qui pourra être utilisée pour diverses activités, et, sans doute l'une des attractions majeures de l'événement, le Digital Water Pavillon  : ses parois composées de murs d'eau contrôlés par ordinateur laissent le liquide s'écouler de façon à ce qu'il forme la structure du bâtiment. Concrètement, la structure interactive est composée de rideaux d'eau contrôlés par un système informatique, capables de détecter le passage d'une personne et de s'écarter à son arrivée. Le premier édifice du genre.

Le pavillon le plus écologique à la climatisation assurée naturellement par l'eau du fleuve accueillera l'exposition « Eau et innovation ».

Des bateaux solaires pour les visiteurs de l'exposition

L'énergie nécessaire à la manifestation sera entièrement fournie par le soleil : plaques photovoltaïques et plaques solaires thermiques.
Les véhicules terrestres seront propulsés à l'hydrogène. La production et les émissions de dioxyde de carbone dues aux transports des visiteurs seront compensées.

L'Espagne est un pays pionnier dans l'utilisation de l'énergie solaire, y compris dans la navigation : le premier bateau équipé de batteries solaires a été construit en 2005. Les chantiers navals espagnols construisent en tout 20 de ces bateaux. Ils seront exploités et amortis ensuite pendant 25 ans sur plusieurs rivières espagnoles.

Une compétence mise en pratique pour l'exposition afin de transporter les visiteurs tout en respectant au mieux l'eau de l'Ebre.

Baptisés « Ebro-bateaux », les vedettes transporteront environ 400.000 passagers en 30 minutes pour parcourir les six kilomètres séparant l'embarcadère du lieu d'exposition.

Saragosse, capitale mondiale de l'eau ?

Dans la foulée de l'exposition, Saragosse entend créer une fondation et une plate-forme mondiale de l'information sur l'eau. La ville de 600 000 habitants rêve de devenir « La Capitale de l'or bleu » et d'accueillir un organisme qui regrouperait les neuf entités de l'ONU qui traitent de l'eau.

Pus de cent pays représentés sur vingt-cinq hectares, sept millions et demi de visiteurs attendus, une débauche de constructions, fussent-elle alimentée à l'énergie solaire ou hydroélectrique, ne peut que laisser songeur… A qui profiteront-elles réellement ? Qu'en restera-t-il ?

En attendant, le FITUR a mené campagne et promu magistralement, avec l'Exosition Internationale de Saragosse, les grands événements importants à venir : le Bicentenaire de la Révolte du 2 mai contre le domination française, le Jubilée de Tarragone la Catalane, la candidature de Madrid aux Jeux Olympiques de 2016 et celle du plus ancien phare d'Europe – la Tour d'Hercule à La Coruña- au Patrimoine de l'Humanité.

Avec ses 100.000 m2 d'exposition, 12 pavillons, plus de 170 pays, 13.300 entreprises et plus de 250.000 visiteurs (dont 150.000 professionnels), le FITUR l'emporte désormais et pour la première fois sur l'ITB (Salon international du tourisme) de Berlin.

FITUR : http://www.ifema.es/ferias/fitur/default.html
Exposition internationale de Saragosse : du samedi 14 juin au samedi 13 septembre 2008. http://www.evenemonde.info/2008/expo-saragosse.htm

 

Argentine

Une journée de vendredi difficile

SALTA
Argentine du Nord

Message écrit au café du musée archéologique tandis que s'abat sur la ville, comme tous les jours depuis deux semaines, un très violent orage de pluie et de grêle. Des orages qui touchent toute la région alors que dans cette région semi-désertique, il pleut en général quatre ou cinq fois en janvier et février.
Le musée archéologique se trouve sur la superbe place centrale et coloniale de cette ville de 500 000 habitants, la plus importante du nord-ouest de l'Argentine

Par Claude-Marie Vadrot

Quand l'eau envahit la route

Nous (Olivier Archambeau, Claude-Marie Vadrot, Raouf, Catherine et Mathieu...) avons levé le camp (au sens littéral du terme) au lever du jour de Cuchi vers 8 h 30 pour reprendre la Route 40 qui vient de Patagonie pour rejoindre la Bolivie. Route étant un grand mot car douze kilomètres après de cette petite ville, recommence une piste (bien que route 40) de plus en plus mauvaise.
Une quarantaine de kilomètres après Poma, plus au nord, nous avons commencé à franchir des rivières en crue de plus en plus nombreuses. Jusqu'à atteindre à 3515 mètres d'altitude (le lecteur peut visualiser cela sur Google Earth) un torrent qui a balayé la route (24.33.06.6 de latitude sud et 66.11.24.9 de longitude ouest)
Nous avons, en une heure d'effort, réussi à franchir ce point après avoir tracé un chemin de pierres dans le torrent et déchargé les voitures de tous les bagages passés de mains en mains sur le gué. Quelques kilomètres plus loin, nouvel obstacle : une partie de l'équipe est partie à pied pour vérifier l'état de la piste, ce qui lui a permis de constater qu'elle était effondrée sur une hauteur de quatre mètres. La progression devenait donc impossible, nous avons décidé de faire demi-tour à 16 h 30, ce qui nous a contraints à franchir, difficilement, les mêmes obstacles alors que nous n'avions parcouru que 80 kilomètres depuis le matin.

Le bulldozer qui d'égage les voitures

Nous sommes revenus à la hauteur de Cuchi et pris la route 33 menant vers Salta. Dans sa première partie, la montée vers le col de l'évêque, elle était bitumée. Mais la descente sur Salta ne se fait que par une piste en assez mauvais état. De plus, après le col, nous avons pénétré dans les nuages qui recouvrent en quasi-permanence, en ce moment, la longue vallée de Salta. Cette route était coupée, dans la descente à plusieurs reprises, par des coulées de boues et de petits rochers. A chaque passage périlleux, des bulldozers dégageaient la boue et les rochers pour permettre aux véhicules de passer, la boue revenant instantanément pour se jeter à vingt ou trente mètres en contrebas de la route. Dès qu'ils apercevaient une voiture, les bulldozers nettoyaient pour le passage. Lorsque les voitures se bloquaient dans la surface balayée par la boue et un violent courant, les bulldozers s'approchaient et à l'aide d'un filin, tiraient les véhicules hors du passage en quelques secondes. Ce qui devait arriver, arriva, l'un des véhicules s'est pris un rocher qui a arraché la calandre avant de la Peugeot. Sous la pluie et dans la quasi-obscurité, il a fallu refixer provisoirement la calandre, couper le garde boue et isoler les fils électriques endommagés pour éviter les courts-circuits. Et la descente dans les nuages a repris, avec traversée de petits torrents recouvrant la route, jusqu'à atteindre la vallée de Salta balayée par la pluie. Avec nouveaux torrents en prime.
D'un côté la route était encombrée par les rochers tombés de la falaise bordant la route et de l'autre côté, la partie de la route donnant sur la rivière était effondrée. Nous avons atteint le centre de Salta à 23 h 30 après avoir mis six heures pour parcourir 150 kilomètres.
La preuve par la pluie et les intempéries que le dérèglement climatique existe bel et bien, mais qu'évidemment de tels événements restent (comme dans beaucoup de pays ainsi frappés) ignorés en Europe ! D'après les officiels argentins, quand les pluies diluviennes et quotidiennes auront cessé, il faudra trois mois de travail pour réparer les routes et les dégâts. Certains villages sont totalement isolés et près de 15 000 personnes ont du être évacuées d'urgence il y a une semaine. La plupart ne peuvent pas retourner dans leurs villages et il est très difficile de rétablir les services de transports de voyageurs et de marchandises qui sont vitales pour la région prise en permanence dans un véritable « chaudron » climatique absolument inconnu par ici. Au point que les vignes qui se cultivent ici jusqu'à 3000 mètres ont les pieds dans l'eau à deux semaines des vendanges.

la route 4 800 m d'altitude

La voiture accidentée étant en réparation, une partie de l'équipe va se rendre demain à San Antonio de las Cobres par une autre route et tenter de redescendre vers le col le plus haut d'Amérique Latine (4800 mètres) qui se trouve sur la Route 40. Ensuite, les deux véhicules repartiront vers le nord par une autre route pour rattraper, plus au nord, la Route 40 de façon à atteindre la Bolivie avant de bifurquer vers le lac de sel d'Atacama qui se rejoint par une voie qui passe la frontière chilienne à 4500 mètres d'altitude. Mais, comme déjà dit il y a quelques jours, le docteur « tant mieux » Claude Allègre est bien à l'abri à Paris dans son délire médiatique.

Ps Ah, au fait, on est vraiment content que Carla soit enfin casée. Allez ma belle, rend le encore plus fou et divorce après les municipales !

 

 

Etats-Unis

Les grands espaces américains menacés par les loisirs motorisés

Par Hélène Crié-Wiesner

Il y a deux sortes d'amoureux des grands espaces, des balades et des animaux sauvages, qui divergent du tout au tout sur la notion de « protection ». Les uns veulent garantir la nature contre les agressions de l'homme, les autres veulent sauver leur liberté d'y accéder. A l'heure où la fréquentation des sublimes parcs nationaux américains n'a paradoxalement jamais été aussi faible, le reste des réserves naturelles fédérales subit l'assaut des adeptes de sports motorisés. Au nom de la liberté inaliénable du peuple à profiter des terres publiques.

Sur tout le territoire des Etats-Unis, mais surtout dans l'Ouest légendaire, les forêts de séquoias ou d'arbres à coton, les déserts où poussent les cactus géants, les montagnes creusées de canyons vertigineux se détériorent à une vitesse folle. Les panneaux d'interdiction sont ignorés et les barrières enfoncées. Les 4x4, les motos et les quads s'enfoncent avec allégresse au plus profond de la nature.

Soucieuses d'informer, les autorités ont distribué à tout va des cartes indiquant l'emplacement des chemins autorisés. D'énormes campagnes de lobbying prônant la désobéissance ont répliqué illico. Impossible aux gardes de sévir : ils sont trop peu nombreux pour un territoire trop vaste.

Les maisons se sont rapprochées de la nature. L'université du Wisconsin a calculé que, dans ces territoires de l'Ouest, 28 millions d'habitations sont plantées à moins de 50 km de réserves naturelles, que les riverains considèrent comme des extensions de leur jardin. Les immatriculations des véhicules tout terrain ont triplé depuis 1998 en Californie, Colorado, Idaho, Montana et Utah, quadruplé dans l'arrière-pays de Los Angeles, et même quintuplé dans le Wyoming depuis 2002. La terrible hausse de l'essence n'a eu aucun impact.

Des gros bras musclés, machos et anti-écolos, ces conducteurs ? Même pas ! Prenez n'importe quelle zone rurale de l'Utah : on y compte un véhicule TT pour trois ou quatre habitants, les enfants de 8 ans eux-mêmes conduisant des mini versions. Le week-end et pendant les fêtes, les autoroutes traversant ces états méritent le coup d'œil : des camping-cars bourrés d'enfants, conduits par les grands-parents, tirent des remorques chargées de motos et de quads, suivies par les voitures 4x4 des papas et des mamans. L'argument majeur de ces fanatiques de nature sauvage : les véhicules motorisés permettent aux vieux et aux infirmes d'accéder à des beaux endroits dont ils seraient privés s'il fallait respecter la loi.

 

 

Algérie

Les déchets spéciaux - Moins visibles mais bien plus dangereux

Par M'hamed Rebah

La rencontre nationale algéro-allemande sur la gestion des déchets ménagers, qui s'est tenue les 14 et 15 janvier à Alger, a permis de faire le point sur les premiers résultats du Programme de gestion des déchets ménagers (Progdem) mis en œuvre en Algérie et de prendre connaissance des activités de l'Agence Nationale des Déchets (AND) qui en est l'outil technique. Les participants à cette rencontre, la première du genre en Algérie, ont également eu l'occasion de suivre un exposé sur les expériences et solutions allemandes dans la gestion des déchets par les communes.
La gestion des déchets constitue sans doute le problème environnemental n°1 en Algérie. Les agents chargés du ramassage et du nettoiement sont submergés par l'ampleur du phénomène d'autant plus qu'ils sont en nombre insuffisant. D'après le Rapport national sur l'état de l'environnement de 2005, il y avait, en 1980, un agent de nettoiement pour 500 habitants; en 2000, il y en avait un pour 1500 habitants. Selon la même source, en 1980, il y avait un véhicule affecté au nettoiement pour 7 500 habitants; en 2000, un véhicule pour 4000 habitants. En outre, se posent à la fois le problème de la qualification des agents et celui de l'entretien en bon état des équipements.
La production de déchets ménagers dépasse les 7 millions de tonnes par an, selon les chiffres de l'AND et d'après les dernières données officielles, la quantité de déchets produite par habitant et par jour est estimée, en Algérie, à 1,2 kg dans les grandes villes, sans doute plus à Alger, la capitale.
Cette situation est aggravée par la trop grande concentration de la population sur la bande littorale accompagnée d'une urbanisation rapide et anarchique, notamment à la périphérie des grandes villes, avec une densité de population très forte par rapport à la densité moyenne nationale. Déjà, le recensement général de la population effectué en 1998 (le prochain recensement aura lieu cette année) donnait 280,9 hab/km2 sur le littoral pour 12,2 hab/km2 en moyenne nationale.
En matière de logements, il est facile de constater une occupation nettement plus forte de l'espace littoral par rapport aux autres régions du territoire. Une grande partie des programmes publics de logements est localisée sur le littoral qui supporte par ailleurs, plus de 43 % des constructions précaires recensées. De nombreux nouveaux quartiers ont été érigés sans respect des normes urbanistiques. Les populations qui y sont concentrées ne bénéficient pas toujours des services publics de base, notamment l'enlèvement des ordures ménagères.
Le Code communal (du 7 avril 1990) confie aux Assemblées populaires communales (APC) la responsabilité en matière de gestion des déchets produits par la consommation des ménages. Cette responsabilité leur a été confirmée par la loi relative à la gestion, au contrôle et à l'élimination des déchets, du 12 décembre 2001.
En matière d'élimination des déchets, la phase prioritaire du Progdem prévoyait l'aménagement et l'équipement de 65 centres d'enfouissement technique (CET). En fait, selon les responsables du ministère de l'Environnement, la réalisation de 80 CET a été lancée dont 20 sont terminés, équipés et en voie d'être mis en exploitation et 76 décharges contrôlées sont en projet. Il est également prévu la réalisation de petites décharges contrôlées communales ou intercommunales là où un CET n'est pas nécessaire. La fermeture de décharges, actuellement saturées, est engagée à Alger (Oued Smar), et dans d'autres villes.
Les CET sont appelés à être gérés par des établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) qui seront chargés des activités de tri, de collecte, de transport, de traitement, de valorisation et d'élimination des déchets au niveau du centre. Ces EPIC doivent réfléchir à des actions pour la récupération et la valorisation des déchets d'emballage et au mode de concession des activités en amont des CET.
En matière de financement, outre leurs propres recettes et une subvention d'exploitation au titre des trois premières années d'activité, et une autre subvention liée à la sujétion de service public en leur qualité d'EPIC dont une partie sera alimentée à partir du fonds national pour l'environnement et la dépollution, les CET bénéficient du soutien financier accordé par les budgets des collectivités locales. Au plan de l'encadrement technique des CET, il est prévu l'intervention de l'AND pour la formation et le perfectionnement du personnel chargé de leur gestion. Enfin, il est prévu de passer de la gestion administrative de la commune à la gestion performante dans le cadre d'un partenariat associant l'Etat, les collectivités locales et les citoyens. Parmi les engagements de l'Etat dans ce contrat de performance, figurent la formation et l'assistance judiciaire de la police de l'urbanisme et de la protection de l'environnement.
Le volet « invisible » du problème des déchets est celui des déchets spéciaux. D'après une étude faite par des experts français et dont a rendu compte notre confrère El Khabar, le stock de déchets spéciaux en Algérie s'élèverait à 2,8 millions de tonnes et leur production atteindrait 325 000 tonnes par an. Ce stock ne serait pas contrôlé avec la rigueur exigée par les risques qu'il comporte sur la santé et l'environnement. Parmi ces déchets, figurent l'amiante, les askarels, les huiles de vidange, les pesticides, les cyanures, les médicaments périmés et déchets d'hôpitaux, les boues de métaux lourds, etc… Tous, très dangereux pour l'environnement, les ressources et la population.

 

Algérie

Faire comme les Allemands, c'est possible

Par M'hamed Rebah

Dans un quartier de Annaba (ville côtière à quelque 600 km à l'est d'Alger), les Lauriers roses, réputé difficile, la vie a commencé à changer depuis deux ans, comme sur un coup de baguette magique qui a rendu les rues propres et fait disparaître les ordures ménagères qui jonchaient les trottoirs aux abords des cités d'habitation. Par quel miracle, la population qui habite ces lieux a-t-elle changé de comportement et décidé que les déchets n'auraient plus le dernier mot ? L'explication était dans quelques panneaux d'affichage posés devant la salle de l'hôtel Hilton, à Alger, où s'est déroulée les 14 et 15 janvier la première rencontre nationale sur les déchets ménagers.

La métamorphose qui se dessine dans ce quartier de Annaba est le résultat des efforts menés par un écologiste, en même temps expert en environnement, Ahmed Fekairi, qui dirige un programme pilote de gestion des déchets ménagers, initié par l'organisme gouvernemental allemand de coopération technique, GTZ, visant à prouver que ce qui a marché en Allemagne peut marcher en Algérie, du moins pour la gestion des déchets ménagers. L'ambition du programme n'a d'égale que l'entêtement à le faire aboutir de son animateur sur le terrain, Ahmed Fekairi. Il expose les photos qui font ressortir le contraste entre « avant et après » le programme. Avant, c'est ce que l'on voit encore dans les villes algériennes, y compris dans d'autres quartiers de Annaba : des déchets partout et tout le temps. Après, c'est l'agréable surprise de découvrir des endroits propres dans une ville algérienne. Entre ces deux moments, il y a eu le travail de M. Fekairi pour sensibiliser et mobiliser les gens du quartier qui ont fini par comprendre qu'ils ne doivent plus rien attendre de personne. Ils se sont alors résolus à prendre en charge la qualité de vie dans leurs cités d'habitation, c'est-à-dire améliorer la propreté et l'hygiène tout près de chez eux, là où ils habitent, là où leurs enfants jouent et dans les rues qu'ils empruntent pour aller à l'école.

Avant, dans ce quartier, les camions de collecte avaient beau courir derrière les déchets en faisant autant de rotations qu'ils pouvaient, il y avait toujours des ordures à ramasser et des enfants qui jouent à côté. Maintenant, les camions passent deux fois par semaine et leurs horaires de ramassage sont respectés. Les bacs à ordures sont vidés plus rapidement dans des camions d'un nouveau modèle. La commune est gagnante, avec seulement deux passages par semaine, la consommation de carburant diminue et le personnel peut être orienté vers d'autres lieux. Les travailleurs affectés aux taches de balayage et de ramassage des ordures bénéficient d'une considération - traduite notamment, dans leurs conditions de travail - qui les revalorise aux yeux de la population. Ils obtiennent des récompenses et sont reçus par le maire. Les ordures ménagères, leur collecte, leur gestion, sont devenues une affaire sérieuse pour tout le monde dans ce quartier et tous y participent volontairement, sans le paternalisme démobilisateur des autorités locales, ni leurs injonctions et leur pratique de donneurs de leçons aux habitants toujours en manque de civisme à leur goût. Les élus ont démontré qu'une autre attitude est possible, celle qui encourage la participation de la population, elle est plus efficace.

M. Fekairi a envoyé vingt mille cartes postales pour demander aux enfants de les lui retourner avec leurs idées sur la gestion des ordures ménagères. Il a reçu six mille réponses. Un concours de dessin a été lancé et le meilleur dessin orne les camions de ramassage des ordures, qui passent dans la ville. Les imam ont été mis à contribution, par leurs prêches dans les mosquées. Résultat : avec le même pouvoir d'achat, faible dans cet endroit, les habitants vivent dans un environnement plus propre. Toutes les idées reçues sur le vandalisme des quartiers difficiles et les bacs qui ne tiendraient pas longtemps, sont parties avec les ordures dans la benne tasseuse. Dans ce quartier aussi, le civisme est naturel.

Mais, voilà : tant que l'animateur est sur place, à jouer le rôle du catalyseur, les Algériens de ce quartier se comporteront comme des Allemands, mais une fois parti, comment se passeront les choses ? « La mayonnaise a bien pris », affirme M. Fekairi qui est convaincu que le processus est irréversible. Mais, un îlot de propreté dans un océan de détritus ? Il faut espérer que non. L'expérience pilote est appelée à se généraliser.

 

 

Etats-Unis

Mc Cain a la frite ! Article extrait de son blog http://laurent-samuel.over-blog.com/

Par Laurent Samuel

En plaçant Hillary Clinton (côté démocrates) et John McCain (côté républicains) en tête des élections primaires du 8 janvier, les électeurs du New Hampshire ont choisi deux candidats particulièrement sensibles aux questions d'environnement. Le site US Grist a dressé un tableau comparatif *des positions de l'ensemble des candidats à la candidature.

Contre les émissions de C02, McCain est le seul républicain à soutenir clairement la mise en place d'un système de quotas et de droits d'émission (cap and trade). Lequel a les faveurs de la quasi-totalité des démocrates. Moins réjouissant : les agrocarburants, le charbon «propre» et la relance du nucléaire sont approuvés par la plupart des candidats.

En revanche, Clinton, Obama et McCain sont opposés à l'exploitation pétrolière, qui est approuvée par Romney, Huckabee et Giuliani.

Reste à voir quelle place le changement climatique occupera dans la campagne... http://www.grist.org/candidate_chart_08.html

 

 

Maroc

Ben S'mim, le village qui résiste encore et toujours à la privatisation de l'eau

Par Jean-Claude Oliva, membre des JNE et secrétaire général de l'ACME
(Association pour le contrat mondial de l'eau)

Ben S'mim est un village de 3 500 habitants situé à 200 km de Rabat et 70 km de Fès au Maroc. En 1999, l'Euro-africaine des eaux, une société écran qui cache des intérêts marocains, commence à s'intéresser à la source du village. En 2001, un contrat est signé pour 30 ans avec l'Etat (qui possède 60% de la source, le reste appartenant à la collectivité locale et religieuse du village) : ce contrat prévoit le démarrage des travaux en 2004 et un prélèvement de 3 l/sec sur la source. Mais rien ne se fait dans les temps prévus et, en 2006, la population se mobilise, un représentant du village dénonce la situation auprès de l'ACME Maroc, une première pétition est lancée…

Début 2007, l'entrepreneur contre-attaque et parvient à signer un protocole d'accord avec huit représentants de la collectivité locale et religieuse, déclarant le projet intéressant et souhaitant faciliter son exécution. Mais les réticences demeurent très fortes au sein de la population et l'entreprise préfère laisser passer les élections législatives (le 7 septembre). Le 10 septembre 2007, les premières machines de terrassement sont installées sur les 3 Ha alloués par l'Etat, sous la protection d'un important dispositif de gendarmerie. Malgré cela, le 13 septembre, la population se mobilise et marche sur la source. 7 personnes sont alors arrêtées, 3 seront relâchées dans les heures qui suivent et 4 seront emprisonnées jusqu'au 17 octobre (et sont toujours sous la menace de poursuites judiciaires). Encore plus fort, le village est encerclé par les forces de l'ordre, les deux routes d'accès sont fermées avec interdiction de sortir sous peine d'arrestation pour les villageois ! L'électricité est coupée tous les soirs en pleine période de Ramadan pour empêcher les villageois de se réunir. Ce véritable état de siège durera jusqu'au 6 octobre. Bilan : plusieurs fausses couches dues à l'impossibilité d'accéder à un hôpital, des blessés dont un vieillard sérieusement molesté.

Mais l'action de l'ACME Maroc ( www.acme-eau.org/ACMEMaroc/index.php ) avec d'autres associations permet de briser l'isolement de Ben S'mim. Une pétition est relancée en septembre, relayée en France par l'ACME France ( www.acme-eau.org ) et par l'association Cyberacteurs ( www.cyberacteurs.org ). Une déclaration commune de l'Association marocaine pour les droits de l'homme, d'ATTAC Maroc, de l'Association pour la préservation des deniers publics et de l'ACME Maroc est rendue publique le 4 octobre. Le Parti socialiste unifié apporte également son soutien à la population. Un collectif de dix avocats est constitué par les associations pour venir en aide aux villageois poursuivis en justice ; outre ceux qui ont été arrêtés, les pouvoirs publics menacent une vingtaine de jeunes de poursuites pour manifestation illégale.

Les associations organisent aussi une caravane qui peut enfin pénétrer dans le village le 7 octobre. A cette occasion, le débit de la source est à nouveau mesuré : 7 l/sec. Les études de terrain auxquelles se réfère le contrat de privatisation, font état d'un débit compris entre 26 l/sec et 182 l/sec : en fait, il s'agit de données datant des années 1960-1970 ! Actuellement le débit se situe plutôt entre 10 et 20 l/sec. Et les besoins en saison sèche sont estimés à 240 l/sec par les villageois. Outre la consommation domestique, Ben S'mim compte 5500 têtes de bétail (moutons surtout) à abreuver et des champs à irriguer ; à cause de la pénurie, la moitié de la superficie agricole est irriguée une année, l'autre moitié, l'année suivante…

Plusieurs rendez-vous sont prévus devant différents tribunaux dans les prochaines semaines. L'ACME Maroc demande au tribunal administratif la rupture du contrat de privatisation de la source. Tandis que des villageois sont traînés devant les tribunaux pénaux pour avoir résisté. Aussi la solidarité est plus que jamais nécessaire : exercez-la en signant en ligne la pétition qui a déjà recueilli près de 4 500 signatures :
http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=169

D'ores et déjà, un rendez-vous est prévu en mai prochain pour une fête de l'eau (et de la victoire ?) à Ben S'mim !

 

 

Algérie

Gestion des déchets en Algérie Les Allemands à la rescousse

Par M'hamed Rebah (article paru dans La Nouvelle République)

Une Conférence algéro-allemande sur l'environnement, organisée par la Chambre germano-algérienne de l'Industrie et du Commerce, se tiendra les 14 et 15 janvier à l'Hôtel Hilton, à Alger, avec la participation d'experts allemands qui viendront proposer des solutions techniques aux problèmes posés notamment par la gestion des déchets en Algérie. L'Allemagne est un pays pionnier dans le domaine de l'environnement et, en particulier, dans la gestion des déchets au niveau communal et des déchets spéciaux générés par les activités industrielles. L'Algérie bénéficie déjà de la coopération technique allemande à travers le Programme de Gestion de l'Environnement de l'organisme gouvernemental GTZ (expériences pilotes de gestion des déchets ménagers, éducation environnementale, système de management environnemental dans les entreprises,…). Ce ne sera donc pas la première fois que les cadres des administrations locales et les élus, les opérateurs chargés de la gestion des déchets ainsi que les industriels et même les représentants d'associations environnementales, auront à écouter les recommandations et conseils des experts allemands. D'ailleurs, les progrès - aussi faibles soient-ils - de l'Algérie, en la matière, doivent beaucoup à la